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Affiches exposées

Pages 177 à 254

Citer cet article


(2011). Affiches exposées. Revue internationale de soins palliatifs, . 26(2), 177-254. https://doi.org/10.3917/inka.112.0177.

« Affiches exposées ». Revue internationale de soins palliatifs, 2011/2 Vol. 26, 2011. p.177-254. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/revue-infokara-2011-2-page-177?lang=fr.

2011. Affiches exposées. Revue internationale de soins palliatifs, 2011/2 Vol. 26, p.177-254. DOI : 10.3917/inka.112.0177. URL : https://stm.cairn.info/revue-infokara-2011-2-page-177?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/inka.112.0177


LATA

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Traçabilité des limitations et arrêts de thérapeutiques actives (LATA) en unité de soins palliatifs (USP)

1C. Saussac-Pietry1, B. Burucoa1, B. Paternostre1, N. Bernard2.

21Service d’accompagnement et soins palliatifs, CHU de Bordeaux, France.

32Service de médecine interne, CHU de Bordeaux, France.

But et contexte

4Les situations de LATA sont complexes et fréquentes en USP. Leur processus décisionnel est encadré par la Loi Léonetti [1]. La décision motivée doit être tracée dans le dossier médical comme le préconise la HAS dans la version 2010 de l’accréditation [2]. La question centrale de notre étude est : les décisions de LATA sont-elles tracées dans le dossier patient de l’USP, et si oui, comment ?

Méthode

5C’est une étude rétrospective menée sur un échantillon de 70 patients hospitalisés sur une période de quatre mois en 2010 dans une USP de CHU, selon un protocole de validation adapté. La population étudiée a été caractérisée selon la situation clinique et thérapeutique. Une décision exprimée de LATA a été recherchée par mots-clés dans quatre sources distinctes : dossier informatique et papier, comptes rendus de réunions interprofessionnelles et spécifiques « entourage », puis l’analyse statistique a été réalisée avec les tests de Chi2 et de Student à partir du logiciel SAS ® 9.2.

Résultats

6Les patients sont atteints de cancer en phase palliative symptomatique ou terminale. Les LATA concernent surtout l’alimentation, les transfusions et l’antibiothérapie. La traçabilité détaillée de la procédure collégiale des décisions de LATA, le recueil des directives anticipées, de la personne de confiance sont peu retrouvés. La décision de LATA apparaît de manière statistiquement significative d’autant moins tracée que la durée d’hospitalisation est courte, que la phase de la maladie est terminale, que le cancer est ORL ou cérébral, que les rencontres familiales ne sont pas tracées.

Discussion

7La faisabilité de la traçabilité de la décision de LATA apparait souvent diminuée par le contexte pathologique. Cette étude tente de comprendre les facteurs qui semblent intervenir dans le questionnement et la traçabilité des LATA.

Perspectives

8Une évaluation des pratiques professionnelles EPP de type audit clinique ciblée concernant la traçabilité des décisions de LATA pourrait être proposée, ainsi que le renforcement des formations des professionnels de santé sur les dispositifs légaux en vigueur.

Références

91. Loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie. Journal officiel du 23 avril 2005.

102. Manuel V2010 de certification des établissements de santé – les éléments de vérification. HAS. Version juin 2009.

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Mise à l’épreuve critique de l’affrontement argumentaire pour et contre une mort provoquée

11I. Marcoux.

12École interdisciplinaire des sciences de la santé, Université d’Ottawa, Canada.

But et contexte

13En février 2010, la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, composée de membres des partis politiques en place sur la scène québécoise, débutait ses travaux. Dans un premier temps, elle a entendu des experts présenter les divers enjeux associés à la fin de la vie afin de produire un document de consultation destiné au grand public. Dans un deuxième temps, elle a sondé l’opinion de la population en tenant des auditions dans plusieurs régions du Québec. Cette présentation a pour but de faire la lumière sur certains arguments avancés par les défenseurs et opposants à une modification des lois actuelles pour permettre l’euthanasie et/ou le suicide assisté.

Méthode

14Une liste des principaux arguments utilisés dans le cadre de ce débat a été développée et, lorsque possibles, ces opinions, expériences ou connaissances empiriques ont été mises à l’épreuve à partir d’une recension de la littérature sur les connaissances scientifiques à jour.

Résultats

15Que l’on soit pour ou contre, certains arguments ne peuvent être confrontés de façon tangible, car ils relèvent notamment de croyances personnelles/religieuses (par ex. : le caractère sacré de la vie). D’autres peuvent toutefois être revisités. D’une part, certains avancent que la légalisation de l’euthanasie permettrait d’éviter les pratiques clandestines. De fait, plusieurs études révèlent que l’euthanasie a parfois été pratiquée dans des pays où elle est légalement proscrite. Toutefois, malgré un changement des lois néerlandaises permettant aux médecins d’accéder aux demandes d’euthanasie des patients selon des critères précis, certaines pratiques d’euthanasie ne sont toujours pas déclarées. D’autre part, certains avancent que la légalisation de l’euthanasie créerait une pente glissante et mettrait à risque d’abus des personnes vulnérables. La situation aux Pays-Bas ne permet pas de corroborer un tel argument ; il semblerait toutefois y avoir eu un assouplissement des conditions pour lesquelles l’euthanasie est acceptée, révélant par le fait même la difficulté de tracer une ligne de ce qui est acceptable ou non en termes de souffrance. Les arguments suivants seront également revisités : l’autodétermination de la personne, le droit de mourir dans la dignité, l’opinion publique majoritairement favorable, l’accès limité aux soins palliatifs, les motivations complexes d’une demande d’euthanasie, etc.

Discussion et perspectives

16Les débats actuels concernant la possibilité de décider du moment et du comment de sa mort sont le témoin de transformations importantes dans nos sociétés et d’un malaise face à la souffrance, au mourir et à la mort. On ne peut faire fi de la situation actuelle, la question est plutôt de savoir comment amener la population à réfléchir aux divers enjeux associés à une mort provoquée et ainsi obtenir un débat plus éclairé sur la question.

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Impact médiatique pro-euthanasie sur l’attitude des familles en unité de soins palliatifs

17A. Burnod.

18Unité de soins palliatifs, Centre hospitalier de Puteaux, France.

Introduction

19Nous observons depuis plusieurs mois une augmentation des demandes d’euthanasie de la part des proches. Les attitudes et arguments avancés pour justifier leur demande nous laissent penser que le discours public pro-euthanasique est venu modifier les comportements et ressentis. Comment faire face et accompagner ?

Situations cliniques

20Cas 1

21Un patient de 35 ans est admis en phase terminale dans notre USP. Il est conscient de la situation et demande avant tout un contrôle de sa douleur. Celui-ci est rapidement obtenu par une prise en charge pluridisciplinaire adaptée. Au bout de quelques jours, le père du patient agresse violemment l’équipe soignante en les accusant d’être inhumains en refusant d’accorder une mort digne à son fils. Celui-ci épuisé, ne réclame rien d’autre que la présence de ses proches. Le père « récite » à qui veut l’entendre l’argumentaire classique des adhérents d’une association pro-euthanasie dont il est membre. Il invoque les chiens qu’on euthanasie et pas les hommes, la dignité bafouée par l’agonie, la toute-puissance médicale qui décide à la place des malades, l’influence de la pensée judéo-chrétienne, etc. Pour faire face à sa souffrance et à la totale incongruité de la mort de ce fils (à qui il avait fait promettre qu’il accepterait de mettre fin aux jours de son père le moment venu), c’est le discours stéréotypé entendu dans les médias qui lui sert d’exutoire. Il retourne sa violence contre l’équipe soignante.

22Cas 2

23Une femme de 70 ans est hospitalisée dans notre USP pour une maladie hématologique terminale. Ses différents symptômes sont rapidement équilibrés. Elle est très bien entourée par ses filles. Un couple d’amis proches est très présent. Ils sont venus de loin pour la soutenir. Après dix jours, alors que rien ne permettait de le prévoir, cet ami interpelle l’équipe pour lui faire part de son épuisement face à cette situation intolérable (la patiente est souriante et parle assez sereinement de sa mort prochaine, tout en ne semblant pas décidée à mourir dans les jours qui viennent). Il réclame avec véhémence que maintenant qu’elle est prête les médecins fassent « ce qu’il faut pour qu’elle parte ». Ils doivent eux-mêmes repartir chez eux et ne peuvent prolonger leur séjour davantage… Il est inhumain selon lui de la laisser dans cette attente interminable de la mort, alors qu’en Belgique…

Discussion

24En 6 mois une dizaine de cas similaires nous ont interpellés. Ce phénomène a-t-il été observé par d’autres équipes ? Il nous semble que le discours récurrent et simpliste des partisans d’une légalisation de l’euthanasie, abondamment relayé par les médias, contribue grandement à l’irruption dans la tragédie de l’agonie d’une demande de supprimer la souffrance psychique liée à la perte d’un être cher en supprimant le mourant. C’est une raison supplémentaire pour aider les proches à mieux trouver leur place lors de cette période difficile : au côté de celui qui meurt ou parfois en acceptant de s’en éloigner.

62 –

Loi Léonetti : directives anticipées, personne de confiance, 5 ans après

25J-V. Bourzeix, J. Penneret, G. Terrier.

26Service d’accompagnement et soins palliatifs, CHRU Limoges, France.

27Dans le cadre d’une thèse de médecine générale, 5 ans après la Loi Léonetti, une étude d’impact est faite auprès des 370 médecins généralistes de la Haute-Vienne. Le sujet en est volontairement réduit à l’aspect directives anticipées (DA) et personne de confiance (PC). Un questionnaire simple, de 12 items est adressé aux omnipraticiens, portant sur leur connaissance des textes, leur expérience, leur opinion et leur niveau d’implication dans ce domaine.

28Ce questionnaire, envoyé en plein été, aura à ce jour recueilli presque 50% de réponses, sans relance, ce qui montre déjà l’intérêt qu’y portent les médecins, alors même que pour la plupart ils reconnaissent leur méconnaissance sur le sujet et leur désir d’information.

29Cinq ans après la promulgation de la loi, deux ans après un rapport Léonetti qui relevait déjà le retard de diffusion des textes, y a-t-il eu une évolution ?

30Les résultats seront enfin comparés, pour ce qui peut l’être, avec des travaux antérieurs.

63 –

Oser un formulaire pour la rédaction de directives anticipées ?

31B. Pradines.

32Soins de longue durée, Centre hospitalier d’Albi, France.

33Les « directives anticipées » sont contenues dans un document écrit et signé où une personne consigne ses volontés quant aux traitements et à l’accompagnement qu’elle voudra ou non recevoir dans une situation où elle n’est plus capable d’exprimer sa volonté.

34La loi du 22 avril 2005, dite loi Léonetti [1] en a défini le cadre, complétée par un décret du 6 février 2006.

35Elles prennent effet au moment où la personne concernée ne dispose plus de ses facultés intellectuelles, ce qui la rend inapte à communiquer [2, 3].

36La plupart des postulants à la rédaction de telles directives craignent surtout le caractère excessif des traitements curatifs en phase terminale. Encore faut-il que le texte ainsi rédigé ne contienne pas des informations inexploitables telles qu’une formulation trop floue. Par exemple : quel praticien serait-il à même de planifier sciemment un « acharnement thérapeutique » ou une « obstination déraisonnable » ? Ce qui lui permettrait à l’inverse d’éviter ces écueils…

37Bien qu’il ne soit pas possible de considérer les thérapeutiques relevant de toutes les situations plausibles, il est loisible d’envisager les plus fréquentes. C’est ce que nous proposons dans un questionnaire précédé du rappel nécessaire et indissociable des dispositions légales.

38Quand elles sont encore possibles, des entrevues complémentaires avec le patient sont indispensables pour préciser les points demeurés obscurs et recueillir ses desiderata.

39À l’excès, une proposition de réponses obligées à un tel questionnaire pourrait inutilement contrarier le déni habituel sur ces situations. Au mieux, en permettant aux futurs patients de préciser utilement leurs volontés pour la fin de la vie, la rédaction adéquate de directives anticipées pourrait induire une meilleure anticipation d’une période souvent marquée par des malentendus évitables entre patients, familles et soignants.

Références

401. Loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie : http://www.legifrance.gouv.fr.

412. Pradines B, Pradines-Rouzeirol V, Poli P, Cassaigne P, Hamié W, Manteau R, Vellas B. Directives anticipées et personne de confiance en gériatrie. La Revue de Gériatrie 2007;32(8):595-600.

423. Hervy MP, Moulias R, Blanchard F. Application en gériatrie de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie. La Revue de Gériatrie 2008;33(4):313-19.

Douleur

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La douleur

43A. Mouniqua.

44ASP Fondatrice, Paris, France.

Définition

45L’IASP (International Association for the Pain) définit la douleur comme « une expérience émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en termes d’une telle lésion ».

46B. Kouchner écrivait : « pendant longtemps la douleur a été vécue comme une fatalité. L’évolution des connaissances nous donne aujourd’hui des moyens importants permettant de réduire, dans des proportions considérables, la douleur des patients ».

47La volonté du Gouvernement est de poursuivre et de renforcer la politique engagée depuis 10 ans pour améliorer la prise en charge de la douleur (plan de la douleur 2006-2010).
La SFETD (Société française d’étude et de traitement de la douleur) note également que l’histoire émotionnelle des patients doit être davantage prise en compte dans le traitement de la douleur.

À des degrés divers la souffrance comporte plusieurs éléments imbriqués

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  • Une composante physique : la douleur.
  • Une composante psychologique : l’angoisse, la peur, la dépression…
  • Une composante spirituelle : questionnement sur le déroulement de sa vie.
  • Une composante sociale : problèmes familiaux divers.

Il existe selon l’IASP deux grands types de douleur physique

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  • La douleur aiguë de courte durée (postopératoire, post-traumatique ou provoquée par certains actes de soins).
  • La douleur chronique rebelle (lombalgies et les céphalées chroniques), celle liée au cancer ou les douleurs neuropathiques.

Le plan du gouvernement repose sur quatre axes

50

  • L’amélioration de la prise en charge des personnes les plus vulnérables.
  • La formation renforcée des personnels de santé.
  • Une meilleure utilisation des traitements médicaux et des méthodes non pharmacologiques.
  • La structuration de la filière de soins.
La formation des bénévoles des associations d’accompagnements intervenant dans les services de la douleur notamment en consultation dans les centres antidouleur et en soins palliatifs doit faire l’objet de formation renforcée et continue.

51La douleur peut être ressentie à tous les âges de la vie, elle est d’autant plus préjudiciable qu’elle touche souvent des personnes atteintes de maladies graves. Cette approche de la douleur constitue une priorité pour l’amélioration de la qualité de vie de tous ceux qui souffrent d’une maladie chronique.

52Les méthodes non pharmacologiques pratiquées dans les centres antidouleur sont variées (auriculothérapie, relaxation, sophrologie). Elles donnent parfois de bons résultats (baisse de l’intensité de la douleur, voire suppression) et permettent de diminuer les antalgiques ce qui contribue à l’amélioration de la qualité de la vie du patient.

53Le rôle du bénévole est d’être à l’écoute du patient, d’entendre son mal-être, de l’aider à diminuer son angoisse, conséquence de sa douleur et de sa maladie.

65 –

Quand la douleur devient chronique ou empreinte de l’insaisissable

54C. Algret, M. Pimont, D. Bourlot.

55Unités de soins palliatifs, CHU Dupuytren, Limoges, France.

56Dans le cadre de la prise en charge du patient atteint d’une maladie grave, qu’elle soit cancéreuse, rhumatologique, traumatologique…, la douleur résiste parfois à la logique médicale : elle devient chronique.

57Dans ce contexte figé, la douleur au-delà de sa genèse somatique, figurerait le symptôme condensé d’une histoire plus complexe, l’empreinte insaisissable d’un autre discours, celui du sujet. Ainsi, selon d’autres repères que biomédicaux seuls/stricts, la douleur chronique aurait pour fonction, l’adaptation du sujet à son histoire.

58Selon cette perspective, nous donnerons sous forme de vignettes cliniques différentes figures possibles à la fonction d’adaptation :

  • fonction de totem, d’écran puis de résolution partielle d’un trauma ;
  • fonction d’objectivation de la maladie grave ;
  • fonction de résolution partielle d’un non-dit ;
  • fonction de béquille psychique ;
  • fonction de rempart psychique.
Chaque fois, au travers d’une approche à trois voix (clinique, psychopathologique, réflexive), et d’une tentative de modélisation, nous démontrerons qu’il convient avec le concours du sujet, de décrypter cette douleur pour lui donner un sens, en la resituant dans son histoire et dans son fonctionnement psychique, et permettre ainsi le travail de représentation par l’élaboration, favorisant le détachement progressif du sujet de sa douleur, vers des aménagements psychiques plus souples.

59Au fil des situations cliniques, il s’agira également de revaloriser, réhabiliter la pleine notion de rencontre clinique en appuyant l’idée d’une approche interdisciplinaire respectueuse des temps prépondérants de la prise en charge (temps d’écoute et de recueil de la plainte, temps d’évaluation, temps du projet thérapeutique, etc.).

66 –

En soins palliatifs, la douleur neurogène est rarement diagnostiquée

60M. Daoud, B. Hérisson.

61Hôpital Émile Roux, Limeil-Brévannes, France.

62Sur des dossiers pris en soins palliatifs et des dossiers pris pour des patients douloureux (hors soins palliatifs), on constate que la douleur neurogène chez les patients hospitalisés pour douleur (sans soins palliatifs) est souvent recherchée et traitée (traitement plus ou moins adapté). Par contre, les patients hospitalisés en soins palliatifs et suivis pour douleur, la douleur neurogène est rarement recherchée ; si elle existe, le traitement est mal adapté.

63Un travail a été fait sur quelques dossiers (60 dossiers : 30 hospitalisés pour douleur et 30 hospitalisés en soins palliatifs).

67 –

Algochine : apport de la médecine traditionnelle chinoise en algologie

64J. Vanneyre.

65Centre hospitalier de Pertuis, France.

66La diversité de nos cultures et de nos pratiques offre des perspectives nouvelles dans la prise en charge des patients algiques.

67Deux patients ont bénéficié de séances de Médecine traditionnelle chinoise (digipuncture) associée à la prise en charge thérapeutique classique.

68La Médecine traditionnelle chinoise repose sur huit grands principes : Yin, Yang, insuffisance, excès, froid, chaud, profondeur, surface (la maladie résultant d’un déséquilibre de ces principes) et sur cinq éléments ; Bois, Feu, Terre, Métal, Eau, permettant d’équilibrer l’énergie en fonction des saisons. La douleur est liée à une stagnation d’énergie.

69La prise des 12 pouls chinois, l’évaluation de la couleur et la forme de la langue permettent de reconnaître le type de déséquilibre responsable de la pathologie. Le travail sur les méridiens libère les énergies stagnantes et régularise les flux énergétiques, contribuant à l’amélioration de la symptomatologie présentée.

70Monsieur B., 73 ans, douleurs postzostériennes temporofrontales droites depuis 3 ans, malgré des traitements adaptés, antécédents cardiovasculaires, EVA 5 à 10, DN4 = 4, fortes répercussions sur la qualité de vie, cauchemars, anxiété, asthénie. Un traitement médical (Tramadol, Duloxetine) limite la douleur (EVA = 5). En Médecine traditionnelle chinoise, on définit : vide de Yin, excès de Bois, chaleur de l’énergie du méridien Foie, pathologie profonde (chronicité). Après 6 mois de prise en charge, douleurs et prurit disparaissent, reprise des activités, arrêt des cauchemars, limitation des antalgiques, EVA = 0 à 1, sensation d’apaisement. Monsieur G., 59 ans, directeur technique, migraines, céphalées de tension et cervicalgies invalidantes depuis 20 ans, antécédents asthme, HTA, traumatismes cervicaux, stress professionnel, EVA = 4 à 8, fort retentissement sur la qualité de vie. Un traitement de fond est instauré (migraines), une neurostimulation externe (cervicalgies) avec légère amélioration des symptômes. En médecine chinoise on observe : vide de Yin, de Yang, de sang et du méridien Foie. Après 4 séances de médecine traditionnelle chinoise, disparition des céphalées de tension, diminution du stress, espacement des crises de migraines.

Conclusion

71Le recours à la Médecine traditionnelle chinoise a contribué à l’amélioration de l’expression douloureuse et du stress chez ces patients avec un bénéfice réel sur la qualité de vie.

Fin de vie, deuils, rites

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Représentations liées à la fin de vie et perspective de placement

72L. Finizio.

73Centre hospitalier Louis Brunet, Allauch, France.

74La communication proposée a pour objectif de mettre en relief les problématiques liées à la perspective de placement en long séjour de personnes âgées dont le diagnostic d’incurabilité a été prononcé dans le contexte d’une hospitalisation en service de suite et de réadaptation.

75Les pistes de réflexion engagées dans ce travail sont issues de rencontres cliniques avec les patients et leurs proches.

76Il apparaît que l’annonce de la nécessité d’un placement pour des personnes âgées dont le pronostic vital est en jeu à un terme indéterminé est difficilement vécue par l’entourage.

77En nous appuyant sur la théorie psychanalytique freudienne contenue notamment dans « Deuil et Mélancolie » (1915) et « Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort » (1915), nous poserons l’hypothèse selon laquelle cette annonce ébranle le système représentatif des personnes ayant déjà entamé un travail d’élaboration lié à la mort imminente de leur proche.

78D’autre part la difficulté à se projeter dans la mise en œuvre d’un projet, dans ce temps de la fin de vie, nous apparaîtra comme la mise en mouvement d’un système défensif face à la coexistence de représentations contradictoires.

79Au sein même des services se pose alors la question de pouvoir appréhender la fin de vie comme une phase dans laquelle des projets peuvent encore être menés et de notre aptitude à communiquer cette dimension au patient et à son entourage dans un ajustement adéquat par rapport à la réalité médicale.
Des groupes de travail sont proposés au sein des équipes pour permettre de mettre à l’épreuve les représentations liées à la notion de fin de vie et leurs impacts sur la communication faite aux patients et à leurs familles.

69 –

Face à la fin de vie : demandes de mort et paroles de professionnels des soins

80V. Testu1, E. Mouchet2, N. Veyrié3.

811CHRU Caen-CH Bayeux, 2CHRU Caen-CH Lisieux, 3Université de Caen, IRTS Basse-Normandie, France.

Contexte et but

82Dès les années soixante, des chercheurs en sciences humaines et médicales ont interrogé la place de la mort dans la société occidentale [1]. En ce début du XXIe siècle, la fin de vie est confiée, majoritairement, aux institutions médicales [2]. Dans ce contexte, les « demandes d’euthanasie » sont souvent exposées par les médias, mais quand est-il réellement dans le quotidien des patients et des soignants ? Des études d’opinion des soignants sur l’euthanasie et le suicide assisté existent, mais peu de travaux de recherche s’intéressent à l’expérience et au point de vue des soignants face aux demandes de mort [3]. Nous proposons d’exposer notre recherche sur ces demandes dites d’euthanasie, effectuées par les personnes malades ou leur entourage auprès des soignants, des psychologues et des travailleurs sociaux. Qu’est-ce qu’une demande d’euthanasie pour ces professionnels ? Quelles sont leurs réponses et leurs possibilités d’échanger à ce propos ?

Méthode

83Nous avons choisi d’engager un travail pluridisciplinaire entre médecins et sociologue1 dont l’objectif principal est de décrire, analyser et comprendre l’expérience de ces professionnels. Afin de développer une démarche plus sensible dans l’écoute des soignants, une méthode qualitative, par entretiens semi-directifs, a été privilégiée.

Résultats

84Les résultats ouvrent plusieurs pistes de réflexion. Tout d’abord, de la demande de « piqûre » au refus de soin, la perception d’une demande d’« euthanasie » semble complexe dans le discours des soignants. Ensuite, les questionnements sur la souffrance en fin de vie montrent combien l’éthique des professionnels est touchée. Enfin, on observe une souffrance des soignants provoquée par le manque de temps et les difficultés de communication et d’échange.

Discussion

85Le cadre législatif qui entoure la fin de vie ouvre à de nombreuses réflexions. Certes, la loi Léonetti est peu connue mais il semble, dans le discours des soignants, qu’elle n’aurait pas été toujours utile dans les situations complexes discutées. Les outils, pertinents, dégagés par la loi constituent-ils pour autant un appui suffisant pour le corps médical ?

Perspectives

86La sensibilisation des soignants à l’existence de cette loi constitue une des perspectives de notre recherche. Les liens entre le particulier et le général nous semblent fondamentaux. En effet, comment l’expérience et la situation d’une personne malade, d’un soignant, d’une institution et d’un lieu sont-elles indissociables d’une réflexion nationale et donc, plus fondamentale, sur la fin de vie dans notre société ?

Références

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11125. Thomas LV. La Mort en question. Traces de mort, mort des traces. Paris : L’Harmattan, 1991.

11226. Veyrié N. La mort, un champ de recherche : les travaux pionniers des années 1950-1970. Revue de l’Institut de sociologie 2005;3(4), Université Libre de Bruxelles.
27. Voyelle M. La Mort et l’Occident de 1300 à nos jours. Paris : Gallimard, 2000.

70 –

Du compromis au sacrifice : le deuil au fil du siècle

113M. Lombard.

114Équipe mobile de soins palliatifs, Centre hospitalier de Roubaix, France.

But

115Parce que l’élaboration de la perte semble monnaie courante dans le contexte des soins palliatifs, il s’agit ici de contribuer à une meilleure connaissance du vécu subjectif du sujet confronté à cette traversée, dans les nuances qui composent son histoire individuelle et familiale. Autrefois accompagnant, les sujets de notre étude s’engagent désormais dans l’exploration des liens qui se trouvent arrachés sous le coup de la perte. Ainsi, le défunt fait l’objet d’un changement de statut : de simple disparu, il s’incarne en sujet « inexistant ». Par quel procédé psychique le sujet va-t-il parvenir à « vivre avec » la perte ? L’aider : c’est le comprendre…

Méthode

116Elle se veut théorico-clinique. D’une part, l’éclairage théorique : il concerne un concept largement utilisé, parfois même « vulgarisé » : le deuil. Le point de vue s’organise autour de la revue de la littérature proposant quatre sillages principaux, eux-mêmes mis en résonance avec un autre concept-clé ici régulièrement faisant les frais de l’association libre des sujets endeuillés : l’exil. D’autre part, l’éclairage clinique : il s’étaye sur le témoignage et la participation éclairée et consentie d’une femme de 46 ans, professeur d’allemand, veuve. Son mari a été accompagné par l’équipe mobile de soins palliatifs en service de pneumologie puis hospitalisé en unité de soins palliatifs pour décéder à son domicile. L’articulation se veut d’une richesse exceptionnelle.

Résultat

117Le résultat principal (en une phrase) de la recherche s’articule autour de l’idée principale qui admettrait que l’endeuillé se trouve condamné au remplacement aux prémices des théories, pour, au fil du siècle, prendre la voie du renoncement puis celle du sacrifice chez les auteurs les plus contemporains.

Discussion

118En effet, sous le coup du deuil, le sujet s’éprouverait en transit, littéralement gelé par l’annonce, à la limite de la brisure. Engagé dans un moment suffisamment conséquent pour comprendre, il pourrait en venir à interroger une éventuelle transgression où l’archaïsme se mêle à la toute-puissance dans cet éprouvé de la condamnation. C’est une étrange impression qui s’empare du sujet vivant, dans ses chairs, une métamorphose le découvrant aliéné, ce qui nécessitera que la part de lui-même ainsi expatriée trouve refuge. C’est à un travail de concession auquel il va alors devoir s’atteler. À ce point de cheminement, sonne le glas de la naturalisation mise à l’épreuve du sacrifice dans le deuil. Nous verrons ainsi en quoi consiste le geste du deuilleur.

Perspectives

119Classiquement l’approche du deuil se veut « symptomatique ». Aujourd’hui, le clinicien, de par son inclinaison, est conduit à interroger, par-delà ces manifestations, les mouvements psychiques à l’œuvre chez le sujet. Dans ce cadre, il a lui-même été témoin de la mort du proche désormais pleuré, objet de plainte, de l’endeuillé. Des liens thérapeutiques se sont noués du vivant du défunt et l’adresse de l’appel à l’aide, à son endroit, n’en est pas moins anodine. Laisser partir le défunt en revenant le « parler », le retrouver, en somme, sur le lieu même de sa mort : qu’est-ce que cela nous dit ?

Références

120Abraham et Torok ; Allouch ; Ariès ; Bacqué ; Derrida ; Freud ; Hanus ; Klein, Kübler-Ross ; Lacan ; Lagache ; Laufer ; Longneaux ; Tourn ; Winnicott.

71 –

Trépas et deuil : les processus psychiques face à l’expérience de l’absence

121H. Hammoudi.

122Les Petits Frères des Pauvres, Paris, France.

123L’absence (Freud, 1901, 1919 ; Fédida, 1978) correspond à une expérience de perte et de vacillement du familier, elle est également rupture, liminalité et émergence vertigineuse d’une remise en question des certitudes. Cette expérience de manque vient aussi questionner, chez le sujet, sa modalité psychique interne de l’altérité. La pratique clinique auprès des personnes aux prises avec leur mort ou celle d’un proche nous confronte à la question de l’absence dans le trépas et le deuil et la façon dont l’appareil psychique traite, assimile et s’accommode à cette expérience vécue souvent comme effraction.

124Le trépas renvoie à un temps de passage, un interstice entre la vie et la mort. Cette période de fin de vie correspond à une épreuve de liminalité (Van Gennep, 1909 ; Murphy, 1990) où le sujet est dépossédé de son statut de vivant (Higgins, 2003). Pour la personne malade, l’absence se manifeste comme une dépossession, comme un assujettissement à une étrange présence (celle du corps envahi par les terreurs de l’informe). Pour faire face à cette épreuve, la psyché se lance à la recherche de son identité perdue, « le souvenir est alors mis au défi de sa mémoire » (Fédida, 1978, p. 10). Cette tentative de restauration identitaire passe par une réécriture dans l’altérité de l’histoire propre du sujet. Face à l’absence du mourir, l’expérience de l’intersubjectivité permet d’amorcer un travail d’élaboration ultime qui permettra au sujet au travers d’un dire sur son histoire de faire quelque chose de ce qui lui arrive. Pour la famille, le temps du trépas peut être vécu comme un temps suspendu, celui de l’ambivalence et de l’oscillation entre deux mouvements contradictoires, à savoir investir et désinvestir le lien à la personne malade. Du côté de la famille, l’expérience de l’absence peut renvoyer à un vécu d’impuissance face à l’impossible de ce qui ne cesse pas de ne pas se dire (Lacan, 1972).

125À partir de notre pratique de psychologue dans les soins palliatifs, nous allons tenter une réflexion théorico-clinique sur la question de l’expérience de l’absence en fin de vie. Nous aborderons l’articulation entre les notions de trépas, de deuil et de travail psychique face au risque de mort réel. Des vignettes cliniques viendront étayer notre propos.

Références

1261. Fédida P. L’absence. Paris : Gallimard, coll. Folio essais, 1978.

1272. Higgins RW. La mort pacifiée. L’invention du mourant. Esprit, 2003.

1283. Murphy R. Vivre à corps perdu. Paris : Plon, 1990.

72 –

Café deuil : deuil dans la vie, deuil dans la ville

129C. Haegel.

130Centre de ressources national soins palliatifs François-Xavier Bagnoud, Paris, France.

Contexte et enjeu

131Pourquoi des cafés deuil ?

132Dans une société qui évolue, la transformation des rites funéraires, l’éclatement géographique des familles, la solitude et l’isolement font apparaître le besoin de trouver de nouvelles formes d’accompagnement des personnes en deuil.

133Sur un plan national, les professionnels et les bénévoles du deuil constatent que les groupes d’entraide de personnes en deuil deviennent moins attractifs. Plusieurs raisons sont clairement identifiées à ce jour : peur de s’impliquer dans la durée, individualisme, lieu et temps de parole organisés autour d’un contrat d’engagement. Ce cadre de rencontre si chaleureux soit-il peut être vécu comme contraignant. Mais la nécessité de s’exprimer est toujours là.

Méthode

134Des cafés deuil, intérêt d’un projet au cœur de la ville.

135Face à ce constat, l’équipe d’accompagnants du deuil du CDRN FXB (Centre de ressources national soins palliatifs François-Xavier Bagnoud) a émis l’hypothèse qu’un lieu anonyme, familier, ouvert sur la ville, offrirait de nouvelles possibilités de parole et d’échange pour toute personne souhaitant se sentir écoutée dans son vécu d’endeuillé(e) ou entendre parler du deuil. C’est dans ce contexte que le CDRN FXB a mis en place les cafés deuil.

136Pourquoi choisir un tel lieu ? Le café est un espace public de proximité, anonyme, convivial, et confortable. Dans la culture française, le café permet d’aller vers les autres librement. Il offre un lieu accueillant où chacun peut venir pousser la porte spontanément, sans inscription préalable ou prise de rendez-vous et retrouver d’autres personnes en deuil pendant une heure et demie.

137Deux animateurs attentifs et contenants, formés à l’animation de groupes de personnes en deuil, sont là pour accueillir les échanges, les paroles qui font écho et s’assurer que chacun puisse trouver des ressources, voire des aides ultérieures. Lors de ces rencontres ponctuelles, ils écoutent les témoignages et veillent à ce que chacun puisse repartir sans être porteur d’une trop grande charge émotionnelle.

Résultats

138Cette initiative innovante a vu le jour en mai 2010. Elle s’est construite sur un rythme d’une rencontre par mois dans un lieu unique sur Paris. Nous proposons de présenter un bilan à un an de cette expérience originale, d’en analyser les limites individuelles et collectives, et d’énoncer les ouvertures qu’engendre une telle sensibilisation.

Conclusion et perspectives d’avenir

139Outre les règles de confidentialité, de respect de l’autre dans le non-jugement, l’anonymat possible, ces rencontres permettent une prise de parole totalement libre où chacun laisse de côté le débat d’idées pour dire « je », parler en son nom de ce qu’il ressent. Nous souhaiterions participer le cas échéant à un débat avec d’autres représentants venus de pays francophones qui pourraient témoigner de leur expérience et donner leur avis sur ce type d’initiatives ancrées dans la vie sociale.

73 –

Sagesse orientale dans notre monde moderne, laïc et déspiritualisé

140V. Le Naour.

141Réseau de santé RESPECTE, Lesneven, France.

142Quelle est la fonction des différents discours en mots ou images sur la mort ? Jankélévitch [1] notait que « l’ineffable est inexprimable parce qu’on manque de mots pour exprimer ou définir un mystère aussi riche, parce qu’il y aurait sur lui infiniment à dire, immensément à suggérer, interminablement à raconter ». « La mort, ajoutait-il, est indicible parce qu’il n’y a, dès l’abord, absolument rien à en dire ». Et pourtant on en parle.

143Je soutiens Clothilde à domicile lors de la fin de vie de son époux. Je travaille tous les éléments négatifs, pesants qui l’assaillent en permanence pour tenter de les transformer en énergie positive. La méthode préconisée est de rencontrer ses propres peurs pour essayer de les amoindrir afin de surmonter un tant soit peu ce sentiment d’angoisse si suffocant… Ne plus subir tous ces sentiments oppressants, mais toujours apprendre à communiquer, cultiver bonté, courage et compassion, changer d’attitude et de regard.

144La phase agonique et les pauses respiratoires sont source de panique puis de désespoir. Clothilde crie, pleure, retient Julien… Je propose à Clothilde, adepte du yoga et du chant choral, de s’appuyer sur ses propres ressources pour accompagner cette vie qui vient et s’en va par le souffle. Clothilde ne subit plus, mais participe en « chantant » ce son grave des orientaux « OM… AN ». Selon Descamps [2], le chant harmonique est aussi appelé chant magique. Il vient de Mongolie, où il permettait d’entrer en extase. Répandu sur toute la Terre, les lamas tibétains, l’utilisent comme un yoga sonore qui facilite l’accès à l’état d’illumination. Selon les chamans, en mariant sons à pouvoirs, on pourrait aussi bien tuer que guérir. Ils s’en servent, eux aussi, pour obtenir l’illumination et passer dans l’autre monde. En Occident, on l’utilise pour entrer en méditation.

145J’explique à Clothilde la coexistence des contraires, ce qui rend lisibles tous les mouvements antinomiques (laisser partir : retenir) et désordonnés de sa psyché et dessine une voie moins embrouillée. Les pensées et les actes ne sont jamais mauvais. Il s’agit dès lors de laisser les opposés coexister, en faire simplement l’apprentissage en ouvrant tous ses sens : yeux, oreilles, narines, mais aussi le cœur et l’esprit. Cette ambivalence est intimement liée à notre identité, à la manière dont nous nous représentons les difficultés… En apprenant à nous ouvrir à tout ce qui arrive, y compris à notre propre fermeture, nous voyons un peu plus clair, nous portons moins de jugement et arrivons à dédramatiser quand nous laissons le monde parler de lui-même. Au cœur même de cette douleur de la séparation, il y a beaucoup d’espace, beaucoup d’ouverture possible quand nous ne résistons plus. Cette ouverture, qui vient du cœur, quand elle est tangible, sincère et vive, elle est ressentie, dans une expérience légère, fraîche et claire, par la grâce de l’esprit.

Références

1461. Jankélévitch V. La mort. Flammarion : Paris, 2008.

1472. Descamps MA. Corps et extase, les pratiques corporelles de l’extase. Paris : Guy Trédaniel, 1992.

74 –

Sensibiliser les soignants aux pratiques autour de la mort

148M. Pernea.

149Centre hospitalier d’Annonay, France.

But et contexte

150Dans le mouvement national vers l’amélioration des pratiques autour de la mort à l’hôpital (parution du rapport IGAS « La mort à l’hôpital » novembre 2009), l’équipe mobile de soins palliatifs du CH Annonay souhaitait sensibiliser les soignants à ce sujet. Il nous a semblé pertinent de créer un groupe de travail concernant « la mort à l’hôpital ».

Méthode

151Diffusion électronique du rapport IGAS aux médecins, cadres infirmiers, administration. Proposition de créer un groupe de travail faisant appel à tous les services et à toutes les fonctions avec des réunions mensuelles à dates fixes.
Les objectifs initiaux du groupe ont été préétablis et acceptés par le groupe : faire un état des lieux des pratiques et des expériences locales. Puis les analyser et adapter les recommandations du rapport IGAS aux besoins locaux.

Résultats

152Tous les services ont répondu présent et s’impliquent (4 médecins, 8 cadres de santé, la directrice des soins, 14 IDE, 5 AS, 2 psychologues, 1 représentant de la chambre mortuaire de l’hôpital, 2 représentants du culte).

153À ce jour, le recueil des données fait apparaître une similitude avec le constat du rapport IGAS. Le personnel échange, parle autour de la mort, discute, débat.

Discussion

154Nous sommes surpris de l’ampleur de la participation et de l’adhésion. Pourquoi cette surprise ?

155Nous avons trouvé utile de donner des objectifs concrets, afin de ne pas se perdre dans des échanges stériles. Cependant, donner des méthodes aux équipes, avec un travail réfléchi en amont : est-ce un avantage ou un inconvénient ?

156Le travail de ce groupe, avec le rapport IGAS pour socle, s’intègre dans la dynamique de l’hôpital d’améliorer sans cesse ses pratiques.

Perspectives

157Finaliser les recommandations et les appliquer dans les services. On peut penser que l’évaluation de l’impact de ce groupe de travail fera l’objet d’une étude ultérieure.

Références

1581. Mucchielli R. La dynamique des groupes (19e édition). ESF, 2008.

1592. Dupont M, Macrez A. Le décès à l’hôpital – Règles et recommandations à l’usage des personnels. Lamarre Éditions Collection : Les Guides de l’AP-HP, 2008.

1603. Rapport IGAS « La mort à l’hôpital ». RM2009-124P, novembre 2009

75 –

Un Fantasme de vérité : « La Parole du mourant »

161M-A. Grimaldi1,4, D. Marie2,4, E. Dudoit3, 4, J-L. Pedinielli 4.

1621Équipe mobile de soins palliatifs, CHU Nord, Service de gastroentérologie, CHU TIMONE, AP-HM, Marseille, France.

1632Service d’oncologie médicale, Unité mobile d’intervention en soins de support et palliatifs, CHU TIMONE, AP-HM, Marseille, France.

1643Service d’oncologie médicale, CHU TIMONE, AP-HM, Marseille, France.

1654Laboratoire psychologie clinique et psychanalyse, Université de Provence, Aix-en-Provence, France.

166Dans le champ de la médecine et plus encore dans celui des soins palliatifs un enjeu ne cesse de prévaloir, c’est celui de la connaissance, mais de quelle connaissance parlons-nous ? Parlons-nous, de cette réalité énigmatique qui fait que nous sommes tous mortels ou du réel de la mort ? Sommes-nous vraiment tous égaux face la mort ?

167Face à cette radicalité qu’est la « mort réelle », nos institutions développent des postures pluridisciplinaires pour traiter « la mort fantasmée » qui se dit, se parle de notre imaginaire mais qui achoppe a saisir l’innommable de l’effraction d’une mort réelle. Pourtant là est la seule voix possible pour continuer notre travail, parler la mort, parler de la mort, construire encore et encore des « Mythes » de connaissances… Mais pour qui, pour quoi ?

168Au cœur d’une société où les rituels se perdent, où le groupe social se défait, l’institution s’engage dans une gestion de la mort qui se professionnalise. L’arrivée des « psys » s’est faite sous l’effet d’un fantasme corollaire de « la mort fantasmée » comme un désir de maîtrise du corps qui se délite en dépit de toute la technique engagée à son égard. Puisque rien ne peut plus venir de l’acte, parlons maintenant, parlons de ce désir d’éternité, comme si la parole du mourant permettait la trouvaille de la : Vérité. Mais connaître est ce savoir ?

169Alors que « faire » de ce nouvel objet « la parole du mourant » entendue et attendue comme salvatrice de l’angoisse de mort ?

170Le psy en tant qu’opérateur d’une formule qui pourrait se traduire par : « il faut que ça parle » ; sera assigné à démêler « ça » et à favoriser cette parole. Le mourant, lui, devrait s’acquitter de cette tâche, assigné à cette injonction totalisante il viendrait dédommager par sa parole le corps soignant.

171Sachant que l’efficace d’une parole se trouve dans la parole pleine mais pas forcement pleine de savoir ! On voit ainsi se dessiner une rencontre de deux éthiques, l’une personnaliste et utilitariste suivant Kant et Hume, prônant le « bien » du patient soit au nom de son individualité ou de son humanité et celle plus sensible du « visage » d’Emmanuel Levinas qui nous engage à l’opacité des traits de l’humain, rien n’est plus humain qu’un visage… L’idée d’une transparence du corps est véhiculée par le discours de la science, telle notre société du spectacle et de l’idolâtrie des images pour nous assurer la transparence du monde. L’emprunt du discours de la science maintient le sujet dans un leurre entretenant une promesse faite de « transparence » (scanner, radio…) venant alimenter l’idée d’un « contrôle absolu » qui plane dans l’imaginaire de ces sujets. Ce corps transparent assigne chacune d’entre nous à une place déterminée dans le fonctionnement général du rêve scientiste. Or le chemin structurant est justement l’angoisse, sans celle-ci et son travail de déréliction, il n’y aurait de sujet humain.

