Chapitre d’ouvrage

9. Deux numéros particuliers

Pages 79 à 85

Citer ce chapitre


  • Perino, L.
(2021). 9. Deux numéros particuliers. Patients zéro : Histoires inversées de la médecine (p. 79-85). La Découverte. https://stm.cairn.info/patients-zero--9782348071690-page-79?lang=fr.

  • Perino, Luc.
« 9. Deux numéros particuliers ». Patients zéro Histoires inversées de la médecine, La Découverte, 2021. p.79-85. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/patients-zero--9782348071690-page-79?lang=fr.

  • PERINO, Luc,
2021. 9. Deux numéros particuliers. In : Patients zéro Histoires inversées de la médecine. Paris : La Découverte. Poche / Essais, p.79-85. URL : https://stm.cairn.info/patients-zero--9782348071690-page-79?lang=fr.

Notes

  • [1]
    La symbiose est l’association mutuellement bénéfique de deux espèces. Une espèce commensale se nourrit des déchets d’une autre sans lui nuire. Une espèce pathogène est une espèce qui provoque une maladie chez son hôte.
  • [2]
    Nom donné à une diarrhée provoquée par Shigella dysenteriae.
  • [3]
    Ce sont des maladies auto-immunes dont les deux plus connues sont la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
  • [4]
    Un probiotique est un médicament contenant un microorganisme vivant.
  • [5]
    Les microbes sont généralement nommés d’après les initiales de deux de leurs antigènes principaux. Ici, l’antigène O est absent ou non typable, et l’antigène K est le 5.
  • [6]
    « Bactériurie » signifie forte présence de bactéries dans les urines, et « asymptomatique » signifie qu’il n’y a aucun symptôme ressenti par le patient.
  • [7]
    Notamment des gènes codant les pilines et les adhésines, sans toutefois modifier l’adhérence de ces bactéries à la paroi de la vessie.
  • [8]
    Lorsqu’une analyse d’urine révèle la présence de bactéries, il ne faut pas conclure à une infection urinaire. C’est hélas une erreur très fréquente. On doit considérer qu’il y a infection seulement lorsque le nombre de germes est supérieur à 100 000/ml.

Plusieurs bactéries que nous abritons peuvent se transformer en fonction des circonstances, elles peuvent passer du statut de tranquilles souches symbiotiques ou commensales à celui de violentes souches pathogènes. C’est le cas des staphylocoques et streptocoques, d’Helicobacter pylori et d’Escherichia coli, également nommé colibacille. Ce dernier est particulièrement fantaisiste.
La folie guerrière des hommes est une aubaine pour les virus et les bactéries. Pendant la Grande Guerre, les diarrhées, le typhus et la grippe ont tué beaucoup plus de soldats que les canons et les baïonnettes.
Les guerres, qui avaient permis les progrès de la chirurgie, ont aussi permis des avancées en microbiologie. En 1917, un soldat allemand est étrangement épargné par l’épidémie de dysenterie qui frappe tous ses frères d’armes. Pendant que typhoïde, paratyphoïde et autres salmonelloses se succédaient et emplissaient les hôpitaux où la contagion redoublait de vigueur, ce soldat restait sain.
Le docteur Alfred Nissle, responsable d’un hôpital militaire proche de Fribourg, s’intéressait depuis quelque temps à un étrange phénomène. Il avait constaté que certaines bactéries empêchaient le développement d’autres bactéries. Plus de dix ans avant qu’Alexander Flemming ne découvre que le champignon Penicillium empêchait le développement des staphylocoques, Nissle avait déjà constaté que certains colibacilles empêchaient le développement des salmonelles. En interrogeant ce soldat, il apprend qu’il a toujours échappé aux hécatombes des précédentes diarrhées de la région…


Date de mise en ligne : 21/10/2021

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