La maladie de Charles VIII et ses conséquences : le linteau a bon dos…
- Par Olivier Dereure
Pages 57 à 58
Citer cet article
- DEREURE, Olivier,
- Dereure, Olivier.
- Dereure, O.
https://doi.org/10.1684/dmg.2026.889
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- DEREURE, Olivier,
https://doi.org/10.1684/dmg.2026.889
À la fin du xve siècle, une maladie nouvelle et redoutée se propage à travers l’Europe : la syphilis, très probablement importée du nouveau monde récemment « découvert » par les Européens et que les contemporains nomment indifféremment « vérole » ou « mal de Naples » (ou italien), en France, ou encore « mal des français », en Italie. Elle frappe sans distinction soldats, courtisans et souverains, riches et pauvres, comme d’ailleurs la « petite » vérole (ou variole). Charles VIII, jeune roi de France, fils de Louis XI et engagé dans les guerres d’Italie depuis 1494, n’y échappe pas dans un contexte de forte promiscuité militaire et diplomatique (mais pas seulement…), favorable à la diffusion rapide de la syphilis, comme ce sera le cas également très probablement d’un de ses successeurs, François Ier. Selon de nombreux historiens s’appuyant sur des éléments historiographiques convaincants, il aurait été atteint d’une forme particulièrement fulgurante de la maladie, que l’on qualifie rétrospectivement de « syphilis explosive », tant son évolution semble en effet avoir été rapide et destructrice.
Les récits médicaux de l’époque décrivent en effet des formes aiguës de cette infection sexuellement transmise au cours de laquelle, après une contamination initiale souvent passée sous silence, apparaissent des lésions cutanées étendues, des ulcérations avec écoulement « purulent », parfois accompagnées de violents épisodes fébriles. Les douleurs osseuses, notamment au niveau du crâne et des membres, sont décrites comme insupportables par les malades…
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