Références

1721. Pigeon M. L’éthique du Bien-dire. Site web de l’école lacanienne de Montréal.

1732. Le Boulengé C. (Quelques remarques sur le savoir. Quarto 1987; 27(06).

1743. Laurent, E. Les organes du corps dans la perspective psychanalytique. Quarto 2007;91.

76 –

Vivre son deuil Provence-Var : bilan à 5 ans : difficultés, travail en réseau

175J-D. Berthou.

176Vivre son deuil Provence – Var, Hyères, France.

177Vivre son Deuil Provence-Var, créée en 2005, a voulu accompagner les personnes en deuil du Var. une coordination régionale PACA a été souhaitée par la Fédération Européenne Vivre son deuil et le Conseil Régional

Le bilan à 5 ans constate

178

  • Que les demandes d’aide restent limitées de 20-25 à 50-55 par an.
  • Que l’acte d’appeler n’est pas évident (tabou social de la mort, repliement sur soi du deuil…), méconnaissance de l’efficacité des rencontres et surtout des groupes d’endeuillés.
  • Difficultés à réunir des participants en nombre suffisant pour ces groupes.
  • Lassitude des bénévoles de ne pas être suffisamment accompagnants.
  • Difficultés de la communication : faible « productivité » des mailings médecins et pharmaciens (facteur local possible), appui indispensable des assistants sociaux, CCAS…. L’intérêt des sophrologues a été noté.
  • La nécessité d’un travail en réseau interassociatif pour des raisons géographiques est constatée, de même pour l’organisation de formations communes, pour nous à Aix en Provence plus centrale, en collaboration avec Passages-Aix.

77 –

Rites funéraires ou professionnalisme d’une équipe de soins palliatifs ?

179N. Denis-Delpierre1, B. Cormerais, S. Girard, M. Talet, F. Heurtin, D. Rebière, F. Bazebialo, N. Denis.

1801Unité fixe de soins palliatifs, HGRL – CHU Nord de Nantes, France.

Introduction

181Lors de l’accompagnement de la personne malade et de ses proches ; les soignants de l’USP réalisent le plus souvent la toilette mortuaire et l’installation dans la chambre avant l’accueil des proches. Un temps est pris…

182Le personnel du service mortuaire vient ensuite pour emmener le corps à la morgue.

Concepts et contexte actuel

183En raison, d’un déménagement récent, l’organisation avec le service mortuaire a changé. Après 18 h, il revient aux soignants de l’USP de descendre le corps et de le déposer dans un tiroir à la morgue. Après 10 ans de pratique autour d’une prise en charge très professionnelle du corps de la personne décédée qui fait sens pour chacun, les soignants doivent s’approprier cette nouvelle organisation qui occasionne des difficultés psychologiques pour une grande partie de l’équipe. L’institution nous oblige à « accompagner le corps jusque-là » peu encline à entendre nos réticences.

Analyse des pratiques professionnelles

184Un groupe de travail a été constitué avec un psychologue-chercheur pour aider à l’appropriation de ce changement en travaillant sur la collaboration avec le service mortuaire. Ce groupe de travail a rapidement été voué à l’échec et déserté, les soignants ressentent un non-respect de leur travail de « présentation » du corps à la famille. Il semble y avoir un ressenti de violence dans l’exigence de notre nouvelle organisation institutionnelle…

185La reprise des groupes de paroles et l’écoute des soignants lors des temps de réunions hebdomadaires rendent la difficulté plus supportable. Les discussions organisées pour la réalisation de cet abstract ouvrent de nouvelles perspectives. Le travail effectué autour du corps de la personne décédé a été décrit précisément avec à chaque étape, le sens donné. Le temps de ce « soin mortuaire » de 20 minutes à 1 heure, très protocolaire, semble nécessaire, il demande à être valorisé, mis en lumière. Qu’est-ce qui se travaille dans ce temps ? Les soignants acceptent maintenant d’y réfléchir plus sereinement. Quelles valeurs profondes sont à respecter, qu’est-il acceptable de modifier ?

Discussion

186Cette singularité dans la prise en charge doit être soulignée au sein de l’institution. Durant le soin de toilette mortuaire et d’habillage, les soignants tentent de « présenter » le corps de la personne décédée, il s’agit encore d’elle et non de son « corps uniquement ». Une attention particulière est prise pour rendre l’inacceptable plus acceptable, respect des souhaits du défunt et de sa famille, des cultes, parfois les préoccupations seront d’ordre « esthétique » tout simplement. Le temps de toilette mortuaire est un soin rendu très professionnel, mais il représente plus pour le soignant…

187À quel moment la personne décédée deviendra ce corps que l’on va ranger ? Au moment de la toilette mortuaire ? Faut-il ne plus faire la toilette mortuaire ?

188Il semble difficile de demander aux soignants qui ont réalisé la toilette mortuaire de descendre et placer le corps dans un tiroir s’ils n’ont pas anticipé cette étape : peuvent-ils l’anticiper au moment de ce soin spécifique ?

78 –

Au-delà du décès, la continuité de l’accompagnement

189L. Rolland-Piègue, I. Harauchamps.

190Réseau SCOP, Clichy, France.

191En tant qu’équipe de soins palliatifs nos interventions auprès des patients et de leurs proches s’appuient sur le concept d’approche globale au cours de la maladie et après le décès. Comment cela se décline-t-il dans notre pratique au domicile lors de cette période postdécès ?

192Le médecin et l’infirmière ont terminé leur prise en charge soignante. Leurs actions après le décès sont ponctuelles (appels téléphoniques avec la famille et réunion de débriefing avec les soignants).

193Il en est tout autre pour nous, assistante sociale et psychologue : notre travail auprès des proches se poursuit. Mais sous quelle forme ? Et pour combien de temps ?

194Après le décès des patients, le réseau adresse systématiquement un courrier de condoléances manuscrit aux proches référents rappelant notre disponibilité et la possibilité d’une rencontre ; ainsi, le décès du proche ne ferme pas la porte de l’accompagnement. Les personnes qui se saisissent de cette proposition mettent en avant deux types de demandes : un besoin de reparler du défunt et des derniers moments, ou, la méconnaissance des démarches inhérentes au décès.

195L’expérience du deuil semble figer le temps psychique et entraîne souvent un repli sur soi qui peut avoir pour conséquences un décalage avec ce que demande la réalité de la situation. Comment retravailler alors que l’on est dans la tristesse d’avoir perdu un être cher ? Comment solliciter tels droits auprès de quelles administrations et suivant quelles démarches ? Ainsi, les personnes confrontées au deuil sont au cœur d’une problématique psychosociale.

196Le souvenir commun du défunt dans l’espace intime du domicile favorise la remise en circulation de la parole. Celle-ci est souvent initiée par une information des différents types de démarches nécessaires, une réassurance des capacités du proche à avoir fait face, la reconnaissance des capacités des moments difficiles et forts. Le versant affectif et émotionnel peut enfin s’exprimer.

197Nous intervenons directement en binôme auprès des proches ou bien alors nous les rencontrons seule, le travail de binôme est alors indirect à travers nos échanges en dehors des temps d’entretien.

198M. R. a été suivi par le réseau pendant 6 mois. Il a rencontré régulièrement la psychologue, créant un lien de confiance avec l’équipe. Voulant anticiper son avenir qu’il savait incertain et protéger sa famille, il souhaite faire sa demande de retraite et rencontre alors l’assistante sociale du réseau pour initier les démarches. Ce projet est poursuivi et achevé après le décès de M. S. par son épouse et l’assistante sociale du réseau.

199M. S. est décédé rapidement après son inclusion dans le réseau. Nous rencontrons son épouse en binôme pour continuer la demande la reconnaissance de maladie professionnelle entreprise avec M. S et la soutenir dans sa souffrance psychique. Après plusieurs mois, la demande a abouti favorablement, Mme S. perçoit une rente. Elle ne saisit pas les opportunités de rencontrer un psychologue libéral. Le suivi par le réseau prend fin.

200Mme S. a souhaité voir la psychologue du réseau après le décès de son mari, car elle l’avait rencontrée lors d’une évaluation avec le médecin. Le lien de confiance, nécessaire pour qu’un travail thérapeutique puisse se faire, a été facilité par cette première rencontre lors du vivant de M. S.

201Cette continuité de l’accompagnement des proches, au-delà du décès du patient, prend tout son sens (surtout en tant qu’équipe du domicile) pour leur permettre de traverser cette période douloureuse. Le fait que les mêmes professionnelles du réseau, connues et reconnues par le patient de son vivant, n’arrêtent pas leur intervention est symboliquement essentiel et permet d’éviter une rupture supplémentaire. Nos interventions au sein du réseau s’articulent et se limitent autour des conséquences du décès de la personne malade sur son entourage : conséquences psychiques et l’accompagnement au travail de deuil et les conséquences sociales qui sont les nouveaux statuts sociaux ainsi que les droits et devoirs en rapport avec la perte.

79 –

Mieux mourir en maison de retraite

202C. Guidicelli-Royer.

203Résidence « La Joie de Vivre », Briennon, France.

204L’article traite d’une réflexion de deux professionnelles, psychologue et psychomotricienne, intervenants dans un petit EHPAD en campagne roannaise. Toutes deux travaillent en étroite collaboration et cherchent à améliorer les pratiques soignantes de par leurs expériences précédentes en s’appuyant principalement sur la loi Léonetti d’avril 2005 et les recommandations de l’ANAES de décembre 2002.

205À partir de l’accompagnement de Mme T. résidante de 80 ans en fin de vie, les auteures développent les difficultés rencontrées en petite maison de retraite de campagne telles que le manque de médecin et de moyens techniques. Pour Mme T. n’ayant pas de matelas à air, l’équipe en a emprunté un à une autre maison de retraite.

206Elles abordent également la complexité de l’installation de nouvelles pratiques. Les équipes sont enfermées dans une routine dans laquelle les automatismes priment sur le questionnement des pratiques et le sens des actes. Par exemple, les infirmières posent des perfusions d’hydratation sans prendre en considération le désir de Mme T. qui les arrache.

207Elles démontrent ainsi la nécessité de la formation continue et l’intérêt du travail pluridisciplinaire coordonné dans la prise en charge de fin de vie mais aussi de façon générale dans toutes les prises en charge. La complémentarité des interventions psychologique et psychomotrice apparaît comme essentielle dans l’accompagnement du résidant, de sa famille et de l’équipe. Chacune est intervenue dans sa compétence auprès de la famille et des équipes lors de l’installation du matelas à air.

208Grâce à la révision du dossier de cette patiente les auteures ont établi un bilan des pratiques, support pour rédiger le projet d’établissement.

80 –

Mourir en naissant à l’amour de la vie : une éducation au Sensible

209K. Klepsch, K. Grenier, D. Bois.

210Université Fernando Pessoa (UFP), Centre d’étude et de recherche appliquée en psychopédagogie perceptive (CERAP), Berlin, Allemagne.

211Cette communication vise à partager l’expérience d’un protocole de relation d’aide dans le cadre spécifique de l’accompagnement en fin de vie. Elle s’inscrit dans une démarche de recherche compréhensive menée dans une posture de praticien-chercheur (De Lavergne, 2007). Un questionnement réflexif a pris corps dans mon expérience de l’accompagnement de la fin de vie en tant que bénévole et praticienne en somato-psychopédagogie (Berger, 2006) et se poursuit par une recherche scientifique dans le cadre d’un master en psychopédagogie perceptive à l’Université de Porto.

212La somato-psychopédagogie repose sur un certain nombre d’outils développant une attention particulière à la perception du vivant en soi et à un rapport singulier à ce même vivant ; rapport nommé « le Sensible » dès lors que la personne observe le mouvement de vie se déployant dans son corps et établit un rapport avec ce qui se vit et se déroule dans son intériorité corporelle (Bois, Austry, 2009). Ce rapport particulier au vivant en soi s’inscrit dans le quotidien, et c’est tout naturellement en m’appliquant ces outils dans le contexte du bénévolat en hospice que j’ai constaté des effets chez les accompagnés.

213Face aux difficultés de la société à envisager la mort comme faisant partie de la vie, du malade lui-même à se faire entendre et comprendre dans les différents plans de son être, ou encore à celles que rencontre l’accompagnant (De Hennezel, 2009), les outils de la somato-psychopédagogie pourraient apporter une aide fondamentale. En effet, dans la littérature sur l’accompagnement des personnes en fin de vie, les auteurs prônent le recours à une chaleur humaine (Tournebise, 2003), à une présence aimante (De Hennezel, 1995), ou encore à l’intuition (Longaker, 2003). Cependant, les outils proposés pour déployer ces qualités humaines méritent d’être enrichis. Or, Bois (2007) a montré que l’éducation au Sensible développe différentes qualités d’être à soi comme un sentiment d’existence, une confiance, une plénitude, une stabilité. Dans ma recherche, je fais l’hypothèse de l’impact de mon vécu du Sensible sur ces qualités humaines dans mon accompagnement mais aussi sur le vécu de la fin de vie par les accompagnés.

214Pour cela, je m’inscris dans le paradigme du Sensible (Bois, Austry, 2007) et m’appuie sur mon journal de recherche dans lequel sont décrits avec précision les détails des moments d’accompagnement. Par le biais d’une analyse qualitative exploratoire, je montre plusieurs types de changements d’état chez les personnes accompagnées : un apaisement de l’agressivité, l’installation d’un bien-être, ou encore le vécu d’un état d’amour.

215La discussion portera plus précisément sur le caractère innovant de cette éducation au Sensible et sur son apport au sentiment d’amour de la vie, porteur de sens en soi, vécu au contact de la mort.

81 –

Laisser une trace même dans l’ultime

216C. Beaudet, R. Bourie.

217Maison de santé Marie Galène, Bordeaux Caudéran, France.

218Comment les sens, l’image et le son peuvent permettre à une personne en fin de vie, de se réaliser une dernière fois, laisser une trace même dans l’ultime.

219À partir d’un corps médicalisé, mis à mal et contraint, comment inviter le patient à éprouver le resentir, percevoir l’agréable et se réapproprier son corps, comme un corps plaisir.

220Faire naître l’expressivité, laisser émerger le symbolique, inviter à la mobilité, impulser un élan de vie, susciter l’en-Vie, apaiser, respirer… à travers des médiateurs : matières sonores et palpables, supports visuels, enveloppements sensoriels et symboliques, objets concrets et combinatoires, telle est notre démarche.

221Il s’agit d’alterner avec le patient l’action et l’écoute, partager, donner et recevoir, solliciter le mouvement du vivant, dans le Jeu pour être Je, favoriser des allers-retours entre l’individu et le groupe, la famille, les soignants.

222C’est aussi, s’inscrire dans le rapport au temps (linéaire et cyclique), le temps d’une séance avec ses objets et ses rituels, poser la continuité dans « l’après ». Cette trace de soi, entre désir et créativité, entre dedans et dehors, que le patient dépose dans l’instant, en lien avec l’après, marque un autre temps, un autre espace au présent, au carrefour de son histoire personnelle et de ses souffrances.

223Les moyens mis en œuvre, sont basés sur des techniques musicales, visuo-graphiques, ergothérapeutiques, psychomotrices et de relaxation. Les séances sont initiées par le binôme psychomotricienne-ergothérapeute du SSR, en partenariat avec les membres de l’équipe soignante.

224Ces techniques sont mises au service de 12 patients en phase palliative, pendant une période d’expérimentation de 6 mois. Un bilan initial, des grilles d’observations au cours du suivi et un bilan final permettent d’évaluer la pertinence des interventions. La séance se déroule dans un cadre spatio-temporel défini : chambre, salle de bain, salon des familles, salle corporelle pour une durée dépendant de la réceptivité du patient.

225Par notre démarche, nous ne recherchons pas à atteindre un niveau de compétences prédéterminé ni de savoirs-être, mais à créer un lieu d’épanouissement. Nous pouvons observer des effets préventifs ou curatifs, différents selon les individus :

226Physiologiques : régulation de la vigilance (stimulant ou sédatif), amélioration du cycle veille sommeil, soulagement des manifestations douloureuses, augmentation des performances physiques et cognitives, participation à la réduction des traitements médicamenteux, intégration du schéma corporel et obtention d’états de détente…

227Psycho-sociologiques : verbalisation de la souffrance psychique et/ou du plaisir, expression de ses ressentis, meilleure communication verbale et non verbale avec l’entourage, réduction de symptômes anxio-dépressifs, restauration narcissique et valorisation de l’image corporelle, aide au travail du deuil.

Références

2281. Gaucher-Hamoudi O, Guiose M. Soins palliatifs et psychomotricité. Heures de France.

2292. Anzieu.D. Le Moi Peau. Dunod.

2303. Verdeau-Pailles J. Le bilan psychomusical et la personnalité. Fuzeau.

2314. Vasse D. L’ombilic et la voi. Seuil.

2325. Castarède MF. La voix et ses sortilèges. Les Belles Lettres.

2336. Cornut G. Moyens d’investigation et pédagogie de la voix chantée.Symétrie.

2347. Calais-Germain B. Respiration, anatomie/geste respiratoire. Desiris.

2358. Vaudoiset D. La chair de l’écriture, Petit Traité de Graphothérapie. Le Fil Invisible.

2369. Hulsegge J, Verheul A. Snoezelen, un autre monde. Namur : Érasme.

Pathologies et soins palliatifs

82 –

Confusion mentale et agitation en fin de vie Une épreuve de souffrance à partager…

237D. Marie.

238Unité mobile intrahospitalière de soins de support et soins palliatifs, Service oncologie médicale et soins palliatifs. CHU Timone, Marseille, France.

239L’exercice au sein d’une équipe mobile intrahospitalière de soins palliatifs débute souvent par un appel, une demande d’équipe désappointée face à une situation délicate et pour le coup difficilement gérable. Qu’en est-il lorsqu’il s’agit de cris de patient, d’« hallucinations » ou de comportements « déviants » ? Nos propos tendent à partager avec vous une réflexion issue du terrain, car une des réponses employées le plus souvent dans les services somatiques est celle dite « économique ». La fuite, la mise à l’écart par l’information médicale ou paramédicale, la stigmatisation sont autant de techniques qui ont la même fonction, celle de mettre à distance l’événement angoissant. En cela et conscient des mécanismes de défense que nous utilisons dans de tels services, notre souhait est de rendre compte de la souffrance que nous donne à partager le malade en situation de réalité.

240« Il est barjo ! », « il est grillé… » sont encore les mots que nous pouvons entendre à notre arrivée près des chambres d’hospitalisations lorsque la situation est difficile. Ils sont souvent suivis d’un « est-ce que vous pouvez faire quelque chose. On n’y arrive plus… il faut peut-être un avis psychiatrique ? » Notre intervention tend à pérenniser la prise en charge pour le « confort » du malade que nous ne souhaitons pas réduire au silence. Nous nous sommes engagés au sein de l’équipe à accompagner les personnes jusque dans le moment du mourir. Notre position se veut éthique et responsable dans nos actes de soin. Ainsi, nos choix sont avant tout des postures internes qui ne souhaitent pas enlever au sujet le peu d’âme qu’il lui reste. L’apport des psychotropes est cette béquille à la prise en charge du malade mais il peut aussi être ce frein à la pensée des équipes de soin. En accord avec nos missions de formations, nous caressons le doux espoir de faire prendre forme à une pensée des soins palliatifs pour tous : celle qui prendrait en compte la souffrance psychique dans sa dimension la plus « folle »…

241En effet, les bizarreries et les « n’importe quoi » des actes et discours des malades témoignent de cette douleur du corps face à son éteignement même. Il convient de mettre en avant que les épisodes délirants (qui signifient également les accès de conscience du malade) ne sont pas issus d’un nulle part ou d’un ailleurs qui n’aurait pas de source. L’écoute des malades en crise d’agitation ou de confusion, même avec une origine organique, nous donne à entendre leurs histoires, leurs craintes, leurs angoisses et aussi leurs désirs. « Je vois des lettres sur le mur, des lettres bleues… des mots bleus… et dans le coin un bateau de l’armée au milieu des planches à voile et des stades… il y a marqué DC comme les navires américains… ». Voici un exemple qui ne prive pas de sens l’accompagnement d’un malade en phase palliative. C’est entre plaisirs et peurs, que ce discours confus s’y trouve et est aussi cette tentative de survie au cœur de la maladie.
« Il est dans son monde » réduit le sujet à un phénomène objectif et objectivant hors de toute subjectivité pour le patient. C’est aussi s’exclure de toute prise en charge holistique insufflée par la culture soins palliatifs. Nous, soignants, avons le pouvoir de déterminer « qui est malade et qui est fou » et il faut garder nos précautions afin de ne pas usurper ce pouvoir aux dépens d’un filtre interprétatif et subjectif. Le patient confus souffre d’un trop de réalité qui se nourrit chaque jour d’elle-même. Enfin, pour paraphraser Shakespeare nous pourrions dire que ces « patients » souffrent de tout comme s’ils ne souffraient de rien.

83 –

La confusion mentale en soins palliatifs : du refuge au symptôme

242C. Boquet, C. Josse.

243Équipe mobile de soins palliatifs, CHU d’Amiens, France.

244Il s’agit d’un partage d’expériences, une analyse de cas cliniques, un témoignage.

245« Je sais qu’il y a deux clans dans ce service… je sais qu’on me fait des piqûres me rendant malade… je n’ai confiance en personne, je me méfie de tout le monde… il faudrait que ça se sache ce qu’il se passe ici, que je le fasse “ remonter ” à la direction… vous n’avez pas peur pour votre carrière ?.. Non, bien sûr, vous devez être protégée… »

246Quelques bribes d’entretien avec une patiente dite confuse, confusion qui rend difficile les relations entre les soignants et le patient, jusqu’à en faire oublier le Sujet derrière le soignant mais aussi le Sujet derrière le soigné. C’est pour cela qu’il demeure nécessaire de tenter d’approcher le Sujet confus pour apprivoiser, comprendre et pénétrer ce monde interne chaotique dans le but d’adoucir les relations soignants/soignés, alors que tout semble concourir à la dé-maîtrise.

247La confusion mentale reste une complication psychiatrique fréquente en fin de vie, à l’origine d’admissions en unité de soins palliatifs ; c’est un trouble à ne pas négliger tant par le caractère vital qu’il comporte que par le souci à prêter au patient mais aussi à sa famille. Le psychiatre Michel Reich met en exergue ces différentes dimensions dans ses travaux lorsqu’il évoque le traitement symptomatique (psychotropes ou non ?), le traitement étiologique, supportif et préventif.

248Quant à l’hypothèse de confusion psychogène, valeur de mécanisme de défense contre tout fracas imposé au psychisme, elle n’est plus à démontrer. Le syndrome d’Alexandrine que décrit Jean-Marie GOMAS en est un exemple.

249L’hypothèse que nous défendons comme d’autres « palliatologues » est que la confusion mentale en fin de vie a une utilité au même titre que le déni et serait à respecter, tel un refuge, à accompagner et à entendre et ce, quelle que soit l’étiologie du trouble : désordre métabolique, atteinte cérébrale ou confusion psychogène. Il conviendra de toujours s’attacher au discours du sujet confus, discours qui s’interprète. Entendre au-delà des mots pour penser les maux, lire au-delà du manifeste et de ce qui s’objective… cela reste vital pour que soignés et soignants trouvent un sens à cet événement désorganisateur.

250Du refuge dans un autre monde au symptôme qui dérange, il n’y aurait donc qu’un pas… confusion psychogène ou confusion organique, les mêmes symptômes s’imposent et font souffrance…

251À travers le cas clinique énoncé au début de ce résumé et riche des différentes grilles de lecture, médicales, psychologiques et psychanalytiques, nous nous proposons donc de réfléchir à cette question de la confusion mentale en fin de vie.

252Nous nous demanderons si une confusion psychogène se présente comme une confusion organique. S’expriment-elles par les mêmes symptômes, par des attitudes similaires chez le patient ? S’il convient d’adapter les mêmes conduites thérapeutiques ?

253Identifier des expressions particulières permettrait d’éviter une « escalade » dans les thérapeutiques et les investigations. En effet, s’avère-t-il légitime face à toutes confusions de se lancer dans une batterie d’examens, d’analyses au risque d’ajouter au sentiment d’insécurité et aux dépens des traitements que le psychiatre Michel Reich évoque ?

254Tant sur un plan humain, psychologique, qu’éthique, il est nécessaire de questionner nos démarches afin de ne pas exacerber l’angoisse du sujet, de respecter le travail psychique en cours et de lutter contre l’incohérence de ce moment, idée que le psychanalyste Winnicott émet en évoquant « la cohérence comme rempart contre l’angoisse ».
Rendre de la cohérence à ce moment de vie, moment stratégique source d’angoisses pour tous, semble donc primordial afin d’éviter et de prévenir l’épuisement du patient, de son entourage mais aussi des soignants.

84 –

Palliafamilli : autres symptômes que la douleur

255K. Kizito, A. Kananga.

256ONG Palliafamilli de Mont-Ngafula, Kinshasa, Congo.

But et contexte

257L’analyse de ce cas clinique et le témoignage à l’Hôpital général de Makala à Kinshasa/Selembao R D Congo où nous avons sélectionné 72 cas de décès de patients palliatifs en 2009 âgés de 25ans et plus. Pour ces cas les diagnostics cliniques rencontrés sont HIV/SIDA, tumeurs malignes, drépanocytose, cirrhose hépatique, pneumopathies chroniques avec fibrose pulmonaire et la Polyarthrite chronique évolutive (PCE).

Méthodes

258Le projet initié en 2009 a eu deux phases : le recrutement des patients susceptibles en phase palliative de l’hôpital général de Makala ; pour ce faire, des contacts ont été pris avec la direction de l’hôpital pour un suivi de ces patients. Visite régulière de l’équipe Palliafamilli pour le suivi des patients.

Résultats

259En dehors de la douleur qui est souvent l’aboutissement de la plupart des cas en soins palliatifs, on rencontre aussi différents symptômes tels que [tableau I] :

  1. la fièvre occupe une grande place dans la phase finale de la pathologie HIV/SIDA où elle devient même rebelle à tout traitement ;
  2. la dysphonie et l’aphonie marquent surtout l’évolution du cancer du larynx et la douleur n’est que secondaire ;
  3. l’agitation et la confusion mentale marquent souvent la phase terminale de beaucoup des pathologies en soins palliatifs ;
  4. l’asthénie physique est un signe commun de toutes les pathologies en phase terminale ;
  5. la cachexie est fréquente dans la 3e phase de HIV/SIDA et des tumeurs malignes ;
  6. l’anorexie est très fréquente dans l’évolution des pathologies évolutives ;
  7. la dyspnée et la détresse respiratoire se rencontrent dans les cas de pneumopathie chronique avec fibrose pulmonaire : pleurésies mal soignées, pneumopathie sur terrain HIV/SIDA ou MPC et silicose pulmonaire. Pour ces cas, une fois diagnostiqués, l’espérance de vie ne dépasse pas 3-6 mois ;
  8. l’ascite marque souvent la cirrhose décompensée ;
  9. la diarrhée marque l’évolution de certains cas de HIV/SIDA ;
  10. la dyspepsie et la constipation se rencontrent dans les pathologies digestives.
  11. Voici les signes majeurs qui ont marqué la fin de vie de 72 cas décédés entre 1995-2005 à l’hôpital de Makala en soins palliatifs.

Tableau I

Description de l'image par IA : Tableau récapitulatif des diagnostics médicaux avec symptômes principaux et autres symptômes associés.
Diagnostic du décès des cas Nombre Symptôme principal % Autres symptômes HIV/SIDA 28 Fièvre 38,4 Anorexie, cachexie Cancers 14 Douleurs 19,4 Cachexie, asthénie Drépanocytose 16 Douleurs 22,2 Anorexie, asthénie Cirrhose hépatique 4 Ascite 5,5 Ictère, asthénie, agitation Pneumopathie chronique avec 8 Dyspnée, détresse respiratoire 11,1 Agitation, confusion mentale fibrose pulmonaire PCE 2 Douleurs 2,7 Asthénie Total 72 99,5

Tableau I

260Diagnostic du décès des cas Nombre Symptôme principal % Autres symptômes HIV/SIDA 28 Fièvre 38,4 Anorexie, cachexie Cancers 14 Douleurs 19,4 Cachexie, asthénie Drépanocytose 16 Douleurs 22,2 Anorexie, asthénie Cirrhose hépatique 4 Ascite 5,5 Ictère, asthénie, agitation Pneumopathie chronique avec 8 Dyspnée, détresse respiratoire 11,1 Agitation, confusion mentale fibrose pulmonaire PCE 2 Douleurs 2,7 Asthénie Total 72 99,5

Conclusion

261Nous constatons que sur les 72 cas, la douleur occupe une grande place, c’est-à-dire 30 cas sur 72 soit 45,5% de signes majeurs des cas traités en soins palliatifs et marque la phase terminale de la plupart des pathologies.

85 –

Les autres symptômes que la douleur en Soins Palliatifs

262F. Delattre.

263Unité de soins palliatifs du Centre hospitalier d’Avesnes-sur-Helpe, Sars Poteries, France.

264Le patient arrivé au stade palliatif de sa maladie déclare bien souvent de nombreux symptômes en plus de la douleur.

265Notre travail est basé sur une revue de la littérature et sur notre propre expérience au sein du service. Nous établissons une liste des principaux symptômes ainsi que leurs étiologies et proposons une prise en charge pluridisciplinaire adaptée dans le respect de l’éthique palliative. De même, sont traitées les situations d’urgences vitales les plus fréquemment rencontrées en soins palliatifs.

266Nous abordons également les effets indésirables les plus fréquents des traitements et/ou de l’évolution de la pathologie initiale.

267Bien que non exhaustive, cette revue des différents symptômes a pour but de permettre une vision globale et synthétique des situations les plus couramment rencontrées dans le cadre palliatif afin d’apporter un réconfort rapide et efficace au patient.

Références

2681. Étude de la Maison Médicale Jean XXIII du 1er juin 92 au 29 juillet 1993.

2692. Manuel de ressources en soins palliatifs du district Champlain de mars 2007.

2703. Manuel de soins palliatifs sous la direction de M. Louise Lamau, Dunod octobre 1998.

2714. Manuel de soins palliatifs coordonné par D. Jacquemin, Dunod nov. 2002.

2725. Benezech JP. Troubles du sommeil et cancer. Médecine palliative – Soins de support – Accompagnement – Éthique 2010;9:184-90.

2736. Soins palliatifs pluridisciplinaires chez un malade en fin de vie. Accompagnement d’un mourant et de son entourage (69). Docteur Guillemette Laval, docteur Marie-Laure Villard, Madame Francesca Comandini (psychologue), Madame Noëlle Carlin (cadre infirmier), août 2003.

2747. Guide des soins palliatifs du médecin Vaudois, n° 8-2009.

2758. Guide des soins palliatifs du médecin vaudois, n° 10-2009.

2769. « Soins Palliatifs : gestion des symptômes et soins de fin vie », WHO/CDS/IMAI/2004.4.

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Soins palliatifs dans les institutions pour personnes souffrant de handicap

277L. Probst1, C. Hoenger2, F. Porchet3.

2781Programme cantonal pour le développement des soins palliatifs en milieu socio-éducatif, ASCOR, Vevey, Service de la santé publique Vaud, Suisse.

2792Programme cantonal de soins palliatifs, Service de la santé publique, Lausanne, Suisse.

2803Direction des soins, Service de la formation continue, Lausanne, Suisse.

Contexte

281Le programme cantonal de développement des soins palliatifs (PC) du Canton de Vaud a pour objectif d’offrir des soins palliatifs (SP) indépendamment de l’âge, de la pathologie ou du lieu de vie. Il s’intéresse ainsi aux besoins des personnes adultes souffrant d’un handicap mental et/ou physique (nommés résidants ci-après).

État des lieux

282Un questionnaire soumis aux institutions socio-éducatives (ISE) par le PC a identifié : âge des résidants – nombre de résidants atteints de pathologies spécifiques – dotation en personnel soignant et médical – interventions de partenaires externes – matériel disponible – circonstances de décès.

Résultats

2831359 résidants (2°/00 de la population) vivent dans 14 ISE. Pour 43% d’entre eux, une 2e pathologie est associée au handicap principal, parmi lesquels 25% présentent un risque de décès rapide (moins de 12 mois). En 2009, on comptait près de 50% des résidants de plus de 50 ans ; 119 décès ont été enregistrés de 2004 à 2010.

284L’augmentation de l’espérance de vie de cette population amène les ISE à clarifier leur mandat dans le domaine des SP. Dans ces lieux de vie, les éducateurs spécialisés (niveau bachelor) sont majoritaires et le personnel soignant peu nombreux. Les situations palliatives sont complexes et polysymptomatiques : gestion de la crise, douleur totale, problèmes digestifs, fausse route, dysphagies, troubles alimentaires, neurologiques.

Mesures entreprises

285Une collaboration étroite entre ISE, services de santé et équipes mobiles de SP permet d’améliorer l’accès aux SP de cette population.

286Diverses formations spécifiques ont été mises sur pied afin d’augmenter les compétences en SP des professionnels des ISE : formation de personnes ressource et ateliers de perfectionnement, sensibilisation interdisciplinaire et journée annuelle de formation continue, formations institutionnelles (gestion de la douleur et orientations thérapeutiques = directives anticipées adaptées en cas de non-discernement).

Projets en cours ou à venir

287

  1. Créer un groupe de bénévoles en SP spécifique aux ISE.
  2. Clarifier la collaboration entre ISE et soins à domicile.
  3. Clarifier les droits et devoirs des résidants et leurs représentants légaux.
  4. Identifier quels soins dépendent de qui : éducateurs ou soignants ?
  5. Concevoir des brochures sur les thèmes de la maladie grave et du deuil destiné aux résidants.

87 –

Prise en charge spécifique de patients porteurs de tumeurs cérébrales en U.S.P

288M-Q. Cera.

289Unité de soins palliatifs, Centre hospitalier, Salon de Provence, France.

290Le taux d’incidence des tumeurs cérébrales malignes est de 7,4 pour 100 000 chez les hommes et de 6,4 pour 100 000 chez les femmes [1]. La variation annuelle du taux d’incidence est supérieure à la progression de l’incidence globale des cancers et le nombre de décès a doublé au cours de ces vingt dernières années [2].

291En 10 mois, l’unité de soins palliatifs a pris en charge 8 patients atteints de néoplasie cérébrale. Nous avons été confrontés à des problématiques spécifiques et avons dégagé chacune d’elles en fonction de notre rôle au sein de la structure. Les infirmières et les aides-soignantes ont souligné la prévention des chutes, les difficultés d’évaluation de la douleur (des céphalées) et la souffrance des familles due aux fluctuations neurologiques cliniques. L’évolution neurologique rapide a été différente pour chaque patient : coma vigile dès l’admission ou uniquement en phase terminale, troubles du comportement (frontal), troubles cognitifs (amnésie antéro ou rétrograde) ou troubles déficitaires (hémiplégie, aphasie). La diversité d’évolution et les troubles de la communication ont majoré la prise en charge difficile des patients et de leur entourage.

292Pour la psychologue, le patient n’est plus toujours en capacité d’exprimer son ressenti, ses besoins, de dire qui il est, où il en est. Pour adapter au mieux notre prise en charge, il importe d’écouter et de recueillir les informations et les demandes formulées par la famille. Bien souvent, elle va faire part de ses propres interrogations (« que peut-on lui dire ? Qu’est-ce qu’il comprend ? Est-ce qu’il a conscience de ce qui lui arrive ? »), de ses doutes (« à quoi bon ? »), révélant parfois un deuil anticipé face à cet être cher qu’elle ne reconnaît plus (« ce n’est plus lui ! »). La kinésithérapeute a axé sa prise en charge sur les attitudes vicieuses des patients (torticolis neurologique). L’encombrement trachéo-bronchique fréquent en phase terminale a soulevé la question de l’indication de l’aspiration. Les problématiques médicales spécifiques ont été l’épilepsie secondaire et les céphalées. La corticothérapie et les antalgiques de palier 3 ont été efficaces sur les céphalées. Le traitement par LEVETIRACETAM a été parfois insuffisant (des crises, voire des états de mal épileptiques). La question du maintien d’un traitement prophylactique ou du remplacement par un antiépileptique de crise a été posée : efficacité, intérêt de prophylaxie, coût.

293En conclusion, l’équipe soignante a dégagé deux axes de prises en charge : les symptômes neurologiques et l’accompagnement du patient et de son entourage. Dans cette démarche, des recommandations pour la prise en charge des symptômes neurologiques seraient intéressantes. Quant à l’accompagnement du patient et de l’entourage, le développement d’aide à la communication (cahier d’images), groupe pour les enfants endeuillés à la suite de cette pathologie pourrait être étudié pour une amélioration de la prise en charge.

Références

2941. Registre des tumeurs primitives du système nerveux central de la Gironde. http://etudes.isped.u-bordeaux2.fr/registres-cancers-aquitaine/Snc/S_Accueil.aspx.

2952. Loiseau H, Huchet A, Baldi I. Épidémiologie des tumeurs cérébrales primitives. http://www.webneurologie.com/fr/patients/edocs/00/04/53/5A/document_article.phtml.

88 –

Dossier de soin spécifique « AVC graves » : analyse des situations palliatives

296F. Louvet1, M. Guerton1, Brigitte Yelnik2, J-M. Clérima1, F. Toublan1, D. Varin2, S. Crozier1

2971Urgences cérébrovasculaires, 2Unité mobile et d’accompagnement soins palliatifs, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris, France

Contexte

298Le pronostic neurologique très défavorable de certains accidents vasculaires cérébraux (AVC), parfois associés à de lourdes comorbidités, peut amener à discuter de limitations ou d’arrêt de certains traitements (LAT). Ces décisions sont complexes, car marquées par l’incertitude du pronostic neurologique et par la difficulté, pour soignants et médecins, d’évaluer les besoins du patient et de ses proches, et d’adapter la stratégie thérapeutique. De plus, la démarche palliative dans cette situation d’AVC grave reste encore peu connue et évaluée.

Méthode

299Afin d’améliorer la prise en charge de ces patients, nous avons mis en place dans le service un « dossier de soins spécifiques AVC graves » (présenté au congrès de la SFAP 2010).

300Ce dossier comprend une synthèse de la situation clinique et psychosociale du patient, une feuille traçant les décisions argumentées et les dates et synthèses des réunions d’équipe (et avec l’unité mobile de soins palliatifs) pour discuter de la conduite à tenir ; et les prescriptions médicales avec une feuille de surveillance spécifique.

Résultats

301Nous nous proposons de présenter les premiers résultats obtenus pour les patients hospitalisés dans le service pour un AVC grave et relevant d’une démarche palliative, entre septembre 2010 et mai 2011. L’objectif de cette étude est de préciser, à partir des différents éléments recueillis dans ces « dossiers de soins spécifiques AVC graves » :

  1. les situations dans lesquelles la démarche palliative est sollicitée (type d’AVC, gravité, âge, comorbidités associées, situation psychosociale) ;
  2. la procédure décisionnelle concernant les LAT (personnes présentes, souhait du patient et/ou de la personne de confiance ou des proches, type de décisions, arguments, caractère consensuel des décisions) ;
  3. les transmissions d’informations entres les équipes (jour, garde, nuit) et aux proches ;
  4. les symptômes d’inconfort et besoins des patients en fin de vie ;
  5. la prescription de traitements spécifiques (antalgiques et anxiolytiques).

Discussion et perspectives

302L’analyse de ces premiers dossiers apportera des connaissances sur ces situations spécifiques qui permettront d’une part d’améliorer la prise en charge individuelle des patients, et d’autre part de préciser les difficultés et les enjeux éthiques de ces décisions complexes.

89 –

SLA : quelle place pour les soins palliatifs ?

303J-V. Bourzeix, M. Pragout.

304Service d’accompagnement et de soins palliatifs, CHRU Limoges, France.

305L’équipe mobile de soins palliatifs de Haute-Vienne existe depuis 1998.

306En 2004, lors des premières assises nationales des centres SLA, elle est officiellement associée au centre du CHRU de Limoges. S’il s’agit simplement au départ d’une simple collaboration pratique, s’y associe très vite une participation plus active, en amont de la véritable phase terminale, en tant que participation aux discussions lors des choix thérapeutiques cruciaux. Cette participation s’étend même au-delà de ses limites territoriales, en fonction du bassin de drainage du centre de Limoges.

307Depuis 2005 avec l’ouverture d’une USP de 5 puis 10 lits, l’offre en hospitalisation de répit, pour fin de vie ou pour symptômes, complétée par la possibilité d’éducation en immersion pour les familles de patients trachéotomisés au sortir de réanimation, la collaboration est devenue plus étroite encore, jusqu’à la participation à des consultations précoces, quelquefois en retour d’annonce diagnostique. La loi Leonetti a bien aidé aussi.

308Enfin, la participation de l’équipe aux assises annuelles des centres SLA, en particulier sur les questions palliatives mais aussi éthiques qu’elle peut soulever, devait signer l’intrication complète des soins palliatifs, et non seulement sur le plan local, dans ces structures très spécialisées, et qui sait de pouvoir peut-être superposer des fonctionnements en réseau.

309Alors contents les soins palliatifs ?

90 –

État neurovégétatif prolongé et soins palliatifs

310E. Calendini.

311Service de soins palliatifs Hôpital Eugénie, Ajaccio, France.

312Notre unité de soins palliatifs accueille des patients en état neurovégétatif. Parmi tous les patients accueillis, un cas a retenu notre attention, celui de Fatima, quinze ans.

313Fatima a été réanimée après un arrêt cardiorespiratoire de plus de 45 minutes, secondaire à une noyade, elle est restée en état neurovégétatif et transférée au bout de trois mois dans notre service. Elle y est décédée un an plus tard des complications infectieuses d’une alimentation entérale difficile par gastrostomie.

314Les autres patients en état végétatif prolongé accueillis dans notre service n’ont pas semblé poser autant de difficultés de prise en charge.

315La méthode utilisée pour étayer cette hypothèse a consisté en une comparaison aux autres patients suivis dans le service et en une comparaison de ce que vivent les autres unités de soins palliatifs ou autres structures amenées à accompagner des patients en état végétatif prolongé.

316Nous avons ciblé certains critères semblant fondamentaux dans cette prise en charge : âge, projet de soin, encombrement, alimentation entérale/parentérale, prise en charge de la douleur, sédation et surinfections (pneumopathie d’inhalation, infections urinaires ou cutanées).

317Les résultats ont montré que l’âge a induit des difficultés dans la prise en charge par les soignants, le projet de soins a eu du mal à évoluer en fonction de l’état clinique de Fatima, la nutrition entérale par gastrostomie a posé des problèmes récurrents dès l’arrivée dans notre service et s’est soldée par une impossibilité à utiliser cette voie d’abord. Fatima a toujours eu l’air inconfortable et crispé, même sous morphiniques et anxiolytiques.

318Des crises d’épilepsie non documentées ou crises « neurovégétatives » se sont succédées.

