10. « Failure is not an option »
- Par Olivier Berné
Pages 34 à 37
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- BERNÉ, Olivier,
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11 décembre 2021
Depuis plusieurs années, les scientifiques impliqués dans la mission James-Webb, dont les responsables des projets ERS comme moi, ont appris à reconnaître la voix de Jonathan Gardner, vice-scientifique en chef à la NASA du télescope spatial. Tous les mois, il rend compte par téléphone des avancements du programme aux scientifiques impliqués dans la mission, via le serveur de téléconférence grésillant de la NASA (mais accessible depuis n’importe quel téléphone dans n’importe quel pays). Ce soir de décembre 2021, dix jours avant le lancement prévu le 21 décembre, quatre ans après que notre programme ERS a été accepté, à ceux qui demandent si tout va bien, il n’a qu’une réponse : « failure is not an option ». Autrement dit, l’échec n’est pas au programme. Pourtant, les obstacles ont été nombreux jusqu’ici.
Jon n’a pas eu que des bonnes nouvelles à annoncer lors de ces audioconférences : problèmes techniques, retards multiples, turbulences politiques, problèmes de financement… Pendant de nombreux mois, l’ambiance a été plutôt morose chez ceux qui prenaient part au projet. Plus d’un ont cru que cette mission de la démesure, par bien des aspects (ne serait-ce que par son coût dépassant les dix milliards de dollars), n’aboutirait jamais. Il a fallu s’accrocher pour continuer à y croire, garder la foi dans le fait que le vaisseau allait voler un jour, faire face aux railleries des collègues qui ont renommé le télescope « James Wait » (James attend) – il faut dire que les retards représentent plus de dix ans en cumulé…
Date de mise en ligne : 11/12/2023
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