Chapitre VII. Éos
- Par Jacques Blamont
Pages 139 à 172
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Avec une admirable constance, les Soviétiques continuaient de tirer régulièrement à Vénus et à Mars.
Après la mort de Korolev, en 1966, son collaborateur Giorgi Nikolaïevich Babakine avait reçu le beau titre et surtout la belle fonction de constructeur général des sondes lunaires et planétaires. Je me souviens qu’il me fit un jour à déjeuner une vigoureuse sortie en faveur des engins automatiques qu’il préférait à tout engin habité. Suivant cette philosophie, il a construit le fameux Lunakhod, la voiture dirigée de la Terre sur le sol lunaire. La première génération des sondes d’exploration de Mars et de Vénus était sortie de ses mains alors qu’il travaillait pour Korolev ; il avait eu à essuyer les plâtres et à vaincre les immenses difficultés du début. Après Venera 4, alors que les ingénieurs commençaient à savoir comment s’y prendre pour atteindre une planète avec un véhicule automatique, alors que les vols habités vers la Lune durent être abandonnés sous la pression des faits, Babakine et ses chefs pouvaient défendre la conquête du système solaire comme le plus beau fleuron de la technique soviétique.
Pour Vénus, ils ne laissaient passer aucune fenêtre sans en profiter. Les 5 et 10 janvier 1969, ils avaient lancé Venera 5 et 6, sondes de qualité supérieure à celle des précédentes puisqu’elles portaient pour la première fois une effigie en bronze de Lénine. Mais, comme leur structure ne présentait aucune modification par rapport à Venera 4, elles implosèrent, elles aussi, à une pression d’une vingtaine d’atmosphères (vers 20 à 30 km d’altitude)…
Date de mise en ligne : 01/06/2022
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