Chapitre d’ouvrage

Planer en piste : la consommation de cannabis chez les ouvriers de l’assistance aéroportuaire

Pages 171 à 188

Citer ce chapitre


  • Brugière, F.
(2017). Planer en piste : la consommation de cannabis chez les ouvriers de l’assistance aéroportuaire. Dans
  • R. Crespin,
  • D. Lhuilier
  • et G. Lutz Nale
Se doper pour travailler (p. 171-188). érès. https://doi.org/10.3917/eres.crespi.2017.01.0171.

  • Brugière, Fabien.
« Planer en piste : la consommation de cannabis chez les ouvriers de l’assistance aéroportuaire ». Se doper pour travailler, érès, 2017. p.171-188. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/se-doper-pour-travailler--9782749254593-page-171?lang=fr.

  • BRUGIÈRE, Fabien,
2017. Planer en piste : la consommation de cannabis chez les ouvriers de l’assistance aéroportuaire. In :
  • CRESPIN, Renaud,
  • LHUILIER, Dominique
  • et LUTZ NALE, Gladys,
Se doper pour travailler. Toulouse : érès. Clinique du travail, p.171-188. DOI : 10.3917/eres.crespi.2017.01.0171. URL : https://stm.cairn.info/se-doper-pour-travailler--9782749254593-page-171?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/eres.crespi.2017.01.0171


Notes

  • [1]
    « Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la Défense » (escapad) ; European School Survey Project On Alcohol and Other Drugs (espad).
  • [2]
    De l’anglais « moyeu et rayons ». Cette métaphore se réfère à la structuration en étoile du réseau de desserte des compagnies aériennes. Pour relier deux points de la « roue », il faut passer par l’aéroport central ou « hub ». Cela permet de maximiser le nombre de destinations offertes aux passagers de même que le remplissage et la rotation des aéronefs, au prix d’une réduction des temps de correspondances.
  • [3]
    Terme d’argot : un joint, voire le cannabis en général.

La consommation de cannabis est assimilée, dans le cadre des représentations dominantes, à une pratique récréative relevant d’une sociabilité de loisirs propre à la jeunesse (concerts, fêtes, etc.), éloignée par définition du monde du travail. Cette classe d’âge constitue ainsi la principale population cible des enquêtes d’addictologie sur la question. À la faveur d’une enquête ethnographique menée en observation participante au sein d’un aéroport francilien sur le groupe professionnel des ouvriers de piste, j’ai néanmoins pu constater la présence sur le lieu de travail de salariés fumant du cannabis – de manière plus ou moins régulière et intense – au su, si ce n’est au vu, de leurs collègues. Ce constat peut surprendre lorsqu’on considère le poids des règles et contrôles relatifs à la sécurité et à la sûreté au sein de l’espace aéroportuaire, ainsi que la nature de l’activité professionnelle, comportant de nombreux risques de sécurité et exigeant une vigilance permanente – mais offrant par ailleurs de nombreux moments de pause. On peut de surcroît souligner que la consommation d’alcool, autrefois répandue parmi les ouvriers aéroportuaires, a été l’objet d’une prohibition assez efficace pour la rendre invisible à l’observateur (Brugière, 2014). Comment expliquer, dans ce contexte, la consommation de cannabis observée chez les ouvriers de piste ?
Il serait possible d’interpréter ce fait social à la lumière du renouvellement de la composition de la population ouvrière aéroportuaire à la faveur de la libéralisation du marché des transports aériens de la fin des années 1990, caractérisée par un afflux de salariés précaires résidents des banlieues populaires environnantes…


Date de mise en ligne : 20/04/2017

https://doi.org/10.3917/eres.crespi.2017.01.0171

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