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Chapitre 2. La poursuite infernale, alias My Darling Clementine

Pages 44 à 58

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  • Diu, B.
(2010). Chapitre 2. La poursuite infernale, alias My Darling Clementine. La mathématique du physicien (p. 44-58). Odile Jacob. https://stm.cairn.info/la-mathematique-du-physicien--9782738124487-page-44?lang=fr.

  • Diu, Bernard.
« Chapitre 2. La poursuite infernale, alias My Darling Clementine ». La mathématique du physicien, Odile Jacob, 2010. p.44-58. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/la-mathematique-du-physicien--9782738124487-page-44?lang=fr.

  • DIU, Bernard,
2010. Chapitre 2. La poursuite infernale, alias My Darling Clementine. In : La mathématique du physicien. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.44-58. URL : https://stm.cairn.info/la-mathematique-du-physicien--9782738124487-page-44?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Discussion numérique.
  • [2]
    Le Lièvre et la Tortue.
  • [3]
    Je reporte la démonstration, point trop ardue mais un peu longue, au chapitre qui suit.
  • [4]
    Achille.

Les illustres philosophes de la colonie grecque d’Élée formulèrent, par le truchement de celui d’entre eux, Zénon, qui y excellait, un nouveau paradoxe remettant en cause le mouvement même – qu’ils ne cessaient de scruter et d’analyser, dans l’espoir insensé d’en nier la réalité et jusqu’à la possibilité. Il s’agit cette fois d’une course, en forme de poursuite, fort invraisemblable du reste d’être seulement envisagée, tant est poussée, à dessein, jusqu’à l’absurde la dissymétrie entre les deux concurrents. « Infernale », même : le terme convient devant l’interprétation théorique qu’en propose Zénon, notoirement incorrecte dans sa conclusion mais diaboliquement irréprochable dans sa formulation.
Mais, sitôt accolés, les deux mots, « poursuite infernale », se prennent à voler de leurs propres ailes et à faire référence à une œuvre cinématographique : après quelque vingt-cinq siècles passés le mouvement s’est converti, de réalité triviale et vile qu’il convenait de nier dans l’absolu, en matériau et prétexte d’un septième art ; à ce point que l’œuvre évoquée préférait puiser son titre, en sa langue originale, dans la nostalgie et le regret : « Ma très chère Clementine ».
Or donc certain jour légendaire, un jour illustre parmi les jours sans nombre, lointain dans le temps mais étonnamment proche dans son questionnement déstabilisateur, ce jour-là Zénon d’Élée imagina une course entre Achille et la tortue, une course-poursuite, et proposa de son déroulement une analyse théorique fort ingénieuse, et déroutante d’abord, qui donne depuis à penser au philosophe… et interpelle même le physicien : celui-ci hait les paradoxes d’origine profane, plus coriaces d’ignorer et de refuser, parfois obstinément, les règles les plus sacrées de la logique…


Date de mise en ligne : 01/06/2022

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