La voix des patients MRC : un élément fondamental de la décision en pratique clinique
- Par Luc Frimat
Pages 18 à 23
Citer cet article
- FRIMAT, Luc,
- Frimat, Luc.
- Frimat, L.
https://doi.org/10.1684/ndt.2025.136
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- Frimat, L.
- Frimat, Luc.
- FRIMAT, Luc,
https://doi.org/10.1684/ndt.2025.136
Dans une interview sur France Inter au cours des années 1970, le philosophe, Vladimir Jankélévitch, avance que le médecin ne doit pas dire la vérité à son patient. Il doit « mentir pour lui donner un sentiment de sécurité, pour le prolonger ». Selon lui, « c’est une partie du traitement ». Comme moraliste, il considère qu’il ne faut pas dire au patient qu’il va mourir ; car cela ne regarde pas le médecin ! D’un autre philosophe, Edmond Fleg, il tient l’anecdote suivante. Un médecin disant toute la vérité à ses patients – « la vérité à tout prix, dussiez-vous en crever » –, explique à son patient qu’il a « un bel infarctus ». Le patient écarquillant les yeux d’effroi, le médecin lui dit : « Surtout pas d’émotion ! ». C’était au temps où la médecine s’appuyait principalement sur l’interrogatoire, la sémiologie issue des remarquables descriptions nosologiques du XIXe siècle et du début du XXe. La technique médicale restait sommaire ; les acronymes UIV, TOGD, RP, etc. en témoignent. Les traitements étaient très limités. Certains disent qu’à l’époque, la pratique médicale était plus humaine.
Cinquante ans plus tard, du diagnostic à la thérapeutique, la technique est omniprésente. Dernière avancée, l’intelligence artificielle va recueillir directement du patient son passé médical et le motif de sa consultation, et ce, quelle que soit la langue dans laquelle il s’exprime ! Ce qui a aussi changé, c’est l’étendue « infinie » des thérapeutiques, l’efficacité incontestable des recommandations de bonnes pratiques professionnelles…
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