« Des ouvriers intellectuels ». Les travailleurs italiens face au progrès technique
- Par Anna Pellegrino
Pages 73 à 88
Citer cet article
- PELLEGRINO, Anna,
- Pellegrino, Anna.
- Pellegrino, A.
https://doi.org/10.3917/cdr.010.0073
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- Pellegrino, A.
- Pellegrino, Anna.
- PELLEGRINO, Anna,
https://doi.org/10.3917/cdr.010.0073
Notes
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[1]
Ce travail reprend en partie un article déjà publié sur la question dans Cahiers de RECITS 7, 2010.
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Texte traduit de l’italien par Catherine Drubigny.
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Relazione dell’operaio Agostino Caldara, Costruttore in ferro e Meccanico, Archivio civico di Milano (ensuite AcMi), Esposizioni e Fiere, Esposizione Internazionale in Parigi, 1889, Relazioni degli operai visitatori, cart. 3.
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[4]
Pour une discussion sur les représentations et les symboliques du monde du travail, voir Hobsbawm Eric J., « Man and Woman in Socialist Iconography », History Workshop Journal, 6, 1978, p. 121-138, réédité en italien sous le titre « Uomo e donna : immagini a sinistra, dans id., Lavoro, cultura e mentalità nella società industriale, Bari, Laterza, 1986. Voir aussi les observations de Maurice Agulhon au sujet de l’article d’Eric Hobsbawm susmentionné : Agulhon Maurice, « On Political Allegory : A Reply to Eric Hobsbawm », History Workshop Journal, 8, 1980, p. 167-173 et id., Marianne au combat : l’imagerie et la symbolique républicaines de 1789 à 1880, Paris, Flammarion (Bibliothèque d’ethnologie historique), 1979. Sur le cas italien, voir Gallerano Nicola, « Arte e socialismo : cultura dell’immagine e analisi storica », Movimento Operaio e Socialista, 5, 2, 1982. Pour une analyse de quelques-unes des symboliques récurrentes de l’imagerie du mouvement ouvrier, sur un cas d’étude particulièrement intéressant, voir Tomassini Luigi, « Immagini per il primo maggio in Toscana », dans Ciuffoletti Zeffiro et Tognarini Ivan (éd.), La prima volta del Primo Maggio in Toscana, Florence, CGIL Regionale Toscana, 1990 ; plus généralement, Cartiglia Carlo, Pittura e storia : lavoro e classi povere in Italia, 1850-1915, Florence, La Nuova Italia (Biblioteca di Storia, 38), 1990 ; Celant Germano (éd.), Tempo moderno. Da Van Gogh a Warhol : lavoro, macchine e automazione nelle arti del Novecento, Genève/Milan, Skira, 2006, catalogue de l’exposition, Gênes, Palazzo Ducale, 14 avril-30 juillet 2006 ; Tomassini Luigi, « L’iconografia del lavoro e dei lavoratori dell’industria (xix-xx secolo) », Giornale Italiano di Medicina del Lavoro, 31, 3, 2009, p. 256-263. Sur les représentations du monde du travail dans le cinéma, voir Pellegrino Anna, « Dal gorilla ammaestrato all’uomo flessibile : immagini e rappresentazioni del lavoro nel cinema », dans Falossi Gigi (dir.), Il ‘900 : alcune istruzioni per l’uso, Florence, Giuntina, 2006, p. 173-202.
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[5]
Sur les expositions universelles en général, Greenhalgh Paul, Ephemeral vistas: The Expositions universelles, Great Exhibitions and World’s Fairs, 1851-1939, Manchester, Manchester University Press (Studies in Imperialism), 1988 ; Le livre des expositions universelles, 1851-1989, Paris, Édition des arts décoratifs/Hersher, 1983, catalogue de l’exposition, Paris, Musée des arts décoratifs, juin-décembre 1983 ; Aimone Linda et Olmo Carlo, Le Esposizioni Universali 1851-1900 : il progesso in scena, Turin, U. Allemandi & C., 1990 ; Schroeder-Gudehus Brigitte et Rasmussen Anne, Les fastes du progrès : le guide des expositions universelles, 1851-1922, Paris, Flammarion, 1992 ; Rydell Robert W. et Gwinn Nancy E. (dir.), Fair Representation: World’s Fairs and the Modern World, Amsterdam, VU University Press, 1994 ; Wesemael Pieter van, Architecture of Instruction and Delight: A Socio-Historical Analysis of World Exhibitions as a Didactic Phenomenon (1798-1851-1970), Rotterdam, Uitgeverij 010, 2001. Sur les expositions comme phénomènes précurseurs des processus de communication et de globalisation, voir Geppert Alexander C. T. et Baioni Massimo, Esposizioni in Europa fra Otto e Novecento. Spazi, organizzazione, rappresentazioni, Memoria e Ricerca, 17, 2004. Voir enfin Carré Coursaris Anne-Laure et al. (dir.), Les expositions universelles en France au xixe siècle : techniques, publics, patrimoines, Paris, CNRS Éditions (Alpha), 2012.