319Le problème est-il spécifique en Corse où nous ne bénéficions pas d’accueil spécialisé pour ce genre de patients ? Il s’agit d’une désignation de facto et assumée de notre service.

320Sommes-nous plus dans ce cas-là, dans la prise en charge du handicap majeur irréversible que dans le soin curatif/palliatif et sommes-nous alors dans le « prendre soin » dans un contexte d’hypervulnérabilité ?

321Dans le cas d’un état végétatif prolongé, qu’est-ce qui définit l’acharnement thérapeutique et/ou les soins de base ?

322Quelle en est la perspective clinique et de recherche majeure ?
(Ne pas ?) Définir ce qui peut faire basculer un patient en état végétatif prolongé en prise en charge palliative.

Références

3231. ANAES.

3242. Déontologie médicale et soins palliatifs – conseil de l’Ordre des médecins 1996.

3253. Loi du 9 juin 1999 « Toute personne atteinte d’une maladie grave a accès à des soins palliatifs ».

3264. Loi Léonetti du 22 avril 2005 a modifié la rédaction de l’article L 1110-5 du code de santé publique (CSP) en apportant les précisions suivantes :

  • Révision de l’article 37 du code de déontologie médicale en février 2009.
  • Circulaire 3 mai 2002 Prise en charge des patients pauci relationnels et en état végétatif prolongé.

91 –

Soins Palliatifs et réanimation : création d’un espace commun ?

327M. Mathieu, C. Esposito.

328Équipe mobile de soins palliatifs, Centre hospitalier de Compiègne, France.

329La démarche des soins palliatifs et de la réanimation semble s’opposer sur des points fondamentaux. Pour autant aujourd’hui, le souci d’une prise en charge globale du malade, évoluant dans la société et le monde médical, fait émerger un questionnement sur la place des soins palliatifs dans des services très technicisés comme la réanimation.

330Dans cette perspective, nous montrerons comment une équipe mobile de soins palliatifs et un service de réanimation, dans leurs diversités, ont pu se rencontrer.

331Nous nous attacherons, dans un premier temps, à souligner quelles peuvent être les spécificités et l’identité propres à chaque service : un accompagnement de la fin de vie/une lutte pour maintenir en vie, la place donnée à la dimension relationnelle du soin/la primauté du soin technique, un aménagement de l’espace-temps aussi large que nécessaire/un temps rythmé par les actes, des décisions pluridisciplinaires/des décisions médicales…

332Dans un second temps, notre regard s’attachera particulièrement à montrer comment la création d’un espace de partage a été possible, par l’introduction et la mise en place progressive d’une démarche pluridisciplinaire de collaboration.

333Cette nouvelle façon de considérer le travail en équipe, venant bousculer les habitudes de chacun, a demandé un véritable apprivoisement mutuel.

334Ainsi, depuis quelques années, nous avons pu voir comment la demande de départ, essentiellement centrée sur l’accompagnement des familles, a pu s’étendre d’une part, à une demande de soutien des soignants se formalisant par des groupes de parole et d’autre part, à une aide décisionnelle autour de questionnements éthiques.

335Infirmière, psychologue puis médecin de l’équipe mobile de soins palliatifs ont ainsi pu investir et être investis par l’équipe de réanimation. Petit à petit, notre place de tiers nous a permis de créer un espace commun nous évoquant la notion « d’espace transitionnel ».

336Des vignettes cliniques viendront illustrer nos propos.

337Ainsi, cette ouverture et cet accueil de la réanimation à une équipe de soins palliatifs, permettant cette complémentarité qui traverse nos spécificités, nous semblent essentiels. Elle nous permet de progresser dans cette voie où chacun devient partenaire du soin dans l’intérêt des patients et de leurs familles.

92 –

Soins palliatifs dans la prise en charge des PVVIH/Sida

338J-L. Muyanga Nkumuki, M. Masumbuko, V. Late.

339Comité Sanitaire pour Assistance des Hommes Plus, Bumbu,Kinshasa, Congo.

But et contexte

340Les soins palliatifs concernent les malades incurables ou en phase terminale et méritent bien une réflexion. Il ne serait pas digne d’ignorer la souffrance, parfois atroce, non seulement des personnes malades gardées à domicile mais aussi des membres de leurs familles, peu nantis et peu outillés, pourtant contraints à prendre soin d’eux et à partager la vie avec eux : repas, logement, sacrifiant ainsi beaucoup d’autres obligations et besoin légitimes.

341C’est pour diminuer la souffrance psychologique et morale que ressentent les personnes en face d’une maladie fatale ou invalidante et de permettre aux malades d’avoir la meilleure qualité de vie possible et de les aider à mourir dignement, réconciliés avec eux-mêmes, Dieu et leur entourage.

Méthode

342C’est une étude prospective portant sur les PVVIH en situation précaire et nous avons procédé à l’administration des soins médicaux. Ils permettent soit d’améliorer l’état du malade, soit de soulager sa souffrance physique en diminuant les symptômes pénibles de sa maladie.

343À la dispensation des soins de nursing. C’est la tâche importante des soins à donner aux malades incurables et en fin de vie.

344À l’éducation. Elle est primordiale dans les soins palliatifs, car les membres des familles sont en permanence auprès du malade pour le soigner, que ce soit à la maison ou à l’hôpital.

Résultats obtenus

345De mai 2009 à septembre 2010.

  1. 20 prestataires ont été formés sur les soins palliatifs. Ces prestataires sont constitués des médecins, infirmiers, assistants sociaux et les accompagnateurs ;
  2. 20 membres de famille des malades ont bénéficié des formations élémentaires de soins de nursing ;
  3. 40 PVVIH ont bénéficié des soins palliatifs ;
  4. 30% de ces PVVIH sont morts dans la dignité humaine et après le décès, aucun conflit n’a surgi entre les familles et chacune d’elles a été heureuse d’avoir pu faire tout ce qui était possible pour les soigner jusqu’au bout ;
  5. 70% restent vivants et continuent à bénéficier des soins palliatifs.

Discussion

346Le soin palliatif des malades est une tâche complexe qui exige une conscience et volonté des prestataires. C’est un investissement considérable en termes de coût et de personnel qualifié. La formation des prestataires et des membres de familles a beaucoup contribué dans les soins palliatifs des malades.

Perspectives

347Les soins palliatifs représentent un travail lourd, à faire en équipe, pour pouvoir se soutenir et partager les expériences vécues. Il apporte beaucoup de succès s’il est fait en équipe.

Références

3481. Soins palliatifs à domicile : manuel d’initiation à la prise en charge PNLS P P 3, 4-5, 8,12.

3492. Accompagnement, soins palliatifs à domicile PNLS 2008 P1.

3503. Protocole pour l’identification de la discrimination liée aux PVVIH ONUSIDA, 2001 P 9.

93 –

Prise en charge palliative des personnes infectées par le VIH

351K. Kizito, P. Iteke.

352ONG Palliafamilli, Mont-Ngafula, Kinshasa, Congo.

But et contexte

353La République Démocratique du Congo plie depuis trois décennies sous le fardeau de l’épidémie généralisée à VIH/SIDA. En 2008, on estimait à 450 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVs) avec une mortalité ? 10%. La couverture en traitement antirétroviral est encore faible (13% des patients). Les patients au stade SIDA ont très peu accès à une prise en charge palliative. Nous présentons ici l’expérience du projet PALLIAFAMILII dans les soins palliatifs des personnes vivant avec le VIH au stade de maladie, mené dans la Zone de santé semi-rurale de Mont-Ngafula II à Kinshasa, en partenariat avec les autorités et structures sanitaires, les ONG sur terrain ainsi que la communauté (confessions religieuses, famille et entourage des patients).

Méthode

354

  1. Le projet PALLIAFAMILII initié en décembre 2009 a eu plusieurs phases : le recrutement du personnel médical, paramédical et des assistants communautaires pour le projet, avec comme préalable une formation dans les techniques de counselling de suivi, des soins médicaux ou infirmiers selon le cas, ainsi que des soins d’hygiène corporelle de base.
  2. Le recrutement des patients séropositifs malades susceptibles de bénéficier de soins palliatifs : pour ce faire, des contacts ont été pris avec les formations sanitaires, les ONG, les relais communautaires de la zone de santé. Des communiqués et affiches ont été aussi utilisés pour la déclaration anonyme des cas existant dans la communauté auprès du bureau du projet
  3. La prise en charge proprement dite a consisté en aide dans la prise du traitement antirétroviral prescrit si tel est le cas, au soulagement des symptômes liés à l’immunodépression (fièvre, douleur, toux, déshydratation…), aux soins d’hygiène corporelle, au counselling de suivi, c’est-à-dire la prise en charge psychologique. Cette prise en charge s’effectue soit lors des visites des centres de santé ou des visites à domicile, la référence et l’organisation du transfert vers des centres de santé des patients nécessitant des soins plus poussés (transfusions, réanimation…) et de ceux en passe de mourir pour atténuer l’impact psychologique du décès sur les familles. Ce projet a été exécuté sur fonds propres.

Résultats

355De décembre 2009 à septembre 2010 :

  1. 37 patients (22 de sexe féminin et 15 de sexe masculin) ont été recrutés et ont bénéficié des soins palliatifs dans le projet dont 24 malades à domicile et 13 admis dans les divers centres de santé. La mortalité après suivi était cependant élevée (20 patients sur 37). Des 20 patients décédés, 12 avaient pu bénéficier d’un transfert à l’hôpital, suite à la détérioration de leur état, grâce au projet ;
  2. 13 centres de santé et hôpitaux ont bénéficié des visites. L’objectif étant de prodiguer des soins palliatifs aux patients éligibles et de fournir certains médicaments de base (antalgiques, antipyrétiques, vitamines…) ;
  3. 20 professionnels de la santé, bénévoles, ont été formés sur le counselling de suivi, les soins de base pour les PVVs, dont 12 infirmiers, 3 étudiants en médecine et 5 personnes de la communauté de tout bord.

Conclusion

356Ce projet pilote en soins palliatifs dans la zone de santé de Mont-Ngafula II montre bien le besoin criant d’une prise en charge palliative des patients infectés par le VIH au stade de maladie, par une équipe formée, bien coordonnée et multidisciplinaire. Au vu de cette première expérience, des recommandations ont été formulées au Programme de lutte contre le SIDA pour l’intégration des soins palliatifs dans le paquet minimum des soins aux PVV en vue d’une fin de vie décente, surtout qu’un grand nombre n’a pas encore accès au traitement antirétroviral.

94 –

« Derrière le masque du cancéreux, le visage de l’en-vie »

357M. Lombard, D. Beaune, R. Caron.

358Équipe mobile de soins palliatifs, Centre hospitalier de Roubaix, France

But

359Il s’agit de contribuer à une meilleure connaissance du vécu subjectif du sujet confronté à la fin de sa vie alors même que le recours artistique composait, au préalable, un acte de langage singulier. Et l’art, en tant que « voix » de passage possible, se poserait comme lieu d’inscription d’une situation où le sujet se confronte aux limites.

Méthode

360Le cadre dans lequel cette approche a été exploitée est à situer au cœur du milieu hospitalier de l’agglomération lilloise en une unité d’accueil pour des personnes en phase avancée et terminale de cancers. Nous trouverons étayage, dans cette approche théorico-clinique, auprès des histoires de Christine, Jacques et Robert ainsi rythmées d’entretiens cliniques riches d’une continuité temporelle remarquable et d’illustrations artistiques comme témoins de leurs traversées.

Résultat

361L’art est alors redécouvert dans son implication psychothérapeutique parce que soutenant l’élaboration psychique. À travers sa production, le patient s’« ex-pose » au regard de l’autre qui reçoit alors une offrande par cette créature (l’étymologie creatura qui signifie « ce qui est créé ») ainsi délivrée. C’est aussi ce qui va supporter son envie de faire témoignage et demeurer ainsi sujet de son histoire : derrière le masque du cancer, c’est le visage de l’en-vie qui se dresse. L’objet du troc aboutit à autre créature : son œuvre (non pas corporelle), mais artistique et c’est le sujet en vie, sujet désirant qui prend la parole.

Discussion

362Parce que, au fond, le risque n’est-il pas que le sujet finisse par disparaître derrière le « cancéreux », celui que l’on fuit du regard, prisonnier du masque imposé par les représentations à l’œuvre ? Toutefois, une mise en scène du processus de témoignage est à souligner posant différemment aussi la question de l’acteur dans ce scénario du cancer dans le sens du rôle que celui-ci aura à tenir. Il semblerait que cette notion de masque nous en apporte la clé, notion entendue comme un objet identitaire et mémoriel dès lors que surgit une rupture dans la continuité subjective. Et, l’art (dès lors qu’il préexiste à l’occurrence du cancer) serait la voie de la non-rupture, acte de parole contrebalançant les pulsions de mort ici écrasantes.

Perspectives

363Et, c’est justement quand il est menacé que le sens devient un enjeu vital pour le sujet en proie à une situation catastrophique. Comment soutenir l’élan créatif dans ce contexte de proximité d’avec la mort ? Cette réflexion qui trouve étayage auprès d’histoires cliniques ouvre les professionnels vers des perspectives thérapeutiques novatrices quand il s’agit de guérir de l’anéantissement qui menace.

Références

3641. André J, Dreyfus-Asséo S, Taylor AC. Psyché Visage et Masques », 2010.

3652. Martin-Mattera Théorie et clinique de la création, 2005.

95 –

Mon cancer ne prend pas de vacances, moi non plus

366L. Copel, S. Carrié, E. Loureiro, N. Gobert.

367Équipe mobile de soins palliatifs, Institut Curie, Paris, France.

But et contexte

368Avec les progrès de la chimiothérapie, les patients atteints de cancer en situation incurable peuvent bénéficier d’une durée de survie de plus en plus longue (souvent plusieurs années). Ce gain de survie se fait souvent grâce à des soins dispensés dans un centre à haute technicité (traitements oncologiques et traitements non spécifiques, pour l’antalgie par exemple). L’objectif de cette étude est de connaître les répercussions de ces traitements sur les vacances des patients recevant une chimiothérapie palliative.

Méthode

369148 patients consécutifs ont été approchés à l’hôpital de jour de chimiothérapie de notre centre au cours du mois d’octobre. Tous ont accepté de répondre à une question : « votre maladie et/ou les traitements de votre maladie ont-ils modifié vos projets de vacances ? » 67% patients (N = 99) ont répondu oui et se sont vus remettre un questionnaire de 14 questions. La dernière leur demandait « depuis combien de temps êtes-vous en traitement. » Dans ce travail nous présentons la réponse de ceux qui ont déclaré une durée de traitement supérieure à un an, car il s’agit très vraisemblablement, de patients recevant une chimiothérapie à visée palliative (pas de guérison possible), ainsi la population étudiée représente 54 patients.

Résultats

370Parmi ces patients, 30% ne sont pas partis du tout, 65% ont diminué la durée de leurs vacances et 5% n’ont pas changé la durée de leurs vacances.

371Par ailleurs, 70% ont du décaler leurs dates, 58% ont du modifier le lieu de leurs vacances, 20% ne sont pas partis avec leur entourage habituel et 21% ont déclaré ne plus avoir envie de partir.

372Seuls 5% déclarent avoir été aidés par l’équipe soignante pour organiser leurs soins sur un lieu de vacances. 52% d’entre eux auraient aimé être aidés dans cette organisation.

373De plus, 6% déclarent être partis, mais que « cela s’est mal passé pour leur traitement ».

374Dans la rubrique des commentaires libres, les patients ont exprimé leurs difficultés à devoir choisir entre sécurité des soins et détente nécessaire, ainsi que leur culpabilité de devoir imposer à leurs proches des limitations de projets. Ils sont désireux de trouver des moments de partage familiaux en oubliant la maladie, mais n’y parviennent que rarement.

375Dans leurs déplacements ils sont souvent angoissés par la possibilité d’être confrontés à un événement médical qui serait moins bien géré que dans leur centre de référence.

Discussion et perspectives

376Cette étude montre la nécessité impérative pour les soignants des centres référents à porter attention au besoin des patients en matière de vacances, car dans l’immense majorité des cas des soins de qualité peuvent être apportés sur tout le territoire français.

96 –

Spécificités de la prise en charge palliative en hospitalisation à domicile au CHRU de Lille

377G. Queva, S. Balagny.

378HOPIDOM, Service d’hospitalisation à domicile, Lille, France.

379Si la mission du soignant reste la même quel que soit le lieu où elle est pratiquée, il n’en demeure pas moins que des différences existent en fonction du contexte où elle est remplie et la spécificité des missions de soin.

380Le patient relevant d’une prise en charge palliative en hospitalisation à domicile relève selon nous d’une spécificité doublée de ce contexte particulier. Le soignant n’est pas épaulé dans l’instant par ses pairs ni même les prescripteurs de son action, qui le cas échéant pourraient réajuster une indication que la clinique pourrait justifier.

381La spécificité de la prise en charge palliative au domicile renvoie le soignant à sa mission de soin, il doit la remplir au mieux dans ce lieu familier pour le patient et sa famille.

382Ce contexte particulier lui demande une capacité d’adaptation situationnelle découlant du lieu, des personnes (adultes, enfants) qui accompagnent le patient, qui gravitent autour. Les actions, réactions ou tout simplement la présence de ces personnes étant, dans leur mesure, des acteurs du soin, des éléments essentiels dans la prise en charge, avec lesquels le soignant doit nécessairement composer pour mener au mieux sa mission.

383C’est au travers d’une prise de recul des soignants sur leurs pratiques, sur l’analyse des situations qui, selon eux, les ont mises en difficulté que nous avons tenté de tirer des enseignements sur la spécificité du soin en hospitalisation à domicile pour des patients relevant d’une prise en charge palliative.

97 –

Tentative de description d’une population de malades (en SP) pris en charge par l’HAD ARAR dans le sud de la Réunion

384F. Augier.

385HAD ARAR, La Possession, Ile de la Réunion, France.

386L’ARAR, un des deux établissements à pratiquer l’HAD à la Réunion, a débuté son activité d’hospitalisation à domicile en 1999. Dès lors la prise en charge des patients en situation palliative n’a fait que se développer.

387L’objectif de cette étude est de mieux connaître le profil de population entrant en HAD en situation palliative.

Méthode

388Recueil des données des comptes rendus hebdomadaires d’hospitalisation et des données sociodémographiques, d’un échantillon de 100 malades en situation palliative rentrant en HAD dans le secteur sud de la Réunion sur une période donnée.

Résultats

389L’analyse des comptes rendus est en cours. Elle portera entre autres sur :

  • l’âge, le sexe, les pathologies ;
  • les indices de Karnofsky et AVQ ;
  • l’évaluation de la douleur, de l’état nutritionnel, du risque d’escarre ;
  • les effets indésirables des traitements de la douleur.

Discussion

390Cette analyse doit permettre une meilleure connaissance des malades en SP et une meilleure prise en charge de ces derniers en HAD.

Perspectives

391Mettre en évidence des liens éventuels entre les différents indices recueillis et les données sociodémographiques.

Prise en charge du patient

98 –

Tous ensemble autour du patient : le maillage en soins palliatifs

392C. Stengelin-Clipet1 2, P. Divry2, M-J. Gomes2, M. Ferraud2, S. Darras2, M. Caron2, M. Letalle3, F. Duranel3, C. Olivier2.

3931EM Mont Liébaut, CH Germon et Gauthier de Bethune, 2USP A. Loutre, Bruay Labuissière, 3Réseau Emeraude, France.

394Toute personne dont l’état de santé nécessite des soins palliatifs peut y avoir accès quel que soit son lieu de vie et/ou de fin de vie (loi Léonetti 2005).

395Aussi, les professionnels de santé du domicile et les hospitaliers du Territoire de santé de l’Artois se sont mobilisés depuis plusieurs années pour répondre à cette exigence.

396Une Unité de soins palliatifs existe depuis 15 ans, à laquelle s’est rattachée 5 ans plus tard, l’Équipe mobile de soins palliatifs qui intervient sur le Centre hospitalier de Béthune et sur le secteur, en EHPAD, MAS, EPSM et 2 hôpitaux locaux.

397Avec un objectif de continuité dans la prise en charge en soins palliatifs s’est développé :

  • d’une part, un partenariat entre hospitalisation à domicile et Équipe mobile de soins palliatifs ;
  • d’autre part, la création du Réseau de soins palliatifs, qui s’est étendu avec un partenariat de l’équipe mobile de soins palliatifs qui amène une expertise en soins palliatifs auprès des acteurs libéraux
Il s’agit d’une même équipe avec, pour chacune de ses actions, des spécificités qui restent centrées sur le patient.

398Au-delà d’une prise en charge directe du patient, la mutualisation permet des formations communes (PCA… douleur…), des groupes de réflexion (staff patient) ainsi que des propositions communes de formations destinées aux professionnels du domicile ou d’institution.

399Ces partenariats permettent d’unifier les pratiques de tous les professionnels de santé qui gravitent autour du patient et de son entourage.
Nous souhaitons par un exemple dans chaque secteur d’activité, montrer combien cette volonté de travailler ensemble est bénéfique et riche tant pour le patient et son entourage que pour nous soignants, mais relève parfois du défi.

99 –

Mobiqual – un soutien au développement de la démarche palliative

400G. Ruault, S. Doutreligne.

401SFGG, Suresnes, France.

402Mis en œuvre au niveau national par la Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG) depuis 2007, le programme MobiQual a pour objectif d’améliorer la qualité des pratiques professionnelles – qualité des soins et du prendre soin – au bénéfice des personnes âgées et handicapées, à partir de la diffusion structurée de supports d’information, de formation et d’aide à la pratique – sous forme de mallettes – incluant des référentiels de qualité de soins et des outils de réflexion, s’appuyant sur l’expérience de professionnels spécialisés et sur les recommandations de bonnes pratiques existantes validées.

403Soutenu principalement depuis 2010 par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, MobiQual fait partie intégrante du programme de développement des soins palliatifs 2008 – 2012, en particulier pour ce qui concerne le développement de la culture palliative dans les unités de soins de longue durée (USLD) et les hôpitaux locaux (mesure III), et pour la mise en œuvre des actions de formation des personnels des structures médico-sociales et des professionnels intervenant à domicile (mesure XII). Cette dernière mesure prévoit l’adaptation de l’outil MobiQual Soins palliatifs au secteur du domicile.

404Participant au développement du programme MobiQual au secteur du domicile, ce travail d’adaptation a été réalisé au cours de l’année 2010. Il a été supervisé par les Drs Geneviève Ruault et Anne de Peufeilhoux ainsi que par les membres de l’intergroupe Société française de gériatrie et gérontologie – Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFGG-SFAP). Une dizaine de professionnels exerçant pour la plupart dans le cadre de réseaux de santé et de services d’hospitalisation à domicile, ont été auditionnés : directeurs, médecins coordinateurs, psycho-sociologue, infirmières libérale et clinicienne. La Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad) et la fédération d’associations de bénévoles d’accompagnement Jalmalv ont également apporté leur concours à ce travail.

405Les contenus de la dernière version de l’outil Soins palliatifs, qui ont également pour l’occasion été revus et actualisés, sont dorénavant mobilisables dans le cadre de formations/sensibilisations des professionnels des services de soins intervenant au domicile.

406L’intervention consistera à :

  1. présenter la dernière édition du classeur Soins palliatifs ;
  2. préciser les différentes modalités de diffusion de la culture palliative à partir de cet outil ;
  3. décrire l’adaptation des modalités d’organisation de la diffusion nationale du programme, consécutive à son développement au secteur du domicile.

100 –

Effets du toucher-massage sur la douleur des personnes âgées

407F. Medjahed.

408Soiliance Association pour la recherche sur le toucher-massage, Talant, France.

But et contexte

409Mesurer les effets bénéfiques du toucher-massage sur les douleurs ostéoarticulaires des personnes âgées hospitalisées en soins de suite et de rééducation.

410Ces douleurs sont fréquentes, handicapantes, s’aggravent avec l’âge et le temps de séjour en institution. Les thérapeutiques complémentaires non médicamenteuses se développent en France. Le toucher-massage est une technique de relaxation qui procure du bien-être, et qui s’inscrit dans une relation soignant-soigné empathique.

Méthode

411L’étude a porté sur un échantillon de 9 patients après avoir obtenu le consentement des patients ou des familles et l’accord du président du CLUD de l’établissement et du médecin-chef de service.

412Notre population est âgée en moyenne de 80 ans, souffre de douleurs ostéoarticulaires et reçoit un traitement antalgique. Cinq malades ont constitué le groupe test recevant un traitement antalgique et une séance de 15 min de toucher-massage, des mains ou du dos. Soit au total un nombre de 15 séances sur une durée d’un mois. Quatre malades ont constitué le groupe témoin recevant seulement un traitement antalgique sur un mois.
L’échelle visuelle analogique pour les malades communicants et l’échelle ATCHE (échelle simplifiée de Doloplus) pour deux malades tests non communicants ont servi à déterminer des scores de douleur sur une échelle croissante de 0 à 10. La douleur a été évaluée avant et après chaque séance de toucher-massage pour le groupe test, avant la prise d’antalgiques pour le groupe témoin.

Résultats

413Nous constatons une diminution systématique de la douleur pour tous les patients testés après chacune des quinze séances de toucher-massage, ainsi qu’en fin de traitement (séance 14). Trois patients n’ont plus de douleur (score 0) et deux patients ont une douleur modérée (score 1).

Discussion

414Le toucher-massage est un traitement non médicamenteux d’action immédiate, car chaque séance diminue l’intensité de la douleur, lui substituant un bien-être physique et psychologique favorisant la détente et la communication. La douleur des patients du groupe témoin diminue plus tardivement entre J12 et J14 avec le traitement antalgique. Les patients se plaignent au quotidien de douleurs : au toucher, à la mobilisation, aux transferts.

Perspectives

415Au vu des résultats, un poste de praticien bien-être a été créé pour une des aides-soignantes ayant participé à l’étude dans l’établissement.

416Un projet de recherche infirmière mené par Soiliance est en préparation et aura pour titre : « Effets du toucher-massage sur la douleur des personnes âgées non communicantes ».

Références

4171. Savatofski J, Savatofski A. Toucher-massage 20 ans de pratique(s). Éditions de Parry, 2007, 206 p.

4182. Hernandez-Rief M, Field TM, Krasnegor J, et al. Lower back pain is reduced and range of motivation after massage therapy. J. neurosc 2001;106:131-45.

4193. Field TM. Massage therapy effects, Am Psychol., 1998;53(12):1270-81.

101 –

Aromathérapie-Toucher relaxant-Musicothérapie auprès de personnes âgées institutionnalisées

420H. Besselièvre, V. Le Marre.

421Hôpital local Saint Nicolas, Angers, France.

422Ce projet est soutenu par la Fondation de France et la Fondation J.M. BURNEAU dans le cadre d’un appel à projet en 2009 du programme « soigner-soulager-accompagner » et par les instances de l’hôpital local St Nicolas (410 lits d’EHPAD et de SLD).

423Il a pour objectif d’améliorer le soin auprès des personnes âgées institutionnalisées par une approche non médicamenteuse complémentaire (toucher relaxant, musicothérapie) et de lutter contre les mauvaises odeurs pour maintenir et/ou restaurer les liens sociaux et l’image de soi en utilisant la diffusion d’huiles essentielles dans les lieux collectifs.

424Une enquête a été réalisée avant et après diffusion des huiles essentielles auprès de 20 résidants, 20 familles et 90 soignants pour mesurer l’impact sur les mauvaises odeurs, le ressenti, la tolérance et l’adhésion au projet.

425Par ailleurs, un temps de musicothérapie et de relaxation pendant la toilette réalisée par une psychologue a été proposé à 3 résidants dont l’approche était difficile.

426Enfin, des ateliers de toucher relaxant associés à l’aromathérapie sont réalisés pour 20 résidants au rythme d’une fois par semaine et seront évalués par un questionnaire issu du NPI-ES.

427De ces différentes approches, il apparaît que la diffusion d’huiles essentielles est efficace sur les mauvaises odeurs, et est ressentie comme une sensation agréable, un moment de plaisir favorisant les souvenirs.

428Les huiles essentielles testées sont bien tolérées avec quelques effets secondaires (entêtement, céphalées) dose dépendant. Plus de 80% des personnes ayant répondu sont favorables à leur mise en place et à la poursuite de la diffusion.

429L’atelier de musicothérapie permet une diminution des troubles de comportement (opposition au soin, agitation, mutisme) avec une expression autre du vécu (parole/participation au soin/pleure/reprise du lien social…) et des signes de détente tant chez le soigné que le soignant.

430Les ateliers de toucher-relaxant sont en cours d’évaluation. Seront étudiés le déroulement de chaque séance avec son retentissement immédiat, puis après 2 mois la répercussion sur le comportement et l’utilisation des traitements médicamenteux.

431Enfin, une réflexion est en cours sur la pérénisation de ces projets et à quel coût

102 –

En EHPAD, à l’écoute du sujet en fin de vie : l’alimentation plaisir !

432R. Chazot, J. Poulard, M. Liautaud, K. Djelti, L. Bulario, I. Barrat.

433EHPAD Saint Camille, Lyon, France.

434Une personne de 85 ans, porteuse d’une sonde de gastrostomie par laquelle elle est hydratée et alimentée, n’est pas sensée manger ni boire par la bouche ! Quelques petits fours chocolatés apportés et déposés (par un visiteur) sur la table adaptable de cette personne vont être le point de départ d’un projet de soins aboutissant à une « alimentation plaisir ». Projet à l’écoute de la personne, sujet – « L’infirmier(e) et les soins palliatifs », Edition Masson, p 175, l’inscrivant, au-delà des risques, au centre du soin, par la mobilisation interdisciplinaire.

435En janvier 2008, Mme L., 85.5 ans ; revient à l’EHPAD après 2 mois et demi d’hospitalisation suite à un AVC ischémique. Présentant des troubles de déglutition majeurs, elle est porteuse d’une sonde de gastrostomie, posée fin décembre 2007 avec une alimentation parentérale, sans aucun apport par la bouche. Elle nécessite, au jour de son retour, une aide complète pour l’ensemble des gestes de la vie quotidienne.

436Des troubles du transit (constipation) apparaissent rapidement. Son installation dans le lit est difficile compte tenu de sa déformation vertébrale (scoliose majeure), de son hémiplégie récente, de lésion cutanée ancienne. Son anxiété et sa tristesse s’expriment plus ou moins selon les jours.

437Un après-midi de mars, l’aide-soignante retrouve Mme L. barbouillée de chocolat et à côté d’elle, une boîte de petits fours apportés par une de ses visites : elle s’est régalée ! Le questionnement surgit : peut-elle s’alimenter par la bouche ? L’orthophoniste qui la suit interroge ses collèges hospitaliers qui l’ont suivi après son AVC, un nouveau radio cinéma est programmé. Nous commençons de parler d’« alimentation plaisir ». L’orthophoniste l’explicite dans le dossier. Entre temps, une oxygénothérapie est mise en place, compte tenu de son état respiratoire dégradé.

438Le 1er mai (jour férié !), en présence d’une infirmière, l’orthophoniste lui donne sa première cuillère de yaourt : « ah ! Que c’est bon… j’en ai rêvé… » dit-elle ! « C’était un réel plaisir pour nous de voir son plaisir à elle », écrit l’infirmière dans sa relève. L’orthophoniste précise plusieurs consignes (texture, position, rythme, quantité), permettant aux infirmières, en son absence d’assurer le soin quotidiennement avec une aide-soignante. Le mardi suivant, l’ensemble des membres de l’équipe présents assistent à l‘alimentation plaisir, avec l’orthophoniste, autour de Mme L., heureuse ! « C’est bon ! »

439Peu à peu, ce soin va se banaliser, s’organiser, se ritualiser, rythmant la programmation des autres soins (nursing, installation au fauteuil, alimentation parentérale, sortie dans le parc) à sa grande satisfaction, celle de l’équipe et de ses enfants.

440Son état de santé va continuer de se dégrader. Elle exprime une grande lassitude. Elle décèdera le 16 juin 2008 au soir, après avoir, à midi, « mangé plaisir » !
L’équipe a su écouter les gestes et les dires de Mme L. et inventer un soin : « alimentation plaisir » (8 semaines). Cette recherche a été possible par la mise en œuvre de compétences diverses et spécifiques (orthophoniste libérale, orthophonistes et gériatre hospitaliers, infirmières, aides-soignantes, médecin coordonnateur et généraliste, cadre de santé), coordonnées autour du désir de Mme L., associée à un dialogue avec ses 2 enfants. Ce projet interdisciplinaire a nécessité une prise de risque des différents acteurs, chacun à son niveau de responsabilité, situant Mme L. au cœur du projet de soin, au service de son bien-être, de son bien-senti, de son bien et encore-vivre.

103 –

Soins de bouche et Cola : validation d’une pratique

441R. Froger, K. Liatard, P. Blazy, C. Cremieux.

442CHU de Grenoble, France.

443Beaucoup d’acteurs en soins palliatifs recommandent d’utiliser la boisson au cola en soins de bouche chez des patients présentant une xérostomie. Pourtant nous n’avons retrouvé aucune étude sur ce sujet.

444Comment valider cette pratique empirique ? Nous avons opté pour une étude observationnelle, car les moyens nécessaires et à disposition (temps, nombre de patients susceptibles d’être inclus) concordent. Pour cela, des critères d’évaluation objectivable ont d’abord été définis : langues sèches (critère principal), présence de salive, difficulté à avaler, difficultés à parler, état de lèvres (humides/sèches), sensation de soif. Nous avons choisi, comme terrain d’étude, l’unité de soins palliatifs du CHU de Grenoble pour uniformiser les paramètres ayant une incidence sur l’efficacité des soins de bouche telle que la fréquence du geste. Les observations se dérouleront au premier trimestre 2011. Nous souhaitons inclure au moins 50 patients afin que cette étude ait une portée scientifique rigoureuse.

445Cette étude sera peut-être le premier pas vers une validation de cette pratique. Par la suite, une étude comparative avec d’autres produits utilisés en soins de bouche montrera la pertinence – ou non – de ce choix.

104 –

Quelles bonnes pratiques concernant l’hygiène ? Fonctionnement réfléchi et singulier d’une structure extrahospitalière

446C. Ginestet.

447Centre de soins palliatifs « La Maison », Gardanne, France.

448Comment repenser le soin, le fonctionnement d’une structure, maintenir nos pratiques en adéquation avec nos valeurs et l’originalité de notre prise en charge et répondre favorablement aux exigences des différentes instances nationales de santé et des contrôles qu’elles ont mis en place ?

449Concilier soins palliatifs et contraintes d’hygiène sous-entend harmoniser des soins de proximité, d’empathie, faits de contacts chaleureux avec des procédures lourdes.

450Comment garder une cohérence dans les soins pour allier qualité, convivialité, simplicité : que met-on en place, sur quoi se base-t-on pour que tous ces éléments s’articulent et prennent leur place dans une logique de soins réfléchis et continus.

451L’intérêt d’un poste entièrement dédié à l’hygiène permet la concentration des activités : recherche, élaboration de grilles d’observation, mise en place d’audits, communication, information, formation, etc. Il est en lien avec tous les acteurs de soins (bénévoles, soignants, médecins) tous les secteurs (cuisine, centre de jour, unités de soins) et les différentes instances (ARS, HAS) il évite aussi et surtout les dispersions, les pertes d’énergies alors même que nos patients et les soins doivent rester au centre de nos préoccupations.

452Exemple de fonctionnement d’une équipe autour des mesures d’isolement.
Propositions pour un modèle alternatif, constructif, réfléchi et loin des attitudes extrêmes (ni excès et ni négligence). Propositions possiblement adaptables dans un contexte culturel différent.

105 –

Sédation palliative à domicile : utilisation du midazolam dans le cadre de l’HAD du Centre Léon Bérard

453E. Jugnet, G. Chvetzoff, J-F. Latour, G. Thévenet.

454Centre Léon Bérard, Lyon, France.

455Suite aux différents audits réalisés en 2004, 2007, 2008 et 2009 sur l’utilisation du midazolam au Centre Léon Bérard, il nous est paru nécessaire de faire le point sur l’utilisation de ce médicament, de plus en plus prescrit, dans le cadre de l’HAD de l’établissement. En effet, la prise en charge à domicile de patients cancéreux en fin de vie pose différents problèmes tels que la présence uniquement ponctuelle, et non continue, des soignants aux côtés des patients et la délivrance strictement hospitalière du midazolam. Ces problèmes obligent donc les médecins à anticiper les situations potentielles d’hémorragie importante, de dyspnée ou d’angoisse extrêmes réfractaires aux autres traitements (oxygène, corticoïdes…).

456Pour cela, deux possibilités s’offrent à eux : rédiger une prescription anticipée que le médecin traitant ou le médecin coordinateur de l’HAD lui-même décideront d’appliquer le moment opportun pour sédater le patient, ou brancher une pompe PCA de midazolam avant le retour à domicile du patient avec un très faible débit de base qui ne le sédate pas et laisser le patient autogérer son traitement à domicile en lui permettant d’effectuer un bolus de quelques milligrammes qui le sédatera en cas de crise non résolutive (dans ce cas-là, le faible débit de base permet juste d’avoir une pompe PCA en état de marche au cas où le patient ressente le besoin de faire un bolus, ce qui le rassure).

457Afin de faire un état des lieux de ces pratiques au sein de l’HAD, les dossiers de l’intégralité des patients pris en charge en HAD entre le 1er janvier 2010 et le 30 septembre 2010 et ayant eu, à un moment ou à un autre, de façon anticipée ou non, une prescription de midazolam (74 patients très exactement) ont été exploités. Ceci afin de rechercher différents items : l’âge, la pathologie, le motif de prescription du midazolam (situations aiguës, symptômes réfractaires…), l’indice de Karnofsky au moment de la prescription et de l’administration, les dates des différentes délivrances et le nombre de flacons délivrés, le caractère anticipé ou non de la prescription, l’évolution de la posologie et de l’état de vigilance du patient, la durée de traitement, la traçabilité dans les dossiers médicaux et infirmiers sur les indications, les prescriptions (fiche de prescription) et l’état de vigilance du patient (fiche de suivi), les traitements symptomatiques antérieurs et concomitants à la prescription, les divers traitements concomitants (alimentation parentérale, hydratation, antibiotiques…), la présence ou non d’un suivi antérieur ou concomitant à la prescription par l’EMSP.

458Nous vous proposons de présenter les résultats de ces recherches qui permettent de faire un état des lieux sur l’utilisation du midazolam en sédation palliative à domicile dans le cadre de l’HAD du Centre Léon Bérard.

107 –

Le pharmacien hospitalier face à la rétrocession de midazolam

459C. Ghnassia.

460Service pharmacie, Centre hospitalier Bretagne Atlantique, Vannes, France.

Contexte

461Les propriétés pharmacologiques du midazolam rendent son utilisation incontournable en soins palliatifs.

462L’ambiguïté réglementaire [1] et le peu de connaissances des pharmaciens hospitaliers des recommandations notamment celles de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs [2] aboutissent à des situations équivoques lors de la rétrocession (vente au patient ambulatoire de spécialités réservées à l’usage hospitalier non disponibles en officine). Pourquoi la rétrocession du midazolam génère-t-elle autant de difficultés pour le pharmacien hospitalier ?

Méthode

463Un questionnaire téléphonique mené auprès de 17 pharmaciens hospitaliers de l’Ouest a permis d’aborder les questions sur les connaissances et les expériences. Les attentes, souhaits et la mesure de l’enjeu éthique étaient également appréciés.

Résultats

46417 pharmaciens hospitaliers de l’Ouest ont été interrogés. La vente de midazolam aux patients ambulatoires, bien qu’exceptionnelle est marquante. Sans aboutir à un refus de dispensation, le manque d’informations précises et l’absence d’anticipation, majorées par l’inexistence de relation entre la pharmacie et les structures palliatives sont un frein. L’enjeu éthique n’est pas réellement pris en compte.

Discussion

465Pour que le pharmacien joue un rôle actif il faut qu’il ait connaissance :

  1. des spécificités des médicaments utilisés en soins palliatifs [3] ;
  2. de la dynamique de réflexion et de questionnement permanent sur un sujet aussi complexe que la sédation ;
  3. du retour possible au domicile d’un patient sous midazolam.

Perspectives

466Faire connaître aux prescripteurs la rétrocession : réglementation et modalités pratiques.

467Participation du pharmacien à des formations, à des évaluations de pratiques professionnelles.

468Présence aux staffs de l’équipe de soins palliatifs afin de saisir le sens de la décision prise.

469Prescription de midazolam adressée de façon anticipée au pharmacien quand le retour à domicile du patient est envisagé.

Références

4701. Décision du 20 décembre 2004 relative à la vente au public de certaines spécialités pharmaceutiques. JO du 23/12/04

4712. SFAP. La sédation pour détresse en phase terminale et dans des situations spécifiques et complexes. Recommandations juin 2009.

4723. Lassaunière JM, Richards MS, d’Herouville C. Utilisation du midazolam en soins palliatifs. Infokara 1992;25:5-8.

107 –

Les techniques de « Pleine Conscience » au Service des soins palliatifs

473M. Dalmasso.

474Équipe mobile, douleur, Accompagnement, Soins palliatifs, Centre hospitalier de Grasse, France.

475MBSR : Mindfulness Based Stress Reduction, signifie Pleine Conscience basée sur la réduction du stress.

476Cette pratique initiée par le Docteur Jon Kabat-Zin est largement utilisée aux États-Unis pour réduire la souffrance dans les pathologies graves en s’appuyant sur les techniques de « Méditation ». Grâce à de nombreux instructeurs, 250 hôpitaux américains bénéficient de ces méthodes.

477À Montpelier, en octobre 2010, s’est tenu à Lerab Ling le 3e forum international intitulé Bouddhisme et Médecine. Parmi les 13 intervenants, 10 médecins, dont le Pr Cliford Sharon (chercheur scientifique au Center for Mind and Brain à l’Université de Californie). Les derniers résultats de ses recherches démontrent les modifications des processus physiologiques et émotionnels suite au repos méditatif.

478Le Dr Sarah Lazar neuroscientifique à l’Hôpital général du Massachusetts et enseignante à la Faculté de médecine de Harvard a exposé le résultat de ses recherches concernant l’influence de la méditation et du yoga sur les mécanismes neuronaux et leur influence sur les comportements émotionnels.

479Tout au long de ce congrès, les dernières avancées scientifiques ont mis en évidence l’influence bénéfique des techniques dites de « Pleine conscience » basées sur les exercices respiratoires et la qualité d’attention portée sur les sensations corporelles agréables.

480Ainsi, la Méditation, au-delà du mouvement médiatique actuel, est reconnue par de nombreux professionnels de la santé comme une approche innovante et efficace dans l’accompagnement et le soutien des personnes en souffrance, tant sur le plan des douleurs physiques que celui de la détresse psychologique.

481Dans le cadre de mon travail au sein d’une équipe de soins palliatifs, j’interviens dans 3 hôpitaux généraux et 1 centre de lutte contre le cancer. J’utilise depuis 15 ans les techniques de relaxation basées sur le souffle qui correspondent aux méthodes de Méditation appelées Shiné en tibétain, Samatha en sanscrit, Calme mental en français et MBSR en anglais. En complément, les techniques de Toucher Détente permettent au patient de s’abandonner à un éventail de sensations agréables. Sur la base du corps détendu, la psyché relâche plus aisément les mécanismes d’agitation mentale souvent animés, en situation palliative, par des émotions liées à l’angoisse et l’anxiété. Réciproquement, une psyché apaisée invite le corps à se détendre.

