Maîtriser, améliorer, recréer : itinéraire de la transplantation chez les végétaux
- Par Guillaume Decocq
Pages 89 à 95
Citer ce chapitre
- DECOCQ, Guillaume,
- DELAPORTE, François,
- DEVAUCHELLE, Bernard
- et FOURNIER, Emmanuel,
- Decocq, Guillaume.
- Decocq, G.
- F. Delaporte,
- B. Devauchelle
- et E. Fournier
https://doi.org/10.3917/herm.fourn.2015.03.0089
Citer ce chapitre
- Decocq, G.
- F. Delaporte,
- B. Devauchelle
- et E. Fournier
- Decocq, Guillaume.
- DECOCQ, Guillaume,
- DELAPORTE, François,
- DEVAUCHELLE, Bernard
- et FOURNIER, Emmanuel,
https://doi.org/10.3917/herm.fourn.2015.03.0089
Notes
-
[1]
F. J. Broswimmer, Écocide : une brève histoire de l’extinction en masse des espèces, trad. fr. T. Vanès, Paris, Parangon, 2003.
-
[2]
A.-G. Haudricourt et L. Hédin, L’homme et les plantes cultivées, Paris, A.-M. Métailié, 1987.
-
[3]
P. Prévost, Histoire des jardins, Bordeaux, Éd. Sud-Ouest, 2006.
-
[4]
V. Battesti, Jardins au désert. Évolution des pratiques et savoirs oasiens. Jérid tunisien, Paris, IRD, coll. « À travers champs », 2005.
-
[5]
R. Barbault, Un éléphant dans un jeu de quilles. L’homme dans la biodiversité, Paris, Seuil, 2006.
-
[6]
D. M. Richardson et S. I. Higgins, “Pines as invaders in the Southern hemisphere”, in D. M. Richardson, Ecology and biogeography of Pinus, Cambridge, Cambridge University Press, 1998, p. 450-473.
-
[7]
Communication personnelle du Pr M. Barbour, Californie, Université de Davis.
-
[8]
E. Simonnet, « Nourrir les hommes : vers une nouvelle révolution verte », Science et Nature, 72, 1997, p. 48-57.
-
[9]
L. Daniel, Études sur la greffe, Rennes, Imprimerie Oberthur, 1927.
-
[10]
P. Prévost, op. cit.
-
[11]
Là s’arrête l’analogie, car l’animal fonctionne en « circuit fermé » avec un cœur pour pompe, tandis que le végétal fonctionne en « circuit ouvert », la circulation des sèves se faisant passivement, sous l’influence de gradients osmotiques. L’artère nourrit l’organe et la veine l’épure de ses déchets ; le vaisseau xylémien amène l’eau et les minéraux à l’organe photosynthétique, et le vaisseau phloémien distribue les sucres à tous les organes.
-
[12]
L. Daniel, op. cit.
-
[13]
J.-M. Pelt, Plantes et aliments transgéniques, Paris, Fayard, 1998.
-
[14]
Ce sont d’ailleurs des arguments mis en avant par les multinationales productrices d’OGM : les plantes transgéniques seraient le moyen de résoudre le problème de la faim dans le monde et des maladies génétiques.
-
[15]
J.-M. Pelt, op. cit.
-
[16]
E. Simonnet, op. cit
-
[17]
L. Vandermeersch, L. Dong, C. Bing Chiu et A. Gournay, L’art des jardins dans les pays sinisés : Chine, Japon, Corée, Vietnam, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Presses universitaires de Vincennes, 2000.
-
[18]
G. Clément, Le jardin en mouvement, Paris, Sens & Tonka, 2001.
-
[19]
P. Blanc, Le mur végétal : de la nature à la ville, Paris, Michel Lafon, 2008.
-
[20]
N. Dunnett et N. Kingsburry, Planting green roofs and livings walls, Portland (Or.), Timber Press, 2004.
-
[21]
J.-P. Deléage, Une histoire de l’écologie, Paris, Seuil, 1991.
-
[22]
S. C. McCutcheon et J. L. Schnoor, Phytoremediation. Transformation and control of contaminants, Hoboken (NJ), Wiley-Interscience, 2003.
-
[23]
A. F. Clewel et J. Aronson, La restauration écologique, trad. fr. C. Fontaine et C. Randriamampionona, Arles, Actes Sud, 2010.
-
[24]
M. L. Rosenzweig, Win-win ecology. How the earth’s species can survive in the midst of human enterprise, New York, Oxford University Press, 2003.
-
[25]
A. Chiarucci, M. B. Araujo, G. Decocq, J. Belerkuhnlein et M. Fernandez-Palacios, “The concept of potential natural vegetation, an epitaph ?”, Journal of Vegetation Science, 21, 2010, p. 1172-1178.
-
[26]
Les partisans de l’écologie de la restauration ne visent définitivement pas les mêmes objectifs que les défenseurs de la « naturalité », concept philosophique ayant récemment fait son entrée dans les sciences de l’environnement, à rapprocher de la wilderness des Américains, où la nature est laissée en évolution libre. Voir par exemple J.-C. Génot, La nature malade de la gestion, Paris, Sang de la Terre, 2008.
-
[27]
R. Eliott, “Faking Nature”, Inquiery, 25, 1982, p. 81-93.
-
[28]
N. Blanc et J. Lolive, « La restauration écologique : une nouvelle formation du monde ? », Cybergeo. European Journal of Geography [en ligne], 2009, Dossiers, « Esthétique et environnement », article 479, [http://cybergeo.revues.org/22806].
-
[29]
C. Lorius et L. Carpentier, Voyage dans l’Anthropocène, cette nouvelle ère dont nous sommes les héros, Arles, Actes Sud, 2011.
Lorsqu’il s’agit de questionner la transplantation, un détour par le monde végétal s’impose : l’étymologie latine du verbe « transplanter », plantare, ne nous renvoie-t-elle pas aux plantes ? Il paraît ainsi légitime de s’intéresser à la signification du terme de « transplantation » en botanique et, surtout, aux différentes actions humaines auxquelles il a pu être associé au cours du temps. Une analyse préliminaire de ces actions nous amène à envisager trois types de transplantation chez les végétaux : géographique, physiologique et écologique, qui, selon nous, correspondent respectivement à trois objectifs plus ou moins conscients, trois types de rapport à la nature : maîtriser la nature, l’améliorer et la recréer. Dans cette contribution, nous proposons, pour chacun de ces derniers, d’en analyser le principe et la mise en œuvre, les apports, les déviances éventuelles et, parfois, les paradoxes. Cet itinéraire nous rapproche souvent du lieu par excellence de la transplantation des végétaux, le jardin, qui a connu une évolution en rapport avec les objectifs précités, selon un enchaînement chronologique similaire qui va guider notre propos dans ce qui suit.
Étape cruciale dans l’histoire de l’Humanité, la révolution néolithique, qui a touché indépendamment différentes régions du monde, marque le point de départ de notre itinéraire, puisque c’est avec elle qu’est probablement née l’idée que l’homme pouvait maîtriser la nature. La néolithisation correspond en effet à l’émergence de l’agriculture : en devenant à peu près simultanément pasteur et cultivateur, l’ancien chasseur-pêcheur-cueilleur se livre aux premiers semis intentionnels de graines collectées dans la nature, sur un terrain préalablement préparé : le champ…
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter ce chapitre
3,00 €