11. Une mission d’une autre dimension
- Par Olivier Berné
Pages 38 à 42
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Notes et références
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[1]
Le coût total compte 8,8 milliards de dollars de fabrication entre 2003 et 2021, auxquels il faut ajouter 861 millions de dollars consacrés à 5 ans d’exploitation entre 2021 et 2026. Avec la correction de l’inflation, cela représente 10,8 milliards de dollars (2020) pour la contribution de la NASA. À cela, il faut encore ajouter le coût du lancement et la fabrication de certains instruments par l’Europe, soit 700 millions d’euros, et la contribution canadienne : 200 millions de dollars canadiens.
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[2]
La Russie a envoyé en 2011 dans l’espace le radiotélescope déployable de dix mètres de diamètre Spektr R. Bien qu’il s’agisse d’une prouesse technique, les contraintes sont très différentes : les miroirs d’un radiotélescope n’ont pas besoin d’être aussi bien alignés que ceux d’un télescope fonctionnant dans le visible ou l’infrarouge. Par ailleurs, pour fonctionner, Spektr R doit être combiné à d’autres radiotélescopes au sol.f
13 décembre 2021
En attendant le décollage du JWST, je consulte le dossier de presse que l’ESA a mis à la disposition des médias. Les schémas de la machine (voir ci-contre) et de son déploiement sont impressionnants. Tout comme le coût de la mission : plus de 11,7 milliards de dollars au total. On pourrait questionner le fait de savoir si une telle dépense, partagée entre de nombreux pays et étalée sur plusieurs décennies, est justifiée. Pour le moment, je me concentre sur les aspects techniques de la mission, qui en font un projet hors norme et à haut risque.
Le premier aspect extraordinaire, aux sens propre et figuré, concerne la taille du télescope. Sur Terre, les plus grands télescopes dépassent dix mètres de diamètre, mais dans l’espace, jamais un télescope n’a dépassé deux mètres. Ceci est dû à des contraintes très simples : les coiffes des fusées qui envoient les satellites dans l’espace sont limitées en contenance, en taille et en poids. Même la coiffe d’une Ariane 5, l’un des plus gros lanceurs commerciaux existant, ne fait qu’environ cinq mètres de diamètre. Elle peut envoyer au maximum 20 tonnes en orbite basse, pour une masse totale au décollage de 780 tonnes.
Pour placer un grand télescope dans l’espace, il n’y a donc qu’une solution : le découper en morceaux et le reconstruire là-haut. C’est cette contrainte qui a dirigé toute la conception du miroir du JWST. Le miroir primaire du télescope, celui qui collecte la lumière du cosmos, n’est pas constitué d’un seul bloc mais de dix-huit miroirs hexagonaux, chacun faisant environ un mètre de largeur…
Date de mise en ligne : 11/12/2023
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