22. Rendre visible l’invisible
- Par Olivier Berné
Pages 72 à 74
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- Berné, O.
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Note et référence
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L’étoile émet dans tous les filtres, elle est donc visible dans les colorisations en rouge, vert, bleu. Quand on additionne les filtres elle apparaît en blanc dans l’image composite.
Quand on parle des images du JWST, on dit souvent qu’elles sont en « fausses couleurs ». Ce que l’on entend par là, c’est que notre œil n’étant pas capable de voir dans l’infrarouge, on recode l’information obtenue par les capteurs du JWST en mettant des couleurs visibles. Le JWST réalise des images avec ses caméras NIRCam ou MIRI en prenant des clichés avec des filtres qui sélectionnent des longueurs d’onde spécifiques de l’infrarouge. L’image de l’Anneau Austral (voir hors-texte, p. XII-XIII), par exemple, a été obtenue en observant avec six filtres, dont notamment le filtre à 1,87 micron de longueur d’onde et celui à 4,70 microns. Ces longueurs d’onde précises n’ont pas été choisies au hasard : 1,87 micron correspond à la longueur d’onde de la raie d’émission de l’hydrogène ionisé (H+) « Paschen-alpha ».
Dit comme cela, c’est un peu cryptique, mais concrètement, il s’agit du rayonnement émis essentiellement par du gaz très chaud, c’est-à-dire du plasma, à plus de 10 000 degrés Celsius. À l’inverse, 4,70 microns de longueur d’onde correspondent à l’émission de l’hydrogène sous forme moléculaire (H2), qui provient d’un gaz beaucoup plus « froid », à quelques centaines de degrés. L’image publiée par la NASA est une combinaison dans laquelle on a mélangé l’image à 4,70 microns colorisée en rouge, et l’image à 1,87 micron colorisée en bleu. Sur cette vue de l’Anneau Austral, ce qui apparaît en bleu, plutôt au centre de l’image autour de l’étoile, correspond donc à du gaz à 10 000 degrés Celsius ou plus…
Date de mise en ligne : 11/12/2023
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