Entre médicinales et alimentaires, l’ambivalence des plantes
- Par L. Bureau
Page 263
Citer cet article
- BUREAU, L.,
- Bureau, L..
- Bureau, L.
https://doi.org/10.3166/phyto-2024-0437
Citer cet article
- Bureau, L.
- Bureau, L..
- BUREAU, L.,
https://doi.org/10.3166/phyto-2024-0437
1 Sur la liste A des plantes médicinales de la pharmacopée, une distinction est faite entre les drogues d’un usage médical exclusif de celles pouvant avoir un autre usage, notamment alimentaire, cosmétique ou comme complément alimentaire. Les drogues végétales dont le nom commun français est en grisé ne sont pas strictement médicinales. Une centaine de drogues végétales ont été supprimées, soit leur usage médicinal a été reconnu comme désuet, soit leur usage était essentiellement alimentaire ou cosmétique. Par ces articles, ce numéro de la revue phytothérapie reflète ce caractère ambivalent.
2 Le cubèbe ou poivre de Guinée, Piper guineense est médicinal en Afrique de l’Ouest. Il est surtout utilisé à des fins aromatiques et condimentaires. L’alchemille vulgaire, Alchemilla xanthochlora Rothm. (A. vulgaris L. sensu latiore) est inscrite à la pharmacopée et fait l’objet d’une monographie pour préparations homéopathiques. La partie aérienne d’alchemille est autorisée dans les compléments alimentaires. La laitue vireuse fournit deux drogues végétales inscrites à la pharmacopée : la feuille et le suc épaissi dit « lactucarium ». Selon F. Couplan, dans le régal végétal, les jeunes feuilles en rosette sont comestibles. Le Tribule terrestre (Tribulus terrestris L.), également appelé Croix-de-Malte est utilisé en médecine traditionnelle chinoise et ayurvédique. Cette plante est autorisée dans les compléments alimentaires.
3 Ces quelques plantes illustrent le différentiel entre le point de vue thérapeutique et le point vue législatif. Avec l’apparition sur le marché de compléments alimentaires à base de plantes, il semble nécessaire de justifier de l’utilisation des plantes comme substance à action thérapeutique présentant une activité médicinale. Autrement dit entre les effets physiologiques et les effets pharmacologiques, tout dépend où l’on place le curseur. Entre la finalité ou l’intention et la réalité des effets thérapeutiques, qu’est-ce qui prime ? En phytothérapie, nous revenons sans cesse à cette dualité entre tradition et science. Puisse ce numéro apporter sa contribution.