482La voix de l’accompagnateur lors des premières séances sert de support afin de guider le patient vers un état dit de Conscience modifiée. Le mouvement habituel des pensées et des émotions s’apaise en même temps que le souffle se ralentit. L’expérience de la Présence dans le ici et maintenant se révèle, libre d’attente, de crainte ou de projection. À la fin de la séance, les patients sont calmes et détendus et expriment souvent avec étonnement leur expérience qu’ils décrivent comme une sensation d’espace accompagnée d’un sentiment de paix profonde.

483Suivant l’état du patient, au cours de son évolution, le temps imparti au Toucher Détente et à la Méditation varie selon sa disponibilité physique et psychique. Lorsque la personne n’est plus en capacité de Méditer, la sensation réconfortante des mains permet de conserver le lien de Présence grâce au Toucher Détente.

484Formée à la Méditation depuis 20 ans auprès de Jetsun Kandro Rinpoché et aux techniques de Toucher Détente avec Joël Savatofski, j’utilise ces 2 méthodes auprès des patients alités dans les services, ainsi qu’auprès des soignants dans le cadre du soutien des équipes. Enfin, j’enseigne ces nouvelles approches en IFSI dans le cadre des méthodes de relaxation.

485En conclusion, je donne la parole au Dr Frédéric Rosenfeld.« Ce n’est que depuis les années 1920 avec la création d’appareils de mesure médicaux que le monde occidental s’est ouvert à l’étude prudente de la méditation et de ses bienfaits pour le corps… Depuis, l’occident est entré en amitié avec les pratiques méditatives ». Le Dr Cathy Blanc rajoute ceci « La méditation est un outil que nous proposons systématiquement lors de formations que nous dispensons aux professionnels de la santé. C’est un outil très performant dans la prévention du stress et du burn-out ».
Ainsi donc, nous pouvons considérer que les récentes découvertes scientifiques confirment que cette approche novatrice de la MBSR fondée par le Dr Jon Kabat-Zin apporte un véritable bienfait totalement adapté aux contingences hospitalières. Cette méthode de Méditation est simple, elle s’adapte à tous et à toute situation.

108 –

Évaluation de l’activité d’une esthéticienne en soins palliatifs

486C. Voisin, C. Quiertant, S. Bourez, A. Piolot.

487Équipe mobile de soins palliatifs, CHU Henri Mondor, Créteil, France.

488Une évaluation de l’activité offerte par une socio-esthéticienne d’une équipe mobile de soins palliatifs auprès de 52 malades atteints de cancer a été effectuée durant 4 mois consécutifs.

489Sans surprise, le sex-ratio est en faveur des femmes : 43 femmes/9 hommes.

490Les commentaires positifs majoritairement exprimés sont :

  • un moment privilégié de détente ;
  • des soins permettant un temps d’écoute ;
  • un élément de diminution de la souffrance morale ;
  • un effet relaxant ;
  • pour les femmes, une façon de retrouver leur féminité.
L’ensemble des personnes interrogées a estimé qu’il était très important ou important de pouvoir bénéficier de tels soins à l’hôpital. Toutes les femmes et 8 hommes sur 9 apprécient pouvoir bénéficier de conseils de soins esthétiques d’un professionnel, afin de pouvoir appliquer ces soins chez eux.

491Certains regrets sont souvent exprimés par les malades :

  • ne pas avoir de local spécifique afin de préserver une certaine intimité ;
  • ne pas pouvoir bénéficier de soins plus longs et plus fréquents.
Il est à noter que dans 90% des cas, le 1er rendez-vous a été proposé par la socio-esthéticienne lors d’une visite systématique et non par les soignants médicaux et non médicaux. Cette offre de soins, pourtant particulièrement appréciée par les malades, est donc encore malheureusement insuffisamment à l’esprit des soignants.

492Les soins du visage, de manucure, le modelage des mains, des pieds et du dos, les conseils auprès des malades permettent de :

  • dédramatiser le handicap lié au cancer et à ses traitements ;
  • contribuer à un meilleur bien-être physique et moral ;
  • donner l’envie de s’occuper de soi ;
  • favoriser l’écoute par le toucher.

109 –

Apport de la sophrologie sur le vécu d’une hospitalisation par les patients

493M. Zygar, S. Aupetit, E. Rampnoux, L. Maucourant, V. Truffinet, S. Trarieux-Signol, S. Moreau, D. Bordessoule.

494Service d’hématologie clinique, CHU de Limoges, France.

495Dans le cadre des soins de support du Plan Cancer, un Service d’hématologie a mis en place des séances de sophrologie pour les patients (pts) hospitalisés. La relaxation est une technique d’aide pour retrouver de l’énergie et procurer du bien-être pendant les moments difficiles de la maladie. La sophrologie a débuté par des vacations en 2000 sur un financement mixte institutionnel et Ligue contre le cancer arrêté en 2008. Le CHU ne rémunérant qu’une vacation hebdomadaire, l’action a pu être poursuivie grâce à Limousin Association pour le Développement de l’hématologie et de la recherche clinique LADRHEC (à partir de dons de pts ou de familles de pts) avec un important financement de l’industrie pharmaceutique (Novartis). L’objectif de ce travail est d’évaluer les bénéfices apportés aux pts par ces séances.

Méthode

496Étude descriptive et analytique sur l’impact des bénéfices apportés par la sophrologie, menée prospectivement auprès des pts consécutifs d’un service d’hématologie quel que soit le stade de leur maladie, de septembre à octobre 2010. Utilisation d’un questionnaire comportant 34 items et un espace libre pour témoignages. Recueil et traitement des données sur Excel.

Résultats préliminaires

497Parmi les 53 pts vus par la sophrologue, 51 ont accepté de participer à une séance. Recueil de 36 questionnaires sur 51 distribués soit 71%.

498Patients : prédominance féminine (SR 2,6), âge moyen 51,5 ans (21-72), origine géographique : régionale 74% (Haute-Vienne 44%, Corrèze 25%, Creuse 5%) et 26% hors région. Pathologies : LA 44%, LNH et Hodgkin 27%, LLC 6%, autres 23%. Organisation des séances : proposées par IDE d’annonce 28%, médecin 25%, psychologue 25%, sophrologue 19%, autres 3%. Moment : matin 25%, après-midi 75%, jugé adéquat dans 100% des cas. Lieu : chambre seule 62%, à plusieurs 21%, local séparé 17%. Lieu jugé adéquat pour 86%, non adéquat 14% : trop de bruit ou de lumière. Musique lors de 67% des séances. Massage par la socio-esthéticienne dans 61% des cas. Satisfaction des pts : les bénéfices de la sophrologie sont la détente du corps pour 78% des pts, un bien-être 75%, moins d’inquiétude 58% et l’apprentissage de la respiration 33%. Les pts jugent, sur une échelle de 0 à 10, à 6 leur anxiété avant la séance de sophrologie et à 2,5 après.

Conclusion

499Ces résultats préliminaires montrent une large satisfaction des pts en termes de diminution de l’anxiété et de mieux-être pouvant avantageusement compléter, voire remplacer des thérapeutiques anxiolytiques chez ces malades lourdement traités. Bien que difficile à mener, une évaluation médico-économique sur les gains générés par la diminution de l’anxiété, pourrait convaincre les pouvoirs publics de l’intérêt de ces techniques de relaxation dans les services hautement spécialisés où se côtoient techniques agressives telles l’allogreffe, les chimiothérapies et accompagnements de fin de vie. La satisfaction des pts reste notre motivation principale.

110 –

Sophrologie/modelage du corps : une alliance au service du patient

500S. Aupetit, M. Zygar, S. Trarieux-Signol, N. Dubosc-Marchenay, E. Robin, S. Moreau, D. Bordessoule.

501Service d’hématologie clinique et thérapie cellulaire, CHU Dupuytren, Limoges, France.

502La sophrologie, créée dans les années 60, consiste en une recherche d’harmonie permettant de retrouver un meilleur équilibre physique et psychologique. Cette discipline est très complète, car elle est à la fois une science, une philosophie, une méthodologie et un art de vivre. Elle a pour but de mettre le corps et le mental au repos à l’aide de techniques de relaxation, de respiration, de prise de conscience du corps, de pensées positives et de visualisations.

503Créée depuis 1979, la socio-esthétique est une activité qui vient en complément des soins médicaux et paramédicaux et consiste en des soins esthétiques adaptés au milieu hospitalier qui vont bien au-delà de l’esthétique. En effet, elle permet d’améliorer l’état psychologique à travers l’image du corps pour favoriser la prise en charge globale du patient et optimiser son hospitalisation.

504L’objectif d’associer la sophrologie au modelage du corps est de prendre en charge le patient dans sa globalité : son corps, son mental et ses émotions afin de l’apaiser, le soulager, le rassurer, qu’il puisse lâcher prise, se relaxer et accéder à un mieux-être.

505Les patients pris en charge sont suivis dans un service d’hématologie. Le travail est effectué au lit du patient et peut être accompagné ou non d’une ambiance musicale. La « sophrologie/modelage » est l’association de deux techniques professionnelles que sont la sophrologie et la socio-esthétique par le biais exclusif du modelage du corps.

506En 2006, à la demande d’une patiente, les socio-esthéticiennes et sophrologues ont mis leurs compétences en commun. Une séance de sophrologie associée à un modelage de son corps a été mise en place. Cette séance a permis de mettre en évidence l’intérêt et les bienfaits de la complémentarité de ces pratiques. Au total depuis 2006, 280 séances ont été réalisées.

507Les conditions pour réaliser ces séances sont une démarche d’équipe s’appuyant sur une réelle entente entre professionnels afin que le patient puisse profiter d’une séance harmonieuse.

508De par cette expérience innovante, nous avons pu constater que la socio-esthétique complète la sophrologie. Ainsi, les effets de ces deux techniques sont amplifiés de façon exponentielle. Un autoquestionnaire a été élaboré pour recueillir l’avis des patients et à terme améliorer leur prise en charge. Le patient complète les rubriques suivantes : généralités, conditions dans lesquelles les séances ont été réalisées, ressenties, suggestions pour améliorer leur prise en charge. Les résultats seront présentés lors du congrès de juin.
Les patients étant très demandeurs de ces soins, un groupe de travail composé de soignants volontaires formés au toucher bien-être a été créé pour développer ces séances de « sophrologie modelage » permettant de répondre aux besoins croissants des patients.

111 –

L’utilisation de l’art-thérapie comme outil d’accompagnement

509F. Chardon.

510CHRA Annecy et CHU Grenoble, Apremont, France.

511L’art-thérapie se définit comme l’utilisation et l’évaluation des effets de l’esthétique par la pratique artistique dans l’objectif de valoriser les potentialités et la partie saine de la personne malade de surcroît. C’est l’absence de la verbalisation obligatoire qui différencie l’art-thérapie de la psychothérapie à médiation artistique, qui elle, favorisera un travail de mise en mots de l’histoire émotionnelle et de la souffrance, par le biais de la pratique artistique, afin de la mettre en conscience pour les soigner ou les guérir.

512L’art-thérapie à dominante musicale est utilisée dans les services d’oncologie du CHU de Grenoble et du CHRA d’Annecy avec la recherche d’objectifs antalgiques et anxiolytiques.

513Le protocole de recherche inclut 18 patients souffrant de cancers métastatiques, hospitalisé en oncologie, suivi par l’Unité mobile de soins palliatifs. Les prises en charge sont hebdomadaires et individuelles. Elles mettent en évidence une amélioration de la qualité du sommeil, une diminution de l’anxiété en fin de séance, la verbalisation d’une diminution de la douleur après la séance, le maintien de cette douleur 24 heures après la séance et une diminution de la consommation de morphinique 12 heures après la séance.

514L’analyse de ce protocole met en lumière que ces résultats sont obtenus lorsque les patients sont acteurs de leur prise en charge en art-thérapie, c’est-à-dire lorsqu’ils pratiquent la musique en séance. Cet engagement permet la valorisation de l’estime de soi et de ses différentes composantes.

515L’utilisation de la pratique de la musique à des fins thérapeutiques permet une diminution de l’anxiété et une régulation de l’humeur du patient. Son estime de soi se développe alors apportant une qualité de vie meilleure en créant une rupture avec l’état pathologique et en valorisant la disponibilité relationnelle, ce qui autorise le patient à se sentir exister.

516Ce type de prise en charge tend à se développer, permettant à l’ensemble des acteurs, patients, soignants, familles et bénévoles, d’utiliser la pratique artistique et le plaisir esthétique qui en découle, comme outil d’accompagnement.

112 –

Le Land Art en art thérapie

517N. Estienne.

518« La Maison », Gardanne, France.

519Le Land Art est une tendance de l’art contemporain, utilisant le cadre et les matériaux de la nature (bois, terre, pierres, etc.) Les œuvres sont réalisées, exposées aux éléments et soumises à l’érosion naturelle ; ainsi, certaines ont disparu et il ne reste que le souvenir photographique.

520Nous utilisons le Land Art en art-thérapie comme une possibilité de création et amenons les personnes en atelier extérieur tout en adaptant le terrain aux capacités de chacun. Nous avons pu observer que la réalisation d’œuvres dans la nature amène un apaisement et un sentiment de liberté, réveille la créativité avec les éléments naturels. Le caractère éphémère des œuvres d’art confronte les personnes aux réalités de la vie, aux séparations et dans un même temps cela suggère aussi le retour de l’œuvre humaine à la nature. Les photographies que nous réalisons sur ce travail témoignent de ce qui a été et aide à supporter la perte.

521En exposant ce travail de Land Art, nous souhaitons témoigner d’une pratique simple, artistique, accessible à tous et puissante dans ses effets d’apaisement.

113 –

L’aromathérapie au CHU : le parcours du combattant

522L. Mc Ewan, B. Rouxel-Madec.

523Équipe mobile d’accompagnement et de soins palliatifs, Hôtel-Dieu CHU de Rennes, France.

But et contexte

524L’aromathérapie est l’utilisation des huiles essentielles à des fins thérapeutiques. Cette technique peut contribuer à améliorer le confort des patients en fin de vie.
L’enjeu de notre projet est de faire adopter l’usage des huiles essentielles par l’institution (CHU) en tant que soin complémentaire aux thérapeutiques, en s’appuyant sur une méthode précise et rigoureuse, pour une pratique en toute sécurité.

Méthode

525

  1. Obtention du soutien et de l’accord de l’institution :
    • direction qualité et relations avec les usagers : collaboration tout au long du projet ;
    • direction des soins infirmiers ;
    • commission des médicaments et des dispositifs médicaux stériles : achats des huiles de qualité (conformité AFSSAPS) ;
    • direction logistique et hôtellerie : achat du matériel conforme ;
    • EOHH /CLIN, service sécurité incendie.
    • Choix des services pilotes.
    • Présentation du projet dans les services pilotes.
    • Formation des personnes référentes dans les services pilotes.
    • Création de protocoles : utilisation, stockage et entretien du matériel et des huiles avec traçabilité associée.
    • Évaluation dans les services pilotes : patients, visiteurs, personnels (avant projet et à 3 mois d’usage).
    • Ajustements et extension du projet.

Résultats

526

  • Longueur de la procédure institutionnelle et nécessité d’étapes administratives successives.
  • Difficultés d’innovation dans une institution hospitalière.
  • Difficulté à introduire un soin non conventionnel.
  • Engagement institutionnel dans des actions de formation pour une utilisation informée (l’aromathérapie n’est pas une médecine douce).

Discussion

527

  1. Dossier et procédures à baser sur une bonne connaissance biochimique.
  2. Résistances et représentations médicales.
  3. Place du médecin dans un usage thérapeutique des huiles essentielles : est-ce une prescription ?

Perspectives

528

  1. Répandre l’usage des huiles essentielles : le massage, la kinésithérapie, les pansements…
  2. Améliorer les connaissances, notamment biochimiques, pour une utilisation optimale et sécurisée.
  3. Collaborer avec les pharmaciens.

Références

5291. Franchomme P, Penoël D. L’Aromathérapie exactement. Éditions Roger Jollois.

5302. Baudoux D. Les Cahiers Pratiques de l’Aromathérapie selon l’École Française : tome 4, soins palliatifs. Éditions Amyris.

114 –

Sorties photo-expressions : création et partage ou l’art de transmettre

531D. Jeudi.

532Site du GHSR CHR, Saint-Pierre, La Réunion, France.

533Ce projet s’inscrit dans la prise en charge psychologique des patients relevant des soins palliatifs et dans un projet de plus grande envergure : une expo-photo sur le thème : les 4 éléments + 1. Il s’articule de la façon suivante : sorties sur le thème de chaque élément, prises de vue par les participants, exposition de leurs travaux.

534C’est dans le cadre des ateliers dits d’expressions que le support photo a été utilisé puis privilégié. C’est la méthode photolangage qui nous a inspirés.

535Photolangage est une marque déposée pour la méthode de travail en groupe et la collection de dossiers photographiques, inventée par Alain Baptiste et Claire Belisle en 1968 à Lyon. Cet outil, destiné à faciliter le travail en groupe, permet d’animer de nombreuses activités de communication et de formation. Utilisé principalement en formation, Photolangage est un outil qui a été également intégré à des pratiques thérapeutiques.

536Ce choix a été dicté par l’originalité du concept de la méthode (créée à Lyon, développée et diffusée par les psychologues lyonnais), son utilité dans différents champs d’intervention psychologique, psychothérapeutique ou professionnelle, mais aussi par la fiabilité de l’outil, confirmée depuis plusieurs années par les utilisateurs de la méthode.

537Il y a trois ans, pour accentuer la dimension créative de la méthode, nous avons dans un premier temps proposé aux patients pris en charge par notre EMSP de créer leur propre support : leurs photos-expressions.

538L’esthétisme n’était pas recherché ou en tout cas il était considéré comme secondaire. Ce qui nous intéresse ici c’est le côté évocateur des photos qui peuvent être une représentation symbolique importante dans l’histoire du patient (difficultés du moment, difficultés passées ou anticipation sur l’avenir).

539Ce premier temps de prises de vue individuelles s’est déroulé sur plusieurs mois et a permis la création d’un recueil de photos qui a été édité, remis aux participants et transmis à leurs proches.

540À l’issue de l’édition de ce recueil, le désir des participants de créer, de partager et de transmettre était toujours intact. Il a donc été envisagé de partager les temps de prises de vue en groupe, « pour faire ensemble » qui seraient des sorties de courtes durées auxquelles pourrait s’associer un photographe professionnel pour donner quelques conseils techniques aux participants de l’atelier. Ils étaient en effet dans un désir d’apprendre, de cadrer, de maîtriser leurs supports.

541Chaque sortie prévue est envisagée à l’extérieur de l’hôpital dans des lieux représentant bien le thème abordé (la terre, l’eau, l’air, le feu, et notre 5e élément qui symbolise leur lien).
L’objectif final est effet d’exposer les photos des patients dans le hall de l’hôpital qui est un lieu reconnu par les artistes exposant de la région. Ce moment se veut aussi un temps de partage et de transmission avec les proches des patients.

Proches, bénévoles

115 –

La place et le rôle des proches en soins palliatifs. Présentation d’un livret à l’usage des soignants

542B. Maillard.

543Réseau Respavie, Saint-Herblain, Nantes, France.

Contexte

544Une interrogation récurrente des équipes soignantes, rencontrées au cours d’analyses des pratiques en soins palliatifs, est à l’origine de ce document : quelle place pour l’entourage dans notre pratique de soins palliatifs ?

545Après une première journée d’étude consacrée à la place des proches dans la prise en charge palliative, un groupe de travail interdisciplinaire (médecin, psychologue, infirmières) s’est constitué pour préciser les différentes questions, proposer des éléments de réponses et les rédiger sous la forme d’un livret destiné aux équipes soignantes. L’objectif principal de ce livret est d’aider les soignants, en institution ou à domicile, à repérer les différents problèmes liés à la présence des proches dans les situations palliatives. À défaut de livrer des solutions valables pour tous, il s’agit d’éléments de réponses centrées sur la singularité des patients et de leurs proches, sur le rythme particulier de chacun à l’approche de la mort et de ce qu’elle révèle, sur la complexité inhérente à ces situations.

But

546

  • Plus précisément le but de ce livret est d’aider à repérer dans chaque situation ce qui pose des difficultés pour les trois acteurs (la personne malade, les proches, les soignants,) en jeu :
    • quel est la volonté, ou le souhait, de la personne malade face à l’évolution de la maladie ?
    • Qu’est-ce qui est véritablement difficile à supporter pour elle ?
    • Qu’est-ce qui est problématique pour l’équipe soignante et pour chacun en particulier ?
    • Qu’est-ce qui est difficile à vivre et à dire pour le conjoint et/ou les enfants ?

Résultats

547Quatre groupes de questions sont développés dans ce livret :

  1. quelle est la place de l’entourage dans l’accompagnement d’une personne en soins palliatifs ? Comment trouver la « juste distance » avec les proches dans cette épreuve ?
    Comment aider et accompagner les proches dans cette épreuve ?
    Comment prévenir et identifier l’épuisement des proches dans ces situations ?
  2. Comment réagir face à un entourage trop envahissant ou au contraire trop absent ou fuyant ?
  3. Comment impliquer les proches dans le processus de décision médicale et son évolution au cours de la maladie ?
  4. Comment accueillir et accompagner les jeunes enfants ?
Une première édition de ce livret (35 pages) est réalisée en octobre 2010.

Perspectives

548Ce livret est conçu comme un outil de travail à enrichir et améliorer. Une deuxième étape de ce travail est une étude auprès des soignants qui l’utilisent, sous forme de questionnaire, prévue en 2011.

116 –

Les proches et leurs besoins en neuro-oncologie : enquête au sein d’une unité de soins spécialisée

549L. Taillandier, F. Bonnetain, K. Colmar, M. Destracque, E. Garat, I. Klein, R. Lanfroy, A. Rakotondranaivo, D. Sommelet.

550Unité de neuro-oncologie, Service de neurologie, CHU Hôpital central, Tassigny, Nancy, France.

But et contexte

551Les tumeurs du système nerveux central et plus spécifiquement les gliomes malins sont presque toujours à l’origine d’une symptomatologie déficitaire somatique ou cognitive (au sens large du terme) responsable d’une dépendance plus ou moins importante, d’emblée ou dans l’évolution. Leur pronostic est souvent réservé.

552Les proches sont, de nécessité, sollicités et impliqués quelle que soit leur volonté. Leurs besoins spécifiques sont largement sous-évalués.

553Sous l’égide d’un partenariat entre la Croix Rouge française et le réseau régional de soins oncologiques ONCOLOR, a été mise en place une enquête visant à évaluer par le biais de questionnaires spécifiquement élaborés : 1) les besoins des personnes atteintes de cancer et ceux de leurs proches (notamment dans les aspects pratiques de la vie quotidienne) ; 2) les moyens mis en œuvre pour les satisfaire et 3) les difficultés persistantes.

Résultats

554Nous présenterons les résultats préliminaires de l’étude transversale descriptive auprès des proches de patients pris en charge au sein de l’unité clinique du CHU de Nancy dédiée aux pathologies tumorales du système nerveux pour un gliome malin diagnostiqué entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2010.

555Nous décrirons les besoins exprimés par les proches ainsi que les moyens et difficultés de la prise en charge à différent temps de la maladie (diagnostic, postradiothérapie, 1re récidive, ne récidive).

Perspectives

556Nous esquisserons de même des pistes pour résoudre les problèmes rencontrés en tentant de privilégier (objectifs du projet global Croix Rouge Oncolor) la modulation des aides à domicile et l’implication d’aidants-bénévoles de proximité, formés, familiaux ou extrafamiliaux.

Références

5571. Muñoz C, Juarez G, Muñoz ML, et al. The quality of life of patients with malignant gliomas and their caregivers. Soc Work Health Care 2008 ; 47:455-78.

5582. Salander P, Spetz A. How do patients and spouses deal with the serious facts of malignant glioma ? Palliat Med 2002;16:305-13.

5593. Janda M, Steginga S, Dunn J, Langbecker D, Walker D, Eakin E. Unmet supportive care needs and interest in services among patients with a brain tumour and their carers Patient Educ Couns. 2008;71:251-8.

117 –

Accompagnement social, un exemple de collaboration : la situation de Georgette

560E. Collanintier, D. Dupont.

561Accompagnement et de soins palliatifs (Unités mobile et fixe), CHU Limoges, Limoges, France.

562SSR et EMSP Hôpital intercommunal du Haut Limousin, le Dorat, France.

563Nous souhaitons vous présenter un exemple de collaboration entre assistantes sociales dans le cadre d’une ISAP (Intervention sociale d’aide à la personne).

564Afin de présenter le contexte de cette intervention, il nous faut préciser que l’EMSP de l’HIHL a été créée le 01/11/2009 dans le cadre d’une coopération entre le CHU de Limoges et l’HIHL. Cela explique le fait que la patiente dont nous présentons la situation ait été suivie successivement et conjointement par deux équipes de soins palliatifs.

565Présentation de la situation au départ de l’intervention : (des éléments ont été modifiés dans le but de préserver l’anonymat.)

566Georgette est une patiente de 71 ans, appelée par son prénom et tutoyée à la demande de la famille, du fait de son handicap ayant pour conséquence un âge mental d’environ 5 ans. Elle est atteinte d’un cancer ovarien, avec envahissement médullaire. Une abstention thérapeutique a été décidée en novembre 2009. Georgette est célibataire, a toujours vécu en famille en milieu semi-rural, chez sa mère puis au décès de cette dernière, chez sa sœur, qui exerce une mesure de tutelle depuis 1986. Elle est entourée par sa sœur, qui est veuve, ses deux nièces, et par un frère qui vit dans une autre région. Les relations familiales sont empreintes d’affection, Georgette semble perçue par sa famille comme un « grand bébé ». Georgette est retraitée du régime général.

567À domicile, Georgette est accompagnée, en plus de sa famille, par le médecin traitant, les infirmières libérales, le kinésithérapeute, ainsi que dans un premier temps par l’équipe mobile du CHU, puis dans un second temps par celle de l’HIHL (médecins, infirmières, psychologues, assistantes sociales). Le nombre important de professionnels implique donc une collaboration et une coordination étroites.

568Dans ce poster, nous mettrons en avant, outre la présentation de la situation et des équipes, la chronologie du suivi (hospitalisations, suivi à domicile… jusqu’au décès) et plus précisément les interventions des assistantes sociales. Nous valoriserons nos actions et les différents thèmes abordés avec la sœur de Georgette, tels que : aides à domicile, don du corps à la science, organisation des obsèques, problèmes financiers… Cela permettra d’illustrer les missions du service social hospitalier, et plus particulièrement dans les services de soins palliatifs (Écoute, Soutien, Information, Orientation, Conseil…) ainsi qu’une méthodologie utilisée en travail social, l’ISAP.

118 –

Un partenariat social ville-hôpital pour la continuité du projet de vie

569I. Harauchamps.

570Réseau SCOP, Clichy, France.

571Assistante sociale d’un réseau de soins palliatifs à domicile, j’organise depuis trois ans des réunions de coordination mensuelles avec le service social hospitalier qui permettent de discuter des situations des personnes malades suivies conjointement par nos différents services. L’objectif de ces rencontres est de favoriser la continuité d’une prise en charge sociale, dans le cadre d’une pathologie grave, quel que soit le lieu de soins de la personne.

572M. S. a 75 ans et est atteint d’un cancer ORL. Il est hospitalisé, tout d’abord, en hôpital de semaine de cancérologie. Son épouse et lui-même disent souhaiter un retour au domicile. M. S. est en perte d’autonomie et a besoin d’aides et de soins. Son épouse est très inquiète à l’idée de ce retour. L’assistante sociale du service et la psychologue de l’équipe mobile de soins palliatifs vont travailler ensemble à la mise en place des aides. À la fin de la semaine, le retour à domicile n’est hélas plus possible du fait de l’altération de l’état général de M. S., d’une aggravation de ses douleurs, mais aussi de l’ambivalence de son épouse, très réticente à présent. M. S. est donc transféré en service de médecine. L’assistante sociale du service de médecine rencontre l’épouse et une amie pour rediscuter du projet et poursuivre la prise en charge sociale, en lien avec l’assistante sociale de cancérologie. Le désir de retour à domicile est à nouveau exprimé par M. S. et son épouse et la construction du projet se poursuit. L’assistante sociale de médecine me contacte pour la continuité du suivi. L’état de santé de M. S. se dégrade pendant l’hospitalisation, les médecins décident alors l’arrêt de la chimiothérapie et avancent la date du retour à domicile. M. et Mme S. maintiennent toujours leur désir de réaliser ce projet.

573À la sortie de l’hospitalisation, M. S. et son épouse nous rencontrent, à leur domicile, avec ma collègue médecin. C’est Mme S. qui assure la toilette de son mari et semble extrêmement angoissée par la situation. Elle nous confie alors ne pas souhaiter le décès de son mari à domicile. Deux jours plus tard, je me rends avec ma collègue psychologue du réseau au domicile, où règne un climat de panique. Après concertation avec M. S et toute sa famille, l’admission en USP est alors organisée pour le lendemain. M. S. y décèdera deux jours plus tard.

574La réalisation de leur projet de vie, le retour à domicile, même limité dans le temps, était essentiel pour M. S. et son épouse. Il a été possible grâce à la collaboration et la continuité des services sociaux hospitaliers et du réseau. Cette double vision hôpital-domicile et les différentes évaluations ont contribué à l’étayage du projet du patient et à sa réalisation. La reconnaissance de l’importance de la place de la famille dans le projet, ainsi que le respect des temporalités de chacun ont été un contenant de l’angoisse de la situation. Les démarches, le suivi et l’accompagnement social entrepris pendant le séjour à l’hôpital ont pu être poursuivis au domicile dans la continuité et la cohérence. En tant qu’assistante sociale de réseau, par ce lien, je ne me suis pas sentie isolée face à une situation complexe au domicile. Pour mes collègues hospitalières, il n’y a pas eu de sentiment de rupture dans leur accompagnement au moment de la sortie de M. S. De même, le sentiment de culpabilité de Mme S., de ne pas pouvoir accueillir son mari chez eux, a pu être soulagé. Le partenariat a ainsi permis la continuité du projet de vie de M. S. et de sa famille, en évitant une hospitalisation en urgence et non souhaitée et en anticipant, au maximum, les difficultés éventuelles.
Les assistantes sociales ont pu pointer les limites institutionnelles, professionnelles et également celles de l’entourage des personnes pour y pallier. Cette coordination permet une communication entre pairs, primordiale pour la cohésion des prises en charge et un retour des différentes évaluations dans les équipes de soins respectives. Elle concourt également à une remise en question de chacun des acteurs et permet des réflexions afin d’améliorer les suivis sociaux présents et futurs essentiels pour une prise en charge globale de la personne malade.

119 –

Bénévolat d’accompagnement à l’hôpital : quand les bénévoles racontent

575S. Delaloye1, M. Escher2, C. Lüthy3, V. Piguet2, P. Dayer2, C. Cedraschi2,3.

5761Service de pharmacologie et toxicologie cliniques, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse.

5772Service de pharmacologie et toxicologie cliniques, Centre multidisciplinaire de la douleur et consultation de soins palliatifs, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse.

5783Service de médecine interne et de réhabilitation, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse.

Contexte

579À l’image de ce qui se fait dans les hospices, des bénévoles formés à l’accompagnement, sont de plus en plus souvent présents à l’hôpital [1]. Bien que cette ressource suscite beaucoup d’intérêt, elle demeure encore méconnue et difficile à appréhender [2, 3]. Le but de cette étude est d’explorer le vécu et l’activité des bénévoles dans le contexte d’un hôpital de soins généraux.

Méthode

580Nous avons mené une étude qualitative et observationnelle. Différents aspects du bénévolat ont été investigués au moyen de questions semi-structurées et d’un journal de bord. Les questions concernaient d’une part l’activité proprement dite (nombre, durée, thèmes des visites) et d’autre part le vécu des bénévoles (motivations, difficultés, satisfactions). Les participants (n = 19) étaient des bénévoles formés à l’accompagnement en soins palliatifs, actifs depuis au moins six mois, au sein de diverses unités des Hôpitaux universitaires de Genève. Après consentement écrit, ils ont répondu aux questions à leur domicile, puis rempli le journal de bord chaque jour de visite durant un mois. Une analyse de contenu a été réalisée afin de dégager les thématiques exprimées par les bénévoles, ainsi que les liens entre ces thématiques.

Résultats

581Les résultats montrent que les difficultés sont liées, d’une part à la complexité et la mouvance du contexte – patients avec différentes pathologies, à différents stades – et d’autre part à la durée de séjour, souvent très brève. De ce fait, les bénévoles expriment fréquemment une difficulté à définir, une fois pour toutes, leur juste place dans le secteur de soin auquel ils sont affectés. Globalement, ils rapportent toutefois un degré élevé de satisfaction, liée à une identité qu’ils décrivent comme positive et valorisante. La diversité des rencontres et des situations est également vécue comme particulièrement enrichissante.

Discussion

582En regard du haut degré de satisfaction exprimé, on peut dire que le bénévolat d’accompagnement a su trouver une place à l’hôpital en dépit des difficultés et de la complexité du contexte.

Perspectives cliniques

583Le bénévolat d’accompagnement se développe dans des institutions de soins de plus en plus diversifiées. Cette étude permet de mieux appréhender l’intérêt et les spécificités de cette fonction. Elle apporte des éléments de réflexions dans l’amélioration de l’intégration des bénévoles et dans la définition d’un encadrement adéquat pour faire face à la complexité et aux incertitudes de cette fonction.

Références

5841. Künzi D. Accompagner la vie, accompagner la souffrance : une analyse en milieu hospitalier. Paris : L’Harmattan, 2007.

5852. Andersson B, Öhlén J. Being a hospice volunteer. Palliative Medicine 2005.

5863 Merrell J. Ambiguity.

120 –

L’engagement bénévole auprès des aînés à domicile

587J. Castonguay, A. Sévigny, A. Vézina.

588Université Laval, Québec, Canada.

But et contexte

589Les associations en soutien à domicile, qui assurent une part importante des services offerts aux aînés en perte d’autonomie ou en fin de vie, font face à un problème important de recrutement et de fidélisation des bénévoles. De plus, les bénévoles qui jouent un rôle de premier plan dans leur fonctionnement vieillissent. Il est à prévoir un important manque sur le plan de la contribution bénévole. Par conséquent, cette étude, menée dans la région de XX (YY), se penche sur les facteurs qui facilitent ou qui contraignent l’engagement bénévole dans les associations en soutien à domicile aux aînés.

Méthode

590Cette étude, descriptive et compréhensive, s’appuie sur des méthodes qualitatives pour mieux comprendre l’engagement bénévole dans les associations venant en aide aux aînés. Cette réalité a été observée sous l’angle de deux types d’acteurs contribuant au fonctionnement de ces associations : des bénévoles et des coordonnateurs. L’échantillon, non probabiliste et typique, est composé de 16 participants (4 coordonnateurs et 12 bénévoles). Des entrevues individuelles semi-dirigées ont été réalisées. Les données ont été soumises à une analyse qualitative de contenu.

Résultats

591L’engagement bénévole apparaît comme un processus ponctué de plusieurs étapes tels le recrutement, l’accueil et la fidélisation. À chacune de ces étapes, certains facteurs sont plus déterminants que d’autres : leur présence ou leur absence rend possible ou non l’initiation de l’engagement bénévole et son maintien. Ces facteurs sont de deux ordres : les facteurs individuels et les facteurs organisationnels. De plus, une interrelation a été observée entre les facteurs liés aux individus et le contexte organisationnel dans lequel ils agissent (facteurs organisationnels).

Discussion

592Les trois dimensions de l’engagement bénévole (recrutement, accueil et fidélisation) font partie d’un tout indissociable lié au développement de l’action bénévole. Les facteurs qui agissent sur une des dimensions ont aussi une influence sur les deux autres (ex. : un accueil chaleureux est aussi lié au désir des bénévoles de demeurer dans l’association). Le jeu d’interinfluence observé rend évidente l’importance pour l’association bénévole de savoir composer avec la liberté et la capacité de décider des bénévoles.

Perspectives

593Un des enjeux concernant le développement de l’action bénévole consiste à savoir si les nouveaux retraités prêteront leur concours à des réponses concrètes et directes aux besoins de solidarité et d’engagement actuels dans le domaine des soins palliatifs. L’identification des facteurs qui favorisent ou contraignent l’engagement bénévole permet d’améliorer la qualité de la gestion des bénévoles et, par le fait même, de favoriser l’engagement bénévole. Ainsi, il apparaît pertinent de reproduire cette étude à plus grande échelle.

121 –

Bénévolance au sein d’une équipe ASP : un essai concluant

594F. Sarrazin.

595Institut Curie, Brunoy, Paris, France.

596Je voudrais parler ici d’une expérience commencée il y a 1 an et qui se révèle positive pour ceux qui l’ont tentée dans notre équipe.

597C’est un essai de « bénévolance ». Il s’agit là de jumeler présence hebdomadaire en tant que bénévole, à l’hôpital, au sein de l’équipe mobile de l’Institut Curie, et accompagnement à domicile.

598Non point d’alterner l’un et l’autre, mais de réussir à concilier les deux, de façon régulière.

599Trop lourd ? Avec une bonne organisation, pas tant que cela. Précisons :

  • nous n’accompagnons que des patients ayant été suivis à l’Institut Curie et résidant dans Paris intra-muros ;
  • nous prenons en charge la moitié des visites au patient, soit 2 visites environ par mois, ASP-Présence, la section « domicile » de l’ASP, assurant l’autre moitié ;
  • nous nous mettons à 2, alternativement, pour assurer ces visites bimensuelles à un même patient, c’est-à-dire que chaque bénévole volontaire visite 1 fois toutes les 4 semaines le malade. Ce dernier se trouve donc accompagné par 3 bénévoles différents ;
  • cette visite vient en plus de nos accompagnements à Curie.
Cette organisation a déjà permis à ASP-présence de prendre en charge 10 patients de Curie qui n’auraient pu l’être faute d’effectif bénévole suffisant.

600Le résultat est très positif :

  • pour ASP-Présence qui est ainsi secondé ;
  • pour les patients, heureux de pouvoir partager leur histoire avec des bénévoles connaissant l’hôpital d’où ils viennent. Le fait de voir 3 bénévoles différents ne les perturbe pas. Cela participe à la « re-socialisation » du patient souvent isolé ;
  • pour les médecins et soignants de notre Équipe, contents de nous voir suivre à domicile « leurs patients » ;
  • pour nous-mêmes enfin qui découvrons la richesse d’accompagnements différents, avec ce que cela implique de difficultés et de satisfaction. Difficulté de se trouver chez la personne, dans son intimité, avec ce que cela apporte d’imprévu, de difficile parfois. Nous apportons présence, écoute, humanité, mais qui peut jurer que ce patient-là ne se montrera pas concrètement plus exigeant ? Où s’arrêter ? Difficulté de se retrouver seul alors que nous travaillons habituellement en équipe.
Mais satisfaction d’entrer dans l’intimité du patient, entouré de son monde d’objets familiers, de ses photos… Cela nous aide, donnant support à d’éventuelles confidences, au récit de lambeaux de vie, de joies anciennes, de souffrances. Quel riche partage !

601Nous terminerons par un espoir.

602Celui, par le partage de cette expérience, de faire naître chez d’autres équipes le désir de faire de même. Les besoins sont grands. L’envie de s’investir un peu plus dans notre bénévolat peut apporter beaucoup. Avec notre méthode, ces visites mensuelles sont une tâche relativement légère. On demande peu à chacun (1 visite à domicile toutes les 4 semaines), mais tous ces « peu » accumulés peuvent apporter beaucoup.

603J’espère ainsi avoir entr’ouvert une porte…

122 –

« Professionnalisation » du bénévolat d’accompagnement : questions et enjeux dans la formation

604M. Margot.

605Caritas, Genève, Suisse.

Contexte

606Caritas-Genève propose depuis quelques années une formation de base à l’accompagnement des personnes malades, âgées ou en fin de vie. Dans un contexte de vieillissement de la population, la demande de faire appel à des bénévoles d’accompagnement ne cesse d’augmenter. Une tendance se fait jour actuellement de s’interroger sur la professionnalisation des pratiques des bénévoles, ce qui se traduit par l’élaboration au niveau national, d’un référentiel de compétences standardisé. L’objectif de cette étude est de permettre une réflexion sur la formation des bénévoles et les compétences mises en jeu dans le bénévolat d’accompagnement.

Méthode

607Cette étude repose sur une méthodologie qualitative et exploratoire. Nous nous sommes intéressés en particulier aux discours tenus par les bénévoles à propos de la formation suivie, ainsi que sur les aspects identitaires concernant leur fonction. À cet effet, un guide d’entretien a été réalisé de manière à constituer un instrument de production de données souples, afin de laisser s’exprimer l’interviewé selon sa propre logique discursive. Les participants sont des bénévoles actifs ayant terminé leur formation depuis cinq ans au plus. Sept entretiens semi-directifs ont été effectués. Une fois le contenu retranscrit intégralement, nous l’avons analysé en repérant les lignes de force émergeant des discours pour les réunir selon des thématiques en lien avec notre questionnement.

Résultats

608Les résultats préliminaires montrent que les bénévoles sont satisfaits de la formation qui leur a été offerte. Les thèmes proposés leur ont été utiles dans leur pratique. Il est néanmoins difficile d’évaluer ce qui relève de la formation proprement dite ou de la mise en situation auprès de personnes malades ou encore de l’articulation de ces deux éléments. Ces résultats doivent donc être mis en perspective avec divers apports théoriques dans le domaine des compétences relationnelles et de la professionnalisation.

Discussion

609Il ressort de cette première analyse que la formation et les compétences en jeu ne se laissent pas uniquement évaluer en termes de référentiels de compétences standardisés. Un cadre d’évaluation adéquat dans ce domaine devrait mieux tenir compte du discours et de l’expérience des bénévoles en situation.

Perspectives cliniques

610Cette étude permet de mieux comprendre les représentations des bénévoles quant à leur formation et leur rôle, elle met également en évidence les enjeux et limites de la professionnalisation des pratiques dans ce domaine. Des pistes d’amélioration de la formation pourront être formulées afin de mieux prendre en compte les spécificités identitaires du bénévolat d’accompagnement.

Références

6111. Künzi D. Accompagner la vie, accompagner la souffrance : une analyse en milieu hospitalier. Paris : L’Harmattan, 2007.

6122. Wittorski, R. Professionnalisation et développement professionnel. Paris : L’Harmattan, 2007.

123 –

Accompagnement bénévole : Expérience de l’Association congolaise Accompagnement au Congo Brazzaville

613E.-S. Mbon, Sœur T. Kandza.

614Service de soins palliatifs, ACA, Congo.

But et contexte

615L’ACA est une ONG à but non lucratif apolitique et non confessionnelle. L’ACA est reconnue par le gouvernement, ONG de référence en accompagnement et soins palliatifs.

