Sexualité
Des zones érogènes partout !
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Citer cet article
- JACQUEMONT, Guillaume,
- Jacquemont, Guillaume.
- Jacquemont, G.
https://doi.org/10.3917/cerpsy.079.0010
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- Jacquemont, Guillaume.
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https://doi.org/10.3917/cerpsy.079.0010
1La peau entière sert d’organe sexuel somatosensoriel » : la conclusion du psychologue finlandais Lauri Nummenmaa comblera les adeptes de la caresse. Avec son équipe, il a cartographié les zones érogènes et découvert qu’elles pouvaient se situer partout sur le corps.
2Les chercheurs ont montré des images d’hommes et de femmes nus à 704 volontaires, auxquels ils ont demandé de colorier les zones susceptibles de provoquer une excitation sexuelle dans plusieurs cas : chez eux et chez une personne du sexe opposé, lorsqu’ils se masturbaient et quand ils faisaient l’amour. L’expérience était informatisée et les participants pouvaient indiquer une excitation particulièrement intense en passant plusieurs fois le pinceau numérique sur une même zone. Conclusion : si certains endroits sont des « points chauds » érogènes – les parties génitales, les seins, les fesses, l’anus, les cuisses, la bouche, le cou –, toutes les zones du corps sont susceptibles de déclencher une excitation sexuelle.
3Toutes ? Non ! Car si vous regardez bien l’image ci-dessus, extraite de ces travaux, une petite zone du tibia masculin résiste encore et toujours… Mais ne tombons pas dans les gauloiseries.
4Autre découverte notable, les zones érogènes sont environ quatre fois moins étendues lors de la masturbation que pendant le sexe avec un partenaire. Les chercheurs l’expliquent par le fait que le cerveau atténue en permanence les sensations tactiles résultant de nos propres mouvements. C’est aussi ce mécanisme qui nous empêche de nous chatouiller nous-mêmes.
5Ne déduisez pas de ces résultats qu’il vous suffira d’effleurer le mollet de votre partenaire pour le faire grimper aux rideaux : les zones érogènes peuvent certes se trouver partout sur la peau, mais elles varient selon les individus et ne couvrent en moyenne qu’environ le quart de la surface corporelle. Il vous faudra donc toujours explorer le corps de l’autre, « paysage qu’[on] n’en finit pas de découvrir », pour citer Barjavel. Cartographes, à vos instruments !
- L. Nummenmaa et al., Topography of Human Erogenous Zones, Archive of Sexual Behaviour, vol. 45, pp. 1207-1216, juillet 2016.