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[6]
Les comptes rendus relatifs aux expositions parisiennes sont conservés en grande partie dans les archives de la mairie et de la Chambre de commerce de Milan : il s’agit au total de 354 rapports, 121 relatifs à l’exposition de 1889 (Archives de la mairie) et 233 concernant celle de 1900 (Archives de la Chambre de commerce). Pour l’exposition de 1900, nous disposons, en outre, des rapports publiés à l’époque par les ouvriers de Turin envoyés à Paris dans le cadre d’une commission ouvrière. Les rapports publiés sont au nombre de douze seulement, qui furent les seuls jugés dignes d’être retenus sur un total de soixante-huit. Pour l’exposition de 1878, nous disposons de cinquante rapports publiés à l’époque, qui concernent respectivement douze ouvriers de Rome envoyés par la municipalité et par la Chambre de commerce et trente-huit ouvriers de Turin envoyés par la société promotrice de l’industrie nationale de cette ville. En ce qui concerne l’exposition de Vienne en 1873, nous disposons de vingt rapports des ouvriers romains envoyés à l’exposition par la société ouvrière de Rome, publiés à l’époque. Nous bénéficions enfin, pour l’exposition de Milan (1906), de 133 rapports inédits des ouvriers florentins (Archives historiques de la mairie de Florence) et de trente-cinq rapports des ouvriers de Bologne (Archives d’État de Bologne). On peut ajouter à ces sources les comptes rendus des ouvriers italiens aux expositions nationales (Milan, 1881 ; Turin, 1884, 1898 et 1911 ; Palerme, 1892).
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[7]
À ce titre, on doit à Jacques Rancière et Patrick Vauday un essai pionnier. Ces auteurs ont placé au centre de leur recherche le thème de la mentalité ouvrière, ainsi que des problèmes plus larges, notamment les conceptions liées au genre. Néanmoins, ils se sont surtout intéressés au rapport avec les « philosophies politiques » qui contribuent de manière déterminante aux attributions identitaires du monde ouvrier de l’époque : Rancière Jacques et Vauday Patrick, « En allant à l’expo : l’ouvrier, sa femme et les machines », dans Les révoltes logiques, 1, 1976, p. 5-22 ; voir aussi Rebérioux Madeleine, « Les ouvriers et les expositions universelles de Paris au xixe siècle », dans Le livre des expositions universelles…, op. cit, p. 197-208 ; ead., « Mise en scène et vulgarisation : l’exposition universelle de 1889 », Le mouvement social, 149, 1989, en particulier l’essai introductif « Au tournant des expos », p. 3-13 ; voir également le numéro spécial de La revue de l’économie sociale, 19, 1990, consacré au thème « Les expositions universelles à Paris ». Sur l’exposition parisienne de 1867 et sur la politique d’inclusion des couches sociales populaires, voir Barth Volker, « Displaying Normalisation: The Paris Universal Exhibition of 1867 », Journal of Historical Sociology, 20, 4, 2007, p. 462-485. Concernant le cas italien, voir Pellegrino Anna, Macchine come fate. Gli operai italiani alle Esposizioni Universali 1851-1911, Milan, Guerini e Associati, 2011 ; ead., « Aux Olympiades du progrès : les ouvriers italiens aux expositions universelles au xixe siècle », Documents pour l’histoire des techniques, 18, 2009, p. 113-130 ; « Les machines : “fées” ou “monstrueux mécanismes” ? Technologie et progrès dans les comptes rendus des travailleurs italiens aux expositions universelles de Paris (1867-1900) », dans Carré Coursaris Anne-Laure et al. (dir.), Les expositions universelles…, op. cit., p. 331-345.