616Chaque jour, nous allons au chevet des malades, leur apportant notre savoir-être et notre savoir-faire. Des soignants et des bénévoles d’accompagnement se relaient autour de la personne malade pour lutter contre la douleur et les symptômes liés à la maladie grave et soutenir la famille. Nos équipes mobiles soignent et soulagent. Nous nous battons pour que les soins palliatifs soient une action prise en charge par le gouvernement.

Méthode

617Le bénévole de l’ACA est une personne formée, disponible, sensible à la souffrance et à l’isolement des grands malades et leurs familles, leur donnant librement une présence vraie, aimante et respectueuse. Il travaille en équipe pluridisciplinaire.

618Les bénévoles de l’ACA sont groupés en douze équipes d’accompagnement. Chaque équipe composée de trois à quatre personnes compte chacune cinq ou six malades. Une fois la semaine, chaque équipe visite les malades à ses frais et selon sa disponibilité. Les bénévoles écoutent le malade et sa famille, partagent avec l’équipe soignante et les psychologues de l’Association. La particularité dans l’expérience de l’ACA réside dans le fait que les soins palliatifs soient partis du domicile des malades avant de s’enrichir en institution.

Résultats et commentaires

619En moyenne 60 malades ont été suivis entre janvier et décembre 2010. Chez certains malades bien entourés, la présence des bénévoles a permis à la famille de souffler. On note chez d’autres plusieurs problèmes : épuisement, abandon thérapeutique surtout dans le cas de cancer à cause du coût élevé des médicaments, d’accusation de sorcellerie, de scission de la famille… La plupart du temps il y a eu approche de solutions et le malade décède apaisé.

620Le nombre des malades augmente constamment par rapport aux acteurs de l’accompagnement. Pour l’instant l’ACA est seule dans sa zone acteur de l’Accompagnement et des soins palliatifs. Ce qui n’est pas facile.

621La perspective est de travailler avec les associations dans la vulgarisation de l’accompagnement et des soins palliatifs, surtout dans la sous-région francophone.

622Les bénévoles au cœur des soins palliatifs et au sein de l’Association congolaise « Accompagner » créent une nouvelle solidarité. Accompagner est une école de vie.

124 –

Bénévolat en soins palliatifs et compétences spécifiques

623C. Burki1, C. Hoenger2, F. Porchet3.

6241 Fondation Rive-Neuve, CH Villeneuve, Suisse.

6252Programme cantonal de soins palliatifs, Service de la santé publique, Lausanne, Suisse, 3CHUV, Direction des soins, Service de la formation continue, Lausanne, Suisse.

Contexte

626Le catalogue de compétences pour bénévoles en soins palliatifs, élaboré dans le canton de Vaud en 2008, a permis la mise sur pied d’une formation de 8 jours, fruit d’une collaboration entre le Programme cantonal (PC) du Service de la santé publique et 8 institutions partenaires (maison de SP, hôpitaux régionaux, CHUV, institution pour personnes handicapées, Ligue contre le cancer, Caritas).

Contenu de la formation

627À raison de 1 jour par mois, la formation couvre les thèmes suivants : communication, travail en équipe, rites et rituels, spiritualité, histoire de vie, deuil, soins palliatifs, enjeux et défis, accompagner à domicile. Une large place est laissée au développement de l’identité de bénévole grâce à un questionnement sur le donner et le recevoir, l’être et le faire, la finitude, les limites.

Caractéristiques des participants

628De 2009 à 2010, 97 participants (6 groupes) âgés de 24 à 65 ans, d’origines socioculturelles diverses, dont 50% environ exercent un métier. Parallèlement à la formation, ils pratiquent leur bénévolat au sein d’institutions partenaires du PC.

Évaluation de satisfaction au terme de la formation

629Un questionnaire distribué lors du dernier jour de cours met en évidence un taux élevé de satisfaction. 70% estiment que le contenu répond complètement à leurs attentes, 25% en grande partie et 5% partiellement. Les points forts relevés : authenticité et écoute des intervenants, diversité des sujets, respect, échanges fructueux, utilité de la journée d’exercices pratiques.

Évaluation de l’impact de la formation sur la pratique clinique

6303 mois au minimum après la fin de la formation, un questionnaire est distribué aux bénévoles formés afin d’évaluer l’adéquation entre contenus de cours, méthodes pédagogiques et besoins du patient et de ses proches. Les résultats de cette 2e évaluation seront publiés au printemps 2011.

Formation continue

631Le PC organise une journée annuelle, suivie par une centaine de bénévoles, et 5 demi-journées d’ateliers, sur divers thèmes : souffle, mobilité, handicap, enfant et maladie grave, travail en réseau, distance thérapeutique, communication.

125 –

Animer un groupe de parole dans une association d’accompagnement

632R. Goubelle, V. Penicaut.

633Aisne-Jalmalv, Saint-Quentin, France.

Intention et contexte

634Préciser, approfondir, stimuler le travail des animateurs de groupes de parole et affiner leur coopération avec les associations de bénévoles.

635Cette expérience se développe à l’initiative d’Aisne-JALMALV depuis cinq ans.

Méthode

636À partir des réunions trimestrielles des animateurs de groupes de parole du département, s’est amorcé un travail de réflexion puis d’élaboration d’une sorte de « guide » à l’usage des psychologues. Les cadres associatifs ont été invités ponctuellement à coopérer à ce projet.

Résultats

637Nous sommes en mesure de proposer des repères sur :

  • les conditions d’un partenariat de qualité entre les psychologues animateurs et les associations d’accompagnement ;
  • la préparation spécifique des psychologues à l’animation de ces groupes dans la durée ;
  • les singularités du travail en groupe de parole avec des bénévoles, représentants de la société civile auprès de personnes en fin de vie.

Discussion

638Les psychologues ont-ils besoin et sont-ils demandeurs d’une formation spécifique à l’animation de groupes de parole de bénévoles ? Les associations d’accompagnement ont-elles aussi des demandes par rapport aux animateurs, et sont-elles prêtes à promouvoir de telles sessions d’approfondissement ?

Perspectives

639Faire connaître et diffuser cette expérience pour susciter des confrontations créatives entre psychologues-animateurs.

640Encourager les associations d’accompagnement dans une variété de partenariats avec les animateurs de groupes de parole.

641Ces perspectives peuvent se décliner sous la forme :

  • d’une publication ;
  • de sessions d’approfondissement destinées aux psychologues,
  • de temps de sensibilisation au partenariat pour les associations,
  • la mise en place éventuelle de temps de supervision spécifiques pour les animateurs.

Références

6421. Ruszniewski M. Le groupe de parole à l’hôpital. Dunod, 1999.

6432. Reboul P. Visiteur à l’hôpital et en maison de retraite. L’Harmattan, 2005.

6443. Revue de la Fédération JALMALV, Grenoble.

126 –

Des résidants en fin de vie dans un foyer logements

645L. Chillou.

646Réseau Palliavie, Saint-Martin-d’Hères, France.

647Les FL ont une particularité : ils sont un intermédiaire entre le domicile et l’institution. Ils ont pour mission d’accueillir un public âgé, mais autonome. Leur réglementation ne prévoit pas les accompagnements de fin de vie. Cependant, la maladie évolutive et ses conséquences en matière d’autonomie, du fait parfois de leur rapidité, ne permettent en général pas de trouver une solution de repli pour ces résidants. Les résidants de ces foyers ont-ils alors le choix d’y mourir et de bénéficier d’un accompagnement de qualité ?

Méthode

648Enquête rétrospective, à partir des dossiers des patients vivant en FL que le réseau de soins palliatifs dans lequel je travaille, avait accompagnés en 2008 et 2009. Il y en avait 5. L’objectif était de décrypter la prise en charge et de mettre en exergue les aspects facilitants ou au contraire, les aspects complexifiants.

649Entretiens auprès de quatre directrices de foyers logement. L’objectif était de tenter de répondre à ma question de départ.

Résultats

650Il ressort que l’accompagnement en FL présente des similitudes avec le domicile privé ordinaire, mais aussi des limites dues à la structure elle-même.

651Les entretiens réaffirment indéniablement la nécessité du projet en interdisciplinarité. Mais ils laissent aussi entrevoir la fragilité des équipes des FL et les répercussions que peuvent avoir ces accompagnements.

652L’absence de formation en soins palliatifs rend la prise de recul des équipes difficile. La question de la fin de vie en FL n’est pas pensée.

Conclusion

653Ce travail met en exergue que la complexité de ces accompagnements en FL est liée à leur cadre réglementaire, charnière entre le domicile et l’institution.

654Même si ces situations demeurent peu nombreuses, il apparaît nécessaire de pouvoir les anticiper. Il conviendrait alors de pouvoir développer les formations en soins palliatifs dans ce type d’établissements et de leur apporter une meilleure connaissance des ressources extérieures telles que les réseaux de soins palliatifs.

127 –

Comment accompagner les résidants dans un établissement médico-social (EMS) ?

655N. Boisier-Nanini, A. Bellon, C. Renoult, T. Daviaud, J. Perreal, C. Seraphin, P. Grondin, N. Perrey.

656Maison de Vessy, Genève, Suisse.

657Mieux se connaître pour mieux accompagner est la principale motivation du développement de la pratique soignante et des prestations à la XX. Elle sous-tend une connaissance approfondie du résidant, de son entourage, ainsi que de la plus-value amenée par chaque membre de l’équipe interprofessionnelle. Le résidant est alors au centre des préoccupations et ainsi, il devient le catalyseur de l’offre en soin.

658La qualité de vie des résidants est l’aspect considéré prioritairement. Ses désirs, ses besoins, ses attentes, sa biographie et ses projets de vie sont des éléments significatifs du projet d’accompagnement personnalisé proposé par l’équipe interprofessionnelle au résidant et à son entourage.

659Après un début empirique au sein des équipes soignantes, cette approche humaniste a été dynamisée par le dispositif de formation institutionnelle en soins palliatifs à la personne âgée.

Méthode

660Sur 228 collaborateurs, 30 professionnels ont bénéficié de cette formation. Ils représentaient tous les niveaux hiérarchiques et tous les secteurs de métiers de l’EMS (santé, social, administratif, hôtelier, intendance). 32 h ont été consacrées à l’apport de notions théoriques sur les concepts des soins palliatifs et à l’échange d’expérience avec des professionnels de 3 autres EMS genevois.

Résultats

661À partir du bilan des pratiques institutionnelles et selon les besoins déterminés par les collaborateurs de la XX, 4 axes de travail ont été retenus et ont engendré l’élaboration de 4 projets d’amélioration des pratiques.

  • Histoire, projet de vie et accompagnement.
  • Douleur.
  • Directives anticipées.
  • Rituels funéraires.

Conclusion

662Cette démarche institutionnelle a permis l’émergence d’une nouvelle vision de l’accompagnement en soins palliatifs des résidants. La conscientisation des pratiques a engendré le développement de pratiques relationnelles, d’évaluation et de partenariat avec le résidant.

663L’échange et le débat entre professionnels deviennent plus aisés. D’autre part, des professionnels sont reconnus comme personnes ressources au sein des équipes.

664L’autre apport essentiel de cette expérience est la construction d’une pratique commune dans la conduite de projets. La dynamique de projets est maintenant impulsée par les praticiens eux-mêmes.

665Ces changements influencent fortement l’engagement personnel des différents professionnels qui se sentent acteurs de la vie institutionnelle.

128 –

L’expérience ivoirienne de l’association APAAC dans le soutien psychologique en Cancérologie

666J. Didi-Kouko Coulibaly1,2, H. Aka Dago-Akribi1,3, B. Oyoua1, M. Touré2, I. Adoubi2,4, K.A. Echimane2†.

6671 Association APAAC : Aidons les personnes atteintes ou affectées par le cancer.

6682 Service de cancérologie, CHU de Treichville (Abidjan-Côte d’Ivoire).

6693 Département de psychologie UFR SHS. Université de Cocody-Abidjan.

6704 Programme national de lutte contre le cancer.

Contexte

671Le cancer constitue un véritable problème de santé publique et ne cesse de progresser dans le monde [1]. Son annonce est à chaque fois un « coup de tonnerre » et peut bouleverser la vie des patients et de leurs proches [2]. Les traitements prescrits vont entraîner de nombreux effets secondaires parfois difficiles à gérer. Le patient va devoir accepter les modifications de son image corporelle (perte des cheveux, perte d’un sein…). Sa vie va être conditionnée par les chimiothérapies ou les séances de radiothérapie, les bilans et les visites auprès des médecins. Plusieurs questions vont alors se bousculer dans la tête des personnes malades : « comment faire face au diagnostic ? », « comment en parler à son conjoint, à ses enfants ? », « comment se projeter dans l’avenir ? » La famille des patients verra aussi sa vie basculer du jour au lendemain en raison des difficultés psychologiques, financières, organisationnelles et de réinsertion qui en découlent. Elles peuvent avoir besoin du même soutien que les malades.

672Il ne faut pas s’enfermer dans l’isolement. C’est en ce moment que toutes ces personnes ont besoin d’une écoute active, du soutien des professionnels. Rencontrer des personnes qui vivent ou qui ont vécu les mêmes expériences peut s’avérer excellent pour votre/leur moral. Au cours de ces rencontres, des psychologues sont présents pour favoriser l’échange et le dialogue.

673En Côte d’Ivoire, comme dans la plupart des pays en développement, le cancer est également un problème de santé publique en raison des stades tardifs de découverte et des difficultés d’accès aux différents traitements. Le nombre de cas de cancers reste préoccupant. Les données ajustées du registre du cancer d’Abidjan de 2004 à 2006 font état de 3248 nouveaux cas [3]. Sur ces cas répertoriés, 80% étaient à un stade avancé avec une mortalité élevée. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime entre 15 000 et 20 000 le nombre de nouveaux cas de cancers par an en Côte d’Ivoire.

674Outre les problèmes d’ordre physique, les personnes atteintes ou affectées par le cancer sont, en Côte d’Ivoire, comme partout ailleurs, confrontées à des difficultés d’ordre psychologique, spirituel et/ou social.

675Leur prise en charge psychologique et sociale est cependant insuffisante et insuffisamment organisée. Il n’existe pas de structure ni d’espaces de parole pour le soutien psychologique des personnes atteintes ou affectées par le cancer.

676C’est dans ce contexte qu’est née en 2009 une association dénommée « Aidons les personnes atteintes ou affectées par le cancer » (APAAC) pour contribuer au soutien psychologique des personnes atteintes ou affectées par le cancer en Côte d’Ivoire.

129 –

En EHPAD, l’accompagnement d’un homme psychotique en fin de vie

677M. Liautaud, J. Poulard, R. Chazot, F. Defond, L. Bulario, I. Barrat.

678E.H.P.A.D Saint Camille, Lyon, France.

679L’accueil, en EHPAD, de personnes psychotiques, leur accompagnement au cœur de leur fin de vie, fut-elle jeune, a supposé le développement d’un travail de reliaison, visant à maintenir les personnes comme sujet dans leur histoire sociale. La valorisation d’espaces de paroles permettant à l’équipe une mise à distance, une remise en sens, le décodage de certaines situations (évaluation de la douleur, de l’anxiété) a rendu possible l’accompagnement de fin de vie de personnes psychotiques.

680En 1998, l’admission de ce monsieur âgé de 52 ans inaugurait d’une trajectoire à venir singulière. Porteur d’une psychose schizophrénique paranoïde, isolé familialement, il est admis via la clinique où il était suivi et hospitalisé au long cours. Fumeur, insuffisant respiratoire, il développera en 2005 un adénocarcinome pulmonaire non accessible à la chirurgie, traité en première intention par une chimiothérapie à l’origine d’un choc septique, bénéficiant secondairement d’une radiothérapie efficace (lésion stabilisée au dernier contrôle en juin 2009).

681La mobilisation en interne des différents acteurs du soin (médecin coordonnateur, psychologue, infirmier, aide-soignant, cadre de santé, kinésithérapeute, animatrice), du personnel administratif de l’accueil répondant à ses innombrables questions a contribué à lui offrir un cadre contenant. En externe, la compétence de l’équipe pluridisciplinaire du CMP de secteur, les équipes hospitalières, la présence hebdomadaire d’une bénévole des Petits frères des pauvres, la sollicitation régulière du tuteur ont contribué à étoffer et qualifier l’accompagnement.

682La maladie psychotique nous fait vivre le clivage : entre attachement et exaspération ; entre patience et épuisement ; entre sourire et effrayemment ; entre impuissance et confiance. Des administratifs aux soignants, tous traversés par ces tensions tendues ! L’alliance thérapeutique est mise à mal. Au cours des innombrables épisodes (agressivité, agitation – « je vais appeler la police » –, violences verbales – « vous me laissez crever comme un chien » – et physiques) qui ont jalonné l’accompagnement de ce monsieur, l’équipe a cherché à échanger, à parler, à réinterroger sans cesse son étrangeté. Elle a travaillé à maintenir le lien au cœur de cette déliaison, de son morcellement, cherchant à envisager et imaginer quotidiennement des propositions concrètes. Son déménagement du 3e au 1er étage, à proximité de la salle de soins, notamment la nuit, en est une illustration.

683La valorisation des relèves quotidiennes, la relève hebdomadaire, la création d’un groupe mensuel d’analyse de la pratique en septembre 2007, les synthèses trimestrielles avec l’équipe du centre médico-psychologique (rencontrant l’ensemble de l’équipe et/ou le médecin traitant), le temps spécifique mensuel de parole des aides-soignants de nuit ont permis ce travail de mise à distance et de remise en sens. Espaces de parole au service de la reliaison.

684La décision collégiale (avec son accord) de ne plus le faire hospitaliser a ouvert une nouvelle étape de l’accompagnement. Progressivement, il est devenu compliant aux soins les dernières semaines. Il mourra un soir vers 19 h ; l’infirmière présente, croyant appeler le médecin de garde, joindra en fait le commissariat de police qui dépèchera 4 véhicules, le directeur se déplaçant. Réalisant là, à sa mort, cette quête de protection, d’autorité qu’il aura cherché toute sa vie. Trajectoire accomplie !
Accompagnement complexe, malmenant, mais producteur d’un questionnement immensément fructueux, sur le sens du soin élaboré collectivement, sur cette reliaison, structurant toute alliance.

130 –

Accompagner les malades Alzheimer

685C. Roche.

686ASP fondatrice, Paris, France.

687Les personnes atteintes de troubles cognitifs posent question aux bénévoles : comment accompagner ces personnes ? Car ce qui n’a pas de sens fait peur, déclenche un automatisme de retrait. Ne pas comprendre met en échec, nous ne savons plus comment nous situer, nous comporter. Que vais-je faire ou dire ? Cet autre, étrange, comment va-t-il réagir ? Nous verrons, en écoutant les paroles des personnes Alzheimer, qu’elles répondent aux peurs des bénévoles et en sont le calque parfait et l’écho. Ces deux peurs font un effet miroir. Sauf que les bénévoles n’ont pas perdu la cohérence de leur monde et peuvent raisonnablement abandonner leur peur. Mais reste la difficulté de se tenir en présence de l’imprévisible, du non-maîtrisable. Alors nos bénévoles se forment à la maladie d’Alzheimer, s’initient à des techniques. Cela donne un savoir-faire, utile, mais qui ne répond pas aux exigences du terrain. Car le « terrain » c’est l’Autre, radical, qui ne saurait se limiter à une technique. Face à un dément qui crie, le savoir-faire ne suffit pas.

688Il faut chercher au-delà. Abandonner un peu notre monde rationnel pour s’ouvrir au monde morcelé de ces personnes, qui tentent avec le peu de moyens qui leur reste de se reconstruire un univers où séjourner. Nous voyons là combien ces personnes sont humaines, car elles cherchent, sont en quête, ne trouvent pas, parfois abandonnent, ou combattent, prêtes à partir en chaussons devant l’ascenseur, leur petit porte-monnaie bien serré à la main. Accompagner les personnes Alzheimer, c’est rester en attente, assis au bord du monde, là où le sens vacille, mais où l’humain se déploie, c’est accepter de se défaire de nos certitudes, nos repères, notre logique. C’est « penser autrement ». Pour comprendre ce « penser », inspirons-nous de Heidegger qui appuyait son propos sur un tableau de Van Gogh. Nous nous attacherons nous à un portrait de Picasso. Premier réflexe : tenter de le comprendre rationnellement : ça ne ressemble à rien. Mais il se peut que ce tableau par surprise se livre à vous, soudain cela fait « sens », car il vous touche et il y a comme une idée de beau et d’infini qui vous fait respirer fort et ample. Il faut s’ouvrir aux personnes Alzheimer comme on s’ouvre à un tableau de Picasso. Se laisser surprendre, s’offrir à la présence, suivre l’émotion. Passé le savoir-faire, pour peu que nous nous penchions vers l’Autre, c’est un savoir-être que nous apprendrons ou peut-être un savoir-non-être pour laisser l’Autre advenir.

131 –

Expérience du groupe « s’exprimer autrement »

689J. Lei.

690Hôpitaux universitaires de Genève, Collonge-Bellerive, Suisse.

But et contexte

691Dans sa chambre, dans son lit, la personne est malade aux regards de ses proches et des soignants. Tout tourne autour de la maladie, des symptômes, des solutions recherchées ensemble : soumettre, réfléchir, soigner, partager. L’espoir s’en est allé, la souffrance a pris de la place au quotidien, la douleur et la solitude s’installent.

692Une fois par semaine, six infirmières proposent aux patients en soins palliatifs, un moment pour s’exprimer autrement, pour aller dans un moment de vie, autrement. Dessins, peinture, modelage, collage… pas besoin de savoir dessiner, l’objectif est de permettre l’expression des émotions.

693Aucune analyse n’est proposée, aucun jugement… les mots, les émotions, les pleurs, les doutes, les rires sont accueillis.

Méthode

694Le groupe est un instant de rencontre, de calme, de silence, et d’interaction avec soi et la matière. Les visages sont concentrés, sérieux, souriants. Un regard furtif vers les autres ou vers leurs œuvres peut faire naitre une inspiration. C’est le temps de la création.

695Chacun s’exprime à son rythme : l’envie de partager l’emporte sur la timidité. Une curiosité bienveillante encourage l’autre à se dévoiler. Les histoires résonnent entre elles et la parole se délie. C’est le temps du partage.

696Les participants aiment venir dans ce lieu, pour vivre un autre moment, en dehors de la chambre. Loin des examens, des traitements. Chacun s’applique, prend son temps, choisit les couleurs, se concentre, se laisse aller.

Résultats

697Il s’agit d’un moment unique. Les participants partagent, durant un bref instant, ce qui leur apparaît comme l’essentiel de leur expérience de la maladie, du séjour à l’hôpital et de la séparation. Cette activité est porteuse de sens, car elle est capable de mobiliser l’énergie encore disponible pour la création. Elle est aussi génératrice d’émotions, simples et partagées, parfois insoupçonnées

698Les participants apprécient le partage avec les autres membres du groupe. Ils essayent de comprendre les dessins en créant des histoires avec des larmes, des regrets, mais aussi de la douceur, de l’amour et de la chaleur.

699Les œuvres témoignent de la vie, dans toutes les circonstances, même les plus douloureuses.

700Le dessin, spontané, original, parfois tragique, aide son créateur. Mais il est aussi le témoin d’une vie, des étapes sur un parcours.

Discussion

701L’utilisation d’un support artistique permet au patient d’oser se dire, d’aller plus loin. Il s’agit d’un soin à part entière, comme tout autre soin.

702Les soignantes que nous sommes s’effacent alors derrière les mots des patients, leurs couleurs.

Qualité, évaluation

132 –

EPP : Revue de morbi-mortalité en pneumologie sur l’accompagnement des patients en fin de vie

703L. Arassus, S.

704CHI Poissy/St Germain en Laye, Site de St Germain, St Germain en Laye, France.

Contexte

705Mise en place d’une Revue de morbi-mortalité (RMM), dans les services disposant de Lits identifiés soins palliatifs (LISP) du CHI Poissy/St Germain (Yvelines 78), sur l’accompagnement de patients en fin de vie.

706Cette RMM est réalisée afin d’évaluer l’adéquation entre les besoins et attentes des familles et des soignants sur l’accompagnement des patients en fin de vie et les améliorations à apporter selon les recommandations de bonnes pratiques de soins palliatifs. Elle est réalisée tout d’abord dans le service de pneumologie sur l’année 2010/2011, où l’équipe mobile douleurs soins palliatifs (EMDSP) intervient régulièrement dans l’accompagnement des patients.

Méthode

707Revue de morbi-mortalité à partir de situations signalées par les soignants du service à l’équipe mobile de soins palliatifs et vécues comme particulièrement difficiles avec rédaction d’un compte rendu de l’analyse qui sera archivé par l’équipe mobile.

708Les objectifs sont d’identifier les paramètres à l’origine de souffrances constatées aussi bien auprès des malades et de leur famille que des soignants ; de constater l’appropriation de la démarche palliative par le service ; de proposer collégialement à partir des résultats de cette analyse, des actions de prévention, ciblées sur les thèmes qui auront été repérés comme prioritaires au cours de ces RMM.

Résultats

709Au bout d’un an de cette RMM porteront sur l’évaluation de :

  • la fréquence des RMM, le nombre de cas analysés, le nombre de participants ;
  • l’évolution de la fréquence des situations difficiles rapportée au nombre total de patients pour lesquels l’équipe mobile est sollicitée ;
  • la répétition ou non de situations difficiles analogues malgré la mise en place d’actions préventives ;
  • la satisfaction des soignants vis-à-vis des RMM.

Conclusion

710La mise en place de cette RMM dans le service de pneumologie avec la participation de tous les soignants permettra de dégager :

  • les réponses apportées par rapport aux recommandations de bonnes pratiques ;
  • les axes d’amélioration en termes de formations sur les soins palliatifs ;
  • la participation de l’EMDSP à la prise en charge globale des patients avec implication dans l’aide à la décision au cours des RCP du service.
La communication de cette évaluation des pratiques sur l’accompagnement des patients en fin de vie facilitera d’une part la diffusion de la démarche palliative déjà amorcée dans notre établissement et d’autre part la poursuite de la mise en place des EPP dans tous les services accompagnant les patients en fin de vie et tout particulièrement ceux disposant des LISP.

Références

7111. RMM guide pratique HAS.

133 –

Évaluation des pratiques professionnelles par un référentiel de fin de vie

712F. Fogen, L. Grandpierre, S. Bour-Kreutz.

713Centre hospitalier Luxembourg, Luxembourg.

Contexte

714En 2008, une revue de dossiers a montré la nécessité d’améliorer les soins pratiqués en fin de vie. Le référentiel pluridisciplinaire autour du patient en fin de vie a été créé par des professionnels impliqués, puis validé par la direction médico-soignante. En 2009, le projet a été présenté aux équipes. Un an après la mise en route du référentiel, une nouvelle évaluation des pratiques professionnelles a été réalisée.

Méthode

715Un audit clinique ciblé par la revue des dossiers des patients décédés dans notre institution au cours du premier trimestre 2010 a permis de réévaluer les pratiques professionnelles.

Résultats

716Les dossiers de patients décédés d’une mort non brutale, soit 91 dossiers, ont été étudiés. L’équipe mobile de soins palliatifs a été sollicitée dans 82% des cas. La notification de la fin de vie est retrouvée dans 54% des dossiers, sous forme très hétérogène (fin de vie, NTBR, soins palliatifs), et est signifiée par le médecin dans 36% des cas. Le référentiel pluridisciplinaire a été retrouvé seulement dans 13% des dossiers. Les traitements ont été modifiés par le médecin dans 66%, avec une augmentation des prescriptions d’antalgiques et de sédatifs aux dépens des anticoagulants et antibiotiques. Des prescriptions au besoin sont faites pour les douleurs (79%), la dyspnée (16%) et l’agitation (42%). La voie d’administration, que ce soit pour les médicaments ou pour l’alimentation/hydratation, est intraveineuse. Les apports sont limités à 500-1000 ml (70%). Les pratiques soignantes pour la mobilisation (16%), la toilette (21%), les pansements (27%) sont peu modifiées. Aucune directive anticipée n’a été retrouvée.

Discussion

717La prévision de la fin de vie est insuffisamment retrouvée, avec une notification très hétérogène pouvant induire des difficultés dans les décisions à prendre en fin de vie. Les traitements sont plus fréquemment modifiés par rapport à 2008, alors que le référentiel pluridisciplinaire est peu retrouvé dans les dossiers. La modification des pratiques soignantes est visible dans les transmissions ciblées, mais pas assez dans les diagrammes de soins. Malgré la publicité et l’implication des médias, la nouvelle loi sur les soins palliatifs et la directive anticipée parue le 16 mars 2009 semble peu connue.

Conclusion

718Même si le référentiel pluridisciplinaire est peu utilisé, il semble qu’il y ait eu une sensibilisation des soignants à modifier certaines pratiques professionnelles. Les diagrammes de soins ne sont pas adaptés pour codifier ces prises en charge palliatives et nécessitent un réajustement. L’implantation de notre équipe de soins palliatifs au sein de l’institution est excellente, et constitue le pilier pour réajuster ce projet en réunissant qualité, méthodologie et humanisme.

134 –

Participation de l’EMDSP à l’amélioration des pratiques professionnelles

719L. Quillere, F. Guinebert.

720CHI Poissy/St Germain, Saint-Germain-en-Laye, France.

721Une démarche de sensibilisation et de formation s’est engagée sur la prise en charge de la douleur, chez la personne âgée, ayant des troubles de la communication, au sein de l’établissement.

722En effet, l’enquête incidence douleur, réalisée par le CLUD puis les résultats de la certification démontrent un manque dans la traçabilité de l’évaluation et du suivi de la douleur.

723Les échelles d’hétéro-évaluation, de la personne âgée, ayant des troubles de la communication verbale, sont peu connues et peu utilisées.

724Le projet de soin 2009-2013 de l’établissement priorise la formation des soignants qui s’inscrit dans le cadre de la formation continue.

725Il nous a donc semblé pertinent de mettre en place une démarche pluridisciplinaire (IDE, médecin, psychologue) en favorisant le partenariat EMDSP et EMG, afin de développer la prise en charge de la douleur de la personne âgée. Cette formation s’inscrivant au travers du programme de santé publique MOBIQUAL.

726Ainsi, le groupe douleur et l’EMDSP ont organisé en 2009 des « ateliers douleurs » sur le thème suivant : « L’approche pluridisciplinaire de la douleur chez la personne âgée et les personnes peu ou pas communicantes ».

727Dans le cadre des évaluations des pratiques professionnelles, relatives à la prise en charge de la douleur de la personne âgée, un module de formation a été constitué.

728On y décline 3 champs d’action :

  1. l’évaluation de la douleur : identification et utilisation d’outils d’évaluation ;
  2. la traçabilité dans les dossiers de soins ;
  3. le suivi de la douleur.
Cette démarche a permis de mettre en place, une échelle comportementale au sein d’une EPAHD, d’améliorer la traçabilité de la douleur dans les dossiers et d’établir un audit sur dossiers après 3 mois d’utilisation.

729Cette sensibilisation se poursuit au sein des différents services de l’établissement, avec réévaluation à 3 mois, après la mise en place d’une échelle. De plus, une rencontre avec les équipes soignantes pour un bilan oral est organisée afin de repérer les difficultés rencontrées et adapter la formation en fonction des besoins.

730Ainsi, cette approche de sensibilisation permet à long terme, l’amélioration de la qualité des soins aux personnes, ce qui représente un enjeu majeur de santé publique, que ce soit en établissement de santé ou à domicile. Le partenariat EMDSP et EMG concourt aux partages des compétences et à l’amélioration des pratiques professionnelles.

135 –

Les voies transversales sur les LISP : des rencontres à temps différents

731I. Milesi, L. Garrido, M. Colson, S. Seguier, M. Teste, M.-C. Flaire, M.-S. Leglise, C. Jeandel.

732Pôle de gérontologie A. Balmès, CHRU de Montpellier, France

Contexte

733Dans le cadre de la circulaire N° DHOS/02/2008/99 relative à l’organisation des soins palliatifs, les lits identifiés dans notre pôle de gérontologie l’ont été dans des services différents. Le choix qui en découle d’une équipe pluridisciplinaire transversale dédiée à ces lits, et non diluée dans un fonctionnement fixe d’unité est original. En gériatrie, les situations globales sont complexes à analyser et traiter [1]. Les notions de disponibilité pour la personne en soins et pour son entourage, d’espace de communication confiante [2] et engagée pour chacun des acteurs impliqués semblent promues par l’offre d’une telle approche. La reconnaissance d’une vulnérabilité partagée et d’une richesse de compétences diverses [3] est favorisée par ce temps transversal dégagé pour l’accompagnement.

Cadre

734Ce projet s’est développé depuis 6 ans au sein du Pôle de gérontologie A. Balmès du CHRU de Montpellier, à l’initiative du médecin responsable des SSR, en lien avec l’équipe de soins palliatifs. Un accroissement du nombre de lits identifiés a été obtenu jusqu’à : 3 lits en court séjour (pour 30 lits) et 6 en soins de suite et réadaptation (pour 60 lits) actuellement.

Fonctionnement de l’équipe transversale

735Du lundi au vendredi de 8 h 30 à 18 h, 2 vacations pour un médecin référent, 1,3 ETP infirmiers, 1,4 ETP aide-soignants, 0,5 ETP psychologue, un référent CDS.

736Nos différents temps pour les voies du soin : Un temps de recueil des problèmes : les difficultés de l’équipe soignante, les questions/positionnements divergents, les situations complexes de soins relevant d’un questionnement éthique, pour permettre une identification éventuelle, et la préparation d’un staff pluridisciplinaire qui la décide ou non. Un temps de réflexion et de programmation : au cours de ce staff de soins palliatifs hebdomadaire, la contribution à une démarche palliative formalisée permet ensuite une planification de soins dans une situation analysée et un projet de vie. Un compte-rendu est effectué précisant les prises de décisions et les informations restant à recueillir, avec des outils clarifiant la traçabilité. Un temps favorable aux liens : équipe de secteur et équipe transversale en cohésion, prise de temps pour valoriser la continuité d’un accompagnement en équipe (présence continue en jour/nuit et présence soutenue ponctuelle) auprès de et avec la personne.

737Soutenir l’accompagnement par un temps différent de rencontre : ce temps supplémentaire permet de compléter l’évaluation des symptômes et de favoriser l’écoute et le respect des rythmes de la personne lors des soins du corps, de renforcer son suivi et la présence à son entourage, d’être en lien avec les équipes intervenant ou intervenues auprès d’elle, pour recréer un espace de communication. C’est aussi un renfort contre l’usure du manque de disponibilité ou d’exposition prolongée, au bénéfice de la personne soignée et de ses aidants.

Références

7381. Gressier T. Difficultés rencontrées par les soignants en gériatrie. CIPPEG. 15/12/2005 (communication orale).

7392. Collectif SFAP, Dayde MC, Lacroix ML, Pascal C, Salabras Clergues E. Relation d’aide en soins infirmiers. Masson, 2007. 120p. ISBN : 978-2-294-70083-5.

7403. Perrotin C. Vulnérabilité et interdisciplinarité SFAP 18/06/2010 (communication congrès).

136 –

Évaluation d’un programme d’organisation des soins

741R. Verreault.

742Faculté de médecine, Université Laval, Centre d’excellence sur le vieillissement de Québec, Hôpital du St-Sacrement, Québec, Canada.

743La pertinence d’une approche de soins palliatifs et de fin de vie dans la démence terminale fait largement consensus, mais elle est souvent absente ou insuffisante dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Ce projet vise à évaluer l’efficacité d’un programme multidimensionnel d’interventions structurées intégrant l’instauration de pratiques cliniques mieux adaptées, une meilleure communication avec les familles et l’application de stratégies d’interventions interdisciplinaires qui impliquent les équipes de soins dans le but d’améliorer les soins palliatifs et les soins de fin de vie en CHSLD pour les aînés qui présentent une démence terminale. L’étude évaluative se déroulera sur deux sites selon un devis quasi expérimental avec implantation pendant 12 mois du programme d’interventions de soins auprès des résidants avec démence terminale dans deux CHSLD expérimentaux (recrutement prévu de 175 résidants) et évaluation de ses effets en comparaison avec deux CHSLD témoins (recrutement prévu de 160 résidants) où les soins usuels continueront de s’appliquer. Le programme d’interventions intègre les composantes suivantes : a) implication d’une infirmière du milieu comme agent local de changement ; b) rencontres de sensibilisation des autorités du milieu, c) programme de formation offert aux médecins, infirmières, infirmières auxiliaires et aides-soignants ; d) rencontres systématiques des familles et distribution d’un livret d’information sur la fin de vie et e) suivi clinique systématique avec gestion des symptômes (douleur, inconfort, symptômes respiratoires, et soins de bouche). L’efficacité du programme sera mesurée en : 1) documentant les processus de soins et les interventions cliniques ; 2) en évaluant ses impacts sur les résidants : douleur et inconfort, dyspnée et détresse respiratoire, confort en fin de vie, soulagement des symptômes, directives anticipées et fréquence des transferts hospitaliers ; 3) évaluant ses impacts sur les familles : satisfaction face aux soins reçus et face au programme d’interventions, et 4) évaluant ses impacts sur le personnel : améliorations des connaissances, satisfaction face au programme et impact du programme sur l’organisation du travail. La réalisation de ce projet devrait contribuer à mieux adapter les pratiques de soins palliatifs et des soins de fin de vie au contexte des soins de longue durée et aux besoins des résidants avec démence terminale et à ceux de leurs familles.

137 –

Expertise d’une équipe mobile de soins palliatifs en neurologie

744C. Guigné1, J. Roy1, A. Piolot2.

7451Service de neurologie.

7462Equipe mobile de soins palliatifs, C.H.U. Henri Mondor, Créteil, France.

747Les progrès diagnostiques et thérapeutiques des affections neurologiques s’accompagnent de bénéfices tant en termes de morbidité que de mortalité, mais ils ne permettent pas d’éviter des évolutions inconfortables et létales à court ou moyen terme. Chez un malade en fin de vie, des démarches diagnostiques ou thérapeutiques sont parfois source d’inconfort, alors que d’autres attitudes adaptées à une prise en charge palliative ne sont pas appliquées.

748Une étude rétrospective de l’impact des interventions des membres de l’équipe mobile de soins palliatifs (EMSP) a été réalisée sur 34 mois consécutifs au sein d’un service de court séjour de neurologie. Ont été notamment analysés : les motifs d’appel, les conseils et orientations transmis.

749Durant les 34 mois d’observation, l’EMSP a été appelée auprès de 41 malades : 21 hommes, 20 femmes, d’âge moyen 72 ans (extrêmes 36 et 91 ans). Le motif principal du 1er appel est une aide à la prise en charge palliative pour 78% des cas, puis une participation à une réflexion éthique (17%), et une aide au seul traitement antalgique (5%).

750Lors de la 1re visite, 15 malades ont une alimentation orale, 14 ont une sonde nasogastrique d’alimentation (34%), 4 ont une gastrostomie, 1 a une alimentation intraveineuse, et 7 n’ont pas d’apport calorique. La vigilance est normale chez 19 malades (46%) alors que 9 malades sont plutôt somnolents (22%) et 13 sont comateux (32%). L’état général est sévèrement altéré avec un statut OMS 4 chez 84% des malades.
Les affections neurologiques rencontrées sont :

751

  • accident vasculaire cérébral : 16 ;
  • tumeur maligne cérébrale : 11 ;
  • maladie de Parkinson : 4 ;
  • maladie de Creutzfeldt-Jakob : 4 ;
  • maladie de système : 4 ;
  • chorée de Huntington : 1 ;
  • maladie d’Alzheimer : 1.
Suite à l’intervention de l’EMSP, de nouvelles orientations de prise en charge ont été prises :
  • limitation d’actes diagnostiques et thérapeutiques chez 25 malades (61%) avec l’arrêt d’alimentation artificielle chez 12 malades et la décision de ne pas débuter une alimentation artificielle chez 5 malades ;
  • transfert en Unité de Soins palliatifs de 9 malades (29%) en accord avec le malade et/ou sa famille ou proches ;
  • renforcement du traitement antalgique chez 9 malades (29%).

Conclusion

752La participation d’une équipe mobile de soins palliatifs à la prise de décision et à la réflexion éthique permet en collaboration avec les équipes soignantes de neurologie, d’éviter certains actes d’obstination déraisonnable et de privilégier la démarche palliative avec notamment le renforcement des traitements antalgiques et la prise en charge en Unité de soins palliatifs.

138 –

Un cadre méthodologique pour évaluer les LISP dans les CHG

753M. Tourneret1, J.-C. Mino2.

7541Service de médecine polyvalente, CH de Pithiviers, France, 2 Centre de ressources national soins palliatifs François-Xavier Bagnoud, Paris, France.

Contexte

755Les services de proximité des CHG s’occupent d’une très grande part des patients relevant de soins palliatifs. La recherche bibliographique n’a pas permis de retrouver de méthodes claires pour évaluer la démarche palliative et les LISP dans ce type de service. Nous avons donc élaboré un cadre méthodologique dans une approche dynamique et reproductible.

Méthode

756Le CHG de Pithiviers (Loiret) est situé en zone rurale, à 1 h de l’USP la plus proche, et n’a pas d’EMSP. Le service de médecine polyvalente a obtenu 2 LISP en 2008 et mis en place une démarche palliative de service.

757Nous avons élaboré notre propre cadre d’évaluation, associant des données quantitatives et qualitatives. Nous avons analysé les données du PMSI en 2005, 2007 et 2009. Des entretiens avec les professionnels ont permis d’explorer les dimensions de la démarche palliative et de mieux comprendre les évolutions de l’organisation du service, ses conditions facilitantes et ses freins. Enfin, une étude pluriprofessionnelle de dossiers a permis d’analyser les prises en charge, de revenir sur les éléments qui ont posé problème et les points positifs.

Résultats

758Le recueil des indicateurs PMSI nous a permis de voir une augmentation de la DMS chez les patients codés soins palliatifs (SP) et une diminution de la mortalité, témoignant d’une prise en charge plus anticipée.

759Les entretiens ont dégagé des facteurs favorisants (stabilité de l’équipe médicale, cohésion de l’équipe, formation, développements d’outils) et des freins (absence de moyens supplémentaires, isolement professionnel, manque de visibilité en interne, manque de disponibilité des référents, impossibilité d’organiser des staffs hebdomadaires). La revue de dossiers a permis de mieux comprendre les prises en charge et de voir que des efforts sont à poursuivre sur la dyspnée, l’anxiété, la traçabilité de l’information au patient, la personne de confiance et les directives anticipées. Au terme de cette étude, les points forts et les points à améliorer ont été consignés dans un carnet de bord. Des actions ont été proposées sur différents points.

Discussion, conclusion et perspectives

760La question du codage PMSI sera discutée ainsi que la coexistence de plusieurs référentiels (DHOS, CNAM) compliquant les initiatives. L’absence de lisibilité en interne liée à l’absence d’existence physique des LISP est un frein à la diffusion de la démarche, et on peut se poser la question de la pérennité de ce type de projet sans moyens, qui repose pour l’essentiel sur la motivation d’individus. Nous pensons que la gestion des LISP devrait être guidée par un code de bonnes pratiques, tenant compte des situations particulières des hôpitaux de proximité. En conclusion, ce cadre méthodologique exhaustif pourrait être proposé à d’autres services. Il permet d’évaluer la démarche palliative de service avec les soignants et d’ancrer l’activité palliative en posant des actions réalistes et adaptées.

