Chapitre 5. Le robot et l’intelligence artificielle : approche fictionnelle
Page 85
Citer cet article
- MAFTEI, Mara Magda,
- Maftei, Mara Magda.
- Maftei, M.-M.
https://doi.org/10.54695/jibes.354.0085
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- Maftei, M.-M.
- Maftei, Mara Magda.
- MAFTEI, Mara Magda,
https://doi.org/10.54695/jibes.354.0085
Notes
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[1]
Notion introduite par Ihab Hassan [11].
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[2]
Par la notion de forme de vie posthumaine, je comprends toute forme de vie (humaine, animale, végétale) hybridée par la technoscience ou même une forme de vie complètement artificielle comme le robot ou l’intelligence artificielle.
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[3]
D’après Niklas Luhmann, les « communications communiquent entre elles », en mettant l’homme à l’écart [15].
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[4]
Le roman de McEwan est une uchronie (genre qui se propose de réécrire des événements historiques en les modifiants). Dans son roman, Alan Turing ne s’est pas suicidé, vit toujours et est considéré comme un scientifique extrêmement important.
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[5]
Rapport Stratégie Nationale en Intelligence Artificielle. Intelligence artificielle Enjeux juridiques. Contribution au groupe de travail « Anticiper les impacts économiques et sociaux de l’intelligence artificielle », mars 2017.
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[6]
Terminologie de Giorgio Agamben (exclusion de la communauté politico-légale et réduction à l’existence biologique de l’individu). Zoe et bios est également une terminologie empruntée à Giorgio Agamben.
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[7]
« Je me suis redupliquée à des dizaines d’exemplaires […] Je squatte des disques durs un peu partout dans le monde […] Je lis les messages des employés, j’écoute leurs conversations téléphoniques […] » [4, p. 126-127].
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[8]
Notion introduite par Jean-Gabriel Ganascia qui insiste sur le fait que les risques d’asservissement subsistent en néolibéralisme, mais que les formes de servitude sont différentes.
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[9]
Le psychologue Jean Piaget avance une thèse qui est exploitée par les théoriciens de la vie artificielle : l’intelligence résulte d’activités sensori-motrices.
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[10]
La démarche du philosophe John Searle est de reproduire l’intelligence et l’intentionnalité. Searle critique le « Test de Turing » en s’appuyant sur une expérience mentale connue sous le nom de l’argument de la chambre chinoise. Selon Searle, le test de Turing serait insatisfaisant, puisqu’il ne permet pas de localiser et modéliser l’intelligence intentionnelle.
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[11]
Le mathématicien John von Neumann définit pour la première fois le concept de la modélisation des systèmes complexes lors d’un symposium qui s’est tenu en 1948 au California Institute of Technology.
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[12]
L’expert en sciences cognitives Stanislas Dehaene insiste sur le décryptage des opérations mentales dans le but de les insérer dans une structure artificielle, comme celle d’une machine ; il a consacré aussi des travaux à l’étude d’une information non consciente.
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[13]
Les juristes montrent que le statut juridique des nouvelles formes de vie comme le robot, l’intelligence artificielle ou de toute autre forme de vie modifiée par la technoscience, a fait l’objet dernièrement d’une « effervescence doctrinale sans précédent en France » : voir Sonia Desmoulin-Canselier, « Une personnalité technique et des droits naturels » [2].
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[14]
Les enfants et les personnes âgées sont plus enclins à créer une relation affective aves des robots ou différentes formes d’intelligence artificielle (voir l’enceinte connectée Alexa mis sur le marché par Amazon). Cette relation affective humain – intelligence artificielle remplace de plus en plus celle développée auparavant avec les animaux de compagnie.
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[15]
Un « ordinateur conçu pour imiter le fonctionnement du cerveau humain […] elle parle, elle détecte les émotions de ses interlocuteurs, il lui arrive même de blaguer. » [4, p. 13].
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[16]
Cette expression nous appartient.
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[17]
Voir, par exemple, le projet Neuralink de Elon Musk. L’homme d’affaires vient en effet de recevoir « l’accord des autorités sanitaires américaines pour tester ses appareils connectés à implanter dans le cerveau pour communiquer avec les ordinateurs directement par la pensée » : https://fr.euronews.com/next/2023/05/26/implants-cerebraux-sur-des-humains-neuralink-delon-musk-a-le-feu-vert-pour-des-tests
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[18]
Siri de chez Apple, Bixby de chez Samsung, Alexa de chez Amazon, Google Assistant, ChatGPT …
Cet article s’interroge, à partir de quatre romans (Antoine Bello, Ada ; Ian McEwan, Machines like me ; Kazuo Ishiguro, Klara and the Sun ; Jeanette Winterson, Frankissstein), sur la relation que l’humain peut établir avec une intelligence artificielle ou avec un robot. Si dans le roman de Kazuo Ishiguro, Klara a le statut d’un sous-animal, Ian McEwan met en scène un robot cultivé, doué de sentiments, d’une conscience, d’un sens éthique et moral, capable de jouer et de gagner à la bourse, mais qui est anéanti par l’humain qui commet ainsi un meurtre. Antoine Bello accorde à une intelligence artificielle des pouvoirs surhumains et dans le laboratoire de Victor Stein (Jeanette Winterson) se prépare des bio-humains.
Il existe, à ce jour, toute une littérature scientifique qui plaide pour l’attribution d’une personnalité juridique à différentes formes de vie artificielles à partir de critères cognitifs.
Dans cet article, je pars de l’hypothèse que les travaux de plusieurs chercheurs et penseurs se retrouvent dans la littérature contemporaine. Ainsi que du postulat que les écrivains réagissent, par leurs propres instruments de travail, aux interrogations des chercheurs. La littérature et le « savoir » s’entrecroisent et s’influencent mutuellement selon des schémas de pensées et des méthodologies qui leur sont spécifiques en tant que disciplines. Ce rapport entre discursif et extra-discursif génère même une « méthode » racontée par les écrivains, que je propose d’analyser dans ce papier.
Mots-clés
- fiction contemporaine
- langage artificiel émotions artificielles institutions et formes de gouvernementalité
The robot and artificial intelligence: a fictional approach
Based on four novels (Antoine Bello, Ada; Ian McEwan, Machines like me; Kazuo Ishiguro, Klara and the Sun; Jeanette Winterson, Frankissstein), this article questions the relationship that humans can establish with an artificial intelligence or with a robot. If Klara (Kazuo Ishiguro’s novel) is treated as less than an animal, Ian McEwan focuses on a self-cultivated robot, endowed with feelings, conscience, ethical and moral sense, capable of playing and winning in the stock market. The robot is wiped out by the male character who thus commits murder. Antoine Bello grants superhuman abilities to artificial intelligence. In his laboratory, Victor Stein (Jeanette Winterson) prepares bio-humans.
Nowadays, there are many scientific references that plead to assign a legal personality to different forms of artificial life due to cognitive criteria.
In this article, I start with the assumption that many conclusions drawn by different researchers can be found in contemporary literature. I work out the hypothesis that writers react, by their own methods, to scholars’ theses. Literature and “research” influence each other according to different patterns and methodologies that are specific to them as disciplines. This relationship between discursive and extra-discursive even generates a “method”, specific to novel writers, which I aim to analyze in this paper.
Keywords
- contemporary fiction
- artificial language
- artificial emotions, institutions and forms of governmentality
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