6. Travailler à 100 ou à 1 000
- Par Olivier Berné
Pages 19 à 21
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Note et référence
17 août 2017
Ce jour-là, nous envoyons le dossier de demande de temps d’observation. Après de longues discussions au sein de notre équipe, nous avons finalement opté pour la nébuleuse d’Orion comme cible, pour mon plus grand bonheur. Nous avons aussi trouvé une cible de secours – il y a tant d’incertitudes techniques : ce sera la nébuleuse Trifide. Je croise les doigts pour Orion… Le document de quinze pages synthétise les enjeux scientifiques du programme, et est complété par un fichier technique incluant tous les détails des observations. C’est le fruit du travail acharné sur lequel nous nous sommes concentrés tout l’été, moi-même et les centaines de collaborateurs qui participent à ce projet d’observation. La science est un milieu étrange où se côtoient d’immenses collaborations et une compétition effrénée.
Depuis quelques décennies, ce type d’organisation en grandes collaborations, la « big science », a pris une ampleur particulière dans le monde de la physique et de l’astrophysique. Les explorations dans ces domaines ont en effet impliqué la construction d’outils extraordinairement sophistiqués et coûteux. L’un des meilleurs exemples est donné par le CERN, qui gère l’accélérateur de particules européen situé près de Genève. Ce « Grand collisionneur de hadrons » (LHC) de 27 kilomètres de diamètre, équipé de multiples détecteurs de la taille d’un immeuble, emploie et occupe depuis sa mise en fonction en 2008 des centaines de chercheurs, ingénieurs et techniciens. L’astrophysique a également suivi ce chemin vers le « grandiose » en imaginant des missions spatiales hors norme (comme Hubble ou Webb) et des télescopes géants comme le Very Large Telescope (VLT) au Chili notamment…
Date de mise en ligne : 11/12/2023
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