Références

7611. Circulaire DHOS du 25 mars 2008 relative à l’organisation des soins palliatifs.

7622. ANAES et SFAP. Conférence de consensus : « Accompagnement de la personne en fin de vie et de ses proches ». 15 janvier 2004.

139 –

Gestion systémique de la diversité rencontrée en soins palliatifs

763M. Morel-Jacrot.

764Cucuron, France.

765Le questionnement de ce travail de réflexion porte sur la gestion de la diversité rencontrée au sein des différentes structures parmi les nombreux intervenants en soins palliatifs.

766En France, plusieurs types de prise en charge peuvent être proposés aux patients en fin de vie. On parle surtout des :

  1. unités de soins palliatifs (USP) bien individualisées dans un cadre institutionnel, réservées aux situations les plus complexes qui assurent la transmission des connaissances dans ce domaine bien particulier [1] ;
  2. équipes mobiles de soins palliatifs (UMSP) qui agissent en tant que consultants et se déplacent auprès des patients en institution ou à domicile.
Aujourd’hui, le versant « soins à domicile » paraît répondre davantage au désir des patients et de leurs entourages.

767Quoi qu’il en soit, une gestion harmonieuse des interventions en soins palliatifs demande, en priorité, une réflexion axée sur le mourant qui reste, malgré tout, en liens avec son environnement, car la mort est l’affaire de tous : il faut donc replacer celui qui va mourir dans un contexte relationnel.

768Sur le plan théorique, le modèle systémique tente de penser les interactions qui existent entre les divers éléments constitutifs d’un ensemble et permet d’augmenter les liens. Ainsi, chaque intervenant « co-construit » avec ses interlocuteurs des images fortes qui permettent d’établir entre eux « des ponts singuliers à l’origine de résonances ». De plus, le vécu de chaque professionnel devient un outil au service du système de soins [2].

769Comme le chaos, la diversité, rencontrée chez les intervenants qui accompagnent les patients là où ils veulent mourir, ne peut être « mise en cage », il suffit de pouvoir « l’harmoniser » [3].

770Dans ce contexte, l’approche systémique ne représente pas une technique nouvelle. Elle doit être construite pas à pas au cours du temps en améliorant sans cesse l’outil utilisé : c’est donc une création collective reposant, principalement, sur l’entente et la bonne communication entre tous les intervenants.

Références

7711. Morel-Jacrot M. Gestion des émotions dans une unité de soins palliatifs : une approche systémique. Thèse de psychologie clinique Université de Provence Aix-Marseille I, 2009.

7722. Elkaim M. Si tu m’aimes ne m’aime pas. Paris : Le Seuil, 1989.

7733. Ausloos G. La compétence des familles : temps, chaos, processus. Eres, 2e édition, 2005.

140 –

Démarche palliative : intégration au projet de soins en EHPAD

774J. Saussac.

775Réseau de soins palliatifs RESONANCE, Lyon, France.

But et contexte

776Les réflexions communes entre un réseau de soins palliatifs (RESONANCE) et un groupe d’EHPAD (ACPPA) au sujet de l’autonomisation des EHPAD dans l’intégration de la démarche palliative à leur projet de soins, ont conduit à la mise en place en 2009 d’une étude pilote qualitative.

Méthode

777Étude pilote, construite par Résonance et la direction médicale du groupe, selon 3 axes principaux :

  1. recensement des besoins en soins palliatifs des résidants ;
  2. formations/actions sur l’aide à l’anticipation pour les cadres de santé : l’outil retenu est la grille de questionnement éthique de R. Sebag-Lanoé ;
  3. formations/actions sur les symptômes de fin de vie pour les équipes soignantes, déterminées à partir du recensement des besoins.
Une évaluation est prévue sur les éléments suivants :
  • impact de l’utilisation de la grille sur la nécessité de soins palliatifs ou non ;
  • nombre d’intervention de Résonance sur les besoins de soins nominatifs directs ;
  • efficience des formations/actions.
5 établissements de l’ACPPA participent à l’étude.

Résultats

778Les résultats préliminaires ont fait l’objet d’un mémoire de D.U. de médecin coordonnateur en octobre 2010.

779Des échéances ont été repoussées du fait du quotidien des EHPAD : gestion de situations sensibles pour certains établissements, autres projets déjà en cours, pandémie grippale 2010.

780Les objectifs de formation des cadres de santé et de « recensement » des résidants relevant de soins palliatifs ont été atteints pour 4 établissements sur 5.

Discussion

781Les résultats intermédiaires de septembre 2010 mettent en évidence :

  • l’apport de la formation des cadres de santé dans l’acquisition d’une culture des soins palliatifs avec une volonté pour 3 établissements sur 4 de continuer à utiliser la grille de R. Sebag-Lanoé. Ce qui nous apparaît être en faveur de l’autonomisation des établissements ;
  • les contraintes liées à la réalisation d’une étude en EHPAD sont également à souligner, avec notamment la difficulté de coordonner des soignants travaillant à temps partiel et de dégager des temps de réflexion multidisciplinaires ;
  • le recours à un tiers externe tel que Résonance pour certaines situations jugées particulièrement difficiles (souffrance des familles et/ou des équipes, difficultés médico-techniques) reste pertinent.

Perspectives

782À ce jour, l’objectif est de mettre en œuvre les formations/actions par Résonance qui développera des outils simples, unithématiques, ciblés pour des formations courtes et ponctuelles. Si l’efficience des ces formations est démontrée, les établissements pourront se les approprier pour ensuite assurer eux-mêmes la formation, en interne, de leurs soignants.

Références

7831. Mobiqual Soins palliatifs.

7842. Viallard ML. Apports possibles d’une équipe mobile d’accompagnement et de soins palliatifs dans les situations de limitation et d’arrêt de traitement actif. Méd. Pal 2009;8:3-6.

141 –

Qualité des fins de vie en médecine interne : étude qualitative chez 90 soignants

785C. Joly1, M. Thomas1, 2, N. Cailleux2, V. Laquerrière2, I. Pellier2, S. Haas1, J Ladner3, H. Lévesque2.

7861Unité de soins palliatifs.

7872Service de médecine interne.

7883Service de santé publique.

789CHU Charles Nicolle, Rouen, France.

But et contexte

790Outre l’étude MAHO [1], les études sur les conditions des fins de vie (FDV) et des décès dans les services de médecine sont rares. La perception qu’en ont les infirmières (IDE) a été étudiée, mais pas celle des autres catégories socioprofessionnelles (CSP). Nous avons évalué la perception qu’ont les soignants médicaux et paramédicaux d’un service de médecine interne sur la PEC des patients en FDV.

Méthodes

791Une enquête déclarative avec questions fermées et questions ouvertes a été proposée aux 120 soignants d’un service de médecine interne. Les soignants répondaient par écrit. Nous présentons ici les réponses aux questions ouvertes. Trois questions ont été posées :

  1. qu’est-ce qu’une bonne mort ?
  2. Qu’est-ce qu’une mort qui se passe bien pour le patient ?
  3. Qu’est-ce qu’une mort qui se passe bien pour la famille ?
Nous avons classé les réponses par catégories selon la méthode de contenu.

Résultats

792Quatre-vingt-dix (75%) des 120 soignants du service ont répondu : 33 infirmières, 30 aides-soignantes, 10 agents de service hospitalier, 9 internes et 8 médecins seniors.

793L’absence de souffrance est la réponse principale à la question 1 quelle que soit la CSP (71%), suivie de la présence de la famille (19%) et du confort du patient (12%). et de sa sérénité (10%). Quatre personnes ont répondu « il n’y a pas de mauvaise ou de bonne mort ».

794Une mort qui se passe bien pour le patient est également d’abord une mort sans douleur (71%), dans la sérénité (33%), entourée par des proches (20%), dans le respect de ses volontés et croyances (18%).
Pour les soignants, « la mort se passe bien pour la famille » si le personnel est disponible pour écouter et répondre (29%), si la famille a pu être informée (23%) ou soutenue (9%), si le patient n’a pas eu de douleur (9%).

Discussion et perspectives

795Cette enquête a donné la parole à toutes les CSP, d’un service, sur un sujet important. Elle a montré que les soignants se retrouvaient dans un objectif commun lors de la PEC des patients en FDV : diminuer au maximum la douleur des patients et accompagner les familles. Cette étude servira de point d’appui à une réflexion pour améliorer les PEC des FDV.

142 –

Perception de la qualité des fins de vie en médecine interne : enquête chez 90 soignants

796M. Thomas1,2, C. Joly1, J. Ladner3, N. Cailleux2, V. Laquerrière2, I. Pellier2, S. Haas1, H. Lévesque2.

7971Unité de soins palliatifs.

7982Service de médecine interne.

7993Service de santé publique.

800CHU Charles Nicolle, Rouen, France.

But et contexte

801La perception qu’ont les soignants de la qualité des fins de vie (FDV) à l’hôpital dépend de facteurs objectifs liés aux soins et de facteurs subjectifs. Connaître ces facteurs permettrait d’améliorer la prise en charge (PEC) des patients en FDV. Si l’étude MAHO [1] étudie la perception qu’ont les infirmières (IDE) des décès dans tous types de services, la perception de l’ensemble des soignants d’un service (hors réanimation) est moins connue. Nous avons évalué la perception qu’ont les soignants médicaux et paramédicaux d’un service de médecine interne sur la PEC des patients en FDV.

Méthode

802L’autoquestionnaire déclaratif proposé aux 120 soignants du service comportait 6 groupes de questions fermées : présentation, formation en soins palliatifs, perception et ressenti de la FDV, relations avec le patient et sa famille, questions éthiques, pistes d’amélioration. On décompte 200 décès par an.

Résultats

80390 soignants (75%) ont répondu : 33 IDE, 30 aides-soignantes, 10 ASH, 8 médecins seniors et 9 internes. 19 soignants ont suivi une formation en soins palliatifs.

804Le plus important dans ces PEC est le confort du patient (chez 95% des répondants), suivi de la satisfaction des familles (58%). Le plus difficile est le caractère inattendu du décès (59%), et le plus gratifiant l’absence de souffrance (physique, morale) du patient avant le décès (80%) ainsi que le respect des choix des patients (76%).

8052/3 des soignants se sont déjà reproché une mauvaise PEC d’un patient en FDV, la principale raison étant la douleur du patient. 60% ont reçu des demandes de mort de la part de patients, 65% de la part de familles, mais très peu (12%) abordent d’eux-mêmes la mort avec le patient. Les décès créent des émotions importantes chez 47% du personnel. Seuls 16% du personnel souhaiterait déléguer ces types de PEC, mais 68% voudrait voir l’EMSP intervenir plus souvent.

806Si 82% des soignants ont déjà ressenti un épuisement professionnel, la raison principale en était la charge de travail et non la survenue de décès. Un quart des répondants estiment avoir vu ou pratiqué des actes d’euthanasie.

Discussion et perspectives

807Ce travail, préliminaire à une étude plus vaste, révèle le souci qu’ont les soignants pour les patients en FDV. Il permet déjà de faire des propositions pour améliorer la PEC de ces patients et de leur famille.

Références

8081. Ferrand E. Arch Intern Med, 2008;168:867-75.

143 –

Perception de la qualité des fins de vie en médecine interne : différences entre infirmières, aides-soignantes et médecins

809M. Thomas1,2, C. Joly1, J Ladner3, N. Cailleux2, I. Pellier2, V. Laquerrière2, S. Haas1, H. Lévesque2.

8101Unité de soins palliatifs.

8112Service de médecine interne.

8123Service de santé publique.

813CHU Charles Nicolle, Rouen, France.

But et contexte

814L’étude MAHO [1] étudie la perception qu’ont les infirmières (IDE) des décès et des fins de vie (FDV) dans tous types de services. Mais les différences de perception entre médecins et personnel paramédical, déjà étudiées en réanimation [2], ne sont pas connues dans les services de médecine. Nous avons étudié ces différences dans un service de médecine interne, par une étude déclarative auprès des soignants.

Méthode

815L’autoquestionnaire déclaratif proposé aux 120 soignants du service comportait 6 groupes de questions fermées : présentation, formation en soins palliatifs, perception et ressenti de la FDV, relations avec le patient et sa famille, questions éthiques, pistes d’amélioration. On décompte 200 décès par an. Parmi les 90 professionnels ayant répondu au questionnaire nous avons comparé les réponses entre infirmières IDE (33) et aides-soignantes (AS) (30) d’une part, et médecins seniors (8) d’autre part. Les ASH et les internes ont été exclus de la comparaison. Les comparaisons ont été faites par les tests du Chi 2.

Résultats

816Nous présentons dans le tableau I les résultats les plus significatifs.

Tableau I

Description de l'image par IA : Tableau comparatif de réponses entre deux groupes sur divers aspects liés aux PEC.
Question IDE + AS (%) Médecins (%) p Qu’est-ce qui est le plus important lors de ces PEC ? 95 100 NS – confort Qu’est-ce qui est le plus difficile ? – nombre de décès par semaine 14 75 < 0,0001 – accumulation des décès sur une courte période 49 0 0,008 – caractère attendu du décès 3 62 < 0,0001 Qu’est-ce qui est le plus gratifiant ? – satisfaction des familles 55 100 0,01 Quels sont vos sentiments face à la FDV ? – impuissance 46 0 0,05 – soulagement 53 25 0,3 – anxiété 6 0 0,08 – empathie 34 50 0,06 Vous êtes-vous déjà fait des reproches dans la PEC ? 65 75 NS Avez-vous déjà été en burn-out ? 85 37 0,01

Tableau I

Discussion et perspectives

817Les médecins et paramédicaux se rejoignent sur l’importance du confort du patient, mais leur perception diffère en particulier sur leurs sentiments face à la FDV. Cette étude, préliminaire à une étude plus vaste, permet de dégager des pistes pour améliorer la communication entre les catégories socioprofessionnelles.

Références

8181. Ferrand E. Arch Intern Med. 2008;168:867-75.

8192. Ferrand E. Am J Respir Crit Care Med 2003;167:1310-15.

144 –

Un livret créé pour des psychologues intervenant en soins palliatifs

820A. Van Lander.

821Centre de soins palliatifs, CHU Hôpital Nord. Laboratoire santé individu Société Université Lumière, Lyon 2.

822Centre de soins palliatifs, Hôpital Nord, Cébazat, France.

823La détresse des patients atteints d’une pathologie grave est l’objet d’un nombre croissant d’études depuis notamment les travaux du National Comprehensive Cancer Network (J. Holland, 1997). Dans un article publié en 2009 sur la détresse en phase terminale, le professeur H.M. Chochinov et son équipe canadienne considèrent qu’il est aujourd’hui nécessaire d’en comprendre les mécanismes pour améliorer les soins palliatifs. Dans cet objectif, une recherche doctorale en psychologie intitulée « l’identité à l’épreuve de la maladie létale » a débuté en novembre 2009. L’hypothèse est celle d’une articulation entre la détresse des patients et leur travail psychique d’élaboration des pertes dans le cadre de crises identitaires au sens de René Kaës. La maladie mortelle représente en effet un point de rupture dans la continuité du sentiment de soi. Elle précipite une crise développementale (Rodin, G, Zimmermann, C, 2008) pouvant être à l’origine de leur détresse.

Méthode

824Observationnelle et multicentrique, cette étude est originale par son matériel exclusivement constitué des évaluations réalisées par les psychologues de l’espace intersubjectif créé en entretien avec leurs patients. 14 psychologues sont coinvestigateurs. Ils interviennent au sein des différentes équipes de soins palliatifs de la région Auvergne, représentative des différents modèles français. Leurs analyses sont recueillies sur une durée d’un an à l’aide d’un livret réalisé et déjà testé en préalable à l’étude. La relation entre les processus psychiques des patients et des psychologues est étudiée via coefficients de corrélation et techniques de statistique multidimensionnelle (analyse en composantes principales). L’évolution de ces relations au cours des entretiens est, quant à elle, mesurée par le biais de modèles mixtes et ANCOVA pour données répétées. La partie libre est analysée à l’aide du logiciel alceste.

Résultats

825À mi-étape, ils l’ont utilisé pour évaluer 223 entretiens réalisés auprès de 81 patients âgés en moyenne de 69 ans. La détresse est significative pour les psychologues à 52,7% des entretiens avec au moins une rupture identitaire. Les suivis représentent en moyenne entre deux et trois entretiens et sont interrompus pour 77% d’entre eux par le décès du patient. Les résultats donnent un bon niveau de retour et le remplissage systématiquement adéquat du livret. 12 psychologues utilisent régulièrement la partie libre des formulaires dans un objectif de travail de leurs entretiens.

Discussion et perspectives

826Les résultats sont significatifs statistiquement, mais la possibilité de particularités régionales ne peut être exclue. Une seconde phase est donc en cours avec un groupe-test de psychologues répartis au niveau national. La première perspective de cette étude, dès à présent exploitable, est d’identifier et de décrire les suivis psychologiques habituellement réalisés en soins palliatifs.

145 –

Comment améliorer la précocité de l’intervention d’une EMSP ?

827C. Bance, S. Marcucci-Schmitt.

828UMSP des Hautes-Alpes, Centre hospitalier Embrun, France.

Contexte

829Dans le cadre du Schéma régional d’organisation sanitaire (SROS) soins palliatifs 2006-2011 de la région PACA, il nous est demandé d’élaborer un projet territorial de la prise en charge palliative.

830Dans ce contexte, nous avons réalisé une EPP (évaluation des pratiques professionnelles) en 2010 au sein de notre équipe mobile à partir du référentiel des EMSP. Au terme de cette EPP dans l’objectif d’amélioration continue de nos pratiques, nous avons décidé d’interroger la précocité de nos interventions auprès des patients ou du soutien des équipes afin d’optimiser la filière palliative. Ces résultats seront donnés lors de cette communication.

Hypothèse

831La communication et la formation peuvent-elles améliorer la précocité de la prise en charge palliative ?

832Nous avons utilisé la démarche par processus mettant en avant les risques, les dysfonctionnements, leurs causes, les actions d’amélioration, l’évaluation des résultats de ces actions. Ainsi que le bilan d’activité de l’EMSP de l’année 2009.

833Dans cette démarche qualitative les risques repérés d’une prise en charge tardive sont pour le patient :

  • la difficulté à instaurer un climat de confiance avec les membres de l’EMSP ;
  • une prise en charge peu adaptée de ses symptômes difficiles… ;
  • un temps trop court pour recueillir son avis et/ou son consentement éclairé, ses désirs…
Pour l’équipe soignante :
  • le danger d’épuisement professionnel ;
  • le risque que la représentation du soin palliatif concerne uniquement la phase terminale de la maladie ;
  • une incompréhension de la démarche palliative et des possibilités d’intervention précoce de l’EMSP ;
  • une méconnaissance du soin palliatif dans notre société.
Les pistes d’amélioration seront :
  • d’optimiser la communication pour une meilleure diffusion de nos modes d’intervention tant auprès des soignants que des patients ;
  • une présentation de notre équipe dès l’annonce du diagnostic de soins palliatifs ;
  • dans le cadre de la formation initiale et continue l’EMSP devra avoir comme objectif l’amélioration de la représentation du soin palliatif ;
  • une organisation de débats et conférences à destination du grand public.
L’évaluation de cette démarche se fera dans le premier semestre 2011 à partir du bilan d’activité 2010 et fera partie de cette communication.

Conclusion et perspectives

834Nous espérons qu’une communication très large ainsi qu’une formation plus ciblée sur notre mode de fonctionnement permettront à l’EMSP d’intervenir le plus précocement possible dans la prise en charge des patients ou le soutien des équipes.

Références

8351. SROS 3 PACA volet Soins Palliatifs 2006-2011.

8362. Annexe 2 de la Circulaire N° DHOS/02/2008/99 du 25 mars 2008 relative à l’organisation des soins palliatifs.

146 –

Comment améliorer le transfert pour l’accueil en USP ?

837M. Rineau.

838Hôpital Cognacq-Jay, Paris, France.

839Le transfert en soins palliatifs est souvent traumatisant pour le patient et son entourage ; améliorer les conditions d’accueil à l’entrée dans l’USP semble favoriser une bonne prise en charge ultérieure du patient.

Contexte

840Notre unité accueille environ 400 patients par an. La date de l’hospitalisation en USP est le plus souvent annoncée au patient et à sa famille la veille du transfert. Certaines admissions semblent plus difficiles que d’autres et rendent la prise en charge des premiers jours difficile, pour le patient, ses proches, et l’équipe soignante. En dehors des facteurs propres au patient, nous nous sommes interrogés : pour quelles raisons certains accueils sont plus difficiles que d’autres ? Qu’est-ce qui fait « la différence » ?

But

841Objet : Rechercher les facteurs favorisant un bon accueil dans le service.

842Définir les facteurs pénalisant un accueil de bonne qualité en USP.

Méthode

843

  • Étude de quelques situations où l’accueil a été extrêmement compliqué ;
  • établissement des critères favorisant ou non le « bon accueil » dans l’USP (critères parfois très concrets) ;
  • étude rétrospective de 30 dossiers minimums, en recherchant pour chacun d’entre eux la présence ou non des critères qui ont facilité le transfert et l’accueil en USP, ou qui au contraire ont rendu ceux-ci plus difficiles.

Résultats

844Les dossiers sont en cours d’évaluation.

845Mais les premières observations nous ont montré :

  1. que certains critères sont liés au travail réalisé avec le patient et sa famille, par le service adresseur, en amont de notre prise en charge ;
  2. que d’autres sont de notre propre ressort ;
  3. qu’enfin, il existe des critères externes sur lesquels nous n’avons pas beaucoup de prise.
Par ailleurs, notre recherche bibliographique sur le sujet ne nous a pas permis de trouver beaucoup de travaux sur ce thème, ce qui tendrait à démontrer la pertinence de notre réflexion.

Perspectives

846Au vu des résultats, un travail de concertation, voire un travail de recherche avec les services adresseurs et avec d’autres USP, nous paraît tout à fait pertinent dans un deuxième temps en vue de travailler ensemble sur une meilleure qualité du transfert et de l’accueil, en partant des critères retenus.

Références

8471. Contribution congrès SFAP 2005 « les proches du patient à l’admission en USP ».

8482. Contribution congrès SFAP 2000 « questionnement autour du transfert de patients de services de soins aigus vers une unité de soins palliatifs ».

8493. Journal of palliative medecine, 2002 « patterns of refferal to a palliative care unit : an indicator of different attitudes toward the dying patient ? » Heedman Pers-Anders.

147 –

Pallia 10 : quel impact sur les demandes d’EMASP en HAD ?

850I. Blanchet.

851Centre hospitalier de Montélimar, France.

Contexte

852L’HAD du centre hospitalier de Montélimar d’une capacité de 25 lits prend en charge des patients dont 70% sont en soins palliatifs.

853Il existe une volonté de travailler ensemble depuis la création de l’HAD.

854Le principal motif de l’appel à l’équipe mobile de soins palliatifs reste la prise en charge de la douleur.

855L’utilisation de Pallia 10 permet de s’orienter vers une prise en charge globale.

856Le but de l’étude est de vérifier si l’utilisation de Pallia 10 par l’HAD modifie les appels à l’EMASP.

857La méthode est une étude prospective analysant les fiches appels avant et après la diffusion de Pallia 10.

858Les critères d’analyse concernent le nombre de demandes à l’EMASP, le stade de la maladie lors de l’appel et le motif d’appel.

859L’étude est en cours de réalisation.

Références

8601. Rapport d’activité de la FNE HAD (juin 2009).

8612. Groupe référentiel typologie des maladies prises en charge en HAD.

8623. IRDS Question d’économie de la santé n° 140 Mars 2009 pages 1 et 8.

148 –

Audit : traçabilité de l’information en Unité de Soins Palliatifs

863E. Perceau, C. Chabloz, W. Rhondali, M. Filbet.

864Centre hospitalier Lyon Sud, Pierre-Bénite, France.

Contexte légal

865La Loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé [1] définit l’information comme un droit de chaque patient, et un devoir du professionnel de santé d’apporter la preuve de cette information, en particulier en cas de litige, renforcée par la loi du 22 avril 2005, dite loi Léonetti [2].

866L’information du patient est une obligation légale, aussi parce qu’elle s’intègre de manière forte dans la prise décisionnelle collégiale, spécialement en soins palliatifs.

Objectifs

867Les objectifs de ce travail de recherche sont ceux d’une évaluation des pratiques professionnelles (EPP). L’objectif principal de ce travail est une amélioration des pratiques professionnelles en Unité de soins palliatifs, concernant la traçabilité de l’information aux patients et à leur entourage.

Méthode

868C’est une étude rétrospective descriptive de dossiers.

869La population étudiée est celle des patients hospitalisés en USP et décédés.

870On utilise la méthodologie de l’audit clinique [3], qui comprend :

  • une évaluation des pratiques professionnelles ;
  • des mesures correctives ;
  • une réévaluation planifiée début 2011.
La grille d’audit est issue de plusieurs tests et modifications collégiales par un groupe méthodologique multicentrique régional (5 centres).

Résultats

871Quarante dossiers ont été étudiés.

872Les dossiers renseignés sont peu nombreux ; l’information de l’entourage du patient est mieux tracée que celle du patient (en moyenne 50% pour l’information de l’entourage, 10% pour l’information du patient).

873Les résultats de réévaluation sont en attente.

Discussion

874Les résultats médiocres sont comparables à ceux des autres centres investigateurs.

875L’information n’a de valeur que si elle est transmise et livrée au reste du groupe ; la traçabilité, au-delà de son aspect médico-légal, est le seul moyen à notre disposition pour nous assurer de sa réalité. Cette retranscription écrite de ce qui émane d’une relation singulière soignant-patient ne sera qu’une vision partielle et formalisée d’une communication riche et complexe.

Perspectives

876Il a été défini plusieurs mesures correctives : apport théorique sur le contexte légal à tous les membres de l’équipe, protocolisation de la remise de déclaration de la personne de confiance, instauration d’un temps de relève hebdomadaire dédié à la traçabilité de l’information.

877Une réévaluation, grâce à cette même grille d’audit, est programmée début 2011.

Références

8781. Art. R. 1112-2 du code de la santé publique.

8792. Loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie présentée par M. Jean Léonetti.

8803. L’Audit Clinique : Bases Méthodologiques de l’Évaluation des Pratiques Professionnelles, évaluation en établissement de santé, ANAES, avril 1999.

149 –

Convergences, divergences, complémentarités des prises de décision interprofessionnelles dans les phases de transition des soins curatifs vers des soins palliatifs

881P.-A. Charmillot.

882Haute école de santé Arc, Delémont, Suisse.

Contexte

883Le passage des soins curatifs vers des soins palliatifs est difficile à déterminer, il est particulièrement délicat chez les patients âgés vivant un long déclin. Leur fragilité nécessite de questionner fréquemment les orientations à envisager, en principe avec leur collaboration et consentement. Ce passage n’est donc pas franc, mais plutôt une oscillation entre ces deux perspectives où peuvent se mélanger des activités à visée curative et palliative. Des facteurs professionnels, personnels et contextuels influencent la posture à adopter vis-à-vis des patients et ses proches au moment de déterminer les orientations des soins et des traitements. Ceux-ci peuvent s’avérer parfois contradictoires et être à la source de tensions au sein des équipes, exprimées surtout par les infirmières.

But

884Identifier les facteurs d’influence des médecins et des infirmières soignant une population de personnes âgées manifestant un long déclin.

Hypothèse

885Quels sont les facteurs qui influencent les médecins et les infirmières à se situer dans une perspective curative ou palliative lors de prise de décisions concernant les prestations de soins de la personne âgée manifestant une détérioration lente et prolongée de ses capacités ?

Méthode

886

  1. Recherche de littérature systématique.
  2. Moteurs de recherche : 8.
  3. Mots-clés : palliation ; prises de décision ; chronicité ; personne âgée ; interdisciplinarité ; soins infirmiers.
  4. Langues : anglais, français, allemand.
  5. Type de supports : articles, livres.
  6. Nombre d’articles retenus : 66.

Résultats, discussion, perspectives

887Les savoirs spécifiques de chaque profession ainsi que les valeurs de chaque professionnel influencent la prise de décisions. Le contexte dans lequel le patient séjourne, les aspects économiques et l’organisation des institutions sont d’autres facteurs d’influence. Le partage des décisions en équipe pluriprofessionnelle en intégrant le patient fait parfois défaut. La raison de ce manque se situe aussi bien chez le patient que chez les professionnels. Ces résultats suggèrent de développer la recherche dans le champ des soins palliatifs en explorant davantage les interactions dans le processus de décision des facteurs d’influence. Les résultats nous amènent également à proposer des temps de formation en soins palliatifs communs aux professions de la santé et du social.

Références

8881. Charmillot PA, Wälti-Bolliger M. Convergences, divergences, complémentarités des prises de décision interprofessionnelles dans les phases de transition de soins curatifs vers des soins palliatifs Revue internationale de soins palliatifs. À paraître, 2010.

8892. McGrath P, Henderson D. Resolving end-of-life ethical concerns : important palliative care practice development issues for acute medicine in Australia. Am J Hosp Palliat Care 2008;25(3):215-22.

8903. Murray SA, Kendall M, et al. (2005). Illness trajectories and palliative care. Bmj. 330(7498):1007-11.

150 –

Devenir des patients sortant de l’Unité de soins palliatifs

891D. Mikolajczyk, R. Barjaud, S. Hauw-Van de Velde, I Delplanque, L. Streck, S. Huber, JP. Corbinau, F. Chevillard, G. Vandevenne-Brement.

892Maison médicale Jean XXIII, Frelinghien, France.

893Le plan de développement des soins palliatifs valorise le projet de vie du patient et réactualise les critères d’hospitalisation en Unité de soins palliatifs (USP). Les contraintes médico-économiques conduisent à une réflexion sur les patients sortants d’USP et les moyens d’optimiser leur durée de séjour.

894L’étude a été conduite rétrospectivement dans une USP de 15 lits, de janvier à septembre 2010, incluant tous les patients quittant l’USP vers le domicile (ou substitut) ou une autre structure de soins. Les patients quittant provisoirement l’USP pour complément diagnostique ou thérapeutique ont été exclus. Outre les données démographiques, nous avons recueilli la pathologie principale, la provenance du patient, le motif d’admission, la durée de séjour, la destination et le devenir. Pour cette même période, nous avons observé le nombre total de patients admis, la durée moyenne de séjour (DMS), le nombre de décès.

89527 patients ont été inclus, d’âge moyen de 68 ans. 25 étaient porteurs de néoplasies évolutives. 41% des patients étaient admis pour gestion de la douleur, 30% pour altération de l’état général. Les autres motifs d’admission étaient des troubles respiratoires, digestifs ou un maintien à domicile difficile (7%). La DMS des patients inclus était de 52 jours.

896Pour cette période, 113 patients ont été admis dans l’USP dont 71,7% sont décédés. La DMS globale était significativement plus courte à 23,9 jours.

8976 patients (22%) quittaient l’USP après un séjour court (< 18jours) pour un autre service hospitalier dans le cadre d’un rapprochement familial. 5 d’entre eux y sont décédés.

898Un patient demandait un transfert en service de chirurgie pour prise en charge curative.

89917 patients (63%) regagnaient leur lieu de vie antérieur dont 4 (15%) en hospitalisation à domicile. 3 (11%) étaient admis en EHPAD. Parmi ces 20 patients, 5 sont décédés à domicile ou en EHPAD. 13 patients vivent à ce jour dans le lieu de vie choisi.

900Les patients admis selon les critères reconnus ne décèdent pas tous dans l’unité, plus d’un patient sur cinq quittant le service. Deux populations distinctes apparaissent dans l’étude. Les patients transférés rapidement pour rapprochement familial incitent à la vigilance quant à l’orientation géographique dès l’admission. Par contre, les autres patients sortants nécessitent une hospitalisation prolongée, mettant en jeu des ressources économiques et sociales importantes. L’élaboration concertée du projet de vie permettrait le maintien dans un lieu de vie pérenne pour la plupart de ces patients. L’impact de l’intervention des réseaux de soins palliatifs, des équipes mobiles et des structures d’HAD est à évaluer.

901Le rôle de l’USP dans le projet de vie du patient palliatif est à définir afin d’exploiter précocement les ressources institutionnelles et les réseaux extrahospitaliers en vue d’une alternative à l’hospitalisation.

151 –

L’HAD selon les médecins généralistes

902E. Gilbert.

903Service d’hospitalisation à domicile, Centre hospitalier Pierre Nouveau, Cannes, France.

904L’hospitalisation à domicile permet d’assurer au domicile du malade des soins médicaux et paramédicaux coordonnés et continus, en associant notamment le médecin hospitalier et le médecin traitant. L’implication de ce dernier est primordiale, surtout en ce qui concerne la prise en charge des soins palliatifs, qui représentent 70% de l’activité de notre service d’HAD.

905C’est pour cela que nous avons dirigé un travail de thèse de médecine générale sur le point de vue des médecins généralistes sur l’HAD afin d’améliorer la prise en charge commune des patients.

906Nous avons réalisé une enquête autoadministrée par envoi postal, utilisant un questionnaire à questions semi-ouvertes et à choix multiples. La population étudiée comprenait l’ensemble des médecins généralistes libéraux exerçant sur le secteur de notre structure : l’HAD publique de CANNES. L’objectif principal était d’identifier les motivations et les réticences des médecins généralistes à utiliser l’HAD ; l’objectif secondaire était de définir les modalités d’utilisation de l’HAD par les médecins généralistes et leurs attentes vis-à-vis de la structure hospitalière. La finalité était de trouver des pistes de réflexion pour optimiser la prise en charge des patients, notamment dans le cadre des soins palliatifs. Au niveau statistique, nous avons utilisé le tri à plat, le tri croisé. La contingence entre les variables et la signification des taux de réponse par modalité ont été évaluées par le test du Khi2 pour les effectifs supérieurs à 5, et par le test du Khi2 corrigé de Yate’ s pour les effectifs compris entre 3 et 5. Nous avons retenu le seuil du p inférieur à 0,05 pour définir le caractère significatif des résultats. Les résultats ont été exprimés en pourcentage valide.

907Nous avons obtenu un taux de retour de 46,5%. Les soins palliatifs représentaient le premier motif d’admission en HAD (97,6%), avec une différence significative par rapport à tous les autres. À noter que le soutien psychosocial à la famille représentait 48,2% des réponses, et la douleur 31,8%. Pour les points positifs de l’HAD, le soutien à la famille a été cité par 76,5% des médecins. Concernant les réserves quant à l’utilisation de l’HAD, outre les freins administratifs, 24,7% des médecins ont répondu la prise en charge des pathologies complexes.

908Pour les sujets d’information souhaités par les médecins généralistes, les soins palliatifs (50,6%), les critères d’inclusion (49,1%) et les médications hospitalières (36,5%) ont été les trois sujets les plus cités. Seuls 22% des médecins ne souhaitaient aucune information complémentaire.

909Ainsi, l’HAD correspond à un besoin des médecins généralistes, surtout en termes de confort pour le patient et son entourage et dans le cadre de soins d’accompagnement. Cependant, une méconnaissance des modalités de mise en place d’une HAD, et un défaut de formation sur la prise en charge à domicile des pathologies lourdes et complexes des patients en HAD, constituent un frein à l’utilisation de l’HAD par les médecins généralistes. Ces derniers souhaitent utiliser l’HAD pour leurs patients en soins palliatifs, mais avec un accompagnement et des formations de la part du centre hospitalier.

910Pourtant, il est difficile de mobiliser les médecins généralistes aux réunions d’(in)formation que nous organisons ; c’est pour cela que nous avons élaboré un projet pédagogique afin de sensibiliser les plus jeunes à la prise en charge des soins palliatifs à domicile dans le cadre de l’HAD. Ce projet a été validé par la faculté de médecine de Nice et nous allons accueillir dès novembre des internes de médecine générale pendant leur choix chez le généraliste en tant que structure de soins alternative.

152 –

Le réseau de soins palliatifs, lieu de formation des futurs praticiens

911L. Gineston.

912Réseau SCOP – Soins continus de l’ouest parisien, Clichy, France.

913Le développement des réseaux de soins palliatifs s’inscrit dans la logique de l’application du Plan Cancer 2009-2013 et rejoint les objectifs de la loi HPST.

914Les réseaux de santé favorisent la coordination des soins entre la ville et l’hôpital. Ils apportent une expertise pluridisciplinaire au patient, à son entourage, ainsi qu’aux différents intervenants à domicile ou en établissement de santé. C’est également un lieu privilégié de formation pour les futurs praticiens. Pour le troisième cycle (de manière identique sur le territoire national), lors de la réunion préparatoire au stage de médecine ambulatoire, les enseignants de Paris VII exposent la possibilité d’un stage en extérieur : CPAM, dispensaires, centres d’interruption volontaire de grossesse, réseaux de soins, etc.

915Dans ce cadre, nous avons accueilli 4 étudiants de troisième année en médecine générale sur une période de 6 mois. Leurs objectifs sont doubles :

  • appréhender de manière concrète les fonctions réelles d’un réseau de santé, à travers son fonctionnement et la découverte de la finalité de ce type de réseau ;
  • comprendre la complexité des prises en charge en soins palliatifs. Ils peuvent ainsi répondre à la question de l’apport du réseau dans la pratique quotidienne des médecins généralistes.
En pratique, le stage dure une semaine et commence par notre réunion hebdomadaire au cours de laquelle sont discutés tous les patients de la file active (en moyenne 40), les demandes d’inclusion ainsi que les décès. Les stagiaires nous accompagnent lors de nos visites à domicile, soit d’évaluation, soit de suivi. Ils sont, systématiquement, avec un binôme de l’équipe. Ils assistent également à des réunions d’échange de pratique que nous organisons dans des établissements de santé du territoire. Il s’agit donc d’une immersion dans le projet de vie du patient, avec une importante complexité de prise en charge. Ils peuvent ainsi observer les mécanismes de mise en place de la coordination et la communication entre les différents partenaires sur une base de collaboration non hiérarchisée, volontaire et pluridisciplinaire.

916L’objectif, à terme, est de donner des moyens supplémentaires aux futurs praticiens, afin d’apprendre à résoudre les problèmes en autonomie. Ils écrivent, à l’issue de ce stage, une « trace d’apprentissage », revue par leur tuteur, et présentée à la fin de leur cursus, afin de valider leur diplôme.

917Cette première expérience nous fait penser que le réseau peut être un terrain de stage pour les futurs praticiens. Il y a maintenant un travail à faire sur la structuration de l’enseignement que nous leur apportons, autour de leur futur métier de coordination du parcours de soin du patient. L’accueil et la formation d’internes de médecine générale, de médecins en cours de DU de soins palliatifs, voire de DESC dans un avenir proche, est une perspective qui devrait se développer. Cette collaboration est riche d’enseignements pour chacun, tant sur l’expertise de la prise en charge de patients complexes, souvent symptomatiques, que sur le lien créé entre ces « étudiants » et les membres du réseau.

153 –

Programme régional coordonné de formation en soins palliatifs

918F. Teike-Luethi1, C. Hoenger2, F. Porchet1.

9191Direction des soins, Service de la formation continue, Centre hospitalier universitaire vaudois, Lausanne, Suisse.

9202Programme cantonal de soins palliatifs, Service de la santé publique, Lausanne, Suisse.

Contexte

921L’un des objectifs du programme cantonal de développement des soins palliatifs du canton de Vaud, Suisse, est de renforcer la compétence des professionnels. La formation des professionnels et des bénévoles contribue au développement et à la diffusion des soins palliatifs et favorise l’évolution des pratiques cliniques.

Mesures

922Une offre coordonnée de formations a été mise en œuvre depuis 2003. Celle-ci se base sur les niveaux de compétences définis par SwissEduc, groupe formation de palliative.ch (Société suisse de médecine et de soins palliatifs). L’offre comprend :

  • des formations de sensibilisation (4 jours), en démarche individuelle ou institutionnelle : établissements médico-sociaux (EMS), institutions pour personnes handicapées (ESE) ;
  • une formation régionale pour les bénévoles (8 jours) ;
  • une formation interdisciplinaire d’approfondissement modulaire (16 jours pour les médecins et les infirmières, 10 jours pour les autres professions ;
  • des journées de formation continue cantonales pour les bénévoles et les institutions socio-éducatives ;
  • des ateliers dans les EMS, les soins à domicile (CMS), et les ESE.
Une plateforme de coordination des formations réunit les organismes de formation et les associations faîtières. Les formations sont financées en grande partie par le programme cantonal. Elles ont été mises en place progressivement depuis 2003.

Résultats

923

  • Sensibilisation dans 52 EMS (35%) : 1040 personnes formées, dans 8 ESE (57%) : 240 personnes formées ;
  • 97 bénévoles formés ;
  • plus de 250 personnes ressources formées (100% des CMS, 80% des EMS, 43% des ESE) ;
  • 320 bénévoles, 360 professionnels des ESE ;
  • plus de 500 collaborateurs formés par an.

Futurs projets

924

  1. Suite formation approfondissement pour les personnes travaillant dans les structures spécialisées de soins palliatifs (24 jours).
  2. Formation de sensibilisation pour les soins à domicile.
  3. Formation de sensibilisation pour les hôpitaux.

154 –

Guide des soins palliatifs du médecin vaudois : un nouveau paradigme de formation

925C. Mazzocato1, G. Stucki2, S. David3.

9261Service de soins palliatifs, Centre hospitalier universitaire vaudois, Lausanne, Suisse.

9272Service de la santé publique, Canton de Vaud, Suisse. 3Cabinet médical, Lausanne, Suisse.

Contexte

928À l’inverse des pathologies courantes qui font l’objet d’une formation continue régulièrement suivie, le peu de situations de soins palliatifs (SP) suivi annuellement par les médecins de famille n’encouragent pas ceux-ci à entreprendre une formation spécifique. Dans le cadre du programme de développement des SP du canton de Vaud, un nouveau mode de formation ciblé sur la médecine de premier recours a été élaboré dans l’objectif d’améliorer cette situation.

Méthode

929En 2007, nous avons décidé d’éditer une publication bimestrielle de SP envoyée gratuitement à l’ensemble des médecins du canton avec la revue de la Société vaudoise de médecine (SVM) et soutenue financièrement par le programme cantonal, ladite société et une fondation privée. Nous avons réuni autour de diverses thématiques des SP une équipe d’auteurs composée au minimum d’un médecin de premier recours et d’un spécialiste. La tâche du praticien était d’orienter le texte sur ses besoins spécifiques, celle du spécialiste d’en assurer la qualité scientifique. Chaque cahier, soumis à revue, a été formaté de manière similaire sous forme de chapitres intitulés « en bref », « quelques conseils pratiques », « boîte à outils » et « en savoir plus ».

Résultats

930De 2007 à 2010, treize cahiers ont été édités et adressés gratuitement aux 4200 médecins vaudois. Ils sont librement accessibles sur le site de la SVM. Les thèmes abordés sont notamment la prise en charge de la douleur et d’autres symptômes, les soins palliatifs à domicile, gériatriques et pédiatriques, le fonctionnement des équipes mobiles, la spiritualité et l’éthique. Depuis 2008, les réseaux de soins et les services de soins à domicile contribuent au financement des cahiers, dont 600 exemplaires supplémentaires leur sont distribués.

