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Neurobiologie

Les hommes ont la mémoire de la douleur

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Citer cet article


  • Salthun-Lassalle, B.
(2019). Les hommes ont la mémoire de la douleur. Cerveau & Psycho, 109(4), 12-12. https://doi.org/10.3917/cerpsy.109.0012.

  • Salthun-Lassalle, Bénédicte.
« Les hommes ont la mémoire de la douleur ». Cerveau & Psycho, 2019/4 N° 109, 2019. p.12-12. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2019-4-page-12?lang=fr.

  • SALTHUN-LASSALLE, Bénédicte,
2019. Les hommes ont la mémoire de la douleur. Cerveau & Psycho, 2019/4 N° 109, p.12-12. DOI : 10.3917/cerpsy.109.0012. URL : https://stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2019-4-page-12?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cerpsy.109.0012


Description de l'image par IA : Homme se tenant le cou et le dos avec des zones rouges indiquant douleur.

1Alors que les hommes supporteraient de plus forts seuils de douleur que les femmes, ils ont tendance à devenir de plus en plus sensibles à une même stimulation douloureuse lorsque celle-ci se répète, d’après la dernière étude de l’équipe de Jeffrey Mogil, à l’université McGill de Montréal. Une bonne nouvelle toutefois : il existe des moyens d’éteindre cette hypersensibilité.

2Les chercheurs ont infligé à 41 hommes et 38 femmes, âgés de 18 à 50 ans, une légère douleur par application de chaleur sur l’avant-bras. Quelques heures après, les volontaires subissaient une douleur plus intense – par compression du bras avec un tensiomètre –, et, le lendemain, de nouveau la première douleur par chaleur. Parallèlement, Mogil et ses collègues ont pratiqué ces mêmes tests sur des souris à titre de comparaison.

3Aussi bien les femmes que les femelles souris ressentent la brûlure de la même façon le premier jour et le second… Mais les hommes et les souris mâles ressentent une douleur supérieure le second jour, lorsque celle-ci leur est infligée dans un même lieu. Ils sont devenus hypersensibles à une souffrance pourtant modérée. Cette sensibilisation constitue une forme de conditionnement par le contexte : les hommes se souviennent de la douleur et l’anticipent, et ont plus mal lorsqu’elle se reproduit.

4Le stress lié à cette anticipation semble déterminant. Les chercheurs ont montré que les souris mâles et les hommes sont stressés à l’idée de retourner dans le lieu où ils ont souffert une première fois. En revanche, cet effet disparaît chez des souris castrées, preuve de l’implication de la testostérone dans ce processus.

5Peut-on parler d’une mémoire de la douleur ? Oui, car l’injection d’un inhibiteur de la protéine kinase C, qui participe aux mécanismes cellulaires de la douleur et de la mémoire, supprime cette forme d’anticipation stressante de la douleur chez les souris mâles.

6Cette étude affine donc les mécanismes de la « mémoire de la douleur », le souvenir d’une souffrance associée à des émotions négatives, en révélant le rôle de la testostérone et du stress, et élargit le champ de la recherche sur les antidouleurs.

  • L. J. Martin et al., Current Biology, vol. 29, pp. 1-10, 2019.

Date de mise en ligne : 01/12/2021

https://doi.org/10.3917/cerpsy.109.0012