Chapitre d’ouvrage

13. Chatons de Schrödinger

Pages 181 à 190

Citer ce chapitre


  • Ball, P.
(2019). 13. Chatons de Schrödinger. Quantique : au-delà de l'étrange (p. 181-190). EDP Sciences. https://stm.cairn.info/quantique-au-dela-de-l-etrange--9782759824113-page-181?lang=fr.

  • Ball, Philip.
« 13. Chatons de Schrödinger ». Quantique : au-delà de l'étrange, EDP Sciences, 2019. p.181-190. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/quantique-au-dela-de-l-etrange--9782759824113-page-181?lang=fr.

  • BALL, Philip,
2019. 13. Chatons de Schrödinger. In :
  • BALL, Philip,
  • Traduction de LE BELLAC, Michel,
Quantique : au-delà de l'étrange. Les Ulis : EDP Sciences. Une Introduction à  ... p.181-190. URL : https://stm.cairn.info/quantique-au-dela-de-l-etrange--9782759824113-page-181?lang=fr.

Notes

  • [1]
    On rappelle que dans un état de superposition, le système n’est pas dans un état ou dans l’autre avec une certaine probabilité, mais que chaque état serait le résultat possible d’une mesure qui donnerait l’un ou l’autre de ces états avec une certaine probabilité.
  • [2]
    NdT. Traduction de coarse grained.
  • [3]
    NdT. Le test de Leggett-Garg est fondé sur l’étude des corrélations temporelles d’un système unique, alors que celui de Bell est fondé sur des corrélations spatiales de deux systèmes différents. Une forme de ce test rappelle l’inégalité de BCHSH : si le macroréalisme est valable, alors une certaine corrélation temporelle doit être inférieure à 2, de même que la combinaison BCHSH est inférieure à 2 pour toute théorie de variables cachées locale.
  • [4]
    NdT. Lorsqu’un supraconducteur est soumis à un champ magnétique, dans notre cas le champ créé par l’aimant, il expulse le champ de l’intérieur du matériau en ajustant les courants électriques : c’est l’effet Meissner. Cela crée un champ magnétique qui maintient l’aimant en lévitation.
  • [5]
    NdT. Si l’on analyse tout phénomène physique à grande échelle, on tombera inévitablement sur une origine quantique. Le fait de ne pas pouvoir faire passer sa main à travers une table est d’origine quantique : c’est une conséquence du principe d’exclusion de Pauli.

Nous devons en dire plus sur ce chat. Est-ce que la décohérence l’a tué, ou au contraire maintenu en vie ? L’environnement, semble-t-il, va le « mesurer », que cela nous plaise ou non. S’il doit être vivant, il doit baigner dans des molécules de l’air subissant des collisions perpétuelles et être entouré de photons thermiques, qui vont suffire à le mettre dans un état classique (mort ou vif), que nous ouvrions ou non la boîte.
Mais cela ne répond pas à la question. Rien ne nous interdit en principe de supprimer la décohérence, même si c’est compliqué et peu réaliste en pratique. Nous pourrions donner au chat un masque à oxygène et une combinaison isotherme, et le suspendre dans un vide poussé, ou toute autre situation extrême et baroque que vous pouvez imaginer pour une expérience de pensée. Mais à quoi cela va-t-il mener ?
Prise au pied de la lettre, la mécanique quantique insiste sur le fait qu’une superposition d’un état mort et vif devrait être possible. Cela convient à certains chercheurs : il n’y a rien d’absurde à imaginer de tels états. Ils ne se sentent pas obligés, comme Einstein et Schrödinger, de considérer ces délires surréalistes comme intrinsèquement absurdes.
En vérité, la question n’a pas de sens tant que nous n’avons pas défini « mort » et « vif » en termes quantiques, de telle sorte que nous puissions écrire la fonction d’onde des états et calculer son évolution temporelle. Et ce n’est juste pas possible de le faire, car ce n’est pas un scénario suffisamment bien défini su…


Date de mise en ligne : 01/06/2022