Discussion

931Avec le vieillissement de la population, le nombre de patients palliatifs suivis par le médecin de famille ira croissant : il est essentiel d’innover des approches pédagogiques accessibles et adaptées à ses besoins. Pour tenter de répondre à cet objectif, nous avons recouru à une nouvelle méthode de formation impliquant le médecin de famille et le spécialiste en SP dans un projet commun symbolisant leur complémentarité au chevet du patient.

Perspectives

932S’il est trop tôt pour tirer des conclusions sur l’efficacité de cette approche, l’intérêt rencontré souligne sa pertinence. Une enquête de satisfaction des médecins est prévue en 2011.

Références

9331. Guide des soins palliatifs du médecin vaudois, site de la Société Vaudoise de Médecine : http://www.svmed.ch/presse/guide%20palliatifs.php.

9342. Meijler WJ, Van Heest F, Otter R, Sleijfer DT. Educational needs of general practitioners in palliative care : outcome of a focus group study. Cancer Educ 2005;20:28-33.

9353. Zitzelsberger L, Grunfeld E, Graham ID. Family physicians’ perspectives on practice guidelines related to cancer control. BMC Fam Pract 2004; 5:25.

155 –

Le « classeur violet » et le « Thé-débat » un outil pédagogique innovant pour la démarche palliative

936M. Chovelon, N. Saadallah, A. Beaumanoir.

937Équipe mobile de soins palliatifs, Hôpital Saint-Joseph, Marseille, France.

938Cet outil a été créé, après enquête, par l’équipe mobile en lien avec le CLUD/SP pour favoriser la formation et l’autonomie dans les services accueillant des patients en situation palliative et notamment dans les LISP !

939Ce « classeur violet » se différencie d’un « classeur bleu » existant sur les protocoles « douleurs ». Il informe du cadre des missions et des outils de la démarche palliative au travers de différentes rubriques :

  • guide du soignant dans la démarche palliative ;
  • textes officiels (définitions, législation, loi Leonetti, directives anticipées…) ;
  • les outils : formation, prise en charge d’un patient en SP, fiche de signalement, analyse des besoins du patient, recours à l’EM ;
  • la place des soignants (médecin, IDE/aide-soignante, psychologue, kiné, diététicien, AS), mais aussi bénévole et ministre du culte ;
  • soins et prescriptions ;
  • situations complexes (dyspnée, angoisse, maintien d’une alimentation ?…) ;
  • littérature/filmographie/diaporama.
Ce classeur a été remis à chaque cadre de santé de service qui informe ensuite le personnel.

940Pour faire « vivre » ce support et son utilisation, l’EM en lien avec les cadres de santé et correspondants douleur/SP, organise régulièrement et en fonction de la demande/des besoins, des réunions conviviales baptisées « Thé-débats ». Au travers d’un calendrier préétabli où les thèmes du classeur sont approfondis sous forme de dialogues et réflexions pluridisciplinaires.

941Ce « Thé-débat » peut aussi être une réunion ponctuelle ou imprévue en cas de situation complexe.

942À la fin de chaque formation, une fiche de synthèse sur le thème abordé est remise au cadre de santé, pour « garnir » le classeur violet et être ainsi consultable à tout moment par tous les membres de l’équipe du service concerné.

943Ces « Thés-débats » permettent également de faire émerger d’autres questionnements du personnel, qui seront également discutés lors de ces échanges ou ultérieurement. Cela nous montre que la démarche palliative ne consiste pas uniquement en des prescriptions techniques ou formelles, mais également une prise en compte globale de l’individu.
Aujourd’hui, 3 services ont été formés en priorité (les LISP). D’autres services demandent également notre venue pour ces « Thé-débats ».

156 –

Mieux présenter la démarche des soins palliatifs. Réflexions sémantiques et pédagogiques

944A. de Broca, S. Debon, A-G. Le Moing, E. Bovin, B. Longo.

945Équipe ressource régionale soins palliatifs pédiatriques, CHU Amiens, France.

946Qui d’entre nous n’a pas de difficultés à expliquer ce qu’est la démarche des soins palliatifs lors de ses passages dans un service qui fait « déjà tout très bien », dans une institution pour personnes polyhandicapées où tous les soins sont déjà si bien proposés, dans une institution pour personnes âgées dépendantes, où évidemment tout est si bien préparé ?

947Si la formation se développe, si les efforts de tous commencent à être entendus, il nous semble que certaines difficultés viennent de notre propre sémantique. Au vu de mes pérégrinations pédagogiques, je vous livre quelques réflexions.

948Voici quatre écueils venant de notre propre langage puisque dans notre pratique nous sommes obligés de le déconstruire pour faire comprendre à nos collègues ce que nous voulons dire.

  1. Le schéma souvent proposé où les soins palliatifs s’enchevêtrent avec les soins curatifs amène certains à ne pas bien savoir ce qu’on fait. Comment expliquer qu’on ne fait pas de soins curatifs quand on prend une décision parfois de technique lourde (gastrostomie, trachéotomie, KT central) en vue d’aider la qualité de vie de la personne alors que la maladie est fatale si le malade n’a jamais entendu parler de soins palliatifs ? Comment expliquer alors qu’il est possible de proposer des curatifs en pleine démarche de soins palliatifs pour éradiquer les maladies intercurrentes qui peuvent survenir au cours de cet accompagnement. Nous proposerons donc un autre schéma.
  2. Le mot palliatif vient de sa traduction de l’anglais, Palliative care, qui n’a pas de consonance fataliste alors que le mot pallier en français renvoie à des représentations de laisser-aller, de laisser-faire, ou de contournement. D’ailleurs ne voulait-il pas dire « dissimuler, cacher sous le manteau » ou plus actuellement « atténuer quand on ne peut plus rien faire ». Le mot care est aussi actuellement très connoté sur l’importance de la relation autre que les aspects techniques du soin. En pratique, face à nos collègues, il est difficile à faire comprendre que notre pratique est d’accompagner dans une attitude très active parfois en termes thérapeutique au-delà même de ce qu’ils auraient pu faire, mais de manière bien différente… Depuis, nous utilisons un néologisme qui au-delà du sourire qu’il provoque amène à mieux expliquer le travail du soignant en soins palliatifs. Désormais nous parlons de « soins palliactifs ».
  3. Puisque nous osons parler de maladies incurables, et que la dynamique du soin est fondamentale, nous provoquons notre vis-à-vis en soulignant que ce qui est « incurable n’est pas incarable ». Là encore, le sourire, l’étonnement permettent de donner à la proposition thérapeutique ou de soin une dimension particulière.
  4. Les significations des mots d’autonomie et de consentement sont si polysémiques et parfois si loin de la réalité clinique qu’il est bien difficile de se comprendre. En partant de la clinique, nous proposons d’aider chacun à pouvoir dire Je pleinement c’est-à-dire avec une autonomie fondée sur la relation avec autrui et un consentement construit sur la confiance, ce que recouvre la notion de Konomie.

157 –

Enquête d’opinion : rôles et fonctions des psychologues en cancérologie

949G. Jouquand1, B. Burucoa2, D. Zongo3.

9501Service d’onco-pédiatrie, CHU de Bordeaux.

9512Service de soins palliatifs, CHU de Bordeaux.

9523ISPED, Bordeaux, France.

But de la recherche

953Le psychologue a-t-il sa place dans les services où l’on soigne des personnes atteintes de cancer ? La cancérologie a fait l’objet de nombreuses mesures dont les plans cancer. Ceci a contribué à des créations de postes de psychologue. Mais quels sont leurs rôles et fonctions ? Comment sont-ils perçus par l’équipe soignante ? Peu d’études ont été menées sur les attentes des soignants à ce sujet. Le Collège « soins oncologiques de support » du 3C de notre CHU a mené une recherche pour tenter de les appréhender.

Population et méthode

954C’est une enquête transversale et descriptive. Une préenquête menée auprès des psychologues en poste dans les services à forte activité de cancérologie ou hématologie, puis un test auprès d’un échantillon, ont permis de construire un questionnaire de 11 questions (10 avec réponses à choix multiples et 1 fermée), qui fut distribué aux 3304 professionnels de ces services dont 551 médecins, par courrier électronique puis sur papier, grâce aux cadres de santé. 727 soignants ont répondu. Les comparaisons entre groupes ont été faites avec les tests du ?2 ou de Fisher exact. Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel SAS version n° 9.1.3.

Résultats

955Les attentes étaient : pour tous sa participation à la prise en charge globale du patient et qu’il apporte aux équipes un éclairage sur le comportement des patients et sur certaines situations, pour plus de 98% qu’il existe un poste de psychologue dans les services, pour 60% sa participation aux projets institutionnels, pour plus de 50% qu’il mène des entretiens auprès des patients et des proches, pour 34% sa participation au dispositif d’annonce, pour 25% aux groupes de suivi de deuil. Leurs attentes sur les modes d’intervention auprès des équipes étaient plus variées. Certaines attentes étaient communes, d’autres en lien avec de nombreux facteurs (profession, service) et souvent avec leur vécu personnel.

Conclusion

956Les professionnels ont des attentes fortes, précises, en résonnance avec le domaine de compétence du psychologue.

957Les perspectives seraient : créer des postes de psychologues, mieux communiquer sur leurs rôles et fonctions, accompagner les soignants…

Références

9581. Bonnaud-Antignac A, Ferreol M. Rôle du psychologue face à la violence de la fin de vie en soins palliatifs. L’évaluation psychiatrique. 2008;73:509-16.

9592. Michaud, A. Le soin palliatif, la mort et le psychologue. Soins palliatifs et psychologi, 2004;5:257-61.

158 –

Place et rôle du professionnel de l’information et documentation en soins palliatifs

960C. Tête, C. Berthollet, D. Doré-Pautonnier, M. Rennesson.

961Centre de ressource national soins palliatifs François-Xavier Bagnoud (CDRN FXB), Paris, France.

Contexte et enjeux

962Par rapport à d’autres pays francophones, la France peut s’estimer privilégiée de sa richesse documentaire en soins palliatifs. En effet, des organismes tels que le CDRN FXB ou la SFAP ont pour mission, entre autres, d’informer et de promouvoir la démarche palliative.

963Or, comme le montre l’étude qualitative de Stirling et al. (2000), les professionnels de santé n’utilisent pas de manière optimale les ressources existantes. Ainsi, si 90% des professionnels interrogés considèrent la recherche de littérature comme essentielle, seuls 30% d’entre eux disent avoir reçu une formation en méthodologie de recherche documentaire. Le domaine des soins palliatifs étant une spécialité pluridisciplinaire, la documentation existante s’avère particulièrement foisonnante.

964Cette communication a pour objectif de mettre en avant le soutien qu’apportent les professionnels de l’information et documentation. Acquérant au fil de leur expérience une connaissance de la démarche et de la culture palliative, ils ont les compétences techniques et l’expertise nécessaires à la collecte, le traitement et la diffusion de l’information dans ce domaine auprès des professionnels de santé.

Résultats et discussion

965Nous exposerons ici comment un centre de documentation trouve une place de choix en aidant les professionnels de santé en leur apportant un appui certain dans leurs recherches. À côté de son rôle de collecteur d’informations, le professionnel de l’information et documentation est un partenaire privilégié en termes de démarche pédagogique : aide à la recherche documentaire, méthodologie de rédaction d’articles, etc. Ainsi, non seulement il apporte un gain de temps aux professionnels de santé, mais encore une consolidation de leurs connaissances en leur facilitant l’accès à des sources dont ils ont peu ou pas connaissance.

966Le domaine de l’information et documentation est également un paysage mouvant : des possibilités nouvelles apparaissent rapidement (flux RSS, webservices, etc.) et l’usager peut manquer de temps pour appréhender tous leurs avantages. Là encore, nous décrirons comment les compétences des professionnels de l’information et documentation s’avèrent très utiles à la restitution d’une information claire, fiable et pertinente.

Conclusion

967Un service de documentation permet aux professionnels de santé, qui manquent de temps et de connaissances documentaires, d’accéder facilement à l’information dont ils ont besoin dans leur travail et de les aider à élaborer leurs travaux de recherche. Le centre de documentation peut également se révéler être un atout non négligeable pour entretenir leurs connaissances dans les domaines des soins palliatifs et de l’accompagnement de la fin de vie, rejoignant ainsi les recommandations du Programme de développement des soins palliatifs 2008-2012.

Références

9681. Programme de développement des soins palliatifs 2008-2012. République Française : 2008, 44 p.

9692. Stirling LC, Pegrum H, George R. A survey of education and research facilities for palliative medicine trainees in the United Kingdom. Palliative Medicine 2000;14(1):37-52.

Réflexions SP

159 –

L’humour et les soins palliatifs

970A. Morainville, H. Origine, X. Leclercq.

971Unité de soins palliatifs, CHR Bon Secours, Metz, France.

But et contexte

972Le but de notre présentation consiste en un clin d’œil humoristique quant à notre pratique quotidienne au sein de notre unité de soins palliatifs.

Méthode

973Nous aimerions utiliser le support « poster », pour illustrer, par le biais du dessin, quelques situations de soins.

Discussion

974À l’hôpital, l’humour agit comme une réelle stratégie d’adaptation face à la perte successive des fonctions corporelles ou face à des procédures médicales désagréables. Au sein de notre équipe, il est l’un des nombreux aspects sous lequel nous envisageons notre pratique. L’humour soulage, apaise, dédramatise des situations de soins parfois très difficiles. Plus que tout, l’humour a le pouvoir de soigner. C’est pourquoi, nous l’utilisons tant entre professionnels qu’au chevet de nos patients, car ne l’oublions pas, une unité de soins palliatifs est avant tout un lieu de vie.

975Le dessin met en image de façon parfois caricaturale, mais toujours avec bienveillance.

160 –

Un non-soignant dans un comité de soins palliatifs ?

976S. Trarieux-Signol, S. Moreau, M-P. Gourin, N. Dubosc-Marchenay, E. Robin, D. Bordessoule.

977Service hématologie clinique, CHU de Limoges, Limoges, France.

978Comment faire évoluer les mentalités afin que les membres de la société civile aient une place réelle au sein des hôpitaux, sans que leur présence soit imposée par la loi ?

979Des expériences isolées au sein des services de soins peuvent être une forme de réponse. Un comité de réflexion et d’éthique (CRE), créé dès 2003 dans un service d’hématologie, a permis de diffuser une culture réflexive et pluridisciplinaire face aux situations palliatives (SP). Le CRE se réunit à un rythme initialement mensuel, puis bimensuel et récemment hebdomadaire avec un ordre du jour décliné en chapitres (initiation des SP, suivi des patients en SP, décès, suivis de deuil…) diffusé en début de semaine à l’équipe, qui inscrit les patients qu’elle souhaite discuter. Sa composition est pluridisciplinaire, la participation basée sur le volontariat (médecins, cadres, soignants, psychologues, sophrologue, socio esthéticienne, assistante sociale). Depuis 2007, la coordonnatrice du comité patients, ingénieur de recherche clinique, juriste spécialisée en droit médical assiste aux CRE. La présence d’un non-soignant (NS), non impliqué dans les soins est-elle souhaitable ? Que peut-elle apporter à l’équipe soignante ? Peut-elle enrichir la discussion ? À quel niveau ? La perception du rôle et de la présence d’un NS au CRE a été évaluée par entretiens qualitatifs analysés et restitués sous forme de verbatim.

980Les résultats préliminaires des entretiens sont partagés : faire entrer un NS à l’hôpital permet aux soignants de rendre compte à un membre de la société ; prendre de la distance par rapport au pouvoir des soignants. Les gens de l’extérieur nous font progresser, repenser les évidences, les certitudes. Le vocabulaire n’est pas le même, on sort du jargon médical ; ouverture sur le patient. À l’inverse, une IDE a demandé qu’est-ce qu’elle fait là. La pluridisciplinarité n’est pas acquise dans les services cliniques, il y a une méconnaissance du rôle des uns et des autres, les personnes qui sont en dehors du soin pur sont perçues comme des intrus. En réfléchissant ensemble les a priori peuvent évoluer.

981Un membre de la société civile, non identifié comme bénévole, formé au respect du secret médical, peut-il assister aux réunions sans se prononcer ? Est-il légitime à émettre un avis, à prendre parti ? Ne peut-il pas comme NS jouer le rôle de tiers neutre ? Participant au CRE depuis 3 ans son rôle a évolué d’observateur il est devenu acteur, en s’autorisant à émettre son point de vue pour enrichir la réflexion sous un angle différent.
La place d’un NS au sein d’un CRE dans un service hospitalier n’est pas naturelle, mais bien dans l’esprit de la législation récente, conduisant à des questionnements plus généraux. L’expérience que nous rapportons, à l’encontre des traditions hospitalières, illustre qu’une fois les craintes dépassées, la non-appartenance à l’équipe soignante peut apparaître comme un avantage pour la réflexion du groupe.

161 –

Homo éthicus est : l’éthique a-t-elle de l’humour ?

982J.-V. Bourzeix.

983Service d’accompagnement et de soins palliatifs, CHRU de Limoges, France.

984L’homme éthique est-il ou l’homme est-il éthique ?

985Là où l’homme est éthique, l’esthétique l’est-elle ?

986Et tic !

987Mais si l’homme éthique est tel, qu’en est-il de l’étiquette ?

988Et si l’éthique est toc, quelle tactique ?

989Et tac ?

990Mais quel homme est-il s’il n’est pas éthique,

991Mais quelle éthique a-t-il,

992S’il n’est pas en toc ?

993Et si tu es éthique, que suis-je ?

994Tiemo hominem unius libri

162 –

Représentations des soins palliatifs à l’Institut Gustave Roussy

995L. Serresse.

996IGR, EMASP, Villejuif, France.

997L’enquête sur les soins palliatifs de la fondation de France a montré une évolution favorable de la représentation de soins palliatifs qui ne sont plus systématiquement associés à l’idée d’échec et de mort imminente. Cette enquête pointe aussi un manque d’information seule la moitié des Français sait que les soins palliatifs sont accessibles à tous depuis la loi du 4 mars 2002. De la même façon, la commission d’évaluation de la loi Léonetti met en évidence un défaut de connaissance de cette loi tant chez les soignants que chez le grand public. À partir de ces constats, l’EMASP de l’IGR a souhaité évaluer la situation au sein de son établissement en réalisant une enquête auprès des patients et des soignants sur leurs représentations des soins palliatifs et leur connaissance de la loi Léonetti.

998Il s’agit d’une enquête à jour donné basée sur des questionnaires à choix multiples portant sur la définition des soins palliatifs, l’interlocuteur choisi préférentiellement pour aborder le sujet et la connaissance des définitions de la personne de confiance et des directives anticipées. Pour les soignants, une question supplémentaire portait sur leur aisance à répondre aux questions des patients sur les soins palliatifs. 150 questionnaires ont été mis à disposition des patients et de leurs proches en hôpital de jour, en consultation et en hospitalisation. 150 autres aux soignants en hospitalisation.

999Chez les patients, un taux de réponse de 46% a été obtenu. Pour 83% d’entre eux, les soins palliatifs évoquent en premier lieu l’accompagnement et la prise en charge des symptômes. Ils sont près de la moitié à n’avoir jamais abordé ce sujet, principalement parce qu’ils « n’y pensent pas ». 78% des patients n’ont pas connaissance d’une loi portant sur les droits des malades et la fin de vie, mais 95% d’entre eux souhaitent avoir des informations à ce sujet. Chez les soignants, on a obtenu un taux de réponse de 78%, mais avec une faible participation des médecins (8%). 95% des paramédicaux et 88% des médecins associent les soins palliatifs à un accompagnement et à une prise en charge des symptômes. 25% des médecins l’associent aussi à un arrêt des traitements contre 13% pour les soignants. Plus de 85% des médecins ont abordé ce sujet avec leurs patients, leurs proches et leurs collègues alors que les paramédicaux abordent plus facilement le sujet avec leurs collègues et leurs proches qu’avec les patients. Plus de la moitié des soignants sont informés de l’existence d’une loi portant sur les droits des malades et la fin de vie, mais souhaitent des informations complémentaires.

1000Cette étude confirme le souhait d’information des patients et des soignants. Pour répondre à cette demande, nous organisons dans le cadre de la journée mondiale de soins palliatifs une présentation en collaboration avec le juriste de l’IGR sur les thèmes de la personne de confiance et des directives anticipées.

163 –

Soins palliatifs, un écueil identitaire : entre diversité et unité

1001P. Cannone.

1002Service d’oncologie multidisciplinaire et innovations thérapeutiques, Hôpital Nord, Marseille, France.

Contexte et but

1003L’Homme d’aujourd’hui meurt-il différemment que celui d’hier ? Qu’est-ce que ça révèle, mourir, pour nos consciences ? Dans ce monde de science, nous restons préoccupés par cette inconnue dont le visage se fige d’un masque qui traverse nos symbolisations : mourir ! Le but, en soins palliatifs, est bien de construire pour soi-même et avec d’autres, une pensée en mouvement, faites de diversités, de consensus et parfois même de paradoxes. Nos pratiques cliniques ne cessent de nous questionner, signe d’un écueil identitaire.

Méthode

1004Pour construire cette identité « soins palliatifs », des repères ont été nécessaires, à partir de principes, obéissants à des valeurs et régis par la loi. On ne parle déjà plus de guérison, pas tout à fait de la mort, mais un pas encore. Les soins palliatifs ne sauvent pas. Ils revêtent leurs habits d’une « éthique Kantienne » pour poser le linceul. Nos intellects débordés de larmes, d’amertumes et d’espérances, se confrontent à nos propres blessures. C’est ensemble que nous semons le fruit de notre réflexion, mais le recueil reste solitaire. C’est par ce va et viens entre le pluriel et le singulier, entre les soins palliatifs et le soin palliatif, entre le multiple et l’unité, entre le « Nous » et le « Je », que réside la fragilité et la puissance de nos rencontres avec l’autre pour nourrir nos théorisations.

Résultats

1005Ainsi, nous essayons de décoder, de réinterpréter, de mieux comprendre les situations difficiles au regard de concepts communs. Ça fonctionne, ouf, ça ne fonctionne pas, je continue de chercher dans la frustration et l’incompréhension. Pourtant, exercer en soins palliatifs, nous demande une disponibilité afin de soutenir les processus de pensées, de travailler cette capacité d’accueil des maux du malade et de ses proches, de développer cette tolérance face à ce sentiment d’être perdu dans ce qui nous ait donné à vivre, le recourt à la rêverie pour un ailleurs.

Discussion

1006Cette discussion est celle que nous faisons au quotidien, nous soignant, en équipe et avec nous-même, passant de multiples points de vue, perceptions et argumentations pour tendre vers l’unité. Cette unité serait une pratique en harmonie avec l’identité même « soins palliatifs » exercée dans la subjectivité de chacun via nos rencontres. Rien n’est jamais très clair dans la pratique, mais la lueur se trouve dans la reconnaissance de soi et l’autre, du même et de la différence, en sommes, de l’altérité.

Perspectives

1007L’Homme de demain mourra-t-il différemment que celui d’hier et d’aujourd’hui ?

Références

1008Références bibliographiques, nous sommes toujours en référence. D’ailleurs aux croisées de l’apport éthique, juridique, sociétal, philosophique, politique et psychologique qui fondent les soins palliatifs, une identité de référence s’est construite pour sillonner nos pratiques. Il n’en demeure pas moins cette exigence bibliographique, telle une mémoire qui nous rappelle nos fondements, mais également nos erreurs, nos ratés qui constituent notre humanité.

164 –

Expérience d’interdisciplinarité : créativité, du concept à une réalité humaine

1009F. Giraud.

1010Hôpital Nord, Marseille, France.

1011Lors d’un projet de rencontre entre différents acteurs afin de faire connaître des pratiques innovantes en soins palliatifs sont apparues les mêmes difficultés que celles rencontrées au sein des équipes de soins palliatifs.

1012Le projet initial était de réunir dans un espace d’échange, de façon singulière, des acteurs créatifs pour permettre la diffusion d’expériences utiles dans la démarche palliative. Les disciplines abordées étaient l’art-thérapie, la musicothérapie, la sophrologie, la socio-esthétique et différents aspects du toucher (ostéopathie, kinésithérapie, toucher-massage…).

1013L’organisation initiale prévoyait :

  • la nomination d’un référent par discipline désigné par des organisateurs ;
  • des échanges par courriel entre organisateurs et référents ;
  • 2 rencontres de l’ensemble des acteurs sous forme de réunion.
Lors de la première réunion, l’ensemble des acteurs fait connaissance et semble animé par le même dynamisme sur le projet. Puis, quelques divergences apparaissent lors des premiers échanges par mail.

1014À la deuxième réunion, émergence de difficultés dans la coordination, dans le respect de la place de l’autre et du cadre établi initialement, concurrence inter et intradisciplinaire et affrontements verbaux. Les organisateurs sont surpris et désappointés par ces difficultés inattendues, mais le dynamisme et la bonne volonté de chacun dominent pour aller ensemble dans la même direction de faire aboutir ce projet.

1015Nous imaginions ces personnes comme des créatifs et non comme des professionnels de soins palliatifs. Finalement, nous avons découvert des individus avec des problématiques de partage du temps et de l’espace, de compréhension du concept et de reconnaissance, identiques à celles des acteurs de soins palliatifs. La mise en commun du potentiel créatif de chacun a permis, malgré les problématiques rencontrées, d’élaborer un espace interdisciplinaire d’échange et d’interaction permettant la diffusion de disciplines innovantes dans la culture palliative. Ces approches dynamiques en favorisant l’affirmation de soi au sein du groupe, ont montré qu’elles pouvaient apporter un sentiment de bien-être, d’autonomie et de liberté du soignant et du patient.
Au final, la rencontre souhaitée a été conviviale, interactive et appréciée par le public.

165 –

Émergence d’un projet de soins palliatifs pédiatriques sur le Pays d’Aix

1016D. Baudoin.

1017UETD et Équipe mobile support douleur et soins palliatifs, Centre hospitalier du Pays d’Aix-en-Provence, France.

1018L’équipe mobile support douleur et soins palliatifs intrahospitaliére du CH d’Aix travaille depuis sa création avec l’HAD issue du réseau VIH. Peu à peu des enfants ont été vus dans ce cadre. Il s’agit d’une HAD novatrice appuyée sur les libéraux de terrain et une pharmacie hospitalière efficace.

1019Nous rapportons ici la prise de conscience progressive de la nécessité d’une HAD SP à propos de deux histoires cliniques :

1020La petite M. a 6 ans quand notre équipe est interpellée à son sujet, elle a une maladie cérébrale métabolique avec un développement psychomoteur normal initialement jusqu’à 2 ans puis elle a progressivement perdu tous ses acquis. La question posée par son infirmier et l’HAD est celle de la douleur. Il leur semble qu’elle pleure pendant les aspirations nécessaires à sa survie. Est-ce possible ? S’agit-il d’une illusion ? Ne s’agit-il que d’un larmoiement ? Sa mère qui s’occupe très bien d’elle n’a rien remarqué. En réunion de soutien d’équipe hebdomadaire avec son infirmier est suggéré un essai de communication par clignement des paupières. Impossible de communiquer pour cette équipe d’infirmiers aguerris. Quelques mois après, l’état de M. sera déclaré bon, car toute possibilité de communication aura disparu pour cette petite devenue poupée de chiffon

1021La deuxième histoire est celle d’une petite fille de 7 ans à sa énième rechute de leucémie entourée par ses parents très proches et soutenant. Malheureusement son état s’accompagnait de douleurs multiples dont témoignaient ses grimaces, voire ses larmes silencieuses pour lesquelles l’hospitalisation pédiatrique nous a appelés. Les parents très croyants niaient la douleur de leur fille comme son épuisement. Il a été impossible dans ce contexte de fin de vie de nouer le lien qui aurait permis de traiter leur petite. En effet, elle ne pouvait désavouer ses parents dont seul le soutien moral sans faille lui permettait encore de tenir. Elle est morte à l’hôpital avec un traitement morphinique inadapté du fait de notre intervention trop tardive dans un contexte de logique curative trop bien intégré par la famille.

1022Deux histoires emblématiques des difficultés poussées à l’extrême d’une prise en charge palliative chez l’enfant où se mêlent jeune patient, parent, souffrance de l’équipe pédiatrique.

1023Le premier constat est la nécessité d’un maintien au domicile de ces jeunes patients atteints de maladie dégénérative ou de cancer terminal, le prendre soin familial est prééminent sur tout le reste. Le rôle d’une EMSP hospitalière dans le cadre d’une HAD avec lits palliatifs peut alors être envisagé. Un projet de 6 à 10 lits de soins palliatifs en HAD va donc être monté prioritairement pour les enfants, les patients psychotiques et les mères atteints de cancer d’enfants jeunes. Ce projet pour un hôpital de territoire trop à l’étroit dans ses murs vaut comme unité de soins palliatifs pour légitimer une action menée depuis des années par une EMSP intrahospitalière.

166 –

Existe-t-il une spécificité à l’hospitalisation vers l’hôpital local ?

1024G. Villoin1, C. Edan2, V. Morel3.

10251Médecine générale, Antrain, France, 2Réseau de soins palliatifs pédiatriques La Brise, Rennes, France, 3EMASP CHU de Rennes, France.

1026Alors que des sondages auprès de personnes en « bonne santé » font état dans 55 à 60% des cas d’un désir de fin de vie à domicile, 58% des patients meurent à l’hôpital ou en clinique.

1027De nombreuses actions ont donc été entreprises pour améliorer le maintien à domicile des patients en fin de vie : augmentation, voire création de lits d’hospitalisation à domicile (HAD), multiplication des réseaux (réseau cancer, réseau soins palliatifs, réseau Alzheimer, etc.). Il nous a semblé intéressant d’étudier cette notion d’hospitalisation appliquée à l’hôpital local.

1028Une enquête basée sur les propos recueillis auprès des soignants de l’hôpital local d’Antrain complétée par la recherche de facteurs prédictifs dans la prise en charge des fins de vie dans cette institution a été réalisée en 2009 pour retrouver les facteurs limitant ou favorisant la décision d’un maintien à domicile ou d’une hospitalisation.

1029Les points mis en évidence lors de l’hospitalisation de patients en fin de vie, à Antrain ont été : l’âge avancé des personnes prises en charge (médiane : 83 ans pour les femmes, et 82 pour les hommes), l’absence d’aidant proche, le domicile proche de moins de 10 kilomètres, et l’hôpital connu comme référence d’unité de soins (séjour antérieur).

1030L’enquête auprès des soignants a rapporté que, si le maintien à domicile semble régulièrement souhaité, il nécessite la volonté d’une entité basée sur le patient, l’aidant et l’équipe soignante, associée à une bonne communication. Lorsque l’un des participants ne le souhaite pas, le maintien à domicile ne peut pas se poursuivre. Cette décision peut être liée à l’âge du patient ou de l’aidant, à la fatigue engendrée par la « maladie », à la compétence des aidants pour gérer les symptômes de la fin de vie et aux difficultés psychiques rencontrées (solitude, disponibilité, appréhension de la nuit, de l’agonie, de la mort).

1031Dans cette enquête qualitative des facteurs spécifiques à l’hospitalisation à l’hôpital local ont été mis en évidence : pour le patient l’hôpital local fait partie de son environnement géographique (même canton que le domicile), de son environnement santé (même médecin de famille, même soignants) et des liens qu’il a pu tisser dans sa vie (voisins, voisines, proches hospitalisés ou faisant partie de l’équipe soignante). L’hôpital local est reconnu également comme unité de soins et d’accompagnement. L’absence d’étiquette « soins palliatifs » permet l’occultation de la mort pour certains, mais la présence du personnel connu permet l’accompagnement. L’unité restant petite (une vingtaine de lits), l’ambiance est conviviale. Il y a ainsi peu de ruptures pour le patient, entre son domicile et l’« hôpital local ».

1032Quelles que soient les réponses apportées, la mort à domicile, ou à l’hôpital, reste toujours une effraction, une rupture dans la trajectoire de vie… L’accompagnement d’une personne en fin de vie reste une adaptation permanente de l’entité Patients-Aidants-Equipe soignante.
Le choix d’une fin de vie à l’hôpital local pour des personnes de plus en plus âgées et seules permet une solution de continuité avec le domicile, qui reste à définir, tout en apportant la réponse sécuritaire et technique de l’hôpital.

167 –

Un exemple de démarche palliative au CH de XX

1033C. Trolong-Bailly.

1034SSR Tresserve ARC EN CIEL, Tresserve, France.

But et contexte

1035Dans des services à exigences humaines et professionnelles fortes, les soignants sont confrontés, à des prises en charge diagnostiques, thérapeutiques, curatives et palliatives. Face à ces difficultés, les soignants des services de médecine, aidés de l’EMDSP du CH de XX ont institué des réunions.

1036Ces réunions contribuent-elles à diffuser la démarche palliative au sein de l’établissement ?

Méthode

1037Deux études :

  1. L’analyse rétrospective des comptes-rendus des réunions.
  2. Une étude prospective avec entretien des soignants pour mesurer l’impact des rencontres sur les pratiques professionnelles.

Résultats

1038Hebdomadairement, l’EMDSP rencontre les équipes d’hématologie, d’oncologie, de pneumologie et de l’HAD. Les sujets abordés sont regroupés en huit thèmes : la décision éthique, la prise en charge de situations aiguës en soins palliatifs, le repérage des symptômes douloureux et d’inconfort en fin de vie, les différentes thérapeutiques, la diffusion de la démarche palliative, la formation, l’accompagnement des patients en fin de vie et la souffrance des soignants.

1039L’analyse des entretiens fait sortir trois thèmes : la définition du cadre de travail avec les prérequis nécessaires au fonctionnement des réunions, les obstacles et les conditions matérielles de maintien des réunions ; l’apport pour le soignant sur un plan personnel et collectif et l’apport pour le patient et ses proches.

Discussion

1040Les objectifs des réunions, écrits et partagés entre les équipes, sont de favoriser l’exercice de l’interdisciplinarité, d’approfondir les connaissances dans le domaine de la douleur et des soins palliatifs, de favoriser la cohérence des projets de soins. Ces rencontres sont pluridisciplinaires avec une visée d’analyse interdisciplinaire. Le but est de confronter le patient à des points de vue différents afin de répondre aux préoccupations cliniques, mais aussi sociales, psychologiques ou éthiques. L’enjeu est de former au raisonnement et aux modalités de travail qui fondent la démarche palliative. Ces réunions favorisent la diffusion de la démarche palliative au sens d’une démarche participative d’équipe pour améliorer la dynamique d’équipe et faciliter la prise en charge globale des patients et de leurs proches.

Perspectives

1041L’objectif est de retenir un mode de fonctionnement qui permettra à chacun d’être mieux disposé lors de situations ultérieures. C’est ainsi que se construit une dynamique d’éthique clinique. Ce concept peut s’élargir à la pratique des soins en général.

Références

10421. Le Coz P. Petit traité de la décision médicale, 2007.

10432. Masse R. Éthique et santé publique. Enjeux, valeurs et normativité.

10443. Vassal P, Chapuis F, Kopp N. Proposition d’un paradigme pour une démarche éthique en soins palliatifs, Éthique et santé, 2004.

168 –

La réception francophone de l’éthique du care. Une philosophie pour les soins palliatifs ?

1045A. Zielinski.

1046Bénévole Maison médicale Jeanne Garnier, Paris, France.

1047L’éthique du care promeut la valeur de la relation. Elle s’est développée depuis quelques dizaines d’années dans le monde anglo-saxon, et s’est diffusée sur le continent nord-américain. Sa réception en Europe et notamment en France est relativement récente, et donne lieu à des travaux originaux au carrefour de la philosophie, de la sociologie et de la médecine. Le parti pris de ne pas traduire le terme anglais révèle le souhait de lui maintenir sa densité : prendre soin, soigner, s’inquiéter de, prêter attention à… Entre soin et sollicitude, l’éthique du care invite non seulement à se centrer sur les besoins d’autrui, mais plus largement à favoriser les relations – « avec et pour autrui dans des institutions justes », selon l’expression de Ricœur définissant l’éthique.

1048Dans cette perspective de conforter les relations interpersonnelles et développer les interactions sociales, nous voulons montrer en quoi certains éléments de l’éthique du care peuvent aider à penser la particularité de la relation en soins palliatifs.

1049En effet, le care invite à penser le soin au-delà de la seule compétence technique, tout en en valorisant la reconnaissance. Il vise à articuler la compétence et les « sentiments moraux » (respect, compassion, sollicitude), à articuler la vulnérabilité et l’autonomie, à tenir compte de l’interdépendance pour favoriser l’accès à « l’estime de soi » des personnes. On se propose de reprendre ici les quatre « vertus morales » que Joan Tronto, philosophe américaine, associe au care, et d’évaluer leur pertinence par rapport à la pratique des soins palliatifs, dans un contexte interdisciplinaire. Attention, responsabilité, compétence, réceptivité sont requises de la part du médecin, du soignant et du bénévole.

1050Nous verrons que la réception continentale donne lieu à une interprétation originale de ces capacités, l’efficacité n’étant pas le seul critère d’évaluation du soin, mais aussi la qualité de la relation instaurée et maintenue.

1051Les soins palliatifs sont ainsi porteurs d’un projet de société qui dépasse la seule efficacité technique : prendre soin de la relation.

Références

10521. Benaroyo L, Lefève C, Mino JC, Worms F (dir.). La Philosophie du soin. Éthique, médecine et société, PUF, 2010.

10532. Paperman P, Laugier S (dir.). Le Souci des autres, EHESS, 2008.

10543. Tronto J. Un Monde vulnérable. Pour une politique du care, Éditions La Découverte, 2009.

Soignants

169 –

L’écueil de la lassitude des soignants, comment réinvestir chaque nouveau patient ?

1055A-S. Le Bihan.

1056Service de pneumologie AP-HP Hôpital St Antoine, Paris, France.

1057Dans certains services spécialisés, comme la pneumologie, il y a entre le diagnostic et le décès du patient, peu de temps. À peine un patient décède qu’un autre se présente avec le même diagnostic, parfois le même profil de personnalité, souvent le même âge. Il n’est pas rare d’entendre des soignants pris par une certaine lassitude à réinvestir une nouvelle relation dont ils n’ignorent ni le déroulement, ni l’issue fatale. Notre propos n’est pas de parler du syndrome d’épuisement professionnel, mais de la difficulté que peut représenter d’aborder une nouvelle prise en charge de patient dans un contexte de similarité et de répétition.

1058Si le patient et son entourage « débarquent » dans la maladie, il n’en est pas de même pour les soignants. L’histoire est, pour ces derniers, connue d’avance. Comment, dès lors, ne pas engager d’emblée le nouveau patient dans une phase palliative alors qu’il est, lui, dans une phase curative ? Comment, à l’extrême, ne pas commencer notre deuil au moment même de la rencontre ?

1059Nous savons en effet, combien notre lassitude peut être contagieuse alors que chaque patient a à être accompagné dans son cheminement à lui, unique et singulier.

1060Nous nous proposons d’ouvrir une réflexion pour éviter cet écueil contraire à notre éthique de soins, et irrespectueuse de l’individualité de chacun des patients.

1061Les idées que nous développerons seront les suivantes :

1062

  • comment être soutenu par l’inter et la pluridisciplinarité des équipes ;
  • comment rester vivant à soi-même et aux autres pour rendre possible la rencontre ;
  • comment s’aider de l’entourage du patient pendant la phase d’accompagnement et après le décès ;
  • comment apprendre à se ressourcer pour remettre en vie un « soi-même » au travers d’une identité professionnelle à chaque fois transformée par les deuils traversés.
Des exemples cliniques étayeront nos propos pour mettre nos réflexions à l’épreuve de la pratique.

170 –

Paroles de médecins généralistes : quels ressentis face à l’accompagnement des patients en fin de vie ?

1063L. Serresse.

1064Institut Gustave Roussy, Villejuif, France.

Objectif

1065Peu de données sont disponibles sur les difficultés rencontrées par les médecins généralistes dans la pratique des soins palliatifs. Les études sur le sujet s’intéressent surtout aux soignants en institution et mettent essentiellement en évidence des problèmes organisationnels. Cette étude s’intéresse au vécu de médecins généralistes dans leur pratique des soins palliatifs et a pour but de repérer les sources de stress et les mécanismes d’adaptation utilisés.

Méthode

1066Analyse qualitative et descriptive d’entretiens semi-directifs.

Résultats

1067Le stress perçu par les médecins est tout autant lié à des facteurs émotionnels qu’organisationnels. Les médecins utilisent plusieurs mécanismes d’adaptation. Parmi ceux liés à la gestion des émotions, les plus fréquents sont l’évolution personnelle et la recherche de soutien moral. Parmi ceux liés à la résolution du problème, ressortent surtout la recherche d’informations et le dialogue.

Discussion

1068La prévalence des facteurs de stress émotionnels dans le discours des médecins interrogés contraste avec les données de la littérature qui mettent davantage l’accent sur les facteurs organisationnels. Les médecins semblent mettre en place au fil des expériences des mécanismes d’adaptation variés et globalement efficaces en réponse aux différentes sources de stress lorsqu’ils sont confrontés à des patients en fin de vie. Ils évoquent aussi leur manque de formation en termes de gestion du stress et des émotions dans le cadre de la relation médecin-malade, en particulier dans l’accompagnement de la fin de vie. Il paraît indispensable de renforcer les enseignements dans ce domaine au cours des études médicales.

171 –

Cadre de santé en USP : une responsabilité spécifique

1069E. Guldner.

1070Unité mobile de soutien et de soins palliatifs et Unité d’accompagnement et de soins palliatifs Département de soins palliatifs, CHRU Montpellier, France.

1071La proximité de la souffrance et de la mort questionne au quotidien les soignants sur le sens du soin et de la vie.

1072Dans une unité de soins palliatifs, le souci du cadre de santé doit se centrer sur comment prendre soin de l’humanité des soignants pour qu’il puisse la préserver et la mettre en œuvre auprès des patients.

1073« Le soin est l’appel à l’engagement d’humanité » nous dit Bruno Cadoré, docteur en médecine et en éthique médicale, ce qui engage et pose la question de la responsabilité du cadre de santé envers les soignants.

  • Peut-on être responsable de l’autre ?
  • Y a-t-il de responsabilité autre qu’individuelle ?
  • Et surtout comment se sentir responsable d’un autre que soi sans entraver la responsabilité de cet autre que soi ?
La responsabilité des soignants est liée à leur marge de liberté dans leurs actions de soins accordée par le cadre de santé qui tient là un rôle particulier.

1074Il s’agit d’être disponible pour le soignant, lui témoigner une attention particulière, authentique. Être là auprès du soignant pour le rencontrer, le connaître, prendre soin de lui est une nécessité : « La présence est fondatrice, constitutive d’une relation humaine fondamentale » précise A. Lhotellier.

1075Il s’agit de reconnaître le travail de chacun, de créer un climat de confiance, un environnement créatif, optimiser les talents de chacun, autoriser à être soi-même.