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[8]
Voir à ce propos Relazioni degli operai italiani inviati dalle Società operaie romane all’Esposizione Universale di Vienna nel 1873 a spese del municipio, Roma Stabilimento Tipografico Italiano, 1875.
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[9]
Esposizione Internazionale di Parigi 1889, Comitato delle società di M. S. Operaie di Milano, Atti del Comitato, cit., p. XXI, ma anche, AcMi, Esposizioni e Fiere, Esposizione Internazionale in Parigi, 1889, Atti del Comitato, busta 1.
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[10]
Avviso di Concorso, AcMi, Esposizioni e Fiere, Esposizione Internazionale in Parigi, 1889, cart. 1.
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[11]
Bando di concorso Il “Sole”, 23-24 avril 1900.
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[12]
Relazione sommaria del Comitato Regionale Lombardo per la Esposizione, AsCcMi, Esposizioni e Fiere, Esposizione di Parigi 1900, scat. 186- fasc. 10°.
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[13]
Relazione della Commissione in data 2 Agosto 1906, ASCFi, Esposizione di Milano 1906, Invio di operai per la visita, Cerimonie, Festeggiamenti, Esposizioni, filza 1, n. 5048 ; voir aussi Pellegrino Anna, Operai intellettuali : lavoro, tecnologia e progresso all’Esposizione di Milano, 1906, Manduria, Lacaita, 2008.
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[14]
Pellegrino Anna, La città più artigiana d’Italia. Firenze 1861-1929, Milan, FrancoAngeli, 2012.
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[15]
Les informations qui suivent sont tirées de l’analyse des demandes présentées par les ouvriers florentins, Archivio Storico del Comune di Firenze (par la suite ASCFi), Esposizione di Milano 1906, Cerimonie, Festeggiamenti, Esposizioni, domande presentate dagli operai, cart. 2, n° 5049.
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[16]
Les informations qui suivent sont tirées de l’analyse des demandes présentées par les ouvriers milanais, AcMi, Esposizione e Fiere, Esposizione Internazionale in Parigi, 1889, Domande d’ammissione degli operai, cart. 2.
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[17]
Pour une analyse théorique du concept de technologie, voir Hilaire-Pérez Liliane, « La pièce et le geste : entreprises, cultures opératoires et marchés à Londres au xviiie siècle », mémoire en vue de l’habilitation à diriger les recherches sous la direction de Dominique Margairaz, université Paris I-Panthéon-Sorbonne, Paris, 2008, en particulier p. 1-52 (« La rationalité technologique, entre économie industrielle et économie du produit »). Le mémoire a donné lieu à publication : ead., La pièce et le geste : artisans, marchands et savoirs techniques à Londres au xviiie siècle, Paris, Albin Michel (L’Évolution de l’humanité), 2013.
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[18]
Sur le rapport des ouvriers aux machines au xixe siècle, voir Berg Maxine, The Machinery Question and the Making of Political Economy, 1815-1848, Cambridge, Cambridge University Press, 1980 ; Zimmerman Andrew, « The Ideology of the Machine and the Spirit of the Factory: Remark on Babbage and Ure », Cultural Critique, 37, 1997, p. 5-29 ; Bourdeau Vincent et al., Les luddites : bris de machines, économie politique et histoire, Maison- Alfort, Ère, 2006 ; pour le cas français, voir Perrot Michelle, « Les ouvriers et les machines en France dans la première moitié du xixe siècle », dans Le soldat du travail, 32-33, 1978, p. 347-373 ; Jarrige François, « Les ouvriers parisiens et la question des machines au début de la monarchie de Juillet », dans Harismendy Patrick (dir.), La France des années 1830 et l’esprit de réforme, Rennes, PUR (Carnot), 2006, p. 211-222 ; id., « Le martyre de Jacquard ou le mythe de l’inventeur héroïque (France, xixe siècle) », Tracés, 16, 2009, p. 99-118 ; id., Face au monstre mécanique : une histoire des résistances à la technique, Paris, IMHO (Radicaux libres), 2009, et id., Au temps des “tueuses de bras” : les bris de machines à l’aube de l’ère industrielle, 1780-1860, Rennes, PUR (Carnot), 2009.
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[19]
« Relazione dell’operaio montatore meccanico Colla Gaetano all’Esposizione di Parigi del 1900 », AsCcMi, Esposizioni e Fiere, Esposizione di Parigi 1900, Relazioni presentate, scat. 187-fasc. 10/5.