1076Le cadre de santé donne le ton et laisse la musique de chaque professionnel s’exprimer. C’est la fonction maternante du cadre de santé qui est interrogée là, non uniquement dans sa propension à rassurer et à contenir, mais dans sa capacité à créer les conditions d’un envol personnel, entendu ici au sens d’accès à sa propre créativité dans son travail. La difficulté ici tient à ce paradoxe et à cette tension entre fonction maternante et place du père (ou du tiers), seule instance à même d’instaurer la coupure qui ouvre à la confiance en l’autre et au lâcher-prise. N’est-ce pas là la véritable responsabilité de cette fonction ?

Références

10771. Oberlé D. Vivre ensemble le groupe. Sciences humaines n° 94, mai 1999.

10782. Lhotellier A. Tenir conseil. Seli Arslan, 2001.

10793. Winnicot DW. Processus de maturation chez l’enfant. Payot, Paris, 1970.

10804. Hees M. Le management : sciences, art, magie. Perspective soignante.

172 –

Jalons d’un cheminement réflexif d’une équipe de soins palliatifs

1081P. Divry, M-J. Gomes, C. Stengelin-Clipet, A. de Bouvet.

1082Unité de soins palliatifs Amélie Loutre, Bruay Labuissière, Équipe mobile de soins palliatifs, Centre hospitalier Germon et Gauthier, Béthune, France.

1083Après 15 ans de fonctionnement, l’équipe de soins palliatifs a voulu retravailler sa prise en charge globale des patients en relisant sa pratique en référence explicite à une réflexion éthique.

1084Méthodologiquement, à chaque rencontre, un binôme pluridisciplinaire présente un cas qui pose question.

1085Il s’agit d’une démarche d’analyse a posteriori de situation clinique avec les acteurs. Cette modalité d’analyse permet de ne pas être sous le coup de la pression de l’action et de pouvoir plus facilement prendre distance par rapport aux normativités à l’œuvre dans les pratiques, en tenant compte pleinement du contexte de la situation.

1086Cette posture permet aux personnes engagées dans l’action et dans la réflexion sur cette action de faire le lien entre le déploiement de leur visée éthique personnelle, professionnelle et sociale et les dispositifs collectifs à travers lesquels se construit leur action soignante.

1087Par cet article, nous nous proposerons de relire deux ans de pratique de ces réunions éthiques animées par une éthicienne.

1088À l’aide d’un questionnaire distribué à chaque membre de l’équipe, ce travail de relecture nous permettra de distinguer les spécificités de ces réunions d’éthique au regard des groupes de parole et des réunions d’objectifs de cette même équipe.

173 –

Une dynamique d’équipe pour améliorer le soin et limiter le burn-out

1089V. de Chabalier, I. Lombard.

1090Institut Bergonié, Bordeaux, France.

1091Par une analyse à deux voies, un cadre de santé et une psychologue d’un service d’oncologie, témoigneront de l’évolution de la dynamique d’une équipe soignante et médicale. Nous démontrerons la répercussion sur l’implication et la qualité des soins, notamment en phase évolutive ou terminale de la maladie.

1092La création d’une mosaïque de projets a renforcé l’aspect humain et individualisé de la relation au patient, la cohésion de l’équipe, hors de la routine, et autour d’un même objectif : qualité de la prise en charge, confort et accompagnement du patient et de son entourage.

1093Ces projets mettent en jeu les différents membres de l’équipe, quel que soit leur statut professionnel, en fonction de leurs potentiels décelés par le cadre de santé, au cours d’entretiens annuels d’évaluation, et de leurs souhaits d’implication.

1094Chacun peut alors exprimer et être reconnu dans son apport au sein de l’équipe. Ces projets menés dans une perspective de management participatif, se diversifient, et s’élargissent à d’autres professionnels de l’institution qui à leur tour intègrent la démarche.

1095Ils concernent le cadre de vie proposé au patient, et respectent trois niveaux : une évaluation de l’état du service, l’avis des patients, et les possibilités d’amélioration. Ils débouchent toujours sur une action concrète. Nous vous en donnerons quelques exemples…

1096Par ce biais, les besoins en formation sont identifiés, et viennent alimenter la réflexion et l’implication des soignants, dans une reconnaissance mutuelle.

1097Deux autres points ont amélioré la communication et la qualité des prises en charge dans le service :

  • la redynamisation de la réunion pluridisciplinaire hebdomadaire, et l’introduction de trois temps de transmissions par semaine, où l’équipe acquiert une meilleure connaissance de tous les patients. Cela met en évidence la mise en place spontanée d’une entraide et d’une collaboration dans l’équipe à tous les niveaux socioprofessionnels ;
  • des temps d’échange avec la psychologue, dans le service, en amont de la démarche projet, puis la création de groupes de réflexion sur les pratiques interservices, ont amené la possibilité d’aborder la subjectivité dans la relation à l’autre, et les difficultés rencontrées.
Et le patient dans tout cela ? Il sent des liens sur lesquels il peut s’appuyer, malgré les différents acteurs de soin, et les différentes thérapeutiques dont il bénéficie. En phase palliative, l’hôpital devient un lieu d’accueil, où l’humain est au premier plan, dans la mesure où, l’équipe, dans son interdisciplinarité l’accompagne.

Références

10981. Ruszniewski M. face à la maladie grave. Dunod, 2009.

10992. Fustier P. Le lien d’accompagnement, entre don et contrat salarial. Dunod, 2005.

11003. Bourgeon D. Don, résilience et management. Lamarre, 2007.

11014. Colombat P. La démarche palliative, site AFSOS.

11025. Ramond P. Management opérationnel, direction et animation des équipes. Maxima, 2004.

174 –

Nouvel outil des EMSP intrahospitaliére : le groupe ressource soins palliatifs

1103D. Baudoin.

1104Équipe mobile support douleur et soins palliatifs, Centre hospitalier du Pays d’Aix-en-Provence, France.

1105L’EMSP intrahospitaliére du CH XX en théorisant son fonctionnement pour le congrès SFAP 2010 découvre qu’elle utilise depuis longtemps un outil original d’aide à la prise en charge palliative des équipes référentes « curatives » [1].

1106Le groupe ressource soins palliatifs (RSP) naît en 1998 à la demande du service de pneumologie. Il est coanimé par le trio médecin-infirmière-psychologue de l’EMSP. Les rencontres ont lieu pendant le temps de travail à intervalles réguliers ou à la demande. Ce groupe ouvert s’adresse à l’ensemble des professionnels du service sur la base du volontariat. Il se fonde sur :

  • l’expression individuelle et collective d’un vécu subjectif en amont ou autour de situations palliatives ;
  • l’intention de l’EMSP de transmettre une technicité et au-delà une culture palliative ;
  • la relation de confiance indispensable tissée au fil du temps entre les deux équipes.
En pratique, la rencontre débute par le rappel des objectifs et du cadre (confidentialité et respect mutuel).

1107Puis les participants échangent autour de situations actuelles ou passées de patients en soins palliatifs ou dont le pronostic s’avère particulièrement sombre. À partir du matériel clinique apporté spontanément on repère différentes phases. À l’évocation, par les soignants des services, d’affects divers avec l’émergence de plaintes, reflets d’une souffrance psychique, on passe à la recherche de compréhension conjointe avec ses hypothèses explicatives puis à la recherche de réponses ciblées possibles. Puis la rencontre s’achève avec la reprise des points-clés, la date de la prochaine rencontre.

1108Dans le cadre du travail singulier des EMSP intra-hospitaliére fondé sur la philosophie du « soigner » dans un hôpital où la philosophie du « guérir » prédomine, le groupe RSP permet :

1109Au service « curatif » :

  • d’élaborer une pensée en lien avec la pratique professionnelle en soins palliatifs, dans la continuité du « curatif ». L’EMSP facilite ce cheminement et assure un cadre contenant ;
  • d’accéder à sa propre culture palliative suivant les spécificités des pathologies du service
À l’EMSP :
  • communiquer et transmettre par compagnonnage un savoir et un savoir-faire spécifique du soin palliatif pour distiller « une culture » support à l’ensemble des acteurs.
Et mutuellement.

1110Le groupe, lieu clos, élabore une pensée avec un transfert de compétence dont la visée est d’infléchir attitude et comportement soignant de l’intérieur du groupe vers l’extérieur CAD en actions auprès des patients du service.

Conclusion

1111Le groupe ressource SP avec son identité propre à la charnière entre staffs clinique, éthique ou organisationnel, le groupe de parole [2], le groupe Balint [3] ou de formation n’évite pas la souffrance des situations lourdes de soins palliatifs, mais propose des possibilités d’aménagement. Il s’avère être une aide concrète dans ces suivis, ce qui en fait un outil remarquable aux mains des EMSP intrahospitalières pour introduire la culture palliative.

Références

11121. Promouvoir le développement et l’intégration des équipes mobiles de soins palliatifs à l’hôpital, résultats d’une recherche et recommandations. Med Palliative 2004;3 juin.

11132. Ruzniewski M. Le groupe de parole à l’hôpital. Paris : Dunod,1999.

11143. Balint M. Le médecin, son malade et la maladie. Payot, 1996.

175 –

L’épuisement professionnel des soignants au sein d’un service de médecine polyvalente à orientation gériatrique

1115R. Savatier.

1116Service de médecine polyvalente à orientation gériatrique, CHNDS -Thouars, France.

1117Les professionnels fortement investis dans la relation à l’autre sont soumis à des tensions émotionnelles, mentales et affectives pouvant entraîner un ensemble de troubles groupés sous le terme « burn out syndrom » ou « syndrome d’épuisement professionnel ».

1118Cette psychopathologie de la relation d’aide est fréquente dans les spécialités confrontées à la fin de vie, dont les soins palliatifs et la gériatrie.

1119Cet épuisement professionnel sera la conséquence de l’inadaptation du soignant à une situation de stress chronique.

1120Des signes d’alarme existent. Il s’agit de troubles psychosomatiques, comportementaux, affectifs et cognitifs.

1121Il existe des facteurs de risque liés à l’environnement, l’organisation du travail, la formation des équipes, d’autres liés au soigné et à la confrontation avec la mort, d’autres encore sont liés au soignant.

1122Il est important de connaître signes d’alarme et facteurs de risque afin de les détecter et d’assurer la prévention primaire, secondaire ou tertiaire de cet épuisement.

1123L’étude qui a été menée consistait à évaluer la souffrance des soignants au sein d’un service de médecine polyvalente à orientation gériatrique de 30 lits, avec une équipe de 25 personnes composée de médecins, infirmières et aides-soignantes.

1124Le MBI (anonyme) a été utilisé. Seulement 17 questionnaires ont été remplis dont 1 n’était pas exploitable. L’étude a été réalisée sur les 16 réponses restantes, en provenance de médecins, d’infirmières et d’aides-soignantes.
Cette étude rentre dans le cadre d’un projet visant à analyser les différentes causes de stress et de souffrance des soignants au sein du service, afin de proposer un accompagnement personnalisé et d’établir un plan d’action collectif.

176 –

Souffrance des soignants : une approche pluridisciplinaire qui engage l’institution

1125E. Le Bezvoët.

1126Équipe mobile d’accompagnement et de soins palliatifs du CHU de Rennes, Service de santé au travail du CH Guillaume Régnier, Rennes, France.

1127Travaillant comme psychologue clinicien dans une équipe mobile de soins palliatifs d’un CHU et, parallèlement, dans le service de santé au travail d’un autre centre hospitalier, j’ai développé un double regard sur la souffrance des soignants.

1128En effet, elle ne peut s’appréhender que par une approche multifactorielle et ne peut en aucun cas être réduite à une question de « gestion du stress » si chère aux yeux de certains. Si la spécificité de la rencontre du soignant avec la souffrance du patient et/ou de sa famille est centrale, celle-ci ne doit pas non plus laisser dans l’ombre la question de l’organisation réelle du travail, ni celle de l’imaginaire institutionnel.

1129Après un premier repérage conceptuel de ce que l’on peut entendre par « souffrance au travail », je proposerai une analyse des différentes causes et des plans sur lesquels on peut les situer (organisation du travail, imaginaire collectif, position subjective). Nous verrons alors que ce qui peut protéger un individu ou un collectif de travail est aussi ce qui peut le faire souffrir lorsque certains aménagements, certains équilibres, sont rompus.

1130Enfin, je reviendrai sur l’expérience du CHU de Rennes qui, à partir d’une réflexion initiée par l’Équipe mobile d’accompagnement et de soins palliatifs, a créé un poste de psychologue clinicien (sur le même modèle que celui que j’occupe en Service de santé au travail).

1131En conclusion, nous ferons le constat que la question de la souffrance des soignants, pour être réellement prise en compte, oblige l’institution et/ou ses acteurs, à se positionner dans une forme de subversion ou, tout au moins, de recul par rapport à l’idéologie managériale actuelle qui la traverse.

Références

11321. Girin J, Grojean M. La transgression des règles au travail. L’Harmattan, 1995.

11332. Dejours C. Travail usure mentale. Bayard, 1993.

11343. Lacan J. L’angoisse, le séminaire, livre X. Paris : Le Seuil,, 2004.

177 –

L’expérience des soignants signifiants et informels (les proches, les familles, l’entourage) des patients qui reçoivent le soin palliatif à domicile

1135A. Gallen.

1136Queen’s University, School of Nursing and Midwifery, Belfast, Irlande du Nord.

1137Introduction au groupe de recherche « Collaboration de la recherche internationale en soin palliatif effectuée par les soignants informels » (International Palliative Care Family Carer Research Collaboration : IPCFRC : Australie : www.ipcfrc.unimelb.edu.au) en collaboration avec l’Association européenne du soin palliatif : Groupe de recherche en soin palliatif informel (EAPC Family Carer Taskforce : www.eapcnet.org/projects/FamilyCarers.html).

1138Leur mission est de promulguer la collaboration entre les pays et entre les collègues en soin palliatif afin de développer une approche stratégique aux recherches envers les soignants informels.

1139Cette mission correspond donc bien au but du congrès de Lyon selon le président du comité scientifique, Serge Daneault :

1140« Les réponses à nos questions ne sauraient se satisfaire d’une simple réflexion nationale » (2010).
Exemplaire d’une recherche en progrès depuis octobre 2010 en Irlande du Nord (R.U.) avec la collaboration des associations mentionnées.

Rationnel

1141Selon Hudson et Payne (2009), la recherche dans le domaine des soignants informels à domicile dans le contexte du soin palliatif est reconnue comme étant très limitée, mais aussi concentrée aux expériences négatives, à tel point que ce rôle est considéré comme étant presque insupportable ou, tout au moins, exceptionnellement difficile.

1142Dans ce contexte, il est proposé d’interviewer les proches signifiants des patients atteints de cancer qui reçoivent le soin palliatif à domicile, avant la mort du patient et pendant le deuil qui s’ensuit. Ces interviews ont pour but de déterminer s’il existe des expériences positives pendant la période palliative ; si cela est le cas, ces expériences équilibrent-elles les expériences négatives et un développement des interventions pourrait-il améliorer la situation ?

Méthode (2011)

114320 + interviews avec les soignants informels, enregistrées chez eux en format digital.

Analyse

1144Analyse systématique des conversations par thèmes créées par l’utilisation du software : NVIVO.

1145Publication des résultats attendus pour 2012.

Références

11461. Hudson P, Payne S. Family carers in palliative care : a guide for health and social care professionals. Oxford : Oxford University Press, 2009.

178 –

Place du psychologue dans l’acquisition

des compétences relationnelles de l’interne

1147E. Ghyssens, C. Rabasse, N. Denis, C. Blanchard.

1148Unité fixe de soins palliatifs, HGRL, CHU Nord, Nantes, France.

Introduction

1149Depuis de nombreuses années, nous questionnons régulièrement la place du psychologue dans les services de soins et particulièrement dans un service de soins palliatifs.

1150Alors que bon nombre d’entre eux ont peur de l’instrumentalisation de leurs pratiques par les médecins, est-il possible d’envisager une collaboration avec les internes dans un but de formation et d’échanges de compétences ?

Contexte et concepts actuels

1151À partir de l’expérience nouvelle d’accueil régulier d’interne dans le cadre du DESC douleurs/soins palliatifs et suite à un travail de thèse concernant les internes confrontés à des demandes d’euthanasie, nous ferons un état des lieux de la difficulté de la position de l’interne et de la possibilité de soutien de celui-ci pour éviter l’épuisement professionnel.

Méthode

1152Étude qualitative avec réalisation d’entretiens semi-dirigés auprès de 10 internes sur 100 contactés au CHU de Nantes ; cette étude a été réalisée et analysée par 2 médecins et un psychologue.

Résultats

1153Les internes ont pu faire ressortir leurs difficultés à être confrontés à des demandes d’euthanasie dans les domaines médico-techniques et légal. Les difficultés émotionnelles sont très peu développées par les internes eux-mêmes lors de l’analyse thématique. L’analyse formelle montre l’utilisation de mécanismes de défense tels que la dérision et l’évitement.

Discussion

1154L’interne se trouve confronté dans un service de soins palliatifs à une nouvelle perception de sa fonction de médecin. Le lent travail des précurseurs des soins palliatifs, prenant parfois plusieurs dizaines d’années, qui avait abouti à une remise en cause complète de leur pratique, doit se faire en quelques mois dans le cadre d’un semestre d’internat. Ce qui apparaît être d’une grande violence pour ces jeunes médecins. Ils doivent apprendre simultanément à gérer l’arrêt de soins et leur représentation de la perte des chances. La relation aux patients, la relation avec les familles implique la confrontation aux affects. Ils doivent aussi prendre en charge des symptômes complexes et variés pour lesquels ils doivent faire ni trop, ni trop peu, sous peine d’être mis en difficulté par les équipes soignantes. Ce qui semble digne du choix cornélien.

1155Ils doivent aussi affronter leur propre vécu en lien avec la mort et l’image miroir que nous renvoie celui qui est en train de mourir. C’est pourquoi, dans notre service de soins, nous avons souhaité mettre en place un vrai partenariat entre le psychologue et l’interne. Le but étant de former ces jeunes médecins à la reformulation, à la gestion des affects et des conflits, fréquents dans ce service.

Perspectives

1156Il est important que chacun puisse trouver sa place dans un service où l’interdisciplinarité à toute son importance. Il est question, ici, d’un transfert de compétences relationnelles où le psychologue s’inscrit en véritable pédagogue.

179 –

Devenir médecin : entre discours et silence, conditions pour une parole

1157K. Parent, C. Aubertin, S. Fontaine, G. Saudemont, S. Blond.

1158Faculté de médecine Henri Warembourg, Pôle formation, CHRU de Lille, Unité de soins palliatifs Hôpital Jean de Luxembourg, Haubourdin, France.

Contexte et but

1159Si l’on reconnaît que : la médecine est à la fois une pratique et une réflexion sur cette pratique, la pratique médicale est une navigation entre objectivation scientifique et attention à la subjectivité de l’autre, le soin est une œuvre collective engageant l’entourage et les professionnels pluridisciplinaires ville-hôpital, alors la formation initiale des études médicales doit permettre l’acquisition de compétences diversifiées : technoscientifiques, éthiques, relationnelles et de coopération.

1160Pourtant, les études de médecine en France sont marquées par la prééminence du modèle scientifique, de son discours et de ses méthodes d’objectivation. Le contenu des études est déséquilibré au détriment des autres compétences, qui engagent la subjectivité de l’enseignant et de l’étudiant, et restent peu travaillées.

1161Le jeune adulte qu’est l’apprenti médecin chemine souvent seul. À travers ses expériences en cours et en stage, son identité professionnelle se construit entre le discours quasi exclusif de la science et le silence sur la matière originelle du métier : la condition mortelle, la souffrance, la plainte, le recours à l’autre, l’intervention sur le corps. Alors que la parole médicale est un fondement du soin, le déséquilibre des études rend difficile l’élaboration de cette parole chez l’étudiant.

1162La formation aux soins palliatifs peut être l’occasion d’une réflexion sur les études, le métier de médecin, et les conditions pour une parole.

Objectifs

1163Favoriser une réflexion commune enseignants-étudiants.

1164Contribuer à analyser en quoi les études de médecine :

  • façonnent le rapport au discours scientifique, au silence, à la parole ;
  • permettent ou non une réflexion critique sur ces rapports.

Méthode

1165À partir d’expériences de leur parcours, 3 étudiants en médecine, accompagnés de la responsable de l’enseignement, analysent, en combinant dimension narrative et apports théoriques, la construction de leur rapport au discours scientifique, au silence, à la possibilité d’une parole.

Résultats

1166En cours d’élaboration.

Perspectives

1167Contribuer à la prise en compte de la dimension subjective des étudiants et des enseignants comme une des dimensions essentielles des études médicales et du métier de médecin.

Références

11681. Mallet D. La médecine entre science et existence. Vuibert, 2007.

11692. Comité national de suivi du développement des soins palliatifs et de l’accompagnement de fin de vie : Réflexions et propositions pour la formation médicale 2007.

180 –

Pertinence du binôme en équipe mobile de soins palliatifs et algologie

1170M. Ledru.

1171Équipe mobile soins palliatifs et algologie, Cliniques de soins spécialisés, ISoSL, Liège, Belgique.

But et contexte

1172L’EMSPA (Équipe mobile soins palliatifs et algologie) a privilégié un mode de fonctionnement en binôme permettant l’approche conjointe du neuropsychologue et de l’infirmière référente douleur et soins palliatifs (IRDS). Cette perspective permet d’inscrire les prises en charge proposées en matière de soins palliatifs et de douleur chronique dans le champ du modèle biopsychosocial. Ce cadre du binôme s’est élargi pour devenir un mode de fonctionnement systématique et formalisé donnant lieu à diverses pratiques alternatives d’évaluation et de prise en charge du patient gériatrique, psychogériatrique, oncogériatrique. Ce binôme est également une interface pertinente dans les relations avec les équipes de 1re ligne (infirmières et paramédicaux) et les médecins des unités de soins.

Résultats

1173Ce binôme s’inscrit dans une perspective interdisciplinaire permettant l’approche conjointe de deux disciplines différentes (IRDS et neuropsychologue). Celles-ci ont choisi spontanément d’exercer en binôme, il ne s’agit donc pas d’une contrainte institutionnelle. Le mode de fonctionnement retenu est celui que nous pourrions qualifier d’intervention en « binôme synchronisé » (les deux intervenants sont présents en même temps). La collaboration est effective depuis 2007 ce qui a permis d’élaborer une expérience et un socle de compétences communs au départ desquels le binôme a par la suite pu être formalisé et systématisé au cours des deux dernières années d’activités. La logique consistait à davantage nous inscrire dans la perspective du modèle biopsychosocial habituellement préconisé et de le décliner en y intégrant les modèles théoriques, les concepts, les pratiques issues de la neuropsychologie et de l’expertise infirmière. Ceci afin d’améliorer notre pratique clinique et de dégager des compétences particulières :

  • hétéroévaluation clinique de la douleur chez des patients avec troubles cognitifs lors de soins et/ou de la toilette ;
  • compagnonnage des pairs infirmiers au pied du lit du patient ;
  • stratégies de distraction des douleurs induites par les soins ;
  • accompagnement et évaluation des patients avec troubles cognitifs.

Perspectives

1174L’approche en binôme a été systématisée au cours des deux dernières années au premier niveau d’intervention (l’activité clinique). L’extrapolation aux autres activités (formation, enseignement, recherche) est en cours.

181 –

Présence d’une IADE au sein d’une EMDSP

1175F. Guinebert, L. Quillere.

1176CHI Poissy/St-Germain, St-Germain en laye, France.

1177Les Infirmières anesthésistes diplômées d’État (IADE) sont les proches collaborateurs des médecins anesthésistes réanimateurs au bloc opératoire, dont la spécificité vise avant tout à restaurer la vie. Elles ont des connaissances théoriques et cliniques, nécessaires à la surveillance des malades au décours d’une intervention chirurgicale, et à la prise en charge de la douleur.

1178Cette technicité leur ouvre les portes aux missions transversales du traitement de la douleur, en dehors du bloc opératoire, pour la douleur aiguë.

1179D’autre part, on observe que des médecins anesthésistes réanimateurs sont actuellement responsables d’unités fixes ou mobiles de soins palliatifs, cette spécialité initiale est-elle déterminante dans leur nouvelle orientation ? Et comment articuler réanimation et soins palliatifs ?

1180Une IADE a rejoint l’équipe mobile douleur et soins palliatifs au sein du CHIPS en juin 2008. Après deux années de fonctionnement, il nous a paru alors intéressant de réfléchir sur l’existence ou non d’un dénominateur commun entre anesthésie, réanimation et soins palliatifs-accompagnement ? Sont-ils paradoxaux ou complémentaires ?

1181Doit-on parler de paradoxe, ou de regard différent entre cette technicité et les valeurs humanistes des soins palliatifs ? Y a-t-il une réciprocité ?

1182La présence d’une IADE au sein d’une équipe mobile douleur et soins palliatifs est peu courante, nous souhaitons donc vous faire partager notre réflexion et notre expérience de ce travail pluridisciplinaire au quotidien, au sein de notre équipe.

182 –

Unité mobile de soins palliatifs et unités de soins… travail d’équipe !!!

1183N. Pastor, G. Didier, C. Valour.

1184Centre hospitalier Emile Roux, Le Puy en Velay, France.

1185L’Unité mobile de soins palliatifs du Centre hospitalier Émile Roux a été créée en septembre 2004. Après six années de fonctionnement, l’équipe a souhaité faire un bilan afin de développer sa collaboration avec les équipes soignantes, de mieux répondre à leurs attentes et donc d’améliorer la prise en charge des patients en soins palliatifs et de leur entourage.

1186Afin de mieux cerner la vision qu’ont les équipes soignantes de l’UMSP et de mieux connaître leurs attentes, nous avons choisi de distribuer un questionnaire. Ce dernier a été envoyé aux cadres de santé afin qu’ils puissent y répondre avec leurs équipes, ainsi qu’aux médecins.

1187Suite au dépouillement du questionnaire, différentes actions pourront être mises en place sous plusieurs formes :

  • présentation aux différentes unités de soins de l’équipe de l’UMSP et de ses rôles lors de réunions d’information dans les services ;
  • réflexion sur les besoins en formation en soins palliatifs du personnel soignant et les moyens d’y répondre ;
  • réflexion sur les moyens à mettre en place afin d’optimiser les interventions de l’UMSP dans les unités de soins et ainsi améliorer l’accompagnement des patients en fin de vie et de leur entourage.
Parallèlement le projet de création d’un groupe de correspondants en soins palliatifs auquel les médecins sont également invités à participer verra le jour en 2011.
Afin d’évaluer les actions mises en place, nous nous proposons de distribuer un deuxième questionnaire à un an d’intervalle du premier.

183 –

Réanimation et soins palliatifs : vision des soignants

1188R. Lanfroy, M.T. Audu, V. Dubois, F. Hein, A. Pezzi, A. Roy, Y. Dos Santos.

1189Équipe mobile de soins palliatifs, Service de neurochirurgie, CHU de Nancy, France.

Messages-clés

1190

  • Place des soins palliatifs en réanimation.
  • Perception des soignants sur leur pratique.
  • Impact sur la qualité de fin de vie.
  • Collaboration EMSP /Réanimation

Résumé

1191Si auparavant l’approche opiniâtre des soins appliqués en réanimation semblait antinomique avec une vision plus douce proposée par la démarche palliative, il n’est plus rare à présent d’observer une approche intégrative, avec une sollicitation de plus en plus grande de l’Équipe mobile de soins palliatifs de la part des différents services de réanimation.

1192La question qui motive au fond la réalisation de ce travail est de savoir si oui ou non, les soignants considèrent qu’ils réalisent des soins palliatifs en réanimation. Notre objectif est alors d’appréhender plus finement la vision que les équipes de réanimation se font des soins palliatifs en fonction de leur spécificité professionnelle (chirurgie, médecine, cardiaque) et de leurs caractéristiques personnelles (âge, ancienneté, profession, formation…).

1193Ainsi, un questionnaire à destination des aides-soignants, infirmiers, internes et médecins a été réalisé avec l’aide du Centre d’épidémiologie de l’établissement. Quatre axes composent ce questionnaire. Le premier permet d’obtenir des informations sur l’identité professionnelle du soignant, le second traite des connaissances théoriques et des représentations personnelles des soins palliatifs. Ensuite est appréhendée l’attitude au sein du service, avec un regard pratique sur les difficultés dans les prises en soin de patients, les décisions de limitation ou arrêt de traitement actif… En dernier lieu sont abordées les attentes concernant l’EMSP et les besoins spécifiques.

1194Les réponses apportées à ce questionnaire apporteront des informations objectives sur la vision des soins palliatifs par des services de réanimation et sur la place que ces derniers leur accordent au quotidien. Ainsi, nous pourrons très certainement obtenir des repères plus précis quant aux besoins et aux attentes des services de réanimation concernant la prise en soin de patients qu’ils estiment en phase palliative. Elles permettront par ailleurs à l’EMSP d’adapter ses interventions en fonction des demandes (conseils, soutien, formation…). Cette adéquation offrira sans nul doute une prise en soin bien plus adaptée au patient hospitalisé en réanimation en ayant un impact sur sa qualité de fin de vie.

1195Nous proposons alors de présenter notre démarche ainsi que les résultats obtenus afin de démontrer toute l’importance d’un travail collectif entre la réanimation et les soins palliatifs tant au niveau réflexif qu’au niveau pragmatique.

184 –

Les transmissions orales en USP

1196F. Rousseau, J. Da Costa, P. Morice, I. Thilliez, F. Guirimand et le groupe de travail sur les transmissions orales.

1197Maison médicale Jeanne Garnier, Paris, France.

But et contexte

1198La valeur ajoutée du travail en USP repose sur les échanges interdisciplinaires. Or, lors d’une enquête anonyme sur la qualité de vie au travail proposée à l’ensemble du personnel, les soignants ont dit : les transmissions sont trop longues, répétitives, trop détaillées, source de perte de temps avec des répercussions sur leur travail. Vu le contexte actuel de maîtrise d’efficience, une évaluation était nécessaire.

Méthode

1199Dans le cadre d’une EPP, un groupe pluridisciplinaire a réfléchi sur les transmissions orales. La bibliographie n’a pas été contributive. La méthode retenue fut celle d’un audit par observateur extérieur après élaboration d’une grille d’observations (intervenants, temps de parole, sujets abordés, attitude physique des participants…), complétée par des 16 entretiens semi-directifs. La plus value de l’oral était recherchée à travers « ce qui se dit sans s’écrire » et met en valeur l’interdisciplinarité.

Résultats

1200L’audit, réalisé sur les 6 unités de l’établissement, porte sur 12 transmissions orales d’équipes. Celles de 7 h et 19 h 30 (4 soignants jour et/ou nuit) durent 15 minutes, celles de 9 h et 15 h (8 personnes à 10 personnes) durent 35 minutes, soit en moyenne un temps cumulé par jour et par unité de 12 h 30. La participation moyenne est de 2,9 IDE, 2,9 AS, 0,7 bénévole, 0,6 médecin, 0,5 ASH, 0,3 kinésithérapeute, 0,1 psychomotricien, pas de psychologue ni d’assistant social. La plupart des informations proviennent des IDE, 64% sont déjà écrites et 36% relèvent de l’échange et concernent les choix thérapeutiques, problèmes sociaux, orientation du patient… Certains participants sont uniquement en posture d’écoute. D’après les entretiens, 100% des personnes interrogées ont estimé acceptable la durée de la transmission auditée, mais 25% disent que les informations restent insuffisantes pour effectuer leur travail et 25% que les transmissions ne sont pas pluridisciplinaires.

Discussion et perspectives

1201Cet audit met en évidence la part importante du temps de travail consacrée aux transmissions. La quantité d’informations déjà retrouvée dans les transmissions écrites paraît importante. La qualité et la quantité des échanges nécessitant la présence physique de tous les interlocuteurs restent à explorer. Au-delà du temps passé aux transmissions orales, ces échanges (questionnements éthiques, projets…) ne contribuent-ils pas à la culture du service et à la cohésion d’équipe ? La perspective est de travailler sur le contenu de ces transmissions et sur la nécessité d’une réunion de synthèse hebdomadaire pour privilégier ces temps d’échanges et d’interdisciplinarité.

Références

12021. Kostulski K. Communication et rationalités collectives dans les équipes de travail : analyse formelle des transmissions écrites et orales au sein de deux unités de soins à l’hôpital. Résumé de thèse de doctorat d’ergonomie, 1998.

185 –

Projet de service et démarche palliative : quel positionnement infirmier ?

1203Y. Leblanc.

1204Pôle de santé Léonard de Vinci, Chambray-lès-Tours, France.

But et contexte

1205L’auteure part du questionnement : « Pourquoi la démarche palliative n’est ni naturelle ni acquise en unité de soins palliatifs ? » Elle explore la démarche palliative comme démarche communautaire (Watson, Gill), et citoyenne ; l’unité de soins palliatifs comme système d’acteurs (Crozier), ainsi que le positionnement et la posture de l’infirmière ; et le projet de service comme démarche participative qui donne sens à la démarche palliative.

Méthode

1206L’hypothèse est que l’absence de projet de service, élaboré de manière participative, ne permet pas à l’infirmière d’USP d’asseoir la démarche palliative. La recherche se fait au travers de 21 entretiens semi-directifs d’infirmières dans 12 USP réparties en France.

Résultats

1207L’hypothèse n’est pas validée. Toutefois, le projet de service permet d’ouvrir l’unité à une diversité d’acteurs pour une meilleure prise en charge et renforce le management des acteurs. Le rôle de l’infirmière apparaît comme prépondérant. Il paraît important que les USP puissent se questionner sur leur projet, afin d’assurer la pérennité de la démarche palliative. Les infirmières peuvent en être les actrices.

Discussion

1208À l’aide du Guide de bonnes pratiques (DHOS, avril 2004), l’auteure a engagé la discussion sur l’écart entre ces pratiques attendues et la réalité perçue autour de trois points : les conditions et la méthodologie de mise en place de la démarche palliative, et le contenu du projet de service. Les infirmières n’habitent pas le projet de service et il y a peu d’évaluation et de suivi de ce projet.

Perspectives

1209Les perspectives s’articulent autour de la formation, la coordination et l’évaluation. La formation en soins palliatifs permet de développer la culture palliative, faire du lien, et se positionner. La coordination au sein de l’USP permet de révéler la richesse de la pluridisciplinarité. Enfin, l’évaluation de la démarche palliative permet de fixer de nouveaux objectifs et de mettre en place le projet de service.

1210L’étude laisse des pistes à explorer :

  • Quel sens met-on dans la démarche palliative ?
  • Comment former les personnes à la démarche projet ?
  • Comment faire naître des infirmières « adultes » dans leur profession, afin qu’elles adoptent une posture propre ?

Références

12111. Castra M. Bien mourir. Sociologie des soins palliatifs. Paris : PUF, 2003.

12122. Crozier M, Friedberg E. L’acteur et le système. Les contraintes de l’action collective. Paris : Le Seuil, 1977.

12133. Kérouac S. et coll. La pensée infirmière. Paris : Maloine, 1996.

12144. Watson J. Traduction française sous la direction de Bonnet J., Le Caring, philosophie et science des soins infirmiers. Paris : Séli Arslan, 1998.

12155. Wright LM, Leahey M. L’infirmière et la famille, guide d’évaluation et d’intervention. Bruxelles : De Boeck, 2003.

186 –

Rôle du psychiatre dans l’accompagnement des patients et leur famille

1216S. Richa.

1217Service de psychiatrie, Hôtel Dieu de France, Achrafieh, Liban.

1218Le but de ma présentation est de mettre en avant le rôle dévolu au psychiatre dans l’accompagnement des personnes en fin de vie et de leur famille.

1219Ainsi, je passerai en revue l’intervention du psychiatre dans des situations aussi variées que l’anxiété, la dépression, le delirium, les idées suicidaires, la demande de mort accélérée, la douleur et la sédation en fin de vie.

1220De même, je m’attarderai à étudier les différentes approches du psychiatre qui auront pour but d’accompagner les familles des personnes en fin de vie.

1221Enfin, je terminerai par le rôle qui revient au psychiatre dans l’accompagnement des différents soignants qui interviennent dans de telles situations.
Toutes ces approches seront vues à l’ombre de la réalité libanaise qui entoure la fin de vie ainsi que la grande proximité du patient de la part des proches et des familles au Liban.

187 –

Soins palliatifs à domicile : enjeux de la concertation pluridisciplinaire

1222E. Brouillat, C. Convert.

1223Resopad 43, Le Puy-en-Velay, France.

1224Créé il a y 10 ans, le réseau Resopad 43 a pour mission l’accompagnement à domicile des patients en fin de vie et porte également une attention toute particulière au soutien des professionnels libéraux dans une optique de compagnonnage.

1225Ainsi, une part essentielle de l’activité est consacrée à la réalisation de réunions de concertation pluridisciplinaires mensuelles où sont invités à participer le patient, sa famille et les professionnels libéraux. Ces réunions permettent de réévaluer régulièrement la situation et de réajuster notre position d’équipe au sens large ; nos interventions tant au plan médical, social, psychologique… Ce temps est reconnu comme un réel temps de travail et la présence des libéraux conditionne l’admission du patient au réseau. Ce système de fonctionnement paraît peut-être acquis en milieu hospitalier, mais reste très novateur à domicile.

1226Progressivement, ce lieu a été investi par les équipes de ville qui acceptent volontiers d’y participer : 175 réunions en 2009 avec en moyenne 5 participants.

1227De fait, cet espace, dans un premier temps consacré à l’établissement d’un plan de soin, est devenu lieu d’échange et d’expression de chacun autour d’une prise en charge globale du patient, constituant souvent un espace de réflexion éthique.

1228En effet, le soin s’exerce sur deux niveaux : au chevet du patient et également en réunion de concertation où chacun s’attache à réinscrire le patient en tant que sujet, acteur de sa vie, avec ses envies, ses besoins, ce qu’il est et à quoi il aspire. Le groupe permet à chacun de se décentrer des projections qui peuvent réduire le patient à sa seule identité de malade.

1229Par ailleurs, pour les soignants, cet espace permet de penser la prise en charge. En effet, la limite ou l’abstention d’un traitement curatif vital mérite réflexion au regard du désir du patient et de l’interdit de l’obstination déraisonnable. Ces réunions tendent à prendre en considération les règles de prise de décision telles que Habermas [1] les définit : universelles, irréversibles et publiques. Chacun est invité à argumenter ses propositions afin que la décision soit moralement bonne et juste c’est-à-dire pragmatique, morale, et politique [2]. En effet, le groupe est plus subtil et du groupe peut émerger un résultat juste.

1230Il nous semble que pouvoir se référer à ce qui a été décidé conjointement, partager la responsabilité d’une décision en équipe, avoir un groupe sur lequel s’étayer permet de rompre avec l’isolement et l’épuisement professionnel.

Références

12311. Habermas J. De l’éthique de la discussion. Flammarion, 1999.

12322. Rameix S. Fondements philosophiques de l’éthique médicale. Ellipses, 1998.

188 –

La prise en compte de la dimension spirituelle dans la relation de soin

1233C. Jarnier.

1234Équipe mobile de soins palliatifs, Centre hospitalier AlbertVille Moutiers, France.

1235La composante spirituelle est reconnue comme faisant partie de la « douleur totale ou globale (total pain) » qu’éprouvent les malades en phase terminale. En France, la souffrance spirituelle est prise en compte dans le projet de soins des USP et des équipes mobiles en référence notamment à la définition de la SFAP Celle-ci donne pour objectif de « soulager les douleurs physiques ainsi que les autres symptômes et de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle ».

1236La littérature relative aux soins palliatifs donne une large place aux besoins spirituels. Elle restitue un certain nombre d’interrogations, notamment existentielles, à l’approche de la mort. Cependant, sa définition reste difficile compte tenu de son caractère subjectif et universel. Pour mieux percevoir cet aspect, il est important d’admettre l’idée d’une spiritualité prise au sens large.

1237Un certain nombre de questions s’impose afin de chercher à savoir comment cette dimension trouve sa place. Au quotidien, dans les équipes cette spiritualité est-elle vraiment mise en mots et entendue ? Comment les soignants la reconnaissent-elle dans le soin ?

1238Notre étude fondée sur l’analyse qualitative de dix interviews semi-dirigés auprès de professionnels (médecins, infirmières et aides-soignantes) a permis de percevoir que la dimension spirituelle, constitutive de tout être humain est présente dans tout accompagnement de fin de vie, dans tout acte de soin.

1239Dans le recueil de l’expression des soignants apparaît la dimension spirituelle dans la relation de soin. Malgré toutes les difficultés que représente la prise en charge globale, ceux-ci prennent en considération les différents besoins de la personne. Pour ce faire, ils s’appuient sur l’écoute, la reconnaissance de la souffrance notamment de la souffrance partagée.

1240Cette prise en compte de la dimension spirituelle suscite de nombreux enjeux pour les soignants et pour l’équipe. Cette démarche impose un questionnement, une quête de sens, une démarche réflexive, voire un processus évolutif et transcendantal comme une nécessité de communication.

1241Certains auteurs ont proposé quelques pistes pour appréhender l’accompagnement spirituel. Ils s’appuient sur le repérage des besoins, la mise en place de conditions favorables et d’outils. Ils soulignent l’importance de la fonction de témoin par le partage d’éléments simples, quotidiens, comme le souffle, le langage et les bruits.
L’accompagnement spirituel est un processus ; les soignants comme les patients cheminent vers le changement, vers des questions « les plus élevées ». Cependant, il est important d’être attentif à ne pas simplement confondre le spirituel à l’acte de soin. En effet, il conviendra de respecter la personne dans la possible reconnaissance de sa vie intérieure et de son ultime liberté.

189 –

La relaxation comme outil d’aide aux soignants dans l’accompagnement des personnes en soins de longue durée

1242J. Fouillot.

1243Hôpital local Saint-Nicolas, Angers, France.

1244Cette étude tente de mesurer l’impact de la relaxation comme outil privilégié afin d’aider les soignants d’une Unité de soins de longue durée à diminuer leurs tensions à la fois physiques et psychologiques. L’évaluation se fait sur un temps particulier, qui nous semble révélateur des difficultés rencontrées tant par les personnes atteintes de DTA que par le personnel de soin : le temps de la toilette. Un entraînement à la relaxation de quatre semaines, élaboré d’après la méthode de la relaxation progressive de Jacobson, a été proposé aux soignants, associé à une pratique quotidienne. Nous avons mesuré le retentissement de cet entraînement, à la fois sur le degré de tension ressentie par les soignants et sur les symptômes psychologiques et comportementaux de la démence présentés par les personnes lors de la toilette, grâce à un questionnaire rempli par les soignants durant un mois avant et après l’entraînement. Cette recherche montre que l’entraînement et la pratique régulière de la relaxation à tendance à réduire les tensions ressenties par les soignants. En conséquence, cela a pour effet de diminuer les troubles du comportement présents habituellement chez la personne démente lors de la toilette : l’agitation, l’agressivité, la désinhibition, l’apathie et l’anxiété. En outre, cela permet de percevoir l’influence de l’état intérieur du soignant dans la relation avec la personne âgée démente à un stade avancé et dans ses réactions.


Date de mise en ligne : 27/07/2011

https://doi.org/10.3917/inka.112.0177