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[20]
« Relazione di Paolo Contedini tipografo compositore », Relazioni degli operai romani inviati all’esposizione generale italiana di Torino nel 1884, Rome, Tipografia editrice romana, 1886.
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[21]
« Relazione di Leopardi Enrico Litografo Disegnatore sull’arte della litografia e dei processi attinenti », Esposizione Internazionale di Parigi 1889, Comitato delle società di M. S. Operaie di Milano, Atti del Comitato per l’invio di Operai a Parigi a scopo di studio e relazioni migliori fra le premiate, Milano Tipografia degli operai (società cooperativa) 1891.
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[22]
L’arte litografica all’Esposizione internazionale di Parigi nel 1889, Relazione di Erasmo Hardenberg, AcMi, Esposizioni e Fiere, Esposizione Internazionale in Parigi, 1889, Relazioni degli operai visitatori, cart. 3.
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[23]
Relazione della visita all’Esposizione Internazionale di Milano di Silvio Cecconi, Magazziniere, ASCFi, Esposizione di Milano 1906, Relazioni degli operai inviati dal Comune, Cerimonie, Festeggiamenti, Esposizioni, cart. 3, n. 5050.
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[24]
Relazione di Renzi Giulio, meccanico, aggiustatore, montatore della fabbrica di automobili Florentia, ASCF, Comune di Firenze, Cerimonie, cit., filza 3, n. 5050.
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[25]
Pierre Cogny, « Zola et “Le Sublime” de Denis Poulot », Cahiers de l’Association internationale des études françaises, 24, 1972, p. 113-129.
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[26]
Voir à ce propos Denis Poulot, Le Sublime ou le travailleur comme il est en 1870, et ce qu’il peut être, Paris, Maspero, 1980 [A. Lacroix, 1870], avec une introduction d’Alain Cottereau.
Les comptes rendus écrits par les ouvriers à la fin de leur voyage aux expositions universelles au cours du xixe siècle représentent une source directe pour les historiens, une forme d’écriture « populaire » qui permet de connaître les opinions de ces visiteurs, leurs impressions générales, mais aussi d’analyser leur culture, leurs compétences techniques et leur langage. Dans cet article, nous approfondissons quelques problèmes relatifs à leur formation et à leur identité professionnelle. Ces travailleurs ont été qualifiés à l’époque d’ouvriers « intellectuels » car ils possédaient non seulement l’habileté technique qui dérive de l’expérience d’un métier mais aussi une certaine culture générale. L’analyse des sources montre une dialectique persistante entre l’identité professionnelle spécifique et l’identité collective plus générale résumée dans le terme « ouvrier ». Par rapport aux cultures du travail de l’ancien artisan, les éléments de continuité sont nombreux. Avec les artisans, les ouvriers partagent la fierté du métier, l’éthique du travail et une autonomie relative dans le processus de production. Ce sont des travailleurs cultivés, capables d’avoir des opinions politiques et de les discuter. Sur le plan technique, ils expriment une sensibilité à l’expérimentation, à l’étude et à l’analyse des problèmes et des solutions proposées par la technologie nouvelle, qui les rend souvent beaucoup plus proches des figures sociales qu’aujourd’hui nous pourrions ranger dans la catégorie des techniciens.
Mots-clés
- Ouvriers
- expositions universelles
- voyages
- formation
The reports written by the workers after their journeys at the World’s Fairs of the nineteenth century are today an interesting source for historians, a form of “popular” writing which allows us to know the opinions of the visitors, their general impressions, but also to analyze their culture, their language and technical skills. In this article, we attempt to deal with some problems related to their training and their professional identity. These workers were qualified at the time as ‘intellectuals’ workers : they had not only the technical skills that derive from job’s practice, but also a good general culture. The sources analysis shows a persistent dialectic between the specific professional identity and the broader collective identity summarized in the term of “worker”. Compared to working cultures of the ancient artisans, there are many elements of continuity. Like the artisans, workers share pride in the job, the work’s ethic and a relative autonomy in the production process. They are cultivated, able to hold and discuss political opinions. On the technical side, they are in favor of experimentation, they are able to analyze the problems proposed by the new technology, so they seems often quite closer to social figures which today could fall into the category of technicians.
Keywords
- Workers
- World’s Fair
- Travels
- Training